La Porte du désir

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Le jour où Benjamin Mony célèbre son douzième anniversaire, il ne se doute pas encore que sa vie d'enfant est sur le point de changer.

Depuis toujours, le château familial est l'objet de trahisons, mensonges et toutes sortes d'artifices. Cependant, le jeune garçon est encore loin d'imaginer que le destin de toute sa famille repose sur un secret bien gardé : une porte formellement interdite du château.

Avec son demi-oncle et sa fiancée, ils vont braver l'interdit du père de Benjamin et ainsi découvrir une chose qui aurait dû rester secrète...


Publié le : mercredi 9 décembre 2015
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EAN13 : 9782334035880
Nombre de pages : 262
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ISBN numérique : 978-2-334-03586-6

 

© Edilivre, 2016

Chapitre 1
L’anniversaire

Les premières minutes d’un réveil sont comme une naissance, une similitude troublante et réconfortante à la fois.

Benjamin, douze ans, de quelques minutes, se réveilla avec peine, sous le réveil tapant qui ne cesse de hurlait la même symphonie de Bach.

Les yeux encore cernés de fatigue, le regard vide et impassible, il frappe d’un revers de la main, cette diabolique sonnerie.

Se lever, se brosser les dents, se laver, s’habiller, s’étirer, puis, aller déjeuner, ou plutôt, aller se faire étouffer par une montagne de cadeau qui ferrait pâlir de jalousie les plus anciens et vénérable monarque de la Grèce antique.

Le jeune ado, tout excité pour son anniversaire, se demanda quel magnifique présent son père, son grand-père, et ses oncles et tantes ont bien pu prévoir à lui offrir.

Secrètement il rêvait d’avoir un nouveau poney, son ancien, était mort de vieillesse. Il aurait également voulu, avoir un instrument de musique, car récemment, une lubie peut-être, il s’était adonné aux chants et mélodies de la renaissance, d’où la sonnerie si accueillante de son réveil.

Le château de Sir Eliot Mony, le grand-père, patriarche et dirigeant absolus de tout l’empire financier de la dynastie Mony, était un vieux château d’Écosse. Un de ceux que l’on construisait près d’un ravin, dangereux, mais dont la vue reste dans la mémoire, pour de longues années.

Il dévala les marches, habillés d’une chemise coupée droite, rayée, blanche munie d’une cravate rayée qu’il met en dessous de son cardigan en cachemire bleu marine. Pour le bas, il a opté pour un pantalon cinq poche en velours, beige, qu’il compte bien gardé pour toute la journée, si il ne le salit pas durant ses activités en dehors de la propriété. Et enfin, il porte une paire de chaussure homme en cuir, noir, qu’il vient tout juste de sortir de la boite que son père, lui avait acheté il y a deux jours.

Il est aisé de reconnaître, que la famille de Benjamin, l’empire Mony, est sans nul doute, la plus riche et respecté de tout le royaume uni.

Le château fut acheté par le grand-père de Sir Eliot, qui à l’époque n’avait coûté que cinquante milles livre, une aubaine, cependant la demeure était en piteux états et de travaux ont du être financés.

Une fois arrivé dans le salon, style Louis seize, son père, Francois Mony, lui sourit et lui dit :

– Bon anniversaire mon fils ! Douze ans ! Comme le temps passe vite, hier encore j’avais l’impression de te tenir dans le creux dans mes bras, un si adorable chérubin, et désormais habillé en homme. Bientôt tu me réclameras de l’alcool, des filles et pourquoi pas un peu de coke ! dit-il d’un ton las et ironique.

– Merci père ! dit le jeune garçon en tentant de voire si son père n’avait pas oublié son cadeau, comme celui de ses dix ans.

– Quel garçon impatient tu fais ! Ton cadeau, il est dehors, va voir il t’attend sagement devant le portillon !

Benjamin ne se fit pas attendre et alla devant la porte du château, l’ouvrit, et vit au loin la silhouette, un mirage de bonheur, le cadeau qu’il avait tant espéré : Un poney.

Et pas n’importe lequel, un pur sang, une des meilleures lignées que l’on puisse espéré dans tout le pays, voire même du monde.

Un large sourire satisfait déforma son visage. Tout heureux, il remercia son père, qui pour une fois, s’était montré aimable, mais pour combien de temps ne put-il s’empêcher de penser.

