L'Exécuteur nº295 : Nevada Story

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"Trois ans plus tôt, Bryan Jordan, a eu une idée formidable pour renouveler l’intérêt des jeux d’argent à Las Vegas : ouvrir un Casino tout électronique offrant des milliers de jeux informatiques interactifs. Après des semaines de tentatives pour trouver des financements, il était sur le point d’abandonner, lorsqu’une de ses copines, Linda Harrison, lui a présenté un mec d’un certain âge, Carlo Vinetti, qui a trouvé l’opération très excitante… et très rentable. A ce jour, le casino, Zoomland, est ouvert depuis six mois et marche du feu de dieu et Bryan vient de s’acheter sa première voiture. Il décide d’aller l’essayer dans le désert. Malheureusement, au bout de trois quart d’heure de bonheur intense, une voiture de police le prend en chasse et lui ordonne de s’arrêter. Il obtempère aussitôt et découvre que les flics ne sont pas des flics et qu’il est tombé dans un piège… C’est là que Mack Bolan entre en jeu…"
Publié le : mercredi 21 mars 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782744317873
Nombre de pages : 224
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PROLOGUE

Environs de Las Vegas

Bryan Jordan roulait depuis une quinzaine de minutes sur l’Interstate 95. Il avait vraiment quitté Sin City, à présent. La première fois qu’il était venu à Las Vegas, quelques années plus tôt, il avait été surpris de découvrir que la ville était autre chose qu’un ensemble de casinos posés au milieu de nulle part, dans le désert du Nevada. Las Vegas et son agglomération proche s’étendaient sur près de 350 kilomètres carrés — le « Strip » dépassait les six kilomètres de long — et comptait plus de six cent mille habitants… sans compter les dizaines de millions de visiteurs qui gonflaient chaque année cette population.

C’était il y a presque trois ans. Il avait à peine vingt et un ans et il était arrivé à Vegas avec un projet dingue, sur lequel il avait travaillé pendant trois longues années en même temps qu’il étudiait à la Princeton University School of Architecture. Il avait imaginé un hôtel-casino d’un nouveau genre, entièrement tourné vers la modernité et la technologie, destiné à tous ceux qui étaient nés avec une manette de jeu dans une main, un téléphone portable dans l’autre — et pour faire bonne mesure, un ordinateur portable, une tablette tactile et deux mille trois cents amis sur leur compte Facebook. Zoomland, c’était le nom de son projet, n’avait pas d’équivalent dans une ville où le kitsch et le mauvais goût dominaient, afin de plaire à un public aussi large que possible.

C’était d’ailleurs en substance ce que lui avaient dit tous les patrons de casinos à qui il avait présenté son idée. Oui, c’était nouveau. Oui, c’était intéressant. Oui, c’était audacieux. Mais justement : ça l’était trop. Ils étaient tous convaincus que le public ne suivrait pas. En tout cas, pas leur public. Ils ne voyaient pas à qui s’adressait la folie technologique de Jordan.

Il commençait à se décourager, quand la chance lui avait souri.

Linda Harrison.

C’était elle qui l’avait présenté à Carlo Vinetti, déjà patron de deux casinos. Et Carlo Vinetti avait été tout de suite emballé par le projet. Zoomland avait ouvert ses portes six mois plus tôt. Les sceptiques étaient bien obligés de revoir leurs positions. Tout le monde parlait de cet endroit du futur dont les chambres étaient déjà réservées sur presque un an et dont le chiffre d’affaires, hôtel et casino confondus, dépassait les prévisions les plus optimistes.

Bien sûr, on avait mis Bryan en garde contre la personnalité de Vinetti. Sa réussite et son passé suscitaient toutes sortes d’interrogations. Mais Bryan avait décidé de ne pas s’en préoccuper. Zoomland était la chance de sa vie. Pas question de la laisser passer. Son contrat avec Vinetti avait été lu et relu par des avocats : il ne cachait aucune embrouille et n’avait rien de malhonnête. Grâce au petit pourcentage qu’il toucherait dès l’an prochain sur les recettes de Zoomland, il aurait des nombres à six chiffres dans la ligne « crédit » de son compte en banque. Du jamais vu.

Pour fêter ça, il s’était offert deux jours plus tôt sa première voiture. Une New Beetle, le tout dernier modèle que Volkswagen avait créé à partir de sa fameuse Coccinelle. La sienne était rouge. Il avait décidé de tester les deux cents chevaux de son bolide dans la Las Vegas Valley, sur l’Interstate 95, au nord de Vegas. Il aurait dû faire cette promenade avec Linda, mais elle avait fini par décliner. Ça n’était pas prudent, selon elle.

Il repensa au jour où elle l’avait abordé, au comptoir d’un restaurant japonais du Strip. Il était au téléphone avec un de ses ex-copains de fac, Simon, à qui il expliquait sa situation : après une semaine passée à Las Vegas, il avait rencontré une dizaine de contacts et personne ne paraissait s’intéresser à son « idée géniale ». Il n’avait plus un dollar en poche et allait sans doute devoir renoncer. Linda, qui était perchée sur le tabouret voisin du sien, devant une assiette de sushis et de makis, avait engagé la conversation. Elle semblait sincèrement curieuse d’en savoir plus sur son projet.

Elle vivait alors depuis quelques mois avec Carlo Vinetti. C’était un couple aussi peu assorti que possible. Il devait avoir le double de son âge et faire le double de son poids. Et autant cette grande brune était belle, autant ce gnome qui ressemblait à un second rôle du Parrain avait un physique… ingrat. Mais il avait de l’argent, il était généreux…

Ce qui n’avait pas suffi pour que ce qui devait arriver arrive : six mois plus tôt, deux semaines après l’inauguration de Zoomland, alors que Vinetti était parti pour trois jours à New York, Linda et Bryan s’étaient retrouvés dans le même lit. Si Bryan était le plus heureux des hommes, sa vie était devenue un peu compliquée. Très compliquée, même. Linda et Bryan savaient les risques qu’ils prenaient en continuant de se voir.

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