L'oeil de Léa

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Alors qu'elle pensait avoir trouvé un job en or dans la galerie prestigieuse appartenant à Alexis Delparis, riche ami de son père, Léa commence à déchanter quand elle comprend dans quel guêpier elle est tombée. Un peintre schizophrène et peut-être criminel, une artiste vedette victime d'un étrange accident le soir du vernissage, un patron aux relations douteuses, la jeune galeriste a de quoi avoir les nerfs à vif. Elle les aurait bien plus encore si elle connaissait le nouvel objet de convoitise du Turc au regard magnétique que lui a présenté Alexis. Une partie de son propre corps, vendue à des mafiosi russes. Au moment même où elle se lance sur la piste d'un trafic d'art, la traque a commencé.
Publié le : mercredi 7 novembre 2007
Lecture(s) : 241
EAN13 : 9782748194142
Nombre de pages : 361
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Titre
L'oeil de Léa
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Titre Brigitte Marlyl
L'oeil de Léa
Polar
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9414-4 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748194142 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9415-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748194159 (livre numérique)
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Boum… boum… boum… boum… BOUM, BOUM, BOUM, BOUM. Le grondement de la vague, géante, qui s’annonçait au loin se mêlait aux battements cadencés de son cœur. Soudain, elle fut aveuglée, submergée. L’eau, brûlante, s’engouffra dans ses poumons. Elle allait faire éclater sa cage thoracique. C’était une eau rouge, sombre, poisseuse. Du sang ! Des poissons harponnés gisaient à sa surface. Elle sortit la tête hors de l’eau, hoqueta, avala une bouffée d’air. Mais une nouvelle vague, immense, arrivait à une vitesse phénoménale en faisant un vacarme de rouleau compresseur. C’était la fin. Elle allait l’engloutir. Elle se fracassa sur sa tête. Se sentant happée par le vide, elle tenta de crier, mais d’étranges sons, inaudibles, expiraient sur le bout de ses lèvres avant d’être expulsés, tels des enfants mort-nés. Ses bras, ses mains, ses doigts, elle voulait les bouger, elle voulait les secouer, mais pas un seul de ses muscles ne répondait, pas le moindre
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L’oeil de Léa
tressaillement, pas le moindre soubresaut. Elle était morte. Léa Malt se réveilla en sursaut. L’atmosphère torride de la chambre avait engourdi ses membres et ralenti l’activité de ses neurones. Allongée nue sur le lit, elle regardait les petites gouttes de sueur affleurer entre ses seins, comme les perles d’une rosée crépusculaire, et courir en chapelets lilliputiens vers ses aisselles, qu’elles inondaient de leur moiteur saline. Elle les essuya avec un bout du drap, qui avait glissé sur le sol. Une chaleur écrasante, caniculaire, s’était abattue la veille sur Paris, et dans la nuit une atmosphère humide s’était répandue dans la chambre, au point qu’elle avait l’impression d’avoir été transportée en pleine jungle tropicale en période de mousson. Il n’y avait pas un souffle d’air. Les rideaux de tulle de son lit à baldaquin étaient parfaitement immobiles. Seule une mouche tournoyait près de la tête du lit en émettant un vrombissement qui, dans le silence, lui paraissait aussi abrutissant que celui des pales d’un hélicoptère. Elle chassa l’insecte, qui décrivait de petits cercles autour de son visage selon une trajectoire immuable. Deux minutes plus tard, la mouche revint à l’assaut. Léa lui asséna alors un coup vif du revers de la main. Elle ne la revit plus. Elle étouffait, ses forces l’avaient abandonnée.
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