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La rouquine traque les méchants

De
188 pages
Olga Vincent, la rouquine, infirmière de formation et intrépide par nature, s'abreuve au jus épicé de l'aventure aussi facilement qu'un Anglais boit sa sacro-sainte tasse de thé. Il n'en est pas de même de Philippe, libraire de son état et pantouflard par tempérament. Quand Olga, alléchée par l'aventure qui vient d'arriver au docteur Jérémie, son cousin, l?entraîne à la poursuite des méchants, il se fait un peu traîner la charentaise. Pas longtemps. La rousse a des charmes qui lui font vite chausser ses bottes de cow-boy. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il court plutôt après un sac d'embrouilles qu'une bonne fortune. Trop tard pour changer de pompes. Il lui faut aller jusqu'au bout de sa peur et de sa drague pour en connaître l'issue, quelle qu'elle soit.
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La rouquine traque les
mØchantsDominique Rocher
La rouquine traque les
mØchants
ROMAN' manuscrit.com, 2002
ISBN: 2-7481-2583-5 (pourle fichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-2582-7 (pour le livreimprimØ)Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littØraires etde chercheurs),ce manuscritestimprimØ telunlivre.
D Øventuelles fautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de lA’ sile Popincourt
75011 Paris
TØlØphone:0148075000
TØlØcopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comCHAPITRE 1
C estOlga qui lui avait transmis le virus. Pas ce-
luiqu iltraquaitdanssoncabinetmØdicallorsqu’un
client Øtait en souffrance de ce qu il ne savait quoi.
Le docteur JØrØmie Vincent n en savait pas davan-
tage que son patient. Il y avait un moyen commode
des entirer. «C estunvirus!». Rebelleàtouttrai-
tement. UneaubainepourlaSØcuritØSociale. «Pre-
nezdel aspirine». AdØfautdeguØrir,letempss en
chargeait, en principe, le cachet-miracle soulageait
les maux de tŒte et faisait tomber la fiŁvre.
Ce virus-l se trouvait chez le libraire. L’un de
ceux spØcialisØs dans la littØrature ØsotØrique et de
mystŁre à laquelle il fallait ajouter l horreur.
JØrØmie se dirigea sans hØsitation vers les livres
de poche afin de choisir le roman qui le distrairait
desesmalades. Lespersonnagesfictifs,descendusà
coupdelaser,disparaissantdansunØclairrougesans
laisser de cadavres, faisaient para tre plus anodins
lesmauxdesclientshabituelsqu ilrecevaitdansson
cabinet.
Ilbalayaduregard«LesPrØdictionsdeNostrada-
mus»,incrØdule,«Dialogueavecl au-del »,pessi-
miste. «LesecretdesAlchimistes»,narquois,sortit
un livre du rayon consacrØ à l’Øtrange, attirØ par la
page de couverture.
Le dessin reprØsentait un homme vŒtu d une
longue chasuble, la tŒte recouverte d une cagoule
7La rouquine traque les mØchants
blanchepointuepercØededeuxtrousàl endroitdes
yeux et portant une croix en flamme. DerriŁre lui,
la cohorte d individus habillØs d une maniŁre sem-
blable. Les membres du Ku-Klux-Kan. Il reposa
le livre, perplexe, passa outre celui qui parlait des
Rosicruciens, et snoba carrØment l ouvrage sur la
Franc-ma onnerie.
Son parcours le conduisit jusqu aux casiers oø
se c toyaient sans rivalitØ apparente les bouquins
nombreux consacrØs à l astrologie, hØsita un peu
sur celui qui promettait de l apprendre au novice en
douzele ons,rØsistaàlatentation,soupiradevantle
« Langage cachØ des tarots », fit la moue en face du
« Voyage astral », susceptible de dØboussoler, selon
lui, le plus ØquilibrØ des quidam, eut un clin d oeil
compliceàun«DictionnairedesrŒves»dontlessi-
gnifications s appuyaient, selon l auteur, sur la psy-
chanalyse,fron aunsourcilinterrogateurdevantles
livresconsacrØsàlanumØrologie,etrepritsontrajet
à travers la librairie jusqu’aux Livres de Poche.
