L'Exécuteur nº287 : Le Pourri des Highlands

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L’Exécuteur ferma le poing droit et l’envoya dans le visage du salaud. Deux coups extrêmement puissants dans la bouche et le nez qui l’envoyèrent valdinguer sur la voiture. Il glissa sur la surface mouillée, ses jambes le lâchèrent, et il finit à genoux tête baissée, le visage ensanglanté.

Publié le : mercredi 6 juillet 2011
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EAN13 : 9782744318399
Nombre de pages : 224
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PROLOGUE

Au cours du long et lent voyage qui le menait de Thaïlande en Europe, l’Orient Venturer avait déjà fait de multiples escales, tantôt pour charger, tantôt pour décharger, et bien sûr pour faire le plein de gasoil. Dans chaque port, le capitaine recevait à bord les officiels locaux, qui, après avoir confirmé la légalité du chargement, quittaient le cargo les poches pleines de liasses de billets verts.

Ce trajet, le bateau l’avait déjà fait de nombreuses fois. En soute ou dans les containers d’acier fixés à son pont rouillé, il transportait un chargement varié, constitué principalement de vêtements et d’appareillages électriques fabriqués en Asie par de la main-d’œuvre exploitée. D’un coût de revient négligeable, ceux-ci finiraient dans les rayons de nombreuses boutiques européennes, à un prix assurant des marges confortables, en particulier à l’armateur de l’Orient Venturer.

Cependant, l’un des containers recelait une marchandise garantissant un profit encore bien supérieur aux exploitants du bateau, et un observateur avisé en aurait repéré les altérations. En effet, son toit était équipé de plusieurs grilles permettant la circulation de l’air. Ce dispositif avait pour but de garder en vie son chargement de jeunes femmes et jeunes filles thaïes.

La plus âgée avait vingt-deux ans, la plus jeune douze. Elles avaient toutes été enlevées pour être vendues à destination. Quasi esclaves, elles n’avaient pas le choix. On les avait arrachées à leur foyer pour les jeter dans le monde glauque du trafic d’humains. Au bout du voyage elles seraient livrées à leurs nouveaux maîtres. Certaines se retrouveraient à travailler dans des ateliers clandestins à longueur de journées pour des salaires de misère. D’autres finiraient prostituées ou comme poupées privées de riches clients. Plus une fille était jolie, plus elle risquait d’être achetée à des fins d’exploitation sexuelle.

Le marché était florissant. L’Orient Venturer livrait régulièrement sa marchandise humaine sur le continent européen et en Angleterre. Les hommes qui dirigeaient cette entreprise étaient basés à Rotterdam et à Londres. Leur champ d’action était mondial, avec des clients tant aux Etats-Unis qu’au Moyen-Orient. L’organisation, bien dirigée, prospérait à l’abri des failles de la législation et de l’impossibilité pour la justice d’agir sans disposer de dossiers archi-complets. Le moindre défaut de procédure, la moindre erreur dans un document et le tribunal risquait de rejeter l’accusation en bloc. Apporter une preuve formelle de ces activités était presque une chimère, et malgré tous les efforts consentis, aucune condamnation n’avait encore pu être obtenue. Les équipes spéciales transnationales étaient pieds et poings liés. Elles consacraient des mois à leurs enquêtes, pour qu’au bout du compte leur hiérarchie, à la demande des tribunaux, exige de nouvelles preuves plus convaincantes.

C’est pourquoi elles avaient décidé, afin d’engranger ces preuves, d’infiltrer l’organisation.

Dean Turner et Ron Bentley, deux agents américains aguerris, ne s’étaient pas fait prier pour accepter cette mission. Ils avaient pris leurs distances avec le reste de l’équipe et avaient consacré plusieurs mois à étudier la tête de pont néerlandaise de l’organisation, cherchant à déterminer si un de ses membres ne pouvait pas être retourné. Ils avaient fini par se concentrer sur un individu qui exprimait son mécontentement sur sa position au sein de l’entreprise criminelle.

Le premier contact s’était plutôt bien passé. Leur homme semblait en désaccord avec ses employeurs et prêt à en discuter avec les agents américains. Ceux-ci passèrent du temps avec lui, le confortant dans ses récriminations, et finirent par acquérir sa confiance, suite à quoi il accepta de leur fournir des preuves des agissements du groupe de trafiquants.

Mais, lors du rendez-vous suivant, Turner et Bentley furent l’objet d’une embuscade et, désarmés, furent emmenés dans un endroit isolé.

On leur dit alors qu’on allait faire d’eux des exemples, afin de faire comprendre à l’équipe spéciale que ses efforts pour briser l’organisation étaient vains. Les trafiquants voulaient que l’équipe sache qu’elle avait affaire à forte partie et qu’ils disposaient de protections haut placées. Ils étaient intouchables.

Pendant trois jours, les agents Turner et Bentley furent sauvagement torturés. Des photos de leurs corps nus, violentés et brisés, furent envoyées au groupe d’intervention international avec un message précisant où les trouver.

La brutalité de l’avertissement, qui montrait le mépris des trafiquants pour le groupe d’intervention, fit son effet. Une fois les corps récupérés, l’équipe reçut l’ordre de se mettre en retrait et de réévaluer sa méthode opérationnelle. Il fallait se regrouper, sans s’avouer vaincu mais en reconnaissant que l’ennemi avait provisoirement l’avantage.

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