La Gardienne de l'ultime

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« Il reposa le dossier. Toute l’équipe était choquée : une femme si belle, le visage déformé à ce point par l’horreur, les os des mains brisés à force de frapper les murs... Les neuroleptiques étaient inefficaces. C’était évocateur... De l’étage inférieur, il entendait les coups de la forcenée et ses hurlements inhumains. Lui, il savait. Ce n’était pas une malade, c’était un « cas » : la porte blindée de la chambre d’isolement du quartier pour malades agités ne tiendrait pas longtemps à cette fureur. Non, elle n’était pas malade : elle vivait la pire des abominations... ».
Ce thriller, qui navigue entre l’effroi, le mystère, l’action et l’étrange constitue le troisième roman de la trilogie de La Résurgence de l’Ombre. Il peut être découvert avant les deux ouvrages précédents.


Publié le : jeudi 20 août 2015
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EAN13 : 9782332968234
Nombre de pages : 302
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ISBN numérique : 978-2-332-96821-0

 

© Edilivre, 2015

Préambule

Cette histoire qui se déroule dans un futur proche est une pure fiction, qui prend donc un double risque : celui de l’invraisemblance et celui de la coïncidence.

Ce livre peut être lu d’emblée. Cependant il s’agit du troisième volet d’une trilogie dont les deux premiers sont « La Résurgence de l’Ombre » et « La Morsure de l’Effroi ». Pour le lecteur qui aurait en main « La Gardienne de l’Ultime » et qui n’aurait pas encore lu « La Résurgence de l’Ombre » et « La Morsure de l’Effroi », les quelques lignes de ce préambule pourront distiller le minimum nécessaire d’informations.

Résumé du Livre I :
La Résurgence de l’Ombre

Sous les ordres du Général Gabriel Bouvier deux militaires de la D.G.S.E., le scientifique Jarod Barclet et l’agent d’action Shona Chang Taylor, traquent le tueur en série sanguinaire Vladinescu, évadé d’un service psychiatrique pour malades dangereux. Le criminel était médecin militaire dans un sous-marin nucléaire stratégique. Au retour de sa dernière mission Vladinescu avait tenté de monnayer auprès de l’Armée une étrange découverte d’ordre biologique. Les enquêteurs découvrent que des tissus contaminés par un mal inconnu ont été déposés par Vladinescu dans un laboratoire militaire ultra-secret dirigé par le Médecin-Colonel Thierry Dargentières. Jarod Barclet découvre cette mystérieuse maladie qui engendre une soif de sang et une effroyable agressivité. L’enquête révèle que Vladinescu s’est délibérément contaminé pensant perpétuer à travers ce mal mystérieux le pouvoir maudit de son sinistre aïeul, le voïvode Vlad Tepes alias Dracula. Jarod Barclet et Shona Chang Taylor accompagnés par l’interprète Yevhenia Alekseïevna traquent le tueur démoniaque jusqu’en Transylvanie. Ils finissent par démanteler en Roumanie un vaste réseau d’enlèvements de personnes, de trafic et de greffes d’organes dirigé par Vladinescu lui-même, et par découvrir les atrocités perpétrées dans son manoir au sein des Carpates dans les hauts de Brasov. A l’issue d’un dantesque combat Shona Chang Taylor parvient à triompher de Vladinescu, à détruire ses serviteurs par le feu, et à repousser la résurgence de l’Ombre…