François arriva d’un pas lent, presque momifié, vers son fils, caressa le petit poney et dit à son fils, presque à contrecœur :

– Alors Benjamin, cela te plaît ?

– Bien sûr père, merci mille fois !

– Bien, bien. Faits y aussi attention que s’il s’agissait de ton enfant. Ton poney, ta responsabilité.

Une fois encore, François, de son air austère et froid, donnait à Benjamin, qui n’a que douze ans, comme pour se venger, la responsabilité entière de ses actes, et ce n’était pas la première fois, cela avait été le cas depuis toute son enfance, une enfance qui pour tous sembleraient féerique, mais qui n’est qu’illusoire, un mensonge, une sorte d’abstraction, cachant la terrible vérité, celle d’un père manipulateur, froid et cruel.

Cependant, Benjamin n’a jamais cessé de croire en lui, mais à chaque fois qu’il arrive a trouvé de la gentillesse dans son père, « l’ombre de la mort » comme il l’appelle, son oncle Charles, s’en prend à lui.

Une fois que son extase fut redescendue il alla prendre son petit déjeuner, dans la cuisine, une belle pièce avec tout le matériel cuisinier derniers cris. Réfrigérateur américain, évier en marbre, table de travail en marbre rose avec des motifs de fruits, chaise et compartiments aux ustensiles et vaisselles en acajou.

Sur l’une des chaises, en train de déguster des pancakes et des œufs brouillés, le grand chef absolu de la famille Mony, Sir Eliot Mony, qui lisait en même temps le journal du matin.

Du coin de l’œil, pétillant de bienveillance, il dit à son petit fils chéri :

– Bon anniversaire mon grand !

Il termina sa bouchée, et reprit en laissant tomber le journal sur le plan de travail, tandis que Benjamin, le fixait tout excité,

– Aller, hop, tu veut ton cadeau mon grand ? Tu vas être content, j’en suis certain !

Il mena Benjamin dans le salon, où un paquet cadeau y était déposé, comme par magie.

Le garçon s’empressa de l’ouvrir, et une fois déballée, il sauta sur son grand-père :

– Merci papy, merci, c’est exactement ce que je voulais ! Quelle belle guitare !

– Tu sais en jouer ? Demanda son père le regard froid, qui venait d’apparaître dans le dos de Benjamin.

– Non, mais je vais prendre des cours !

– Donc tu demandes un cadeau qui ne sert absolument à rien pour le moment, c’est bien cela ?

– Du calme, du calme ! Intervint Eliot. Je lui apprendrai,

Au même moment, un bruit assourdissant retentit dans le hall du château.

Arriva alors l’homme que Benjamin redoutait de voir, son oncle Charles.

Comme de vieux copains, Charles et François se serrèrent très fort.

Eliot observa ses deux fils non pas avec un regard de père, mais de dégoûts, et pour cause, Charles semblait ne pas avoir de cadeau pour son neveu.

Dans la famille Mony, il y a le grand-père, Eliot, âgé de soixante-cinq ans, ensuite sont fils aîné, Francois, trente-cinq ans ; Charles, trente-deux ans ; Mélodie, trente ans et enfin, Ronald le demi-frère qui a vingt-huit ans, il est un peu la brebis galeuse de la famille aux yeux de François et son frère chéri, Charles.

Charles demanda à son neveu qui l’observait, comme s’il attendait son du :

– Et bien mon petit, qu’est-ce que tu regardes !

– C’est mon anniversaire, alors je croyais que…

– La bourde, c’est aujourd’hui ? dit il en regardant son frère et son père. Ce n’est pas grave, tu auras d’autres anniversaires ! Termina-t-il en caressant le crâne de Benjamin.

– Charles, c’est bien que tu sois là, nous allions prendre le petit déjeuner, tu te joins à nous ? Demanda François sans se préoccuper du psychisme de son fils.

– Et comment ! Dit le petit frère en riant de bon cœur.

Charles, à contrario de son frère aîné, était gros ! Pas gros comme certains hommes en surpoids, tout en lui transpirait la graisse, une graisse qui empestait l’alcool, le vice et la cruauté, Son visage joufflu, ses hanches proéminentes, ses sourcils épais et son regard bête, ne laissait transparaître aucune intelligence, Il fut pendant plusieurs années un grand boxeur, mais suite à une blessure au dos il fut obligé d’arrêter, Ce qui engendra de la discorde avec sa femme, qui fut trouvé morte quelques jours plus tard dans des circonstances plutôt étranges.

