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L'hypocondriaque suivi de L'ogre du parc Monceau et de Sans mobile apparent

De
8 pages


L'hypocondriaque

Que ne ferait pas Monsieur Lecoq pour revoir la belle pharmacienne ?



L'ogre du parc Monceau

Des rumeurs de disparition inquiètent un jeune cambrioleur opérant le soir au parc Monceau.



Sans mobile apparent

Richard Delarue prépare son grand oeuvre : un meurtre qu'on ne pourra lui imputer.





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couverture
Gérard Moss

L’hypocondriaque
suivi de
L’ogre du parc Monceau
et de
Sans mobile apparent

images

L’hypocondriaque

Ça a commencé par des hémorroïdes. Monsieur et Madame Lecoq venaient d’arriver à Paris. C’était sans doute le stress, ou l’eau, ou les trop nombreux déjeuners au restaurant. Les intestins de Monsieur Lecoq ne supportaient pas. Mais comme il n’aimait pas les médecins, encore moins se soigner ou se plaindre, il avait laissé courir. Et maintenant il souffrait le martyre. Il ne parvenait plus à s’asseoir sur une demi-fesse. Même marcher lui faisait mal. Il fallait le voir se tortiller sur sa chaise ! Ça faisait rire Madame qui se moquait de lui. « C’est comme ça que tu me soutiens ! se plaignait-il. – Mais mon pauvre amour, tu n’as qu’à te faire soigner ! »

Elle avait raison. Une pharmacie le dépannerait. Mais quelle honte d’aller demander, hum, « quelque chose pour les hémorroïdes. Enfin, contre. » « Pardon ? » C’était pire que d’acheter des préservatifs. « Des hémorroïdes », répéta-t-il un peu plus fort avec un petit sourire contrit. La pharmacienne fut parfaite, professionnelle, aimable, presque maternelle. Elle lui conseilla d’arrêter le café, les déjeuners trop gras et de courir. Ce qu’il fit. En une semaine, le mal était passé.

Mais pas le souvenir de la pharmacienne.

Plus tard, il tomba malade. Quelque chose comme de la fièvre. On fit venir le médecin qui ne lui trouva rien. Peut-être un peu de surmenage et de stress. C’est vrai que ses nouvelles responsabilités l’écrasaient un peu. Il avait du mal avec son chef et ses employés lui manquaient de respect, confia-t-il au docteur, un grand type plutôt bel homme. « Je ne peux pas vous faire d’arrêt de travail, lui expliqua-t-il. Votre état ne le justifie pas. Mais je vous prescris du fer, du magnésium et des vitamines. Vous serez vite en pleine forme. » En laissant sa femme s’occuper des formalités avec le médecin, Monsieur Lecoq remonta les couvertures jusqu’au menton en souriant. Il allait revoir la pharmacienne ! « Veux-tu que je te rapporte tes médicaments ? » demanda son épouse. « Je m’en occupe ! » répondit-il.

Par chance, elle était là. Et c’est elle qui le servit. Toujours aussi parfaite, professionnelle, aimable et presque maternelle.

Ça aurait pu s’arrêter là, une simple rêverie, un doux fantasme. Mais depuis quelque temps, Madame Lecoq était souvent absente, ce que lui reprochait son mari. « C’est un peu fort, lui objectait-elle. Nous savions tous les deux que ce nouveau travail me prendrait beaucoup. Et on était d’accord, rappelle-toi ! » Elle avait raison. Alors, pour tromper l’ennui de ses longues soirées solitaires, Monsieur Lecoq pensait à la pharmacienne.

Monsieur Lecoq tomba de nouveau malade, mais plus sérieusement cette fois. Une douleur au ventre, encore. On appela le Docteur Signac, le même que la dernière fois, qui délivra une magnifique ordonnance, pleine de lignes, de comprimés et de sirops. De quoi retourner à la pharmacie plein de fois. « En attendant, prenez déjà ça, tous les jours. Et pas d’excès », lui dit le médecin en sortant une plaquette déjà entamée.