L'Exécuteur nº288 : La Marque du diable

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L'Exécuteur fit feu. Le 4x4 ennemi se mit immédiatement à tanguer et alla finir sa course dans une maison close. Le mur s'effondra, mais le 4x4 s'aplatit comme un accordéon, crachant des morceaux de verre et de métal gros comme des éclats d'obus.

Publié le : mercredi 17 août 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782744318405
Nombre de pages : 224
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CHAPITRE PREMIER

Un convoi de trois 4x4 se frayait un chemin à travers les rues défoncées. Bolan était assis à côté du conducteur dans une Bronco banalisée et blindée. Il était 4 heures du matin et les ruelles de Tijuana étaient encore encombrées d’ivrognes zigzaguant, de touristes au regard trouble à la recherche d’un dernier orgasme. Dans ce quartier, les maisons closes n’étaient pas signalées par des néons, il n’y avait pas de rabatteurs pour vanter les formes généreuses des filles, comme au centre ville. Une telle publicité aurait été un luxe inutile à cette heure de la nuit et dans cette partie de la ville. On était au cœur du vieux Tijuana – des murs de terre couverts de graffiti, quelques rares lampadaires et des porches sombres. Si vous aviez de l’argent, vous étiez sûr de trouver de quoi satisfaire vos fantasmes. Il suffisait de franchir une de ces portes.

Bolan jeta un œil sur le « paquet » à l’arrière de la voiture.

Le prisonnier Cuauhtemoc « Cuah » Nigris n’avait pas vraiment l’air heureux. Nigris était le dernier des « Baja Barbacoas », un quatuor de tueurs à gage mexicains dont la spécialité était le kidnapping. Ils avaient l’habitude de faire rôtir leurs victimes à petit feu dans un barbecue recouvert de feuilles d’agave. Le fait qu’un homme, qui avait terrorisé toute la péninsule de Baja, de Tijuana à Cabo San Lucas, un homme dont on disait qu’il avait mangé une partie de ses victimes, ait été transformé en un paquet tremblant n’était pas rassurant pour autant. Les trois complices de Cuah avaient été faits prisonniers, et malgré les efforts de la police mexicaine, ils avaient été tués tous les trois, empoisonnés et étranglés alors qu’ils étaient en préventive. Et pour couronner le tout, on leur avait coupé la tête. Nigris était le dernier de ce quarteron d’assassins gastronomes. Aux abois, il avait brisé l’omerta des cartels. Il avait accepté de vider son sac, sur tout et n’importe quoi, à condition d’être extradé vers les Etats-Unis.

Nigris tressaillit sous le regard de Bolan.

Le baby-sitting n’était pas, et de loin, l’activité préférée de Bolan, surtout quand le client était un tortionnaire doublé d’un cannibale. Mais les pontes du ministère de la Justice voulaient Nigris, et ils le voulaient vivant. Potentiellement, c’était une vraie mine d’informations. Comme il était le seul survivant, le ministère de la Justice voulait une assurance-vie pour Nigris. Donc, Hal Brognola avait demandé — discrètement — à Bolan d’être sa police d’assurance.

Bolan jaugea son client.

Cuah Nigris avait la taille et la stature d’un poids mi-lourd. Il était couvert de tatouages, jusque sur son crâne rasé. Pour l’instant, alors qu’il gisait, pieds et poings liés à l’arrière du 4x4, ses yeux en amande, qui révélaient ses origines aztèques, étaient écarquillés par la peur.

Majandro « Mole » LeCaesar, l’agent de la Police Fédérale Mexicaine, était assis à côté de Nigris. L’agent de la P.F.M. était armé et vêtu d’un battledress noir. Sa peau sombre et sa coiffure afro d’un brun tirant sur le roux trahissaient ses origines africaines, et il portait avec fierté son surnom de « Mole », une sauce au chocolat, le plat national du Mexique. Bolan avait immédiatement apprécié cet homme. De son côté, LeCaesar considérait le mystérieux Américain avec suspicion. Que la P.F.M. autorise un agent étranger à intervenir pendant le transfert d’un prisonnier montrait à quel point les choses partaient en couilles. LeCaesar enfonça le museau de son MP-5 dans les côtes de Nigris tout en gardant un œil sur l’extérieur.

Bolan reporta son attention sur l’agent Smiley.

Il avait déjà vu des spectacles plus désagréables.

L’agent de la D.E.A., Cambrianna « Bree » Smiley était petite et brune, avec de grands yeux marron, des pommettes saillantes, des lèvres pulpeuses et tout ce qu’il fallait là où c’était nécessaire. C’était le type de femme qui restait désirable, même vêtue d’un gilet pare-balles. L’expression de « bombe mexicaine » venait naturellement à l’esprit, sauf qu’elle était d’origine irlandaise et qu’elle bronzait facilement. Certaines situations se dénouaient plus facilement avec une jolie femme dans l’équipe, mais Smiley n’était pas qu’une simple potiche. Elle avait servi en Afghanistan en 2007 avec les équipes de la D.E.A. et y avait gagné la réputation d’être quelqu’un sur qui compter en cas de problème.

Et il y avait un vrai problème à la frontière entre le Mexique et les U.S.A. Et ce problème était si grave que le Président des Etats-Unis avait décidé d’envoyer un « sous-marin » pour le résoudre. Bolan avait l’habitude de représenter une énigme pour les agents fédéraux. Il était aussi habitué à leur méfiance. Smiley semblait prendre ça mieux que la moyenne. Elle ne l’aurait pas admis, mais les événements avaient récemment mal tourné et, secrètement, elle était soulagée d’avoir du renfort.

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