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Titre origina : Dao heiye xiang ni meibanfa
© Cao Naiqian, 2005. © Éditions Gallimard, 2011, pour la traduction française.
Compère
Au petit matin, un âne se met à braire devant ’entrée de a cour. Œu-noir : « Merde ! c’est Compère qui rappique. » La emme : « Le aisse pas entrer, aut que j’enfie mon pantaon. » Œu-noir : « Oh, pour ce que ça change ! » La emme rougit : « Dis-ui que j’peux pas y aer, je suis maade. En pus, c’est vrai, hein, j’es ai. » Œu-noir : «Non, c’est pas possibe, un Chinois n’a qu’une paroe. » Œu-noir sort de a cour accueiir Compère. Compère redresse e chambrane, y attache ’âne, puis e redresse à nouveau. Œu-noir crie vers a maison : « Attrape donc un pouet pour Compère ! Je vais emprunter une bouteie chez Père Wok. » Compère : « J’ai apporté une bouteie. C’est toujours ta gnôe qu’on descend. » Œu-noir : « Dis donc, tout ce qui est à moi est à toi, non ? »
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La nuit quand tu me manques...
La emme d’Œu-noir sort dans a cour tête baissée. Évi-tant eur regard, ee se dirige vers e pouaier. « Non, pas a peine ! Cette nuit un bœu est tombé dans e ravin, dit Compère. Quand je suis aé emprunter un âne chez e che d’équipe de production, putain, sa bonne emme était en train de e cuire. » Compère détache e sac de peau qui pend au cou de ’âne : « Tiens, si ee est trop dure, ais-a cuire un peu pus. » Tête baissée, a emme récupère e sac. Évitant eur regard, ee entre dans a maison. Œu-noir, tout en buvant : « Ee es a, en ce moment. Attends que ça passe pour repartir. » Compère : « D’accord. » Œu-noir : « D’un autre côté, vu que t’as emprunté un âne à ’équipe de production et que ça te ait perdre des points de travai, i vaut mieux que vous partiez... Mais pour a chose... i audra attendre qu’ee es ait pus. » Compère : « D’accord. » Œu-noir : « Et e mois prochain, c’est toi qui a ramènes parce que moi, ici, je peux pas emprunter d’âne. » Compère : « Bien sûr. » Évitant eur regard, a emme d’Œu-noir s’afaire, tout en écoutant eur conversation. Après avoir bu, Œu-noir dit à a emme : « Va te changer et mets es vêtements que t’as avés, ou tu seras a risée de ’autre viage. » Compère : « Pas a peine. En passant devant a commune popuaire, je ui achèterai une veste et un pantaon. » Œu-noir : « On te ruine. » Compère : « Tu pares ! »
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Compère
Œu-noir ait un bout de chemin avec eux. Is ran-chissent une côte après ’autre, un vaon après ’autre. Compère : « Aez, rentre maintenant, ça grimpe. » Œu-noir : « T’as raison, je rentre. » Œu-noir ait demi-tour à contrecœur. Compère ève sa grosse main et assène un bon coup sur a croupe de ’âne, un bruit de gaop saccadé se ait aussitôt entendre. « Putain ! Aez, fiez ! » se dit Œu-noir tout en marchant. « I nous ait un rabais de mie yuans sur sa fie, on aura une bee-fie presque gratis. Aez, tirez-vous ! Putain ! De toute açon c’est qu’un mois par an et un Chinois n’a qu’une paroe. » Œu-noir se retourne et regarde à nouveau. I aperçoit es deux pieds de a emme sembabes à des navets bancs qui se baancent de droite et de gauche sous e ventre de ’âne. Le cœur d’Œu-noir baance ui aussi de droite et de gauche, comme es deux navets.
La femme
Fis Wen a enfin trouvé une emme. Au viage tout e monde est content. Mais d’après ceux qui ont écouté sous eur enêtre, ee reuse d’obéir. Ee a serré à mort e cordon rouge de sa taie et interdit à son mari de e déaire. En pus, ee n’a pas arrêté de peurer toute a nuit. Et puis, toujours d’après es ragots, non seuement a emme de Fis Wen ui interdit de baisser sa cuotte, mais ee reuse d’aer aux champs. Et même quand Fis Wen rentre épuisé des champs, ee reuse de ui aire à manger et ne ait que peurer toute a journée. Le viage tout entier s’est aors mis à crier au scandae : « Qu’ee ne baisse pas sa cuotte a nuit, passe encore. Mais que e jour ee n’aie pas aux champs et ne asse pas à man-ger, ça ne va pus ! » « De mémoire de vieux, on n’a jamais vu ça au viage ! disent es gens à Fis Wen. — Qu’est-ce j’y peux, moi ? — Si tu veux pas qu’ee t’emmerde, i aut a mater. — Tu crois que ça marcherait ? — D’mande donc à ta mère », répique un homme dont
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