François, lui, était bel homme, grand, musclé, le visage fin (trait de ressemblance avec son fils), les sourcils fins, une démarche élégante, bref, l’opposée de son frère obèse, qui pourtant, par un miracle inouï, ils s’entendaient le mieux du monde.

– Je vais vous laisser, je suis fatigué ! Leur annonça Eliot.

Il partit sans regarder ses deux fils, François et Charles s’amusèrent de leurs cotés, ne se préoccupant pas le moins du monde de l’anniversaire de Benjamin.

– Père, je suis assez grand désormais, commença l’enfant, Pour aller jouer dans l’aile est du château, j’aimerais bien voire le donjon et la salle d’armes.

Les deux grands nigauds, se retournèrent, le regard mauvais, et son père lui dit, énervé :

– Il n’en est pas question, tu me saoules à vouloir aller là-bas, Que cherche-tu, un accident ? C’est quoi cette obsession de vouloir aller dans la seule partie du château qui t’est interdit, aller, dit le moi !

– Je ne sais pas !

Puis le garçon partit dans le salon regarder des dessins animés sur la télé.

De loin il entendit son père et son frère marmonner des injures et des réprimandes pour Benjamin.

Ce matin-là, le dessin animé était Ralph le chien, bien qu’il n’apprécie pas particulièrement ce genre de programme, il le préférait de loin à une nouvelle dispute avec son père.

Benjamin préféra alors regarder le temps gris de cette mâtinée, il aurait préféré un peu plus de soleil pour son anniversaire, un peu plus de gentillesse, une famille plus à son écoute, mais tout cela lui sembla lointainement étranger, un souvenir inaccessible pour lui.

Au bout d’une bonne dizaine de minutes, s’étant calmé en cassant une partie de la vaisselle en porcelaine, Francois vint dans le salon, fixa son fils d’un regard mauvais et lui dit froidement :

– Pousse-toi de là, je dois regarder le journal télévisé. La bourse n’attend pas que l’on se lève à dix heures !

Il attendit quelques secondes, mais benjamin ne se poussa pas, il était trop absorbé par sa contemplation des oiseaux se perchant sur les fenêtres.

François prit son fils par le bras et mugit :

– Bon sang tu m’écoutes quand je te parle ? Je t’ai dit de te pousser !

Puis il marmonna quelque chose qui ressemblait à « Quel bon à rien ce gamin », et Benjamin décida de retourner dans sa chambre, laissant son père dans sa colère.

La vie du jeune adolescent n’était pas simple, pour une raison inconnue, son père, se montrait toujours désagréable envers lui.

Il monta l’escalier qu’il avait descendu il y a à peine trente minutes, se dirigeant vers sa chambre.

Cette partie du château a été rénovée il y a quelques années, car il y avait des fuites. Les tableaux les plus chers et prestigieux, tels que du Van Gogh, Picasso ou bien Monet, avaient été entreposées quelque temps dans la réserve sud de la demeure.

Cette allée était la préférée de Benjamin, premièrement car les tableaux avaient ce don merveilleux de faire oublier les problèmes de la vie et deuxièmement, car plus à droite, au fond de l’aile, se trouvait le seul lieu où il ne devait pas aller.

Une ombre apeurante régnait dans ce triste passage, une de celle qui fait glacer le sang. Sur le mur, qui n’avait pas été rénové et avait des coulures d’eau de pluie, il y avait des formes géométriques, dont l’esprit créatif de l’enfant faisait penser à des personnes brûlées ou bien le visage du malin.

Mais bien sûr, tout cela provenait de son imagination débordante, on ne pouvait y voire guère plus une similitude avec des formes rectangulaire ou cubique, mais certainement pas des atrocités.

Et pourtant, au-delà de ces dessins picturaux, Benjamin ressentait une immense frayeur à chaque fois qu’il passait par là, comme si tout son être voulait y aller, et paradoxalement, faire demi-tour.

Une sorte de râle strident arrivait à ses oreilles et un vent du Nord vint lui caresser les bras, à s’en faire frissonner.

Il commença à s’avancer de plus près, mais il vit au loin, une ombre aux cheveux long et noir. Sa démarche était lente, saccadées, une sorte de mort vivant ou bien un fantôme. Pris de panique, Benjamin se retourna et tomba sur quelque chose de dur. Il hurla et vit alors que c’était un humain, le major d’homme de la maison, Mr : Ballard.

