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La Cattiva

De
272 pages
Six ans avant le début de cette histoire, on avait dit à Marianne Renoir, alors âgée d’une quinzaine d’années, que le jeune homme qu’elle voyait là, sur le trottoir d’en face, en train de faire ses lacets comme vous et moi, descendait du pape Sixte Quint et de la grande famille des Peretti, dont Stendhal a raconté quelque part les aventures. Il sait le grec ! avait-on ajouté. L’italien aussi, à coup sûr, car il passait tous ses étés dans la villa de ses aïeux, près de Ferrare. On murmurait même qu’il était poète. Et si je l’épousais ? s’était demandé Marianne. Six ans plus tard, Marianne n’a toujours pas épousé Pierre, mais elle passe ses vacances d’été avec lui dans sa villa de Camporiano. Le roman commence sur un mode léger et comique par la description triviale du quotidien des personnages, de leurs humeurs et de leurs disputes ; il s’engouffre peu à peu dans leurs perceptions profondes et se met à suivre le flot de leurs pensées et de leurs hallucinations, grâce aux textes intimes qu’ils écrivent, mais également aux contes, aux ballades, aux histoires allégoriques qu’ils inventent et se récitent. Roman à plusieurs voix, La Cattiva glisse constamment d’un genre à l’autre, d’un ton à l’autre. Même quand l’angoisse prend le dessus, l’enthousiasme et l’enjouement ne disparaissent pas entièrement. Le récit se déploie dans une Italie ensoleillée et romanesque, tantôt réelle, avec les déambulations de Pierre et Marianne dans Parme, Modène et Ferrare, tantôt imaginaire et rêvée : Camporiano n’existe pas plus que Virgoletta, un petit village à flanc de colline où l’on part dîner et danser la tarentelle quand tout va trop mal.
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Lise Charles
La Cattiva
Roman
P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris 6
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© P.O.L éditeur, 2013 ISBN : 9782818017289 www.polediteur.com
Extrait de la publication
– Si tu n’as pas peur, il ne t’arrivera rien. – Très bien, réponditil. Et il traversa sans frémir le portique de marbre. – Et si j’ai peur ? aije demandé. – Si tu as peur, tu mourras. Au premier pas sous le portique, je me suis effondrée, et toutes les pierres sont tombées sur moi.
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I
La poire s’écrasa dans le caniveau. Marianne n’en avait pris qu’une bouchée avant de la laisser tomber à terre. C’était la dernière poire des Fab bri, elle était délicieuse, déclaratelle. Pourquoi l’astu jetée ? Marianne ne répondit rien et conti nua de fouiller sous les sièges de la voiture, entre les habits épars qui sentaient l’essence et les cou teaux en plastique, désormais inutilisables. Tu vois ! il était là, et mes lunettes aussi. Elles doivent être rayées, maintenant. Elle chaussa rageusement ses lunettes en forme de cœur, fourra le guide dans son sac et partit d’un pas vif, tandis que Pierre fer mait les portières et lui demandait distraitement, en se retournant pour vérifier que les rétroviseurs s’étaient bien repliés, mais qu’estce que tu as ? Les toits rouges ni la sérénité de Modène ne l’émurent, l’ange de la mort sur la façade du Duomo lui parut
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petit et gris (petit et gris comme notre amour, susurratelle à l’oreille de Pierre, qui eut un sou rire attristé et l’habileté de ne rien répondre), elle s’assit sur un banc en face de l’église, où elle refusa d’entrer. Pierre murmura seulement : regarde au moins les lions, devant la façade, ils sont beaux, non ? Il esquissa un rugissement timide. Oui, enfin, il y en a aussi à Venise, des lions. Pierre haussa les épaules d’un air dépité, il n’avait jamais vu Venise, et il se dirigea vers l’église. Marianne observa le nez des passantes, leurs cheveux, songea qu’elle voulait des tennis exactement comme celles de la fille qui passait à vélo, làbas, et aussi du vinaigre. Elle se baissa pour refaire le minuscule nœud de ses balle rines grises, et se sentit bien ridicule, à tripoter ces deux bouts de ficelle pour un nœud décoratif qui ne décorait rien ; des tennis, au moins, avaient des lacets dignes de ce nom. J’en ai marre, j’en ai telle ment marre. Au bout de quelques minutes, Pierre sortit du Duomo : ce n’était guère étonnant qu’il y fût resté aussi peu de temps, il s’ennuyait toujours quand il était seul, preuve qu’il était un personnage ennuyeux. De loin, il lui faisait de grands signes de ses grands bras tout maigres pour qu’elle vînt le rejoindre. La tête légèrement tournée sur le côté, Marianne l’observait du coin de l’œil sans bou ger, sachant que ses lunettes étaient assez noires pour qu’il ne pût pas être certain qu’elle le regar
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