Kira 5 : La Quadrature sibérienne

De
Publié par

Une mystérieuse organisation criminelle enlève le ministre des affaires étrangères américain à Moscou et réclame une mystérieuse rançon en échange de sa libération : Kira Bolan. Celle-ci devra lutter contre la CIA et le FSB réunis pour comprendre les motivations d’un ennemi qu’elle imaginait mort et enterré depuis des années. Qui est Kira Bolan ? La fille de Mack, l’Exécuteur, bras armé de la vengeance contre la Mafia depuis plusieurs décennies ? Une aventurière sortie de nulle part, enfant perdue, jouet de l’organisation Arkangel, qui utilise ses talents informatiques et ses compétences en sport de combat ? Espionne, agent secret d’une puissance inconnue ? Ces questions demeurent pour l’instant sans réponse, mais son alliance avec Mack Bolan et leurs liens filiaux construits mission après mission en font un duo de choc contre les nouveaux criminels, au service de la justice. Une justice aveugle, brutale, meurtrière. Désormais, la vengeance s’écrit aussi au féminin...
Publié le : mercredi 3 juillet 2013
Lecture(s) : 8
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782744318658
Nombre de pages : 224
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

PROLOGUE

Sous une averse froide, un convoi filait sur l’autoroute Kashirskoe, en direction de Moscou. Six gros Chevrolet Suburban, trois derrière et trois devant, encadraient une limousine russe de marque ZiL au capot orné de petites bannières étoilées. A l’intérieur de l’imposant SUV qui ouvrait le cortège officiel, Greg Aston, l’agent du Secret Service en charge de la sécurité du chef du département d’Etat américain chargé des Affaires étrangères, redoublait de vigilance face au déchaînement soudain des éléments.

— Si je peux me permettre, monsieur, les Russes, ce ne sont pas des drôles, risqua le conducteur, un jeune officier fraîchement intégré.

— L’habitude de sourire par politesse à un inconnu ne fait pas partie de l’étiquette de la Russie moderne, répondit Aston, le regard en alerte.

— Vous connaissez bien ce pays, monsieur ?

— Mon arrière-grand-mère était russe.

— Ah, fit le conducteur, inquiété par cette révélation qui faisait potentiellement de son supérieur un communiste.

— Moi, je suis américain, le rassura Aston, non sans humour.

Ses yeux étaient rivés sur un point fluctuant et liquide, situé au-delà du pare-brise criblé par d’épaisses gouttes, pareilles à de la neige fondue.

Le paysage était morne et gris, alternant de grandes tours à l’occidentale et des barres d’immeubles staliniennes, écrasées sous un ciel violent. Aston était inquiet. Les conditions météorologiques rendaient le parcours dangereux. Il n’était pourtant pas question de ralentir.

La vitesse était une alliée précieuse, lorsqu’il s’agissait de protéger le deuxième personnage le plus important des Etats-Unis, surtout lors de son premier déplacement à l’étranger.

Aston se massa la nuque et contrôla l’écran multimédia, ventousé sur le tableau de bord.

L’aéroport international Cheremetievo se trouvait désormais vingt kilomètres derrière eux. Selon le système sécurisé de navigation, il restait douze kilomètres à parcourir pour arriver à destination et « livrer » le secrétaire d’Etat au Kremlin. Ce dernier devait y rencontrer son homologue russe pour une rencontre bilatérale consacrée à la situation en Syrie.

La Russie se préparait à envoyer quatre navires de guerre supplémentaires en mer Méditerranée. Les transports de troupes Kaliningrad, Chabaline, Saratov et Azov devaient rejoindre le patrouilleur Smetlivyi et d’autres bateaux de ravitaillement déjà sur place. Signe d’un rapatriement massif des ressortissants russes, mais peut-être aussi, de la fin prochaine de Bachar el-Assad et de la sanglante guerre civile qui ravageait le pays.

Loin de ces considérations en lien avec la géopolitique internationale, Aston, homme de terrain plus que de bureau, consulta son smartphone. Quelques messages émanant des équipes embarquées dans les autres véhicules le rassurèrent. Un autre, envoyé par l’avocat de son ex-femme, l’agaça.

— Poutine, c’est un sacré guignol, quand même ! s’exclama le conducteur. Quand on pense que ce mec est arrivé au pouvoir en prétendant qu’il allait buter les terroristes jusque dans les chiottes…

— Pas de considérations politiques, l’interrompit Aston, martial.

Intérieurement, il songea que Bush junior avait peu ou prou fait la même chose, à la « maison ». Seul son slogan différait…

— Remarquez, durant la prise d’otages du Théâtre de Moscou, il n’a pas hésité à utiliser un gaz incapacitant top secret contre les terroristes tchétchènes…

— Fermez-la, assena Aston, sans affect.

— A vos ordres, monsieur, recula la jeune recrue, face à la légende.

Aston était un ancien des Navy Seals, les forces spéciales de la Marine. Spécialisés dans les reconnaissances et les assauts depuis la mer ou contre des navires, les Seals constituaient avec leurs collègues des Delta Force, armée de l’air, ou encore des bérets verts, armée de terre, le fer de lance de la gigantesque chaîne du renseignement américain. Aston s’était illustré à plus d’une reprise sur différents théâtres d’opérations, Irak, Afghanistan…

Mais sa renommée s’était forgée ailleurs, dans le métal surchauffé d’une mission « kill-capture » ultra-confidentielle, baptisée Trident de Neptune. Une mission en lien avec Oussama Ben Laden… Une mission dont il était rentré sans blessure apparente…

— UAV à douze heures, approche rapide, signala soudain Aston sur un ton maîtrisé.

A l’arrière du véhicule, un agent pianota frénétiquement sur un ordinateur portable, ouvert sur ses genoux.

— Je ne vois rien, s’étonna le conducteur, en fouillant les nuages bas et sombres.

— Le FSB n’a aucun appareil de surveillance dans les parages, informa l’agent en charge de la liaison avec le renseignement russe.

Aston réfléchit quelques secondes, regard braqué sur l’aéronef qui se dirigeait vers le convoi, à basse altitude et vitesse de croisière.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.