L'Ame cousine

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Un meurtre a été commis dans la belle ville de Nice. Est-ce un cambriolage qui a mal tourné ou bien un drame passionnel? La pianiste qui menait une vie retirée a-t-elle été tuée par un rôdeur qui a croisé son chemin par hasard? À moins que sous son apparence froide et distante, cette musicienne n'ait déclenché des passions irrationnelles. Ses amants, anciens ou récents, refusaient-ils de partager son amour avec un concurrent? Le personnage du commissaire Mariani qui mène l'enquête à sa façon n'est pas sans rappeler un célèbre policier parisien dont les enquêtes sont racontées par un ancien journaliste belge.
Publié le : jeudi 4 décembre 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342031317
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342031317
Nombre de pages : 96
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Gilles Roux L’ÂME COUSINE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120064.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
À toutes les belles passantes comme le chantait Georges Brassens
Quelques mois ont passé… Le lieutenant Mariani entra dans son bureau ; il s’assit. Une feuille de papier posée en évidence l’attendait. Pageot frappa et passa la tête par l’entrebâillement de la porte. « J’ai trouvé ce vieil article d’un critique de musique. J’ai pen-sé que cela vous intéresserait. » Il referma le battant. Francis Mariani ne fut pas étonné de voir que ce papier avait un rapport avec Élisabeth Mangin. Depuis la conclusion de l’enquête, les deux policiers n’avaient plus jamais reparlé de l’affaire. Mais le lieutenant savait qu’elle trottait encore dans la tête de son jeune collègue, autant que dans la sienne. Il l’avait plusieurs fois vu rechercher sur Internet des informations, peut-être au sujet de la pianiste. Pour un jeune sous-officier de po-lice, traiter ce type d’affaires pouvait le marquer à vie ; ce serait une source de questionnements et de doutes. Auraient-ils pu aller plus vite dans leurs investigations ? Avaient-ils prêté assez d’attention aux éléments qu’ils avaient trouvés au cours de l’enquête ? L’intime conviction pouvait-elle exister en l’absence de preuves irréfutables ? Et surtout, une question ne les lâche-rait sans doute jamais : auraient-ils pu éviter la conclusion tragique de cette affaire ? L’article était bref et s’intitulait «L’artiste caméléon ». « Nous avons assisté hier au concert donné dans notre ville par Élisa-beth Lacaze-Mangin. Elle fut parfaite, comme d’habitude. Romantique en
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jouant des morceaux de Beethoven, mystique quand elle passait à Mes-siaen, on l’imagine volontiers improviser sur des morceaux de jazz comme un pianiste né dans le Bronx. Alors que de nombreux musiciens se can-tonnent dans un répertoire restreint, qu’ils ne donnent leur pleine mesure que dans les morceaux de certains compositeurs, qu’ils ne savent entrer dans l’univers que de quelques auteurs, Élisabeth, elle, peut tout interpré-ter. Lorsqu’elle joue du Chopin, on s’imagine que le compositeur lui-même n’aurait pas procédé autrement. Certains critiques ombrageux ou des artistes jaloux diront que c’est par manque de personnalité que la pianiste peut ainsi se couler dans l’œuvre de compositeurs aussi divers ; son jeu manquerait de caractère propre. Quant à nous, nous préférons penser que c’est là son talent que de nous montrer la véritable originalité des œuvres de musiciens d’une telle variété. C’est un peu comme si l’on trouvait dans son interprétation la substance de l’originalité de chaque artiste. Une fois n’est pas coutume, je me permettrai une remarque personnelle : j’imagine l’être humain derrière l’artiste. J’imagine que cette femme ne s’anime que lorsqu’elle s’assied devant son piano pour toucher le clavier de ses