Résumé du Livre II :
La Morsure de l’Effroi

Ayant constaté que les tissus infectés ne vieillissaient pas, le Médecin-Colonel Thierry Dargentières, directeur d’un laboratoire bactériologique militaire secret, s’inocule délibérément le mystérieux virus tout récemment découvert par Vladinescu. Sous l’emprise du mal qu’il a ainsi contracté, Dargentières égorge sa femme et ses enfants et prend la fuite après avoir tenté de provoquer une épidémie de fièvre Ebola par l’envoi de lettres piégées. Il est abattu à l’aéroport d’Orly par Shona Chang Taylor, hélas après avoir mordu Edwige Cordelier, une voyageuse. Celle-ci part pour Marrakech et risque d’y disséminer le mal maudit. Le Général Bouvier charge une équipe spéciale de la D.G.S.E. dirigée par Shona Chang Taylor de se rendre au Maroc afin de combattre la propagation. L’équipe comprend le médecin militaire Pascale Sobelmann, le biologiste Loïc Jovert, et l’agent du service action Tahar Zamal. Mais les agents, retardés par la police marocaine, échouent : plusieurs personnes sont contaminées. Le mal se propage dans la ville de Marrakech. Les infectés assoiffés de sang déploient une cruauté inhumaine. L’abomination menace de décimer ou d’asservir l’humanité entière. En défiant volontairement l’esprit de l’Ombre, Shona Chang Taylor parvient cependant avec l’aide de Pascale Sobelmann à attirer et à regrouper les créatures infectées dans la palmeraie. Avec le concours inattendu de Mohamed Aït Gherbi, pilote de chasseur-bombardier et Gardien révélé grâce au sacrifice du Général Gabriel Bouvier, les monstres sont piégés par la lumière et par le feu et exterminés dans un immense brasier.

 

Quelques personnages de « La Résurgence de l’Ombre » et/ou de « La Morsure de l’Effroi » qui apparaissent,
ou auxquels il est fait allusion,
dans « La Gardienne de l’Ultime »

(ce que l’histoire en dit à travers les Livres I et II) :

Gabriel Bouvier (apparaît dans La Résurgence de l’Ombre et La Morsure de l’Effroi) : Le Général Bouvier est le patron de la Sous-Direction du Renseignement à la D.G.S.E.1 Stratège surdoué et meneur d’hommes à l’intuition géniale, le Général Bouvier est très âgé et il devrait être en retraite depuis longtemps mais ses qualités et son réseau de relations le rendent irremplaçable. Un accident tragique dans lequel sa fille et son gendre trouvèrent la mort il y a vingt ans l’a privé de l’usage de ses jambes. Fumeur de cigarettes électroniques nicotinées le Général Bouvier est un travailleur infatigable et un visionnaire de génie. Il érige la confidentialité à une dimension presque sacrée. Certains indices laissent penser qu’il aurait une mission secrète parallèle : en tant que Gardien, il semblerait avoir pour tâche occulte de combattre la résurgence de l’Ombre. De fâcheux amalgames faits entre l’affaire Vladinescu, les actes terroristes perpétrés à Paris par Dargentières, et les évènements qui surviennent au Maroc, conduisent le Général à être mis en cause par le pouvoir politique. Prenant acte de l’échec de l’équipe qu’il a envoyée au Maroc pour combattre la propagation de l’Ombre, le Général Bouvier se sacrifie afin que soit révélé un autre Gardien apte à agir : le Colonel Mohamed Aït Gherbi.

Nathalie Piejko (apparaît dans La Résurgence de l’Ombre et La Morsure de l’Effroi) : Le Sergent-Chef Nathalie Piejko est la secrétaire particulière du Général Bouvier. Elle est accorte, efficace dans son travail et très attachée à la personne du Général mais elle n’en partage pas le niveau d’habilitation en matière de confidentialité.

Philippe Hésignolle de Fromont (apparaît dans le prologue de La Résurgence de l’Ombre) : Le Capitaine de Vaisseau2 Philippe Hésignolle de Fromont était commandant du sous-marin nucléaire stratégique « Le Terrible » lorsque Vladinescu y était médecin de bord. Contre les consignes de sa hiérarchie, Philippe Hésignolle de Fromont donna l’ordre de faire surface en pleine mission pour protéger son équipage d’un risque d’avarie du système de refroidissement du réacteur nucléaire. Ce faisant il prit une décision qui indirectement fut à l’origine de la contamination de deux hommes d’équipage par un mystérieux virus présent dans des restes humains congelés découverts au large du Groenland.

Jarod Barclet (apparaît dans La Résurgence de l’Ombre) : Le Lieutenant-Colonel Jarod Barclet est médecin militaire et psychiatre. Scientifique à l’esprit rationnel, spécialiste en synergologie et en psychologie des interrogatoires, il travaille pour la D.G.S.E. Il est un sportif accompli et un homme d’action. Subjugué par le charme éblouissant de sa coéquipière Shona Chang Taylor, il succombera cependant à la séduction de Yevhenia Alekseïevna, l’interprète qui accompagne les agents lors de leur traque du tueur Vladinescu en Roumanie. Jarod Barclet trouve la mort dans le sinistre manoir des Carpates : infecté par une morsure alors qu’il tentait de sauver Yevhenia, il donne l’ordre à Shona Chang Taylor de l’abattre afin de ne pas propager lui-même la maladie. Ainsi prend fin une idylle en puissance : Jarod Barclet est le seul homme à qui Shona aurait pu se lier.

