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L'auteur pressenti pour le Goncourt suivi de La disparition de Madame Supent et La robe de Gala

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L'auteur pressenti pour le Goncourt

Guillaume Garamont, à la tête des éditions Garamont, demande un service à son auteur vedette, Hubert Étouffé.



La disparition de Madame Supent

L'inspecteur Malavoye enquête sur la disparition de Martine Supent. Son principal suspect est Guillaume Supent, le mari.



La robe de Gala

Charles et Gala sont mariés, depuis vingt-cinq ans, et heureux, en apparence seulement.





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L’auteur pressenti pour le Goncourt
 suivi de
 La disparition de Madame Supent
 et
 La robe de Gala

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L’auteur pressenti pour le Goncourt

Depuis un siècle et demi, les Éditions Garamont ont publié la plupart des grands auteurs de littérature, qu’ils soient français ou étrangers. On ne compte plus au catalogue ceux qui ont reçu un prix : Goncourt, Médicis, Renaudot pour ne citer que les plus importants.

Fondée par Maurice Garamont, l’illustre Maison a été dirigée successivement par les fils aînés de la famille. Elle a toujours résisté aux offres d’achat des grands groupes et cette indépendance en fait sa fierté mais aussi sa fragilité.

Car, depuis quelques années, des erreurs ont été commises et la Maison ne va pas bien financièrement. De nombreux titres ont été achetés trop chers et ne se sont pas vendus. La diversification dans une littérature plus commerciale n’a pas porté ses fruits et a brouillé l’image de la Maison.

L’année 2012 repose entièrement sur la publication du manuscrit d’Hubert Étouffé, Renaudot 1958, Médicis 1962. L’auteur, âgé de quatre-vingt-sept ans pourrait bien obtenir le Goncourt cette année et renflouer les caisses de la Maison. La presse est unanime. Le prix est à portée de main.

Depuis son bureau aux fenêtres ouvertes sur le théâtre de l’Odéon, Guillaume Garamont calcule. Le livre est vendu vingt-quatre euros. A minima, un Goncourt assurerait l’écoulement de quatre cent cinquante mille exemplaires et un bénéfice net pour la Maison qui dépasserait les trois millions.

C’est beaucoup. Mais pas assez. Les Éditions souffrent de la mévente des mémoires d’un footballeur achetées à prix d’or. Aussi, Guillaume Garamont a-t-il demandé à Hubert Étouffé de lui rendre un service qui pourrait aider à démultiplier les ventes.

Pour en parler, l’éditeur a invité l’auteur dans son bureau où avait officié avant lui son père, Guy et son grand-père, Maurice. C’est une sorte de cabinet à l’ancienne, sans ordinateur, aux murs tapissés de livres parfaitement rangés avec, dans une alcôve, un divan confortable, renforcé d’épais coussins de velours rouge. Hubert s’y reposera sans doute comme il en a l’habitude.

Le voici justement qui apparaît sans avoir été annoncé, prenant Guillaume Garamont par surprise. « Vous… Vous n’avez pas pris l’escalier tout de même ? » s’exclame-t-il en se précipitant vers le vieil homme pour l’aider à s’asseoir. « Oh, c’est moins dangereux pour moi que d’être exposé à de la littérature de gare », faisant allusion aux ouvrages du hall d’entrée.

L’éditeur rougit. Son père aurait pris soin de préparer la venue de l’auteur en gommant tout ce qui pouvait le choquer. Pas lui. C’est une gaffe. Mais il a pensé au porto. « Je vous sers un verre ? » « Deux doigts, oui, je veux bien. » « Vous devriez apprécier celui-ci. »