Des Stephen King aux titres prometteurs d Ømo-
tions fortes, oeuvres favorites de sa cousine Olga,
captivŁrent son attention un moment.
Peut-Œtrepourrait-illuienapporterun. Oui,mais
lequel ? Elle les avait probablement presque tous
achetØs.
Avait-elle lu « Dead zone », l histoire de ce fou
criminel candidat à la MaisonBlanche ? « Le FlØau
etCarrie»? Probablement. «DolorŁsClairborne»,
exposant deux visages de femmes et dont la qua-
triŁme de couverture annon ait qu il Øtait parmi les
meilleursdu«King»del Øpouvante,unregardsans
concession dans un esprit vouØ au meurtre ? Et
«Dansemacabre»,unrecueildenouvellesqui«re-
gorge d inventions et d’horreur »? Un programme
allŁchant pour connaisseurs. Peut-Œtre un peu trop
psychologique, àsongoßt, sinon à celui d Olga.
8Dominique Rocher
Il avait rencontrØ, au cours de sa carriŁre, suffi-
sammentdegenstorduspournepasvouloirseplon-
ger dans les mØandres des cerveaux humains nØs de
l’imaginationderomanciersenmaldedØfoulement.
OlgaØtaitaussiunefandestØlØfilms«AuxFron-
tiŁresdurØel». «Tornade,lesGobelinsoulesTom-
myknockers » l avaient-ils dØj tentØe ?
Dans le doute, JØrØmie abandonna Stephen King
etautrestitresdumŒmestyle,bellesfleursnoiresvØ-
nØneuses susceptibles d orner une collection de lec-
teurs avides d Ømotions fortes sur les rayons blancs
d’une bibliothŁque. Pas la sienne.
Il revint sur ses pas et ses intentions et tira d un
rayon un exemplaire d un gros bouquin de quatre
cents pages qui parlait du secret des Templiers. As-
sezcopieuxpourremplirsesnuitsblanches,pastrop
aisØàlirepourlesallongerau-del desesinsomnies.
Contentdesonchoix,ledocteurVincenttraversa
lemagasin pour aller payer son achat à lacaisse.
PeudemondeencetoutdØbutd aprŁs-midi. Seul
unautreclient. Unhommejeune,styleØtudiant,jean
et parka bleu ciel.
Une heure creuse queJØrØmieavaitchoisieavant
ses consultations. Un bref coup d oeil à sa montre.
Une heure et demie. Il serait à son cabinet dans
les temps pour recevoir son premier patient à deux
heures.
Le jeune homme le dØpassaet arriva le premier à
la caisse. « Les jeunes d aujourd hui », soupira-t-il
enoubliantqu iln ØtaitmŒmepasencoreentrØdans
le deuxiŁme âge.
Il attendit tranquillement son tour derriŁre lui et
paya son achat.
Le libraire mit son livre dans un sac en plastique
avec le ticket et le tendit au docteur Vincent.
Legar onquiparaissaitpressØaupointdeprendre
saplaceàlacaisse,s attardaitmaintenantàfeuilleter
les pages du livre qu il venait d acheter.
9La rouquine traque les mØchants
JØrØmie ouvrit laporte qui donnaitsurla rue.
L’Øtudiantfermalelivrequ ilparcouraitetluiem-
bo ta le pas. Ce qui se traduisit par une bousculade
au moment de sortir de la boutique.
Excuses de part et d autre.
- Je vous en prie.
- Non. AprŁs vous.
Politesse vaine.
Les deux hommes sortirent ensemble au coude
à coude. Ils se regardŁrent en souriant, le jeune
homme avec une lueur de crainte dans les yeux
quandilsedØtachadeJØrØmie.«UnØmotif»,pensa
ce dernier en s Øloignant de lui.
Visiblement, le gar on allait dans la mŒme direc-
tion. Il marchait littØralement dans ses pas.
Quandsoncorpslepercuta,ilseretourna,contra-
riØ. LetypemarchaittropprŁsdeluietvenaitdebu-
ter sur un obstacle. JØrØmie lui avait servi de pare-
chocs. Il fit une brusque volte-face pour repousser
l intrusquiluitombadanslesbrasets agrippaàses
vŒtements.
Le docteurVincent recula pour tenter d Øchapper
àsonØtreinte. SongestededØfenseserØvØlainutile.