Anselme Marie-Rose (apparaît dans La Résurgence de l’Ombre) : Anselme Marie-Rose, surnommé « Gwada » ou « l’Antillais », est infirmier à l’unité pour malades dangereux de l’hôpital psychiatrique de Villejuif. Ayant une longue expérience du travail auprès des malades mentaux les plus difficiles, il respecte profondément ses patients et ses collègues de travail et il en est respecté en retour. Après le triple meurtre perpétré sous ses yeux par Vladinescu et l’horrible mort de son collègue et ami Bernard Lalic, il est traumatisé. Il doit être lui-même hospitalisé en clinique psychiatrique. Là, il sera enlevé et interrogé par les agents de la D.G.S.E.

Yevhenia Alekseïevna (apparaît dans La Résurgence de l’Ombre) : Jeune femme d’origine ukrainienne, Yevhenia Alekseïevna fait partie du personnel civil de la D.G.S.E. où elle œuvre comme interprète. Elle accompagne à ce titre Jarod Barclet et Shona Chang Taylor dans leur voyage en Roumanie. Son charme slave torride, son audace et ses tenues sexy ont raison de la sensibilité de Jarod Barclet. Mais Yevhenia Alekseïevna trouve la mort en Transylvanie.

Thierry Dargentières (apparaît dans La Résurgencede l’Ombre et La Morsure de l’Effroi) : Le Médecin-Colonel Thierry Dargentières dirigeait le laboratoire bactériologique militaire ultra-secret du fort de Rosny-sous-Bois. Le Docteur Vladinescu, qui avait ses entrées dans cet établissement pour avoir naguère participé à sa création, y a déposé des échantillons biologiques infectés par une sorte d’étrange virus. Thierry Dargentières est un homme peu assuré, égocentrique, masquant son sentiment d’infériorité et de frustration par une façade bonhomme et provocatrice et une tyrannie de petit chef. Dans sa vie privée il se sent au contraire dominé et infantilisé. Sa rancœur et sa peur de vieillir le poussent à se contaminer délibérément par le virus. La haine et la maladie attisant sa soif de vengeance, il tente de provoquer une épidémie de fièvre Ebola par le biais de l’envoi de lettres piégées, dont l’une est spécialement adressée au Général Bouvier. Asservi par le mal maudit, après avoir égorgé ses proches il tente de fuir en Afrique mais il est abattu à l’aéroport d’Orly par Shona Chang Taylor.

Dragan Vladinescu (alias Slobodan Vladinescu) (apparaît dans La Résurgence de l’Ombre ; est souvent cité dans La Morsure de l’Effroi) : Le Médecin-Principal des Armées Dragan Vladinescu était médecin à bord du sous-marin nucléaire stratégique « Le Terrible ». Il est chirurgien, infectiologue et médecin légiste. Il avait ses entrées au laboratoire militaire ultra-secret de Rosny-sous-Bois pour avoir naguère participé à sa création. Son caractère maussade et taciturne rendait plutôt antipathique cet homme au demeurant laid et chétif. Il s’avère que Vladinescu dirigeait en parallèle un réseau criminel d’enlèvements de personnes et de greffes d’organes en Roumanie. L’enquête de la D.G.S.E. a permis de l’identifier comme étant l’auteur des meurtres en série et des monstrueuses atrocités perpétrées en région parisienne. Vladinescu s’est délibérément contaminé avec les échantillons biologiques rapportés de son dernier voyage au pôle nord à bord du sous-marin. Il se dit l’héritier de nobles roumains et hongrois célèbres pour leur innommable cruauté : Vlad Tepes dit Dracula et Erzsébet Bathory dite la Comtesse Sanglante. Il est traqué jusqu’en Roumanie par les agents de la D.G.S.E. Vladinescu trouve le trépas dans son lugubre château des Carpates, vaincu par Shona Chang Taylor et calciné dans un immense brasier.