– Et bien mon petit seigneur, que vous arrive-t-il ? Demanda-t-il,

Benjamin se retourna, et l’ombre avait disparue.

– Rien, je croyais avoir vu… Une ombre ! Dit-il hésitant.

– Un fantôme vous voulez dire ?

Le jeune garçon se mit à rougir, ce n’était plus un enfant et les histoires de revenants ne devraient plus lui faire peur, mais pourtant, sans raison apparente, il était effrayé par cette partie du château et ce n’était pas la première fois, comme si quelque chose de terrible s’y tramait, un secret épouvantable, à vous glacer le sang.

– Je suis désolée de vous avoir importuné Mr, Ballard ! Dit le jeune adolescent en reprenant la direction de sa chambre.

– Mon petit seigneur n’aurait-il pas oublié quelques choses ? Le questionna le major d’homme en souriant.

Il avait sa main droite dans son dos, de telle sorte que Benjamin ne voie pas ce qu’il cachait.

Il dévoila ce qu’il tentait désespérément de cacher à Benjamin. Une simple boite à musique.

– Merci Mr, Ballard !

– Bon anniversaire, mon grand ! Déjà douze ans, que le temps passe vite, je vous voie encore, comme si c’était hier, jouait dans les écuries, traverser la cour en vélo et pleurer à cause de vos multiples blessures. Le temps ne devrait pas être ainsi, a volé notre jeunesse… Termina-t-il nostalgiquement.

– Vous n’êtes pas si vieux que ça ! Tenta de le réconforter Benjamin.

– C’est gentil ! Dit-il, puis il montra la boite et reprit, Allez y, ouvrez-la, je suis sure que cela vous plaira !

Il ne se fit pas attendre, et ouvrit la boite à musique, L’intérieur de la boite était recouvert de fleurs vertes, bleus et jaunes et au centre de la petite boite, un pianiste jouant de son instrument, la fameuse mélodie, celle que Benjamin adore, Dies Irae de Verdi,

– Comment saviez-vous que j’adorais cette musique ?

– Mon petit seigneur, je sais tout de vous ! Lui dit le major d’homme, le sourire aux lèvres.

Il commença à se diriger vers sa chambre, quand arriva la servante familiale, la belle et gentille Lyly Crosswald.

Benjamin avait le béguin pour elle, et pour cause, elle était grande, fine, blonde, de belles lèvres gracieuses et pulpeuses, une peau satinée et des cheveux soyeux.

– Bonjour Benjamin ! Dit-elle en lui tendant une peluche girafe.

Le jeune garçon adorait par-dessus tout les girafes, elles sont si grandes, qu’elles peuvent se hisser par-dessus les autres, Petit déjà, il aurait aimé être une girafe, avec leur couleur jaune soleil et leurs tâches marrons. Comme dans la jungle, il y a des prédateurs, les fauves, et dans sa famille, ils s’apparenteraient à son père et son oncle, qui d’en bas, regardaient d’un mauvais œil les cadeaux que les servants avaient faits à Benjamin.

Après que les deux frères soient partis, que sa peur d’être disputé et critiquait à nouveau, le regard vide, Benjamin dit à Lyly et Mr, Ballard :

– Père et oncle Charles sont en colère contre moi !

– Pourquoi dites-vous cela mon seigneur ? Demanda le major d’hommes.

– Oncle Charles a oublié mon anniversaire, père m’a chassé du poste de télévision, et ils m’interdissent formellement de m’approcher de la partie est du château !

– C’est pour votre bien jeune seigneur ! Dit gentiment Lyly. Vous savez bien que cette partie du château est dangereuse, même nous, adultes n’y allons jamais.

Puis il repartit dans sa chambre, sous le regard inquiet des deux domestiques,

Une fois sur son lit, il ouvrit sa boite à musique et l’écouta inlassablement en repensant, si cela a un jour existaient, à des souvenirs heureux, avec son père, mais rien ne lui revint en mémoires, puis il se mit à sommeiller.

Chapitre 2
Le dîner de la discorde

Cela faisait bien deux heures que Benjamin jouait avec sa boite à musique, tout en lisant un livre, tranquillement installé sur son lit à baldaquin aux rideaux blancs.

Il entendit du bruit venant d’en bas et pris d’une excitation, une curiosité, il sortit de sa chambre et descendit les escaliers.

Il ne s’était pas trompé, les personnes qui venait d’arriver étaient les membres préférés de sa famille, sa tante Mélodie, grande pianiste et mélomane, et son demi-oncle, Ronald.

