L'Abysse du crime

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Denis Macphernam est un écrivain à succès. Après une angoisse de la page blanche de quelques années, il surmonte ses peurs et parvient par un coup du hasard à publier un thriller dans un journal de romans-feuilletons. Cependant, ce que Denis ignore, c'est que les horreurs décrites dans son oeuvre deviendront une réalité et qu'elles le mèneront vers la folie et l'hystérie les plus noires et destructrices, fruits d'un sentiment de culpabilité et d'impuissance qui le conduiront à l'abysse du crime.
Publié le : jeudi 3 décembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342045543
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342045543
Nombre de pages : 188
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Denis Macphernam L’ABYSSE DU CRIME
Mon Petit Éditeur
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Chapitre 1
Cette nuit j’ai fait un rêve. Un rêve plutôt étrange. J’étais quelqu’un d’autre, une personne du sexe opposée. Une femme. Ce songe se déroulait dans un bungalow, en pleine nuit. Il y avait un couple. L’homme n’était autre que le patron de la personne que j’incarnais. Lui et son épouse étaient entre deux âges. Le patron me détestait, et pourtant j’avais le sentiment que je lui devais beau-coup. Sa femme était attentionnée avec moi ; je suppose qu’elle n’était pas étrangère à ce sentiment de gratitude que j’éprouvais pour son mari, parce qu’au fond, c’était elle qui avait le dernier mot sur lui. L’influence féminine… décidément ! Dans ce rêve, on occupait le même bungalow. Ils échangeaient à peine quelques mots avec moi. Il y avait une poule aussi, son poussin et un chat. Je me souviens les avoir détestés, tout comme, dans le même élan, je me suis mis à détester mon patron. Cependant, je me souviens avoir caressé la poule et le ventre du chat, puis, tout devint clair dans mon esprit. Je ne me trouvais plus dans un bungalow, mais dans une vieille et grande maison sombre, quasi abandonnée. Je me trouvais à présent dans la peau d’un homme inquiet. J’entrais dans une chambre dans l’espoir de chercher à comprendre le changement brutal d’aptitude de cette femme que j’incarnais au début de mon rêve. Sa chambre était petite. Il y avait juste de l’espace pour un lit deux places et une armoire imposante. J’hésitais à fouiller, à rester longtemps dans cette pièce qui me parût menaçante, craignant la sou-daine venue de cette femme que je cherchais. À peine je décidais de quitter la chambre, que je voyais la porte s’ouvrir sur la femme que j’incarnais plus tôt. Elle dégageait quelque chose de dangereux et de mauvais, pourtant je me sentais attiré par elle. Cette attirance semblait réciproque. Je me souviens ensuite incarner un homme, allongé sur le
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lit de cette femme, et qui tentait de ne pas se faire remarquer par elle. Je connaissais l’homme dans lequel je me trouvais quelques minutes plus tôt. Je les voyais se regarder droit dans les yeux, sentant leur mutuelle attirance, mais la femme gardait une expression de marbre et la même aura dangereuse qui l’enveloppait. L’homme qui la fixait partait précipitamment de la pièce, me laissant sur le lit. Je ne voyais que le bout de mes chaussures cirées. Quelques instants plus tard, cette femme se dirigeait vers la télé où se trouvait auparavant l’armoire. Elle s’asseyait sur le lit, paraissant ne pas m’avoir remarqué, alors que pourtant je sentais le danger encore plus intensément, me pétrifiant sur place. Je me levai discrètement et me dirigeais vers la porte, sentant derrière moi son regard me percer les os malgré le fait que j’étais sûr qu’elle demeurait à sa place, à regarder les images en noir et blanc défiler sur son écran. Je quittais la pièce avec la sensation que cette femme ne tarderait pas à me poursuivre et à me tuer dans un accès de rage meurtrière, cette femme sombre qui auparavant était saine de corps et d’esprit. Je marchais rapidement dans le couloir lorsque je me pétrifiai à la vue d’un complet violet que portait un mannequin de fil de fer, un chapeau tenant sur un portant remplaçant la tête. Je savais que je n’avais plus d’issue, que la femme était derrière moi, froide et sombre, incarnation du mal et du bouleversement de la psyché. À mon réveil je me suis demandé comment une personne saine d’esprit pouvait si brusquement sombrer dans les abysses du crime, et plus précisément, du meurtre ? Pourtant ce genre de cas est plus fréquent que l’on peut penser. Le cinéma, la BD et les romans ont déjà traité le sujet, j’en suis persuadé, même si je n’ai pas d’exemple de ce genre qui n’impliquerait pas une force surnaturelle. Je m’appelle Denis Macphernam. Je suis écrivain, ou plutôt, je l’étais jusqu’à ce que je décide d’écrire un thriller qui m’a valu une si belle panne d’idée qu’elle dure encore aujourd’hui, trois ans après mon dernier livre pour adolescent. J’étais spécialisé dans ce domaine, enchaînant succès sur succès. Puis, voulant passer un cran au dessus, je me suis décidé à écrire pour les adultes. Manque de chance, c’est cette idée et l’ambition qui l’accompagne qui sont la source de mes