Pascale Sobelmann (apparaît dans La Morsure de l’Effroi) : Pascale Sobelmann, médecin militaire, est affectée à la cellule de veille sanitaire du Service de Santé des Armées. Elle se porte volontaire pour faire partie de l’équipe envoyée au Maroc par le Général Bouvier combattre la propagation de l’infection. Elle a un esprit affirmé, rigoureux, intelligent et rationnel. Elle est athée mais ses convictions vont être ébranlées par les épreuves qu’elle devra traverser au Maroc et par la fréquentation de Shona Chang Taylor. Très belle femme âgée de quarante-cinq ans ou un peu plus, elle est sportive, exigeante envers elle-même et très soucieuse de son apparence physique. Elle est célibataire ; elle se semble pas avoir d’enfant. Les attitudes et la personnalité de Shona Chang Taylor lui rappellent le seul homme qu’elle a aimé avec passion et don total de soi, des années auparavant : Gabriel Bouvier. Bien qu’hétérosexuelle, elle succombe au charme irrésistible de Shona Chang Taylor dont elle devient admirative puis amoureuse.

Tahar Zamal (apparaît dans La Morsure de l’Effroi) : L’Adjudant Tahar Zamal est un militaire expérimenté, ancien commando, agent du service action de la D.G.S.E. C’est un des hommes de terrain en qui le Général Bouvier a le plus confiance. Son caractère est dur, il domine sa peur et ses émotions, il peut tuer ou torturer froidement. Il est loyal, dévoué et admiratif envers le Lieutenant Shona Chang Taylor sous les ordres de qui il a déjà travaillé dans le passé. D’origine marocaine, il parle couramment arabe et berbère. En mission, l’Adjudant Tahar Zamal porte sur lui une véritable artillerie ambulante. Il est envoyé au Maroc avec l’équipe de la D.G.S.E. sous les ordres de Shona Chang Taylor.

Loïc Jovert (apparaît dans La Morsure de l’Effroi) : Employé civil de la D.G.S.E., Loïc Jovert est biologiste et travaille en laboratoire au siège du service dans le vingtième arrondissement. Pour la première fois de sa carrière il est envoyé en déplacement pour accompagner Shona Chang Taylor à Marrakech en tant que conseiller scientifique. Loïc Jovert est un homme petit et rondouillard. Il porte de lourdes lunettes de myope. Il est très diligent, respectueux et toujours souriant. Sa personnalité est peu assurée et en quête de la reconnaissance d’autrui. Il rêve en son for intérieur de devenir un agent secret de terrain. La mission au Maroc va le confronter à des épreuves surhumaines où il va devoir se surpasser.

Edwige Cordelier, Alex Morel, Sabrina Diallo, Nunzio Ravelli (apparaissent dans La Morsure de l’Effroi) : Edwige Cordelier partait en vacances au Maroc rejoindre son amie Sabrina Diallo dans un club de vacances. A l’aéroport d’Orly elle est victime d’une morsure au cou infligée par Thierry Dargentières mais elle embarque tout de même pour Marrakech où elle propage l’infection, mordant tout d’abord un autre passager Alex Morel, puis son amie Sabrina Diallo qui contamine à son tour le directeur du club de vacances Nunzio Ravelli. Alex Morel et Nunzio Ravelli sont hospitalisés à l’hôpital Ibn Tofail de Marrakech où ils disséminent le mal dont le temps d’incubation s’effondre au fur et à mesure des contaminations. Edwige Cordelier assistée de Sabrina Diallo devient la Maîtresse émissaire de l’Ombre : en effet l’esprit de l’Ombre lui ôte toute humanité et elle acquiert un pouvoir de domination et de terreur sur toutes les autres créatures infectées. Edwige Cordelier, Alex Morel, Sabrina Diallo, Nunzio Ravelli et toutes les autres créatures infectées sont regroupées et piégées dans la palmeraie de Marrakech par Shona Chang Taylor et exterminées dans un gigantesque brasier provoqué par le crash d’un avion militaire piloté par le Colonel Mohamed Aït Gherbi.