La grande musicienne, avait ce don unique de jouer du piano comme nul autre et son demi-frère était sans nul doute le membre le plus intelligent de toute la famille. Il y a quelques années l’empire Mony avait presque failli faire faillite et de sa main de fer, Ronald avait réussi à sauver, certes, l’entreprise, mais aussi à la hisser en place numéro un du Royaume-uni et à faire du commerce à l’étranger. Sortie premier de sa promotion en école de commerce international, jamais il ne s’en était vantait, bien que ses autres frères lui reprochaient toujours son arrogance et son côté mégalomane, mais rien de tout cela n’était vrai ; Il était doux, aimant et sensible. Pour une raison inconnue, François et Charles le méprisait, peut-être est-ce dû à son nom de famille, qui n’est pas Mony, mais Beal, un nom de bâtard.

Âgé de vingt-sept ans, il est considéré comme un des meilleurs trader de toute sa génération. Il est également très doué en informatique, qui avec la filiale info-soft de l’empire, ont crée un logiciel d’une performance inouïe pour calculer les variations, les taux de changes de la bourse.

Mélodie, elle, préfère la musique aux variables ennuyeuses de la vie et de la bourse. Elle est très fleur bleue et romantique, et pourtant, jamais encore elle n’avait été mariée, malgré les conseils avisés de son père qui l’a présenté une multitude de fois à de riches commerçants, ou plus rares, de noble maison du pays.

Ce midi-là, Ronald portait un costume Hugo boss, tout comme son frère François, qui au contraire de Charles, qui ne portait qu’un survêt.

Mélodie portait une robe à dentelle noire, avec un sac à main rouge, burberry.

François vint vers son demi-frère, l’air mauvais et moqueur pour lui lancer :

– Alors, le grand génie de la bourse a réussi à se défaire quelques secondes de on ordinateur pour venir souhaiter un bon anniversaire à son neveu ?

Ronald ne tint pas compte du ton sarcastique de son frère, ni des rires grossiers de Charles.

– Disons que j’aie délégué mon travail. Je n’aurais raté cela pour rien au monde, il est où notre vedette du jour ?

– Encore en train de dormir, je suppose, il ne fait que ça ! Se moqua François.

– Je suis là ! Dit la petite voix de Benjamin qui se tenait sur les marches de l’escalier.

– Bonjour mon grand, et bon anniversaire ! Dit Ronald en souriant, laissant apparaître ses belles dents blanches.

– Bon anniversaire ! Dit de son coin Mélodie qui était en train d’allumer une cigarette.

– Tient, voilà ton cadeau ! Termina Ronald en lui tendant une tablette numérique. Comme ça tu pourras lire tous les livres que tu veux, où tu veux !

– Merci oncle Ronald !

– Rectification, il n’est pas ton oncle, mais juste ton demi-oncle, issu d’une gueuse que notre cher père a sauté un soir lors d’une beuverie. Se moqua François, se qui fit bien rire le gros frère.

Ronald avait su apprendre, pour survivre au sein de cette famille, à ignorer les piques que ses aînés lui lançaient. Mais pourtant, à chaque fois que l’on parlait de sa mère, il s’emportait.

Il fut presque au bord de la crise, quand une vague apaisante se présenta loin devant, au-dessus des escaliers, la silhouette de la servante Lyly.

– Aussi courageux que ta mère à ce que je vois. C’est un miracle qu’elle n’aie pas demandé une rétribution à père pour l’avoir baisé comme une chienne.

– La ferme François ! Dit indifféremment Ronald, en observant la belle demoiselle qui se recoiffé du haut de sa montagne.

– Je n’aie pas compris, tu as dit quoi là ?

– Si tu n’as aucun respect pour quiconque en ce monde, aies-en au moins devant ton fils !

– Tu me fais rire, il est bien assez grand et mature pour connaître la fabuleuse épopée de notre cher et intelligent demi-frère, le grand et prestigieux Ronald ! Dit François en applaudissant suivie par Charles.

– Pathétique, vraiment minable !

Puis il alla voir Lyly, discrètement, tandis que les autres commencèrent à se mettre à table.

Le repas commença à être servi sans attendre le retour de Ronald. Il était trop occupé à parler avec Lyly, la charmant de mots, et la taquinant.

