La tête en friche

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Germain est l’idiot du quartier, il passe son temps à prendre du bon temps, avec sa copine et ses copains de bistro. Jusqu’à ce qu’il rencontre au jardin public une vieille dame très cultivée qui le fait entrer dans le monde des livres et des mots. Son rapport aux autres et à lui-même en est bouleversé. Mais il n’en perd pas pour autant sa verve et sa lucidité décapantes…
Un vrai plaisir de lecture et un roman émouvant. Un hommage aux livres, à Camus, Gary et Sepulveda.
Publié le : lundi 10 octobre 2011
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EAN13 : 9782812602368
Nombre de pages : 222
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LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Germain est l’idiot du quartier, il passe son temps à prendre du bon temps, avec sa copine et ses copains de bistro. Jusqu’à ce qu’il rencontre au jardin public une vieille dame très cultivée qui le fait entrer dans le monde des livres et des mots. Son rapport aux autres et à luimême en est bouleversé. Mais il n’en perd pas pour autant sa verve et sa lucidité décapantes… Un vrai plaisir de lecture et un roman émouvant. Un hommage aux livres, à Camus, Gary et Sepulveda.
MARIESABINE ROGER
Née en 1957, MarieSabine Roger se consacre entièrement à l’écriture. Son tra vail est très reconnu en édition jeunesse, où elle a publié une centaine de livres, souvent primés.
DU MÊME AUTEUR
Attention Fragiles, Éditions du Seuil, 2000 Le ciel est immense, Le Relié, 2002 Une poignée d’argile, Éditions Thierry Magnier, 2003 La théorie du chien perché, Éditions Thierry Magnier, 2003 Le quatrième soupirail,Éditions Thierry Magnier, 2004 Un simple viol, Éditions Grasset, 2004 Les encombrants, Éditions Thierry Magnier, 2007 Et tu te soumettras à la loi de ton père, Éditions Thierry Magnier, 2008
© Rouergue, 2011 ISBN 9782812603198 www.lerouergue.com
MarieSabine Roger
L a t ê t e e n f r i c h e
À Émile et Germaine, Alice et Henri, Louis et Simone / Voir : racines. À Samuel, Antoine et Cécile / Voir : fruits.
J’ai décidé d’adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses quatrevingtsix ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir. Comme ça, s’il lui arrive un truc, je sais pas – tomber par terre dans la rue, ou se faire gauler son sac – je serai là. Je pourrai arriver tout de suite et pousser les gens du milieu, leur dire : – Ok ! C’est bon, tirezvous, maintenant ! Je m’en charge : c’est ma grandmère. Ce n’est pas écrit sur sa tête qu’elle est seulement adoptée. Je pourrai lui acheter son journal, ses bonbons à la menthe. M’asseoir près d’elle dans le parc, aller la voir aux Peupliers, le dimanche. Et rester pour manger avec elle à midi, si je veux. Bien sûr, avant aussi, j’aurais pu, mais je me serais senti en visite. Maintenant, ce sera par plaisir, et aussi par devoir. C’est ça qui est nouveau : les obligations familiales. C’est un truc qui va bien me plaire, je le sens.
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Ça me change la vie, de l’avoir rencontrée, Margueritte. Avoir quelqu’un à qui penser avec plaisir, quand je suis seul – quelqu’un d’autre que moi, je veux dire – ça fait drôle. J’en ai pas l’habitude. Je n’avais jamais eu de famille avant elle. Enfin, je me comprends. J’ai une mère, pas le choix. Seulement, elle et moi, mis à part d’avoir été imbriqués l’un dans l’autre neuf mois, on n’a pas partagé grandchose, sauf le pire. Pour le meilleur, j’en ai pas souvenir. J’ai un père, aussi, forcément. Mais j’en ai pas profité bien longtemps, il a fait son affaire à ma mère, et basta. Ceci dit, ça m’a pas empê ché de grandir, plutôt mieux que les autres en moyenne : cent dix kilos de muscles et pas un poil de graisse, un mètre quatrevingtneuf sous la toise, le reste à l’avenant. Si mes parents m’avaient voulu, j’aurais sûrement fait leur fierté. Pas de chance.
Ce qui est nouveau pour moi, également, c’est qu’avant Margueritte je n’avais pas encore aimé quelqu’un. Je ne vous parle pas des choses sexuelles, je vous parle de sentiments sans qu’on aille au plumard après. Tendresse et affection, et confiance. Et tout ça. Des mots que j’ai encore un peu de mal à prononcer, vu qu’on ne me les avait jamais dits de plain pied, avant que Margueritte en parle. Des sentiments très convenables et purs. Je tiens à préciser, parce qu’ici j’en connais qui seraient lar gement assez cons pour me dire, Alors Germain, tu dragues les mamies ? Tu te farcis le troisième âge ? Ça ne me gênerait pas de leur mettre un pain, à ceuxlà.
Dommage que je n’ai pas connu Margueritte quand j’en avais vraiment l’usage, à l’époque où j’étais minot, quand je
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