Mohamed Aït Gherbi (apparaît dans La Morsure de l’Effroi) : Le Colonel Mohamed Aït Gherbi est un pilote de chasse des forces aériennes de l’Armée algérienne. Il est légendaire dans le milieu de l’aviation en raison de ses aptitudes au pilotage dans des situations extrêmes. Il est affecté à l’essai de nouveaux appareils. A ce titre il est chargé des tests en vol d’un chasseur-bombardier Sukhoï transportant un armement révolutionnaire. Le sacrifice du Général Bouvier lui révèle de façon très brutale sa nature et sa responsabilité de Gardien. Il parvient à pénétrer l’espace aérien marocain aux commandes de son appareil et le précipite, à la suite de plusieurs affrontements aériens, au centre d’une cible de feu tracée au sol par Shona Chang Taylor.

Shona Chang Taylor (apparaît dans La Résurgence de l’Ombre et La Morsure de l’Effroi) : Shona Chang Taylor est Lieutenant de Gendarmerie détachée auprès de la D.G.S.E. où elle est agent du service action. Son charme époustouflant ne laisse personne indifférent mais Shona Chang Taylor se méfie des incendies qu’elle peut éveiller dans les cœurs. Orpheline, célibataire, bisexuelle, libre et jamais possessive, irrésistible mais inaccessible, elle ne s’attache aux personnes que de façon exceptionnelle. A l’âge de treize ans elle a perdu ses deux parents et cru perdre son grand-père ; après une tentative de suicide elle a été placée en internat militaire puis elle a suivi une formation spéciale. Elle ne porte ni fard ni bijou. Shona Chang Taylor se révèle dans l’action. Athlète surentraînée, championne de tir, d’escalade, spécialiste en arts martiaux, adepte de sports extrêmes, danseuse de haut niveau, elle fait preuve d’un contrôle exceptionnel de ses émotions et d’un esprit de décision hors pair. Ce qu’elle ne supporte pas c’est l’inaction. Elle est franche et sincère, sauf dans son métier. Quand elle est en mission elle est imprégnée du sens du devoir. Elle est issue d’un père chinois, Chang He Qi, et d’une mère ghanéenne elle-même métisse de Ghanéenne et de Français, Irina Taylor. Shona Chang Taylor a été initiée par son père à diverses techniques qui lui sont utiles dans son métier. Lorsqu’elle était enfant elle était amoureuse des héros des romans d’espionnage et du Commissaire San-Antonio. Son grand-père lui racontait les légendes des luttes des Gardiens contre l’Ombre. Espiègle et insaisissable, à la fois secrète et directe, Shona parle peu, mais elle a souvent des propos décalés et des mots de dérision même dans les conditions les plus catastrophiques. Dans les situations désespérées, Shona Chang Taylor trouve souvent une idée incongrue qui devient le départ d’un plan d’action. En toute discrétion (mais cette information est ultra-confidentielle), elle est la petite-fille du Général Bouvier. En dehors de son grand-père, Shona Chang Taylor ne se lie pas avec les gens. Il apparaît cependant qu’elle peut avoir une profonde estime et une grande confiance envers Tahar Zamal, qu’elle peut être attirée sans se l’avouer par Jarod Barclet, et qu’elle semble se reposer un instant sur Pascale Sobelmann lorsqu’elle réalise la mort de son grand-père… Sa nature de Gardienne se révèle d’abord au cours de son dantesque combat contre l’Ombre en Transylvanie. En effet le regard démoniaque du monstre ne provoque pas en elle la terreur mais accroît sa détermination. Elle est la seule à pouvoir le renverser. De nouveau au Maroc elle éprouve, face à la montée en puissance de l’Ombre, cette inépuisable énergie et cette extrême solitude, d’autant qu’après le suicide de son grand-père le Général Gabriel Bouvier et le sacrifice du Colonel Mohamed Aït Gherbi elle devient la seule Gardienne révélée vigile et stratège.


1.  Direction Générale de la Sécurité Extérieure : services militaires de renseignement

2.  Capitaine de Vaisseau : grade d’officier supérieur de la Marine Nationale correspondant à celui de Colonel.

Prologue
« Abomination »

Elle tirait sur ses liens avec une telle force qu’elle avait arraché la barre métallique du brancard. Les limites d’élasticité puis de plasticité du tube d’acier avaient été atteintes et il s’était tordu, écrasé et finalement ciselé. L’extrémité tranchante de la barre arrachée frappa le visage du brancardier et le lacéra comme un cutter. C’était involontaire mais la femme avait si peur qu’elle ne supportait pas de rester attachée au brancard. La panique lui dictait de se libérer à tout prix et de courir. Courir !… L’homme fut balafré jusqu’à l’occipital. Tranché à la base le pavillon détaché de son oreille se mit à pendre et à se balancer au bout d’un lambeau de peau. Il mit ses deux mains sur sa tempe ensanglantée et il s’écroula en hurlant lui aussi.