Il revint quelques minutes plus tard, et la tension entre les frères semblait s’être dissipée, ils parlèrent boulot :

– Alors Ronald, commença Sir Eliot au bout de la table, tu peux nous dire ou en est notre affaire ?

– Et bien, je suis allé voire le directeur général d’info-soft, et il m’a dit que le nouveau logiciel que j’aie conçu aller bientôt être opérationnel, encore quelques tests et cela devraient marcher !

– Bien, excellent.

– Toujours sûr ton fameux logicielle de calcul des valeurs de la bourse ? Demanda François la bouche pleine de poulet.

– Oui, la version bêta semble fonctionner.

– Voyez ce qu’est un vrai Mony, qui s’occupe de sa famille, prenez en de la graine ! Dit Eliot en désignant ses deux autres fils.

– Je ne peux que souligner avec amertume l’engagement de Ronald pour notre famille, mais moi aussi j’aie du boulot avec les mines d’or et de diamant en Afrique et en Australie ! Répliqua François.

– Certes, mais depuis quelque temps je trouve les rendements insuffisants par rapport à l’année dernière ! Ajouta Eliot.

– Que voulez-vous père, les mines commencent à être à sec, de plus j’aie eu quelques soucie avec les ouvriers et le gouvernement en Afrique.

– Comment cela ?

– Déjà les ouvriers se plaignaient des conditions de travail et le gouvernement ne veut plus vingt pour cent des bénéfices, mais vingt-cinq, je leur aie dit bien entendue que c’était impossible et ils ont commencé à nous menacer.

– Il fallait faire preuve de diplomatie et de sens commercial.

– Plus facile à dire qu’à faire avec ces stupides primates !

– Point de racisme à ma table François !

Charles, dévorait gloutonnement son poulet, tandis que Benjamin manger à peine, timidement, sa cuisse.

Silencieux, Ronalds pensait à Lyly, qu’il ne voyait passé leur table, leur amené du vin. Il s’inquiéta, et bien qu’idiot, Charles le vit, compris ses sentiments et dit de sa voix rauque :

– Tu cherches quelqu’un Donald ?

Donald était le surnom fétiches que ses deux frères lui avaient donné il y a bien des années, pour se moquer de lui. Au fil du temps cela ne l’atteignit plus, une sorte de carapace avait pris place sur sa peau.

– Charles, arrête sur le champ d’ennuyer ton frère. Le réprimanda Eliot,

– Mon DEMI-FRERE vous voulez dire !

– Cesse cela, il reste ton frère quoique tu penses sur lui !

– Père, tu ne nous as jamais dit comment elle était sa pute de mère ! Surenchérit méchamment François bien décidée à faire exploser son cadet.

Eliot se leva de sa table et frappa François au visage. Ce dernier eut une envie passagère de frapper violemment son paternelle, mais il reprit bien vite ses esprits. Charles n’en revenait pas, jamais leur père ne les avait giflés.

– La prochaine fois que tu parles de sa mère ainsi, je te chasse de la maison et te déshérites, est-ce bien clair ?

– Oui père ! Dit amèrement François.

– Et toi, Ronald, défend toi un peu !

– La meilleure défense vis-à-vis des imbéciles reste le silence !

François, encore chamboulés par sa raclée ne dit rien, mais l’autre frère s’énerva :

– Tu nous traites d’imbéciles, toi, le bâtard… Commença-t-il, mais s’arrêta net en voyant le regard désapprobateur de son paternel, toi le fils illégitime de notre famille ?

– J’aie fini ! Dit benjamin en sortant de table le regard vide.

– Vous êtes heureux bande d’idiots, vous faite peur à Benjamin avec vos incessantes disputes, vous faites honte à la famille ! Termina sèchement Eliot.

Suite aux réprimandes du doyen de la famille, les choses se calmèrent un peu. François regardait nerveusement son couteau, pris d’une irrésistible de le planter dans du pain, son poulet, mais la réalité c’est qu’il avait une envie folle de le planter dans quelques choses de plus, de plus vivant.

Charles ronchonnait dans son coin, sans que cela ne l’empêche de dévorer son poulet.

Eliot avait plus faim. Il sirotait son bordeaux, avec délicatesse, le portant à ses lèvres comme si c’était un nectar raffiné, une des plus rares merveilles de ce monde.

Personne ne se souciait réellement de ce qu’était advenue de Benjamin, éclipsé du repas. Ce dernier était partie s’installer dans le bas des escaliers, les mains sur ses joues, récitant une chanson pour enfants. Bien qu’il soit désormais un adolescent il ne pouvait s’empêcher de penser comme un enfant, comme si c’était une sorte de défense vis à vis de ce monde, de cette famille si différente des autres.