Le jeune homme rel cha de lui-mŒme sa pression,
glissa à la rencontre du trottoir et tomba face contre
terre.
Le moment de surprise passØ, le docteur Vincent
aper ut une aurØole sombre sur la parka bleu clair.
Du sang.
Un passant se matØrialisa soudainement à ses c -
tØs et s approcha du gar on qui gisait à terre. Il se
penchasurluietcommençaàs affairersursoncorps.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il.
Le docteur Vincent rØpondit par une autre ques-
tion.
- Vous Œtes mØdecin ?
- Non. Pourquoi ? demanda le passant d un ton
agressif en se relevant.
10Dominique Rocher
-Moi,si. Etjepeuxvousassurerquecen estpas
entripotantlavictimequevousluiviendrezenaide.
Si vous voulez vous rendre utile, appelez plut t une
ambulance.
Lepassantavaitl airfurieux. IlhaussalesØpaules
et se perdit dans la foule des badauds qui commen-
çaient à faire cercle.
-Appelezuneambulance! crialedocteurVincent
à l adresse du libraire qui venait d appara tre sur le
seuil de sa boutique.
Ce n Øtait pas son truc. Lui, il n Øtait que mØde-
cin gØnØraliste. Celui qui fait le tri des malades et
les envoie chez des spØcialistes selon les affections
qu ils prØsentent et s il le juge nØcessaire.
Le docteur Vincent se pencha nØanmoins sur le
blessØ qui avait pris, constata-t-il, un coup de lame
entre les omoplates.
Il porta deux doigts au niveau de la jugulaire du
blessØ. Elle battait faiblement. Il eut un geste large
du bras qui Øcarta les badauds.
- Laissez-le respirer, nom d un chien !
Si l ambulance tarde à venir, se dit-il, ce gars-l
ne va pas respirer trŁs longtemps !
Il se releva en entendant les sirŁnes de l ambu-
lance. Elle freina brusquement pour Øviter un cu-
rieux un peu trop audacieux.
DeuxinfirmierssautŁrenthorsdeleurssiŁges,ou-
vrirentlesportesdelavoitureàlavolØe,ensortirent
un brancard, s avancŁrent au pas de charge vers le
blessØ,pourfendirentletasdesbadauds,ramassŁrent
le blessØ d’un seul geste parfaitement synchronisØ,
l’allongŁrentsurlaciviŁreetenfournŁrentleurchar-
gement humain dans le vØhicule. L’un des deux in-
firmiersmontaàcôtØdublessØtandisquel autrere-
fermait la porte de l ambulance prestement, prenait
place derriŁre le volant et dØmarrait, toutes sirŁnes
hurlantes.
11La rouquine traque les mØchants
JØrØmie dØcida de partir au moment oø une voi-
ture-pie arrivait sur les lieux du crime. Il prØfØrait
ne pas Œtre là quand les policiers dØploieraient leur
batterie pour relever les traces encore chaudes du
meurtre.
Ilvitlespoliciersentrerchezlelibraireetilquitta
la scŁne du meurtre, lØgŁrement ØbranlØ par la rapi-
ditØdudrameauquelilvenaitd ŒtremŒlØdesiprŁs.
Un frisson rØtrospectif le secoua.
Ce qui lui permit de dØcouvrir qu il prØfØrait le
frisson des lectures de romans d’angoisse, bien au
chauddansson lit,àl horreurd un meurtrecommis
dans la froide rØalitØ.
JØrØmieregagnasavoituregarØeunpeuplusloin.
Le jeune homme s en tirerait-il ? Il ne pouvait
faire aucun pronostic sans avoir pu constater la gra-
vitØ des lØsions internes et ce n Øtait pas son travail.
Le chirurgien… ou le mØdecin lØgiste s en charge-
rait.
Il entra dans sa Twingo aux siŁges fleuris par
Kenzoets engageadanslacirculationpourrejoindre
son cabinet oø devait dØj l attendre son premier
client. Legenredemaladesquivenaientchezluire-
levait,enprincipe,desacompØtence. Ilpouvaitleur
Œtre utile, contrairement au blessØ qui venait d Œtre
agressØ si sauvagement.