Quant à elle, elle avait déjà délié son poignet gauche avec la main droite et elle se débarrassait du bout de barre métallique… Puis elle s’attela à détacher ses chevilles tandis que le brancardier geignait et gesticulait sur le sol du camion du S.M.U.R. dans une mare de sang.

Alerté par le remue-ménage le chauffeur arrêta le camion. Lorsqu’il put voir ce qu’il se passait derrière, elle avait déjà fui par la porte arrière.

Elle se mit à courir à fond, droit devant elle, bousculant les piétons sur son passage. Plusieurs tombèrent. Certains furent blessés. Quatre policiers en tenue la pourchassaient en slalomant. La terreur lui donnait des ailes mais les neuroleptiques qu’on lui avait injectés engluaient sa foulée.

Plaquée au sol par le plus véloce des flics elle fit un roulé-boulé et elle lui flanqua un coup de pied aux parties. Il chuta à genoux, plié en deux. Les trois autres étaient déjà sur elle. Elle se mit à hurler, à cogner, à griffer, à frapper, à mordre. Elle se releva. Elle se remit à courir. Puis elle fut terrassée. L’Ombre était alentour ! Partout autour d’elle et au delà, tentaculaire… La panique la glaça. Toute l’histoire était celle d’un instant, un seul instant juste avant l’anéantissement. Tous les personnages s’étaient soudain tournés vers elle. Tous étaient sur le point de mourir, pour la plupart de façon atroce.

Shona Chang Taylor lui avait envoyé un présent : toute son âme, avec un cortège de morts imminentes.

*
*       *

Troublé, Jarod Barclet referma le dossier et le posa sur le bureau du chef de service. Il n’avait pas encore rencontré la jeune femme de trente ans qui venait d’être amenée dans le service. Toute l’équipe était chamboulée. Il l’entendait crier. Il avait lu le procès-verbal d’intervention des policiers, le rapport des pompiers, les observations du médecin de garde, celles du médecin du S.M.U.R…

C’était évocateur…

De l’étage inférieur il entendait les coups de la forcenée et ses hurlements inhumains. Contrairement aux autres membres du service il savait : la porte blindée de la chambre d’isolement du quartier pour malades agités ne tiendrait pas longtemps à cette fureur.

Sa conviction était forgée : c’était un « cas ». Un tel niveau de terreur voulait dire que la jeune femme était atteinte de l’abomination.

Premier chapitre :
« Remémoration »

La Mercedes roulait de moins en moins vite. La neige avait à présent cessé de tomber mais le brouillard s’épaississait. Les bas-côtés escarpés étaient envahis par une neige poudreuse que des bourrasques intermittentes commettaient en volutes fantomatiques. Il faisait nuit depuis longtemps. Déjà, à leur départ, le panneau de sortie de la station était à moitié couvert de neige : le bas portait une épaisse croûte de glace aux reliefs tranchants qui faisaient scintiller la moindre lueur. Les dernières lettres du second mot étaient cachées par la glace : « POIANA BR… ».

Ils avaient skié jusqu’à plus d’heure et ils étaient partis trop tard… Bien trop tard !…

Chang He Qi conduisait. Ses yeux bridés, noirs et brillants étaient rivés sur la route. Il ne voyait qu’à quelques mètres devant la voiture. Les paysages de montagne de part et d’autre étaient cachés sous un épais rideau noir. Tant de vigilance lui faisait mal. Conscient du danger il pilotait en alerte. Les rares véhicules qui montaient en sens inverse se signalaient in extremis par le halo de leur éclairage qui rendait la visibilité plus précaire encore. Ce n’était qu’au dernier moment que l’on pouvait discerner leurs phares. Certains klaxonnaient, comme pour proclamer leur existence dans cet univers gris et cotonneux : une « purée de pois » se disait le Chinois. Il parlait français mieux que beaucoup de Français mais il venait de découvrir cette expression… Elle l’amusait. Toutes les expressions imagées de la langue française l’amusaient. Il les trouvait pittoresques. Il se rappelait le jour où il avait dit à sa fiancée :

– Ne me fais pas voir la couleur de ton visage !

