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L'Imperméable Jaune

De
159 pages
Antoine Ribault,psychanalyste dans une petite ville de province, mène une existence tranquille jusqu’à ce qu’une jeune femme entre dans son cabinet. Malgré le départ orageux de l’inconnue, Antoine saisi par un réflexe, décide de lui ramener l’imperméable qu’elle a laissé derrière elle. Dès lors s’enchaînent une série de péripéties qui vont conduire notre héros malgré lui dans les plus sombres recoins de la perversion humaine.Dans ce roman d’ambiance, Gabriel Notot nous raconte les aventures d’un homme à qui le destin semble vouloir absolument s’interesser. Notre détective amateur, loin de l’atmosphère de son cabinet, va risquer sa vie, rencontrer des personnages hauts en couleurs, et mener une investigation aux multiples rebondissements, inaugurant ainsi la première de ses enquêtes
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L’Imperméable Jaune
GABRIEL NOTOT
L’Imperméable Jaune
Une enquête d’Antoine Ribault.




POLAR









Le Manuscrit














© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : (2-7481-6951-4 livre numérique)
ISBN 13 : 9782748169515 (livre numérique)
ISBN : 2-7481-6950-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748169508 (livre imprimé)







A Marie, dont le soutien et l’œil attentif, ont permis à cette
histoire de prendre forme…
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PRÉAMBULE
La vie est bizarre, et c’est dans les moments où on se
croit à l’abri de tout, bien caché sous le vernis de la
respectabilité que le destin vient vous tirer par les pieds.
Il y avait des tas de façons de raconter ce qui va suivre
et j’avoue, un temps m’être demandé si la fiction n’en
serait pas la forme idéale. D’ailleurs, mon illustre maître
en psychanalyse, le docteur M. ne disait-il pas à ses
étudiants qu’ « une relation de cas n’était à près tout rien
d’autre que la reconstruction fictive d’une réalité à
jamais inconnaissable au même titre que le récit d’un
rêve » ?) Bref, j’ai été tenté, d’abord, de faire de tout
cela, un roman, quelque chose qui fasse palpiter le
lecteur, qui se bâtisse de suspense et de
rebondissements, de dédales où l’on se perd, de
chausse-trappes et de fausses pistes, jusqu’à ce que
survienne l’apothéose finale. A la réflexion pourtant, il
m’a semblé plus honnête de rapporter cette singulière
aventure en restant au plus près des faits tels qu’ils se
sont déroulés. Bien entendu j’ai, par discrétion, modifié
les noms des protagonistes involontaires de cette
sombre histoire et n’ai conservé des lieux que leurs
initiales… Bien qu’il ne soit guère difficile de tout
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retrouver en compulsant la presse de l’époque, je ne
sache pas que l’on puisse y trouver quelque intérêt, si ce
n’est purement anecdotique…
Il se trouve pourtant que j’ai accepté de commencer
la rédaction de ces mémoires, alors que je jouissais
depuis quelques années d’une retraite paisible, sur
l’insistance quasi obsessionnelle d’un petit groupe
d’amis. J’ai fini par céder à leurs assauts pour protéger
ma tranquillité, vertu à laquelle je n’ai de cesse de me
consacrer depuis les premières heures de ma naissance
(aux dires de ceux qui en furent spectateurs, à tout le
moins.). Le lecteur pressé pardonnera, je l’espère, les
nombreux détours qui l’amèneront au cœur de cette
étrange affaire, mais je me tiendrai, je l’ai dit, à une
stricte relation des faits tels qu’ils sont advenus.
D’autant que l’imbroglio auquel je me suis
involontairement trouvé mêlé fut à l’origine d’une série
d’événements qui devaient modifier résolument le cours
de mon existence…Mais il faut commencer par le
commencement, c’est à dire remonter quelque temps
avant que cette histoire ne débute …
Je fus autrefois modestement connu dans le milieu
analytique : non que j’y aie fait figure de référence, mais
les quelques positions originales que j’avais prises sur les
rapports entre criminologie et psychanalyse lors de
divers séminaires et une courte monographie que
j’écrivis à propos de « l’autopunition chez le meurtrier
en série », me firent un renom à vrai dire fort immérité.
Dès lors et comme on ne prête qu’aux riches, affluèrent
sur mon divan les représentants éminents de la
bourgeoisie provinciale qui tenaient le haut du pavé
dans cette petite ville austère où j’exerçais. Notaires,
avocats, industriels, femmes et enfants de notaires,