S agissait-il d un rŁglement de comptes ? Pos-
sible, bien que, en gØnØral, les gangsters, selon les
statistiques de la police, prØfØraient la sØcuritØ des
armes à feu. Dans un endroit dØsert, de prØfØrence.
Et l endroit Øtait dØsert. L heure. Le froid d une
journØe de dØcembre qui rarØfiait les passants pres-
sØs de se rØfugier dans un havre de chaleur, bureau,
maison ouboutiques, c Øtait la saison des FŒtes.
Les manoeuvres du jeune homme, dans la librai-
rie, Øtaient sans doutedestinØes à le prendre comme
paraventcarilsesavaitmenacØ. NouveaufrissonrØ-
trospectif.
12Dominique Rocher
Le docteur Vincent arrŒta la Twingo en mŒme
temps que ses pensØes. C Øtait maintenant aux po-
liciers de jouer. Croyait-il.
13CHAPITRE 2
Jour de consultation chez le docteur JØrØmie
Vincent.
De la broutille.
UnedamegrippØe. Prescription: del aspirinevi-
taminØeC.LeremŁdeprescritnetueraitpaslevirus.
Il avait le mØrite de ne pas occire la dame non plus,
puisqu elle n Øtait pas allergique à cet analgØsique.
Un conseil gratuit en prime : « faites-vous vacciner
avant l hiver l annØe prochaine .»
UneBC,avecpoussØesmucopurulentes. Labron-
chitechroniquedumaladenØcessitaitdesfluidifiants
de l expectoration et des broncho-rØgulateurs, une
antibiothØrapie de courte durØe. Afin que le patient
soit en forme pour les fŒtes de fin d annØe. Et un
avis, qu il ne suivrait pas : arrŒter de fumer.
Deux fatiguØs chroniques rØcidivistes. Non. Pas
de certif de complaisance. Des polyvitamines pour
un mois.
Un insomniaque accro à sa dose de pilules mi-
racles pour dormir. Traitement pour trois mois.
Trois cas à dispatcher vers un spØcialiste : un ec-
zØma rebelle, (dermatologue), un ulcŁre gastrique,
(gastro-entØrologue),unefemmequisouffred amØ-
norrhØe. «Maisnon,madame,jenepensepasquece
soit de l’anØmie ». Prescription d une NFS aux fins
devØrification. «Rassurez-vous,vousn Œtespasen-
ceinte. Peut-ŒtreundØbutdemØnopause. Consultez
15La rouquine traque les mØchants
votre gynØco si la formule sanguine ne rØvŁle rien
d anormal. »
Deux rendez-vous non excusØs. Il faut se faire à
l idØequecertainespersonnesoublientdesedØcom-
mander. Le docteur Vincent ne s y fait pas.
Aujourd’hui, pourtant, l incorrection est plut t
bienvenue. La secrØtaire a pris un jour sur ses
prochaines vacances d hiver pour aller voir une
cousine. A moins que ce ne soit un cousin. A la
mode de Bretagne.
Les gens ne se bousculent pas non plus dans le
cabinet de consultation. Les gens gardent leur por-
tefeuille fermØ et ne l ouvrent que pour acheter le
chaponou la dinde deNoºlet les cadeaux rituels.
Plus aucun patient. C est le temps de souffler. Et
de penser. Le jeune homme poignardØ en pleine rue
va-t-il s en tirer ?
Appeler l h pital pour le savoir.
-Pouvez-vousmedonnerdesnouvellesdublessØ
à l arme blanche qu on vous a amenØ en dØbut
d aprŁs-midi ?
Un silence.
- Vous Œtes un parent ?
- Non. Je ne suis pas de la famille. Je suis le
docteur JØrØmie Vincent.
- Son mØdecin ?
Petite hØsitation, au bord du mensonge.
- C est a.
La rØponse.
- Il est dØcØdØ.
- Quand ?
- Pendant son transport en ambulance.
- Merci de vos renseignements, et veuillez m ex-
cuser de vous avoir dØrangØe.
