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Journal d'un veau

De
193 pages
Que vienne mon tour et tu verras, ô grande bouche, de quel velours je suis fait. Avec moi, tu ne connaîtras jamais plus la nuit ni l’obscur du corps, mais une blancheur, une blancheur éternelle.
Vil, veule, velléitaire, bêlant, le veau pleure sa grâce perdue, son innocence laiteuse. Il appelle son élu, aspire à son palais. Il met dans ses regrets et dans son désir de sacrifice tout ce qu’il y a de plus haut et tout ce qu’il y a de plus bas, en fier équilibriste de la chair blanche. Tour à tour émouvant et odieux, l’enfant de la vache renie le taureau, se réfugie dans le sentimental, puis sombre dans la violence et rêve aux pires holocaustes.
Rien de ce qui est inhumain ne lui est étranger : la mort partout présente, convoitée dès l’enfance, la pureté innommable et ses terribles cruautés, le racisme enfin, les plus terrifiantes persécutions bouchères… Son monologue, ardent jusqu’au délire, révèle l’horreur qui se tapit sous la mère, et ce qu’il y a de barbare dans la mièvrerie insinuante des plus doux amis de l’homme.
Cette viande se croit destinée. Elle veut sauver le monde. Le monde a du souci à se faire.
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Jean-Louis Giovannoni
Journal d’un veau
Roman intérieur Que vienne mon tour et tu verras, ô grande bouche, de quel velours je suis fait. Avec moi, tu ne connaîtras jamais plus la nuit ni l’obscur du corps, mais une blancheur, une blancheur éternelle. Vil, veule, velléitaire, bêlant, le veau pleure sa grâce perdue, son innocence laiteuse. Il appelle son élu, aspire à son palais. Il met dans ses regrets et dans son désir de sacrifice tout ce qu’il y a de plus haut et tout ce qu’il y a de
plus bas, en fier équilibriste de la chair blanche. Tour à tour émouvant et odieux, l’enfant de la vache renie le taureau, se réfugie dans le sentimental, puis sombre dans la violence et rêve aux pires holocaustes. Rien de ce qui est inhumain ne lui est étranger : la mort partout présente, convoitée dès l’enfance, la pureté innommable et ses terribles cruautés, le racisme enfin, les plus terrifiantes persécutions bouchères… Son monologue, ardent jusqu’au délire, révèle l’horreur qui se tapit sous la mère, et ce qu’il y a de barbare dans la mièvrerie insinuante des plus doux amis de l’homme. Cette viande se croit destinée. Elle veut sauver le monde. Le monde a du souci à se faire. Jean-Louis Giovannoni est né en 1950. Il vit à Paris où il est assistant social dans un hôpital
psychiatrique. Il est l’auteur de nombreux livres de poésie et de proses, dontGarder le mort(1975),Chambre intérieure(1996),Traité de la toile ciréeet (1998) Le Lai du solitaire, roman intérieur(2005). EAN numérique :997788--22--77556611--0055994-39-2EAN livre papier : 9782756100043 www.leoscheer.com
JOURNAL D’UN VEAU
©Éditions Léo Scheer, 2005 (Première édition : Deyrolle éditeur, 1996.)
JEAN-LOUIS GIOVANNONI
JOURNAL D’UN VEAU
ROMAN INTÉRIEUR
Éditions Léo Scheer
PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION
Ce qui déclenche la montée d’un texte n’est jamais un secret impartageable. Il faut souvent peu, une image, un fait pour enclencher la venue.
Journal d’un veaua pour matrice primordiale le constat simple qu’en France, pays de mangeurs par excellence, on cultive un certain goût pour la viande blanche. Extraite sous la mère, elle se doit d’être imma-culée. Non pas légèrement rosée comme chez nos voisins italiens, qui laissent leurs veaux à de mauvaises rencontres. Nous, nous la voulons sans compromis : laiteuse et virginale.
Voyant qu’aux quatre coins de mon pays on insis-tait fermement sur cette blancheur première, je me suis dit : Ici on aime les enfants.
7
Des statistiques dans les journaux confirmèrent l’intuition. Que de naissances, de ventres ronds partout ! Bien plus qu’en Chine ou en tous points de la vieille Europe où, sans vouloir médire, on cultive des viandes plus sombres, voire plus âgées, sous l’appellation fallacieuse de veau. De l’amour de l’enfant à la passion du veau le pas est vite franchi. Même innocence, même chair de lait. Un enfant du premier âge. Celui aux cartilages si fins, à la bouche ourlée par le sein. Blanc de la tête aux pieds. Nid idéal pour la vie naissante. Moment fondateur gravé à jamais dans notre mémoire collective, avant les poussées sexuées qui troubleront les chairs.
Nous savons, nous Français, que l’état d’enfance est notre plus grand bien et qu’il faudra le pro-téger, coûte que coûte, contre les prédateurs. Mais comment conserver cette jouvence à demeure sans dévorer notre propre descendance ?
8
Un pour Un
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