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d’avocats et d’industriels : j’écoutais quotidiennement le
flot d’angoisses, d’obsessions et de fantasmes qui les
travaillaient et qui font l’ordinaire de notre profession.
Je tarifais mes minutes d’attention, souvent flottante, au
prix fort et j’aurais sans doute pu me contenter de cette
existence somme toute confortable et d’un rapport
constant, si le destin n’en avait décidé autrement, mais
n’anticipons pas… J’étais pour tout dire un psy. banal
qui faisait sa besogne assez correctement dans une ville
sans originalité et en fin de compte cette absence
d’imprévu me convenait tout à fait. En dehors de ces
heures facturées, je menais une vie tout à fait plaisante,
partageant avec Wilhem, mon Chartreux de dix ans, un
appartement confortable où nous jouissions l’un et
l’autre d’un épicurisme de bon aloi. La veille de ce jour
où ma tranquillité bascula irrémédiablement, je finissais
de retranscrire, comme à l’habitude, les éléments
essentiels des confidences dont mes patients m’avaient
abreuvé toute la journée. La pendule sonnait vingt
heures, je m’en souviens parfaitement, parce qu’à ce
moment précis j’ai songé que Wilhem devait m’attendre
avec une impatience grandissante et qu’il allait me falloir
affronter ses regards courroucés et ses miaulements
méprisants. Je soupirai en me répétant la remarque de
Freud : « L’analyste est en droit d’affirmer que son dur travail
ne lui permettra jamais de gagner autant que d’autres confrères
spécialistes… » et je me dis qu’au moins, cela m’évitait
toute culpabilité quant aux honoraires, assez élevés, que
je demandais, sans une once de culpabilité. J’avais
allumé ma pipe et m’étais remis au travail lorsque ma
secrétaire m’appela.– Il n’y a pas de hasard ! grommelai-
je en jetant à l’Interphone un regard mauvais.
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« – Désolée de vous déranger, monsieur, mais il y a
ici une jeune fille qui voudrait vous rencontrer. Je lui ai
bien dit que vous ne receviez pas sans rendez-vous,
mais…elle paraît très agitée, et… c’est pourquoi je me
suis permis… » ajouta-t-elle en baissant la voix, ce qui
me fit penser que la dite jeune fille ne devait pas être
loin.
Je levai les yeux vers la pendule : non, décidément je
ne voulais pas supporter d’entendre une demi-heure de
jérémiades supplémentaires ! J’avais atteint le seuil de
saturation et je suggérai à ma secrétaire d’user de ses
talents de persuasion pour calmer la demoiselle et lui
fixer un rendez-vous le lendemain. Je savais qu’Alice
excellait dans l’art de la pacification des âmes et je ne
doutais pas qu’elle y réussisse cette fois encore.
D’autant, pensai-je, qu’il devait s’agir d’une enfant de
notable en mal d’affection et qu’une bonne nuit de
sommeil aurait sans doute autant d’effet thérapeutique,
à moindres frais pour elle, que le cuir usé de mon
fauteuil ! Ce fut la première des nombreuses erreurs que
je commis dans cette affaire, mais à ce moment là, je
n’en savais rien, j’étais simplement fatigué et pressé de
rentrer chez moi. Je regagnai donc mes pénates
quelques instants plus tard, l’esprit en paix et j’oubliai
bientôt cet événement…
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L’IMPERMÉABLE JAUNE.
Lorsque j’arrivai à mon cabinet le lendemain matin,
force me fut de constater que mes théories avaient fait
long feu, puisque Alice me glissa d’un air inquiet :
« – Monsieur, votre patiente d’hier, elle est revenue
et elle n’a pas l’air bien du tout vous savez…
J’aperçus en effet une mince jeune fille, d’une
vingtaine d’années environ, vêtue d’un imperméable
jaune. La seule impression qu’elle me laissa à cet instant,
fut l’égarement que j’entrevis dans son regard tandis que
je passais devant la salle d’attente Lorsqu’elle entra dans
mon bureau, ce sentiment prit un aspect si réel qu’il en
devint presque palpable. On eût dit que flottait autour
d’elle une aura d’angoisse, comme une seconde peau
invisible et pourtant évidente. Je m’efforçai pourtant de
ne pas tirer de conclusions hâtives, fidèles aux
admonestations que M. nous lançait en tirant sur son
éternel cigare : « si vous croyez comprendre, dites-vous
que c’est que vous ne comprenez rien !. ». Je masquai
donc mes pensées derrière un sourire bienveillant et un :
– Mademoiselle… que j’espérais le plus neutre possible,
tandis qu’elle ôtait son vieil imperméable et le posait sur
ses genoux, avant de s’asseoir. Dans le silence qui suivit,
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