L'Exécuteur 305 : Aller simple pour l'enfer

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"La première pensée de Garrett Carter fut qu'il n'était pas mort. C'était plutôt étrange comme pensée… Au même moment, la douleur qu'il avait éprouvée avant de perdre connaissance revint brusquement, lui donnant envie de vomir. Il lutta quelques instants contre les vagues douloureuses de nausée et, quand elles lui laissèrent un peu de répit, il ouvrit les yeux. Il était dehors, allongé par terre, nu, les mains et les pieds liés. Il vai tle visage mouillé et devina qu'on avait dû lui jeter de l'eau pour le réveiller." La vengeance de Bolan était simple et féroce : tuer. Habité de sa haine, Mack Bolan avait mené une croisade meurtrière contre la Mafia. Mais d'autres guerres se faisaient jour, menées via le Net. Des mafias invisibles gouvernées par des puissants aux commandes de multinationales du crime.
Publié le : mercredi 20 février 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782744318597
Nombre de pages : 224
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PROLOGUE

Los Angeles, Californie

Il était bientôt 1 heure du matin, et Garrett Carter était sur le point d’allumer son ordinateur portable pour rédiger le rapport quotidien destiné à ses supérieurs. Un silence presque absolu régnait dans le petit immeuble qu’il occupait à Los Angeles, dans le quartier bobo de Silverlake. La moyenne d’âge des habitants était jeune ici, entre vingt-cinq et trente-cinq ans, des célibataires, quelques couples, mais pas d’enfants. Il se noyait parfaitement dans la masse de cette population urbaine assez aisée, même s’il n’avait noué de relations avec aucun de ses voisins. C’était préférable pour eux.

Carter n’avait pas toujours des choses extraordinaires à raconter, dans son rapport, mais les ordres étaient formels : il devait envoyer un compte rendu aussi complet que possible de ce qu’il avait fait, vu et entendu au cours de la journée. Chaque élément, même le plus insignifiant, apparemment, pouvait être intéressant, exploitable.

Garrett Carter travaillait depuis déjà trois ans pour la D.E.A. Il y était entré grâce à un petit coup de pouce de son père, membre d’une autre agence gouvernementale. Beaucoup avaient vu dans cette intervention un gros piston et Carter, à tort ou à raison, ne se sentait pas complètement accepté. Mais il était depuis bientôt quatre mois sur une mission d’infiltration qui, il le savait, allait définitivement assurer sa place au sein de l’agence américaine spécialisée dans la lutte contre la drogue.

Avoir réussi à intégrer l’entourage de James Rodriguez était un exploit qu’il ne devait qu’à lui et à lui seul. James Rodriguez, ancien boxeur professionnel, avait quitté les rings dix ans plus tôt. Grâce à l’argent amassé au fil de ses trois cents combats, dont deux cent quatre-vingt-dix-sept victoires, il avait ouvert avec ses deux frères des salles de fitness qui avaient essaimé sur toute la côte Ouest. Une belle réussite. Pour la célébrer dignement, il se faisait construire sur l’île de Santa Catalina, au large de la Californie, à une trentaine de kilomètres de San Pedro, une luxueuse propriété de plusieurs dizaines d’hectares. A côté de ces images pour magazines people, des sources convergentes et de plus en plus insistantes semblaient indiquer que le clan Rodriguez avait décidé d’ajouter une corde à son arc. La cocaïne. En moins d’un an, les trois frères seraient ainsi devenus un des plus importants grossistes de la côte Ouest…

Deux mois plus tôt, en début de soirée, alors qu’il rentrait chez lui en voiture, Carter avait remarqué dans la rue une jeune fille qui ne semblait pas dans son assiette. C’était à un feu, à l’angle de Beverly Drive et de Dayton Way. Aucun des passants ne se souciait de son sort. Carter, lui, avait pris le temps de s’arrêter pour aller demander à l’adolescente ce qui se passait. Il avait aussitôt compris qu’elle était en pleine crise de panique. Et quand elle lui avait donné son adresse, après qu’il s’était proposé de la ramener chez elle, il avait compris qu’un hasard incroyable venait de mettre sur son chemin Julia Rodriguez, la fille de James Rodriguez. Carter n’avait pas laissé passer la chance qui s’offrait à lui. Une semaine plus tard, il était Stuart Adamson, emménageait dans son appartement de Tularosa Drive et travaillait pour Rodriguez, au siège social de JR Fitness.

Il était dans la place.

Il se leva pour aller se servir un whisky. Cela faisait désormais partie du rituel. Il avait besoin de ce verre, à côté de lui, pour taper son rapport. En ce moment, il buvait du whisky japonais, hors de prix, qu’il s’était offert pour la bouteille. Il en versa un fond dans son verre en cristal et s’approcha de son gros réfrigérateur pour submerger l’alcool de glaçons. Pour des puristes, c’était un sacrilège, il le savait. Il s’en foutait. Le verre était là pour lui tenir compagnie, pas pour lui procurer un plaisir gustatif. En revenant à son bureau, il mit la radio en sourdine.

Se retrouver dans l’environnement de Rodriguez était une chose ; obtenir des renseignements intéressants sur ses activités mafieuses en était une autre. Au bout de plusieurs semaines, Carter avait dû se rendre à l’évidence : Rodriguez était prudent, très prudent. Il avait érigé une véritable muraille entre sa couverture légale et ses activités illégales. Carter n’avait rien remarqué de suspect chez JR Fitness. Il avait décidé de s’immiscer un peu plus dans l’intimité de Rodriguez et de se faire inviter dans sa grande villa de Beverly Hills, un bunker ultra-protégé.

Carter avait trouvé le moyen de retourner là-bas : il avait prétexté son envie de revoir la fille de Rodriguez. L’autre avait paru surpris, mais avait finalement accepté. Et cet après-midi même, Carter avait passé une partie de son samedi avec Julia Carter, une gamine de dix-huit ans agoraphobe au dernier degré, bourrée de médicaments, qui l’avait à peine reconnu. Il s’en foutait. Il avait profité de ce que Rodriguez s’était absenté pour demander à l’adolescente de lui faire visiter la villa. Il avait ainsi découvert l’emplacement du bureau de Rodriguez. Prétextant une envie d’aller aux toilettes, il avait pu y déposer un micro. Une camionnette de la D.E.A. était déjà stationnée deux rues plus loin, avec des équipes qui seraient à l’écoute vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

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