Irina, sa fiancée, une métisse ghanéenne à la peau sombre, l’avait mal pris. Cette traduction littérale du chinois « Nǐbùyào gěi wo liǎnsèkan » correspondait dans la langue natale de Chang He Qi à l’expression française :

– Ne me fais pas la tête !

Chang He Qi avait traduit mot pour mot l’expression chinoise en français. D’ailleurs, jamais il n’eût pu penser que l’on pouvait « faire la tête » à quelqu’un : en chinois « faire la tête » ne voulait rien dire… sauf peut-être pour un coiffeur, un sculpteur ou un chirurgien esthétique… Après cela, il avait appris avec avidité, comme s’il les collectionnait, le plus grand nombre possible d’expressions françaises intraduisibles.

Chang He Qi avait déjà connu pareil brouillard. C’était arrivé une seule fois dans sa vie, il y avait bien longtemps : quand il était militaire. Il conduisait un camion Nanjing de transport de troupes dans une région escarpée du nord de la Chine près de Shenyang. Il avait failli sortir de route : s’écraser cent mètres plus bas dans le ravin avec dix hommes à bord. Pilotant mieux que le chauffeur, il avait pris le volant. Il était pourtant officier de l’Armée Populaire de Libération. En principe les officiers n’étaient pas chauffeurs : ils se faisaient conduire… Il venait d’être promu après avoir œuvré pendant plusieurs années dans les services de renseignement chinois. Risquer sa vie au fil de ses missions d’agent secret avait rendu Chang He Qi insensible à la peur. Mais cette fois il avait eu grand peur pour les autres… Dans cette « épingle à cheveux » – autre expression qui l’amusait – Chang He Qi avait braqué trop tard. On n’y voyait rien. Le virage se resserrait de façon inattendue et le véhicule Nanjing avait dérapé. La roue arrière droite avait glissé sur les pierres du bord de route et s’était retrouvée, un bref instant, au dessus du vide. Si le Nanjing n’avait pas eu une transmission intégrale il eût ballé dans le précipice avec son chargement humain. Le Chinois avait eu le bon réflexe. Il n’avait pas freiné, surtout pas. Il avait appuyé à fond sur l’accélérateur, mis « toute la gomme ». Les cent-vingt chevaux transmis aux trois roues motrices encore en contact avec le sol avaient permis de rattraper la trajectoire. Puis Chang He Qi s’était garé. Il avait inspiré à fond, retenu l’air, soufflé à fond, deux fois de suite : un exercice respiratoire qui le déstressait. Il enseigna, bien plus tard, cette technique à sa fille… Il avait souri. Il avait coupé le contact. Puis il avait donné à ses hommes l’ordre de bivouaquer sur place, contrecarrant les consignes de sa hiérarchie.

Tout cela lui revenait en mémoire. Pour sa désobéissance, à l’époque, l’officier de l’Armée Populaire de Libération savait qu’il allait être rayé des cadres et couvert d’opprobre. Il s’attendait aussi à être condamné pénalement. C’est alors qu’il avait pris la décision de partir pour l’Occident… En Chine il n’avait ni femme ni enfant, plus de famille proche, et maintenant plus de travail ; il risquait peut-être la prison pour avoir contrevenu aux ordres…

De toute façon, servir ce régime totalitaire ne lui convenait plus. Dans sa jeunesse, il y avait cru ; il s’était engagé, et puis au fil des ans sa motivation l’avait quitté… Alors il avait fui la Chine, dans la clandestinité.

« Un mal pour un bien » se disait-il : car c’est en France qu’il fit la connaissance d’Irina… Sans cet enchaînement d’évènements il ne l’eût jamais rencontrée.