JØrØmiereposalecombinØetsedirigeaverslapa-
tŁre oø il avait suspendu son impermØable pour y
prendre un paquet de chewing-gum. Sa main ren-
contra un livre. Il eut un coup d oeil bref vers son
16Dominique Rocher
bureau. Oø le sien Øtait posØ. Il le sortit de la poche
desonBurburry. Letitre,«Maleficarum». Lelivre
dugar onassassinØ? Quandl avait-ilfourrØdanssa
poche? Peut-Œtre devrait-il le porter à l h pital pour
qu il soit mis avec les affaires du mort, affaires que
la famille viendrait rØclamer. Puis il pensa qu il ne
s’agissait pas d’une mort naturelle et que les objets
personnelsdujeunehommedevaientsetrouverdans
unesalled unlocaldelapolicejudiciaire,sousscel-
lØs.
Ce qui Øtait sans consØquence. Il n avait pas vu
le meurtrier. Son tØmoignage aurait ØtØ sans valeur.
Mais seuls les flics pouvaient en dØcider. Il pouvait
encore se faire conna tre. Justifier son dØpart brus-
quØ par le fait qu Øtant mØdecin, il se devait de ren-
trer à son cabinet oø ses rendez-vous l attendaient.
D’autant plus que sa secrØtaire Øtait absente pour la
journØe.
Une bouffØe de chaleur monta à ses joues. A la
rØception de l h pital, lorsqu il avait pris des nou-
vellesdublessØ,ilavaitdØclinØsonidentitØ. Ilnelui
restait plus qu’à espØrer que la femme qui lui avait
rØpondunel avaitpasnotØeetquesadØmarcheres-
terait ignorØe des enquŒteurs. Une fois encore, il se
demanda s il ne devait pas prendre les devants et se
faire conna tre des services de la police.
Un dØtail le tracassait. Un dØtail, si on veut.
L’homme qui s Øtait approchØ du blessØ s Øtait ma-
tØrialisØ avec une soudainetØ qui, sur le moment,
ne l avait pas alertØ particuliŁrement Øtant donnØ le
trouble que l agression avaitprovoquØ chezlui.
Aveclerecul,ilØprouvaitunsentimentdemalaise
qu ils effor tderepousser. Etsil individuØtaiten
rØalitØ l agresseur ? Il s Øtait non seulement penchØ
sur la victime mais il avait touchØ son corps avec
insistance.
Sonimagination? EncoreunquiauraitvouluŒtre
mØdecin,quiavaitratØsavocationetquicompensait
17La rouquine traque les mØchants
sa frustration en faisant « comme si ». Comme s il
Øtait mØdecin.
CalmØ par cette pensØe, JØrØmie dØcida d’oublier
l ØvØnement tragique auquel il venait d Œtre mŒlØ
malgrØ lui. Il y avait bien assez de sa cousine Olga
pour mettre les pieds oø il ne fallait pas. Pas ques-
tiondelasuivresurcechemin.
PensifmalgrØsesbonnesrØsolutions,ilregardale
livre qu il tenait toujours en main.
Col de blouson relevØ, mains enfouies dans les
poches, casque de motard suspendu à son bras,
l homme s engagea sur le parvis de l h pital. Les
portesdeverres’ouvrirentdevantluisansqu ilaità
sortir les mains de ses poches pour entrer.
IlsedirigeasanshØsitationverslebureaudesad-
missions, attendit que la femme devant lui ait ter-
minØsonpalabreavecl employØeenblouseblanche
et parla dans l hygiaphone.
- Je viens voir un blessØ. Il a ØtØ transportØ chez
vous il y a à peu prŁs deux heures.
- Pourriez-vous me dire son nom ? demanda la
prØposØe aux renseignements d une voix imperson-
nelle.
- Paul Gabriel.
- Paul, c est son prØnom ?
- Non, c est Gabriel.
L’employØefeuilletaleregistredesadmissionset,
sansautreexplication,appuyasurunetouchedeson
tØlØphone.
Elle attendit un moment, les yeux dans le vague,
sourire toujours aussi fermØ, eut un signe de
tŒte d acquiescement vers l appareil et qui devait
s adresserà son interlocuteur invisible,raccrocha.
- Vous Œtes ? demanda-t-elle.
- Un cousin.
LafemmehØsitaunquartde seconde,annon a.
- Il est dØcØdØ.
Levisagedel hommenemarquaaucuneØmotion.
18