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La Boutique du Père Maurin

De
292 pages
Pour la première fois, la vie calme et laborieuse du père Maurin commence à tanguer: l’adjoint au maire lui demande d’expertiser un livre ancien, puis son neveu dont il avait oublié l’existence ressurgit soudainement pour lui demander un ouvrage. Lorsqu’il découvre en plus que sa librairie a été visitée en en son absence, le vieil homme commence à s’inquiéter. Mais dans les environs de Méricourt, tout semble déraper: une effraction dans un atelier de serrurerie, une voiture volée, et bientôt un meurtre… À l’instar de Fabien, le jeune ami du libraire, le commissaire Richet et ses hommes vont chercher les clefs du chaos dans lequel a sombré leur village. Suspense rural habilement ficelé autour d’une bourgade plus vraie que nature, La Boutique du père Maurin doit autant à la maîtrise de son scénario qu’à son imposante galerie de personnages. L’auteur de Sans domicile flic bâtit ici un puzzle malin, dédouble les pistes et signe un polar efficace qui comblera tous les publics.
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La Boutique du Père Maurin
Jean-Marie Cauët La Boutique du Père Maurin
Publibook
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IDDN.FR.010.0116556.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2011
Chapitre I Fabien remontait tranquillement la rue de la République, les mains dans les poches, une moue amusée lui déformant le côté droit de la bouche. Chaque fois quil esquissait un semblant de sourire, seul le côté droit de la bouche se mouvait. Rue de la République Une petite rue étroite et tortueuse où lon trouvait quelques rares commerces de proximité. Pourquoi lui avoir donné ce nom ? Cétait faire bien peu de cas de la pauvre Marianne ! Fabien se demanda sil existait quelque part, ailleurs quà Méricourt, une ruelle ou une impasse de la République Il passa devant la vitrine fermée de la librairie Maurin. Là encore, librairie était un bien grand mot ! La boutique vieillotte, cachée derrière une façade décorée par des panneaux de bois, ressemblait plutôt à celle dun bouquiniste. Fabien la connaissait bien, pour y avoir acheté de nombreux livres, quil avait fallu commander. « Une chance que mes parents aient les moyens de me les payer », pensa-t-il une fois de plus. Cest vrai que ses parents, plutôt aisés, ne lui refusaient pas grand-chose, mais cétait également vrai quil nen abusait pas. Il faisait preuve dune maturité nettement supérieure à celle quon est en droit dattendre dun jeune de seize ans, et son caractère solitaire le poussait plutôt à sadonner à la lecture quà la fréquentation des garçons de son âge. Soudain, il sarrêta. « Mais dit-il sans sapercevoir quil parlait à voix haute, cest pas lundi aujourdhui ! » Comment se faisait-il que la boutique du père Maurin soit fermée ? Daussi loin quil sen souvenait, le libraire était
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fidèle au poste du Mardi au Samedi inclus. Jamais il ne sétait absenté en dehors de cette période. « Bah ! grommela Fabien, il est peut-être parti en va-cances » Et il reprit sa marche, passant sa main dans sa tignasse noire et mal peignée. « Tout de même, le père Maurin en vacances, ce serait nouveau ! » Au bout de quelques minutes, il arriva devant une mai-son un peu plus importante que les autres, aux boiseries fraîchement repeintes. Il poussa le portillon, traversa une petite cour, franchit les trois marches qui menaient à la porte dentrée et sengouffra dans le couloir. Une voix frêle séleva immédiatement :  Cest toi ?  Ben oui ! Cet échange laconique et traditionnel lui paraissait stu-pide. Quelle que soit la personne qui entrait, la réponse ne pouvait être que « Oui » ! Il avança jusquà la cuisine, située au bout du couloir.  Ça va, mman ? Sa mère, Cécile Martel, était assez grande. Ses cheveux bruns coupés courts narrivaient pas à atténuer la douceur de ses traits. Vêtue dune robe simple protégée par un tablier, elle préparait le repas de midi. Un bref coup dil en direction de son fils suffit à lui faire comprendre quil était préoccupé.  Ça va, mon grand. Comme dhabitude Mais toi, tu nas pas lair dans ton assiette ! Fabien sétonna, une fois de plus, de la faculté dobservation de sa mère.  Cest rien, seulement la boutique du père Maurin est fermée. Cest bizarre.  Pourquoi donc ? Nous sommes en Juillet !  Oui, bien sûr, cest ce que jme suis dit, mais cest bien la première fois Ne tinquiète pas pour si peu et va te laver les mains. Ton père ne va pas tarder.
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