Ils s’étaient croisés par hasard !…

Ils firent connaissance dans la file d’attente de la préfecture. La Ghanéenne et le Chinois devaient tous deux faire renouveler leurs titres de séjour. Ils s’étaient postés au petit matin devant la porte d’entrée pour attendre l’ouverture des bureaux avant qu’une trop longue queue ne se forme sur le trottoir. Leurs regards s’étaient croisés…

Chang He Qi repensait chaque jour à ce « coup de foudre » – une des premières expressions amusantes qu’il avait apprises. Son regard avait d’abord été attiré par la silhouette féline de la jeune femme. Puis il l’avait vue marcher. Elle faisait « les cent pas ». C’était comme une danse naturelle, la plus simple des danses. De toute sa vie il n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Il avait pourtant contemplé dans la pureté d’un frais matin de printemps l’épanouissement de la plus parfaite des fleurs de lotus, symbole de l’accomplissement spirituel de l’être, et il avait alors senti en lui la béatitude de l’éveil… Mais c’était tout de même moins beau que cette jeune femme qui marchait… Il avait alors senti monter en lui le subtil pétillement d’une bouffée d’allégresse. Ce n’était pas vraiment du désir. C’était plutôt de la joie, une sorte de chaleureuse plénitude devant la beauté de la vie : un peu comme lorsque l’on aperçoit au printemps l’éclat saisissant d’un cerisier rose en fleurs qui offre au soleil la joliesse généreuse et coordonnée de ses merveilleuses myriades d’éblouissantes magnificences.

Chang He Qi avait attendu qu’elle se retourne. Il lui avait tendu son sachet de viennoiseries, la face éclairée par un large sourire. D’habitude il n’accostait pas les femmes. Il était plutôt réservé. Il était même timide, d’ailleurs plutôt solitaire… Cette fois il n’avait pas réfléchi. Il avait été pris d’un élan. C’était un geste naturel, sans aucune hésitation : tout son être n’avait fait qu’un. Il s’était donné tout entier dans son bras tendu, et même dans ce pauvre petit sachet de papier froissé qui exhalait ses appétissantes fragrances. Elle s’était servie avec un timide petit :

– Merci.

Elle avait attrapé un petit pain. Elle n’avait pas pris de petit déjeuner. Elle avait faim.

C’est à ce moment précis qu’elle l’avait regardé dans les yeux, et que tout avait basculé, pour toujours. C’était indéfinissable. Il y avait un « avant » et un « après ». Une porte s’était ouverte. C’était comme une puissance supérieure, comme deux âmes qui se reconnaissent, comme deux destins qui se télescopent et se lient, comme deux mélodies qui soudain entrent en harmonie… Ça ne passe pas par la raison.

Oui, Chang He Qi aimait penser à leur rencontre, comme à tous les moments qu’ils avaient partagés, comme à tous ceux qu’ils allaient vivre ensemble. Il aimait même l’idée de vieillir si c’était auprès d’Irina…

A l’époque, Irina Taylor était venue en France pour voir son père. Elle était censée rester quelques mois puis rentrer au Ghana. Après avoir croqué dans un petit pain sur le trottoir de la préfecture elle allait changer d’avis, et changer de vie : elle allait vivre en France, surtout vivre avec Chang He Qi. Ils allaient mêler leurs destins et leurs parfums, partager leurs futurs, confluer comme deux rivières pour unir leurs cours en un grand fleuve cheminant sans méandre dans un lit de connivence jusqu’à se jeter librement resserrés dans le grand océan… Faire autrement n’était pas possible.

Shona était née un an plus tard…

Maintenant elle avait treize ans… Elle s’assoupissait à l’arrière de la Mercedes, sa jolie tête en appui sur l’épaule de son grand-père. A chaque soubresaut de la voiture le livre qu’elle lisait glissait, encore ouvert, centimètre par centimètre, sur sa poitrine d’enfant. Ses mains desserrées par le sommeil naissant ne le maintenaient plus guère. Ses yeux mi-clos ne suivaient plus le texte. Dans le rétroviseur Chang He Qi pouvait encore discerner le haut du titre en grosses lettres qu’il déchiffrait à l’envers : « Les Sous-Marins Nucléaires Stratégiques ». Puis le grand livre tomba sur les genoux de la jeune fille. Il alla y rejoindre un autre livre, un livre de poche celui-là : « Politique de Force », un vieux roman d’espionnage signé M.G. Braun racontant les tribulations héroïques du célèbre Alex Glenne, agent secret du S.D.E.C.E.3, ancêtre de la D.G.S.E… 4

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