La Branche cassée

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Dans la forêt, Delphine cherchait son chemin. Pas celui pour se rendre d'un point à un autre... Elle ne voulait plus être la proie de ses cauchemars. Elle était venue dans le Vercors pour se reposer, pour reprendre haleine après avoir vécu des évènements douloureux. Et en marchant dans la forêt, elle s'est égarée, volontairement... Elle a écouté les conseils du commissaire Bourget. Elle n'a pas suivi les chemins balisés. Mais elle n'était pas perdue pour autant, car dans la forêt, elle a fait des rencontres. C'est dans les sous-bois sombres de ses états d'âme qu'elle cherchait une porte de sortie. Et Suzanne, P'tit Jo, Henri, chacun à leur manière, l'ont guidée vers cette issue. Sa peau de flic en a gardé de belles griffures...
Publié le : jeudi 12 février 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342034639
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342034639
Nombre de pages : 300
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Du même auteur
Juste un peu avant la neige, Mon Petit Éditeur, 2012
Pierre Pellegrini LA BRANCHE CASSÉE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120110.000.R.P.2014.030.31500 015Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2
À la forêt de Lente, et à Henri Barraquand qui la connaissait par cœur !
Première partie. Chemin faisant
1 Le brouillard était tombé. Pendant la nuit sans lune, il avait fran-chi la montagne poussé par la bise. Il avait tout effacé de sa gomme humide et moutonneuse. La forêt n’existait plus. Le plateau herbeux avait disparu. Le paysage était devenu une page blanche. Les bruits environnants se perdaient dans la nappe laiteuse. On entendait à peine les oiseaux qui venaient picorer au bord de l’hôtel de la Forêt. Le plateau de Lente était enfoui sous le duvet brumeux d’un oreiller gigantesque qui avait éclaté quelque part dans les bois, derrière les crêtes. Il masquait tout. Depuis la fenêtre de sa chambre, Delphine contemplait cette absence. En ouvrant les volets dès le jour venu, elle s’était figée devant ce spectacle. La veille, tout était bien en place mal-gré le temps pluvieux. Les sommets arrondis, dont le massif du Vercors avait eu le talent d’une fabrication toute en courbures à cet endroit, veillaient au bon ordre des choses au-dessus du plateau. Les conifères et les feuillus, dans des pentes douces, descendaient jus-qu’aux abords du vaste champ du lieu-dit posé comme un lac au cœur des bois. L’été s’annonçait, pour son premier jour, sous une vague de fraîcheur et d’humidité habillée d’une robe blanche. Le brouillard était son écume, sa dentelle. Les fonds forestiers et champêtres attendaient que la marée se retire pour émerger et retrouver leur place. Ils gisaient pareils à des vestiges d’un autre temps sous la brume épaisse. Le re-gard de Delphine se diluait dans sa masse blanchâtre et mouvante. Elle restait absorbée, pétrifiée. Son esprit fasciné se vidait dans le brouillard. Les quelques restes de rêves de la nuit se diffusaient, s’émiettaient, se délitaient dans l’épaisseur blanche devant sa fenêtre. Elle resta un temps sans mesure accoudée à son rebord. Le froid lui caressait les joues. Son visage encore imprégné de sommeil s’éveillait doucement à cette journée brumeuse. Elle se sentait comme sur une île au milieu de l’océan.
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LA BRANCHE CASSÉE
Le monde s’était évanoui. Elle était seule, abandonnée de tous. Le magicien blanc avait tout fait disparaître. Une voiture passa sur la route au bord du bâtiment et longeant le plateau. Le bruit du moteur amorti par le brouillard sortit Delphine de son hypnose. Elle frémit. Soudain, elle eut froid. Elle ferma la fenêtre coupant ses vaporeuses pensées. Elle se recoucha bien au chaud sous la couette douillette de son lit, les yeux fixés sur la blan-cheur du ciel à travers les carreaux. Elle ne voulait pas savoir l’heure qu’il était. Elle attendait. Elle ne savait pas ce qu’elle attendait. Elle restait là, immobile, dans des draps immaculés eux aussi. Depuis son arrivée à l’hôtel deux jours plus tôt, un grand blanc s’était installé dans sa tête. Le brouillard venait en écho à son esprit vidé. Elle se sentait comme lui, impalpable, instable, vulnérable. Quand elle avait ouvert les yeux ce matin, elle ne se rappelait plus qu’elle était à Lente, petit hameau du sud du Vercors. Sa mémoire semblait effacée. La nuit avait fait son chemin dans l’espace de ses rêves. Les dernières semaines ne lui revinrent que petit à petit. Et comme à chaque fois qu’elle retrouvait les événements passés, son ventre se nouait. Pourquoi fallait-il se rappeler ? se disait-elle. Ce moment à la fenêtre, face à la blancheur du paysage, ne fut qu’un simple répit, un instant de vide sans souvenirs. Elle aurait voulu être comme le brouillard, se répandre dans la forêt, dans l’herbe, en fines gouttelettes, et se laisser dissiper par les premiers rayons de soleil qui ne manquerait pas de réapparaître. Elle resta dans son lit encore long-temps, un temps qu’elle perçut comme des heures inutiles. Puis, machinalement, instinctivement, elle remit la machine de son corps en route. L’énergie qu’elle déploya pour se lever, se laver, s’habiller, lui parut gigantesque. Pendant toute cette durée, le brouillard remon-tait vers les sommets, vers les crêtes de Montuet en face de l’hôtel, et l’astre du jour pointa son puissant projecteur sur les cimes des sapins tout proches. La journée s’annonçait avec étrangeté. Au solstice de l’été, un invité surprise, tout de blanc vêtu, avait pris possession de la place. Lente, lieu-dit de petite taille, avec quelques maisons, portait
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