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trois années d’absence dans le monde littéraire. Quand je pense que je suis réputé pour être un auteur prolifique, arrivant à publier deux livres dans l’année, me voilà à faire silence radio. — Ha ha ha ! Tu es fait comme un rat dans l’espace de ton in-conscient, Lucas ! Hein ? J’ai cru entendre un rire démoniaque durant un instant. J’ai dû rêver. — Hors de question, Malalanounyack, truand, enfermant les êtres humains dans leurs pires souvenirs ! Je vais me défaire de ton sort, vile canaille ! Ah, je crois savoir ce que c’est. Je reconnais ces voix d’enfants et les exagérations des tons à en devenir si absurde que ça en est risible au possible. Au pire, ça devient un excellent vomitif. — Impossible que tu quittes l’espace de ton inconscient, Lucas ! Encore ce rire diabolique. J’ouvre les paupières et découvre la table de chevet. J’essuie un fi-let de bave du coin de ma bouche devenue pâteuse. À l’aide de ma manche, j’éponge l’oreiller sur lequel la bave s’est imprégnée, puis me lève de mon lit, tournant ma tête afin de soulager la douleur de ma nuque, et me dirige dans le salon d’où proviennent les voix que j’ai entendues plus tôt, remplacées par celle plus aiguë de Lucas, poussant un cri proche de la libération qu’on peut ressentir dans les toilettes dans un moment d’effort intense. Le bruit d’une vitre cassée se fait entendre, aussitôt suivi par la stupéfaction de l’être le plus diabolique du dessin animé : — Comment est-ce possible ? Ta conscience aurait-elle pris cons-cience de ton subconscient ? À moins que ce ne soit ton subconscient qui connaît l’état de ta conscience ? Je traverse le salon en titubant et me poste derrière ma fille de sept ans, assise à même le sol, passionnée par les bêtises que disent un mechaet un jeune adolescent aux airs sauvages. Moi, je me contente de
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regarder l’émission comme le ferait un zombie, la bouche ouverte, la vue encore brouillée alors que quelques répliques n’ayant aucun sens se frayent péniblement un chemin jusqu’à mon cerveau. Le dos cour-bé, tentant encore de germer d’un profond sommeil, mes yeux fixent le poste télé rivalisant en couleurs plus flashys les unes que les autres. — Comment est-ce possible ? martèle Malalanoutruc. — Mon complexe d’Œdipe est plus fort que le tiens ! répond Lu-cas en pointant son index sur lemechaavec un air victorieux. — Noooooooooooon ! — Moi aussi je veux avoir un complexe d’Œdipe ! s’écrie joyeu-sement ma fille. Je baisse mes yeux sur elle avec le même air endormi, la bouche semi-ouverte, tandis qu’elle lève la tête vers moi et me jette un œil surpris. Je suppose que ma tête ne doit pas être jolie à voir. — Papa, c’est quoi un complexe d’Œdipe ? me demande-t-elle in-nocemment. J’essaie sans grande volonté d’activer mon cerveau pour lui ré-pondre, mais ce dernier reste éteint, hors service. Je me contente de déglutir afin de laisser le temps à ma bouche de sortir la première phrase qu’elle pourra articuler. Je réponds d’une voix endormie : — Tu verras ça plus tard. Elle m’observe un moment en silence, pas satisfaite de la réponse improvisée, mais comprend qu’elle n’aura rien de plus au vu de mon état. Son attention se porte de nouveau sur la télévision. Dire « Tu verras ça plus tard » à ma propre fille qui me demande ce qu’est le complexe d’Œdipe n’est pas la meilleure des répliques passe-partout. Il y en a plusieurs, pourtant, qui doivent être plus ap-propriées. Enfin, je décide de laisser tomber. Je la connais, elle cherchera sur internet dès que j’aurai les yeux tournés, ce n’est pas la peine de lui expliquer. En entendant le générique de fin du dessin animé, je m’approche de la télé et l’éteins sous les protestations de ma fille. — Il y a un extrait du prochain épisode après le générique ! hurle-t-elle, le regard suppliant.
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