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L'Homme qui pleurait les morts

De
608 pages

Shizuto parcourt le Japon à pied pour " pleurer les morts " oubliés, ceux que l'on efface des mémoires, après le drame. Sur des cahiers d'écolier il note avec soin ce qui a fait la beauté d'une vie – fut-elle la plus courte ou la plus triste. Sa route croise celle de Makino, journaliste cynique et déchu à l'affût d'histoires sordides, puis celle de Yukiyo, qui a assassiné son mari et erre en compagnie d'un étrange fantôme... Quant à sa mère, Junko, elle le suit par la pensée, tout en préparant sa fin prochaine et la naissance de son premier petit-enfant. Les faits divers se multiplient, les enquêtes criminelles se croisent et se répondent et la face sombre de la société japonaise émerge peu à peu, entre suspense et fantastique. Shizuto, gardien du souvenir et ange tutélaire, maître d'un rituel hors de tout jugement et de toute logique humaine, donne leur sens à ces destins tragiques. Un air de manga, dérangeant et énigmatique, baigne ce roman multiple. Tendô explore avec grâce et poésie les liens étroits qui unissent les vivants aux âmes des trépassés et à leur propre mort.



Arata TEND¿, né en 1960, a écrit de nombreux scénarios avant de se tourner vers le roman, privilégiant suspense et mystère. Il a publié cinq romans et obtenu plusieurs prix littéraires importants au Japon, dont le prix Naoki pour ce livre. Il est désormais traduit en plusieurs langues.




la traductrice / pour rabat de jaquette


Corinne Atlan, diplômée de l'INALCO en japonais, a vécu cinq ans au Japon et enseigné pendant dix ans le français au Népal. Elle y étudie le népali, le tibétain et le sanskrit, avant de se consacrer principalement à la traduction littéraire. Lauréate en 2003 du prix de la Fondation Konishi pour ses traductions de Haruki Murakami, elle a traduit à ce jour une cinquantaine d'œuvres japonaises (roman, théâtre, poésie) et est également l'auteur de deux romans.



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T R A D U I T D U J A P O N A I S P A R C O R I N N E A T L A N
ÉDITIONS DU SEUIL e 25, bd Romain-Rolland, Paris XIV
Ce livre est édité par Anne Sastourné
La traductrice remercie Kumi Omae-Grémillard pour son aide précieuse.
Titre original :Itamu hito㍋ባⅉ Première publication : Tokyo, Bungeishunjū, 2008
© 2008, Arata Tendō
Les droits de publication de ce livre ont été négociés avec Arata Tendō et Bungeishunjū par le Bureau des copyrights français, à Tokyo
ISBN: 978-2-02116-975-1
© Éditions du Seuil, mars 2014, pour la traduction française
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
www.seuil.com
Sommaire
Prologue. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Chapitre I. Le témoin (Kōtarō Makino I) . . . . . . . . Chapitre II. La protectrice (Junko Sakatsuki I). . . . Chapitre III. La compagne (Yukiyo Nagi I). . . . . . . Chapitre IV. L’hypocrite (Kōtarō Makino II) . . . . . Chapitre V. L’avocate (Junko Sakatsuki II). . . . . . . Chapitre VI. La spectatrice (Yukiyo Nagi II). . . . . . Chapitre VII. L’enquêteur (Kōtarō Makino III) . . . Chapitre VIII. La soignante (Junko Sakatsuki III). . Chapitre IX. La compréhensive (Yukiyo Nagi III) .
9
15 67 115 155 203 271 343 409 485
Épilogue. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 593
Prologue
Ne serait-ce pas lui, l’homme que vous cherchez ? Le 30 juin de l’an passé, juste avant l’aube, j’ai franchi la porte d’entrée sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller mes parents. Dehors, j’ai enfilé mes chaussures et me suis dirigée à pas rapides vers la gare, sous le ciel d’un indigo profond. Mon quartier fait partie de ces villes-dortoirs qui se sont développées en étoile autour de sites industriels du secteur de l’automobile. En face de la gare s’alignent immeubles et commerces où se presse matin et soir une foule nom-breuse. Le lycée que j’ai fréquenté jusqu’au printemps d’il y a deux ans se trouve à une certaine distance de là : une vingtaine de minutes en tram. Chaque jour, je donnais rendez-vous à une camarade de classe devant la gare et nous faisions le trajet ensemble. C’est ce que j’avais fait aussi, ce 30 juin d’il y a trois ans. J’étais arrivée à l’heure devant les consignes automa-tiques installées le long du mur extérieur de la sortie sud, notre point de rendez-vous. Mon amie était déjà sur place, en train de discuter avec un garçon en uniforme de l’école. Mon amie était une jolie fille aux traits réguliers, très populaire auprès des garçons, si bien que j’ai pris son
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L’HOMME QUI PLEURAIT LES MORTS
interlocuteur pour un nouveau prétendant qui lui avouait son désir de sortir avec elle. Cependant, voyant son expression embarrassée, je l’ai appelée de loin de manière à chasser l’importun au plus vite. Au même moment, j’ai vu le garçon tirer un objet brillant de sa chaussure. Il a bousculé mon amie, agité deux ou trois fois le bras, puis elle s’est effondrée sans bruit. Le garçon a poussé un cri perçant et s’est enfui en cou-rant. C’est alors seulement que je me suis approchée, avec la sensation de fouler un sol de caoutchouc. Je me suis accroupie aux pieds de ma camarade. Ses yeux grands ouverts, qui ne cillaient pas, étaient humides de larmes. Le meurtrier a été arrêté tout de suite. Il s’était vanté auprès de la classe de sortir avec elle et était venu deman-der à mon amie de faire coïncider la réalité avec ses affirmations. Il l’avait poignardée parce qu’elle refusait. C’est ce qu’il a dit à la police.
Il y avait une multitude de fleurs en offrande sur l’estrade aménagée à cet effet devant la gare et, dans la foule qui assista aux obsèques, tout le monde pleurait. Je pleurais moi aussi, serrée dans les bras de la mère de mon amie… Mais il me semblait que ce n’étaient pas de vraies larmes. J’étais submergée de honte à l’idée que, de nous deux, moi seule étais encore vivante et que je n’avais pas su la protéger. À l’école, elle occupa un temps le centre des conver-sations. Puis, les semaines passant, on évoqua de moins en moins le sujet, et je finis moi aussi par me consacrer entièrement à la préparation de l’examen final du lycée. C’était le seul moyen que j’avais trouvé pour échapper à mon sentiment de culpabilité. En apprenant que j’étais admise dans une université de Tokyo, je n’ai éprouvé
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