Lyly, croisa son regard lorsqu’elle sortit des cuisines par la porte de derrière qui menait à l’escalier, et vit ce petit bout d’homme d’à peine douze ans, recroquevillé sur lui-même, dans ses pensées moroses.

Le visage blanc, livide, les sourcils fins et dessinés, sa bouche frémissante, ne faisait qu’accentué la peine de la servante pour Benjamin.

Elle posa sur la table de la cuisine, la bouteille de vin que Sir Eliot avait demandé, un très bon cru de trente ans d’âges, acheté dans une foire aux vins il y a deux ans, et vint voire le jeune garçon. Elle lui tapota l’épaule, lui sourit et demanda :

– Tout va bien Benjamin ?

– Est-ce que toutes les familles sont comme ça ?

– Oui et non à la fois ! Certaines sont mieux et d’autre bien pires, la fatalité a voulu t’incomber d’un père, comment dire…

– Méprisable !

– Ne dit pas ça, spéciale je dirais plutôt. Et d’un oncle…

– Ivrogne et violent !

– Bon, là je suis d’accord avec toi.

Puis ils se mirent à rire de bon cœur.

Lyly, tout comme le major d’homme, bien qu’étrangers à la famille, restait plus dans son cœur comme une mélodie apaisante, que son père et son détestable oncle.

– Lyly, père ne me parle jamais de ma mère, comme si cela était un sujet tabou. Tu en sais la raison toi ?

– Malheureusement, mon petit seigneur, je crois que je n’en sais guère plus que toi. Mais si tu veux vraiment des réponses, demande à Mr : Ballard ou bien Sir Eliot.

– Grand-père est malade et Mr : Ballard n’en sait pas plus que toi, Lyly.

– J’aie une idée, si on faisait notre enquête, rien que toi et moi.

– Et oncle Ronald aussi !

– Si tu veux.

– Dit, est-ce vrai que tu es amoureuse d’oncle Ronald ?

La servante rougit, son cœur s’affola, mais elle savait qu’elle pouvait faire confiance à Benjamin, alors elle lui répondit :

– Oui, je l’aime de tout mon cœur. Il est si différent de ses deux autres frères, que l’on pourrait douter de leur lien de parenté.

– Ils n’ont pas la même mère en même temps !

– Certes, mais tout de même. Sans vouloir paraître trop impertinente, François et Charles sont la nuit tandis que Ronald est la lumière. Chaque fois que je le voie mon cœur s’emballe, quand ils me chuchotent à l’oreille des mots tendres, à moi, une moins que rien, je me sens toute euphorique. Et si un jour, la chance nous sourit, peut-être que Sir Eliot nous accordera sa bénédiction !

– La bénédiction de quoi ?

– Que tu es mignon ! Du mariage bien évidemment !

– Ce serait génial, comme ça tu serais ma tante !

Une voix grave et forte hurla :

– Bon sang, qu’est-ce qu’elle fout cette servante ! Du vin, plus vite que ça !

C’était la voix de l’ivrogne de la famille.

– Je dois vous laisser petit seigneur.

Puis elle l’embrassa sur la joue, y laissant son délicieux parfum de rose et de lys, et parti de nouveau dans la cuisine pour apporter le vin.

Charles hurlait à s’en perforer les poumons, et Sir Eliot, commençait à sommeillé à table.

Lyly apparu, souriant discrètement à son amant, qui lui rendit ce sourire. Cependant, Charles, vit leur cachotterie et se mit à dire, d’un ton furieux et dédaigneux :

– Et bien mon vieux, c’est dans ton sang que ça se trouve, il prit une gorgée du vin que Lyly lui venait de servir. Tu les aimes tant que ça les bâtardes putes ?

Cela suffisait, insultait sa mère est une chose insupportable, mais insulter en plus celle qu’il aime, cela en était trop.

Il se leva pour frapper son frère, qui riait en le voyant arriver si près de lui, rouge de colère, prêt à en découdre une bonne fois pour toutes, quand Eliot le stoppa. Le patriarche était toujours conscient et déclara :

– Ne joue pas à son jeu, tu es plus intelligent que lui. Aller, va mon garçon, et désolée Lyly pour le comportement idiot de mon ivrogne de fils.