doigts légers. Je rêve d’une telle femme, qui ne doit vivre que pour son art et pour combler toutes les attentes des mélomanes! » Mariani se souvint de la phrase qu’Éliane Courtis avait souf-flée quand il avait fini de l’interroger : « Sans avoir l’air d’y toucher, elle les subjuguait, ils tombaient tous dans ses filets. Elle ne faisait rien pour cela, jamais d’avances. Sauf, parfois peut-être, un air de piano qu’elle leur jouait. Et tous, si diffé-rents qu’ils fussent, ils en tombaient amoureux fous. Ils trouvaient ou ils croyaient trouver en elle ce qu’ils cherchaient depuis toujours, celle qu’ils souhaitaient rencontrer. Ils étaient persuadés d’avoir trouvé l’âme sœur, mais elle était seulement comme une cousine éloignée… Une âme cousine. »
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1. Mardi, dans la matinée La photo de la femme, prise lorsqu’elle était bien plus jeune, se trouvait dans le portefeuille que le policier tenait entre ses mains. Il leva les yeux vers Paul Courtis, qui se trouvait assis devant lui, de l’autre côté du bureau. L’homme le regardait. Il semblait un peu inquiet, mais pas plus que n’importe quelle personne qui n’était pas très familière avec les commissariats. Peut-être avait-il un pressentiment. Est-ce que l’on amène quel-qu’un au commissariat après lui avoir annoncé qu’un proche avait eu un accident ? Était-il d’usage d’interrompre ainsi le cours d’un enseignant de lycée ? C’était son proviseur qui était venu pour lui demander de sortir de sa classe alors que celui qui s’était présenté comme lieutenant de police l’attendait dehors. « Allez-vous enfin me dire pour quelle raison vous m’avez emmené ici ? Vous m’avez déjà demandé où j’étais hier soir et je vous ai répondu que j’étais allé me promener le long de la plage. Que voulez-vous savoir de plus ? Dites-moi à quel hôpital se trouve ma cousine, il faut que j’aille la voir. — C’est sa photo… D’habitude, quand on met une photo dans son portefeuille, c’est plutôt celle de son épouse ou de ses enfants – du moins lorsque l’on a, comme vous, une famille. — En quoi cela vous regarde-t-il ? — Je suis chargé de l’enquête sur le meurtre probable d’Élisabeth Mangin, la cousine de votre femme. »
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Mariani n’avait pas prémédité une annonce aussi brutale, mais y avait-il une bonne façon de dire ces choses-là ? Plusieurs fois au cours de sa carrière, il avait dû prévenir des amis, des parents, des conjoints de la mort d’une personne. Il ne savait toujours pas s’il y avait une bonne façon de le faire. Cette fois-ci, il avait énoncé les faits du ton le plus neutre possible. Il ne connaissait pas l’homme qui se trouvait en face de lui. C’était un suspect possible, ou bien un parent qui serait sincèrement bou-leversé. Une photo, c’était un indice, mais vers où le conduirait-il ? En annonçant la nouvelle, ses réflexes de policier avaient conduit le lieutenant à examiner Paul ; il observait sa réaction. L’homme se figea, puis pâlit. Ses lèvres se mirent à trembler légèrement. Il baissa la tête quelques instants puis la releva et regarda le policier. Sa voix était mal assurée. « C’est arrivé ce matin ? — Non. — Mais pourquoi n’avons-nous pas été prévenus plus tôt ? — Quand on découvre un corps, il nous faut faire des cons-tatations, identifier les proches à prévenir… Ça s’est passé chez elle ? De quelle façon ? — Je ne répondrai pas à ces questions pour le moment. — Elle a souffert ? — Ce fut rapide, selon le médecin légiste, mais il y a toujours des incertitudes dans ces circonstances. » Paul se tut un instant. Il baissait les yeux. Mariani n’aurait su dire s’il simulait l’abattement ou s’il était sincère. Il faudrait plu-sieurs tête-à-tête avant qu’il ne commence à percer cet homme à jour. « Il faut que je prévienne ma femme.
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