Charles se courrouça, à l’idée que son propre père prenne la défense d’une simple servante et de son bâtard de fils.

– Père, un jour, vous le regretterez ! Termina sèchement plein de colère, Charles.

Et il sortit de table, suivie de François qui regardait son père d’un mauvais œil.

Chapitre 3
Ballade à cheval

Le lendemain, au soleil levant, Benjamin se leva tôt pour aller se balader avec son nouveau poney, en compagnie du major d’homme.

Ce dernier l’attendait au bas des escaliers.

– Vous voilà réveillait petit seigneur ?

Benjamin se frotta les yeux, encore tout cernés, et dits en baillant :

– Oui, bonjour Mr : ballard. Comment aller vous ?

– Ma foi, je me porte merveilleusement bien, et vous ?

– Fatigué !

– Je vous comprends, à votre âge cette heure-là doit vous paraître bien étrangère. Mais c’est vous qui m’avez fait quérir pour vous emmener en balade avec votre nouveau poney.

– Je sais, et je vous en remercie.

– Alors en route.

Ils sortirent par la porte principale, une vieille ruine selon certains, et pour d’autres, le symbole de l’époque victorienne, un bien bel édifice. Des colonnes ciselées en marbres blancs, portant les armoiries de la famille Mony, un lion d’or, une voûte triangulaire dont les extrémités rejoignent le haut des deux colonnes.

Le jardin principal de la famille Mony, un vrai spectacle des sens, aussi bien olfactif que visuel, est entretenu par plus d’une dizaine de jardiniers, qui viennent en fin de semaines.

Il est composé comme une sorte de labyrinthe, symétrique, avec une multitude de races de fleurs.

Devant eux se trouve l’allée qui mène à l’entrée de la propriété, mais leur destination se trouve à l’ouest.

Les écuries ont été construites par le grand-père de Eliot, mais ont dû être rénové il y a vingt ans, et selon le patriarche, cela a coûté une vraie fortune.

Une fois arrivé devant les écuries, une odeur de fumier et de crottin s’échappait du lieu dit.

L’un des palefreniers, un jeune homme de vingt ans, vint les voire.

– Bien le bonjour messieurs. J’aie préparé vos montures, elles se trouvent à l’extérieur du box deux et cinq, veuillez me suivre.

Après avoir enfilé leurs tenues de monteur, ils se dirigèrent à leur box, pour chercher leur étalon.

Celui de Mr : Ballard, un mustang importé des États-Unis était encore un peu sale ; quand à celui de Benjamin, un shetland, d’une rare beauté, était heureux de voire son nouveau maître.

– Mon seigneur, vous ne lui avez pas encore donné de nom n’est-ce pas ?

– Il s’appellera, attendez je réfléchie, dit il en se concentrant, il se nommera Hiro !

– Vous regardez trop de dessin animé japonais, à tel points, que cela influence vos décisions, mais ce n’est pas grave, ce nom lui convient parfaitement je trouve !

Le palefrenier aida Benjamin à mettre son pieds sur l’étrier, et une fois assis, seul, sur son animal, il dit :

– J’adore cette sensation de grandeur lorsque je monte à cheval !

– Moi aussi ! Dit le major d’homme.

– J’aie oublié, on peut emmener Billy en promenade, ces derniers jours je n’aie pas pensé à m’en occuper !

– C’est d’accord !

Benjamin siffla aussi fort qu’il put, et de loin, une silhouette familière se rapprocha, celle d’un chien de Benjamin, son fox-terrier.

Le jeune animal, vint saluer son ami, en sautant sur le poney, qui semblait ne pas avoir peur du tout des chiens.

Cela faisait bientôt deux ans que Billy, avait été adopté par Benjamin, lors d’une balade en forêt, similaire à celle d’aujourd’hui.

C’était un chien très affectueux, il était la rare famille, si l’on peut dire, que Benjamin avait, et qui lui montrait de l’affection. Certes, il avait Ronald et Mélodie qui étaient gentils avec lui, mais rien ne vaut l’amour inconditionnel d’un chien.

Tout heureux, Billy remuait frénétiquement la queue.

– Bon chien ! Mais oui, tu es tout beau ! Dit Benjamin en le caressant du haut de son petit poney.

– Benjamin, il serait peut-être temps de nous mettre en route ?

– Oui, vous avez raison. Tu viens Billy ?

Ils partirent en direction de l’est du château, vers la lisière de la forêt.

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