La Traversée du K.-O.

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Plongée vertigineuse dans le quotidien, les rêves et les désillusions des habitants d'un bidonville situé à la périphérie du Caire, La Traversée du K.-O. est un roman qui ne recule devant rien. À travers ce récit d'une grande inventivité formelle, au réalisme brutal, Mohamed al-Fakharany donne à voir la vérité toute nue de ces territoires invisibles où la vie impose toute sa violence aux individus, où la morale et la légalité constituent de pures abstractions, où le terme " gouvernement " sert à désigner la police, où le trafic de stupéfiants et la prostitution sont à peu près les seuls métiers envisageables, où la consommation de drogues de toutes sortes et la violence entre les sexes sont les exutoires les plus courants de la rage collective.


Un roman à la fois prémonitoire des renversements politiques qu'a connus l'Égypte ces toutes dernières années et, malheureusement, encore d'actualité.



traduit de l'arabe (Égypte) par Marianne Babut



Mohamed al-Fakharany est né en 1975 à Shabraris, un petit village du delta du Nil, et vit aujourd'hui au Caire, où il a suivi des études universitaires en géologie. Il s'est fait d'abord connaître au début des années 2000 comme nouvelliste. La Traversée du K.-O. (Fâsil li-d-dahsha), paru en 2007, est son premier roman.


Publié le : mardi 25 février 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021158786
Nombre de pages : 216
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LA TRAVERSÉE DU K.-O.
MOHAMED AL-FAKHARANY
LA TRAVERSÉE DU K.-O. r o m a n
TRADUITDELARABE(ÉGYPTE) PARMARIANNEBABUT
ÉDITIONS DU SEUIL e 25, bd Romain-Rolland, Paris XIV
Titre original :Fâsil li-d-dahsha Éditeur original : Eddar Press, 2007 © Mohamed al-Fakharany ISBNoriginal : 977-6227-07-4
ISBN978-2-02-115877-9
© Éditions du Seuil, février 2014, sauf pour la langue arabe
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« L’histoire humaine attend patiemment que triomphe l’homme humilié. » R. TAGORE
Haram ?Et crever la faim, c’est pasharam, peut-être ?!! beugle Hilal en jetant la recette de ses deals sur les genoux de sa mère. Elleanque l’argent par terre. Il défait sa chemise au col et à la ceinture, sort une lame de la poche arrière de son jean, se taillade l’avant-bras, cogne du pied dans la tôle, maudit la mère duic qui a fait cof-frer son père et jure – Rien à foutre ! Je mange, je bois, je me défonce, je 1 gagne du fric ! Et c’est pas le gouvernement qui va m’en empêcher ! Ni personne d’ailleurs ! (le taudis de Hilal et de sa mère)
– J’ai mes règles. Bas les pattes ! Il la plaque sur le lit, lui arrache sa culotte tachetée de sang, lui écarte les cuisses. Elle lui donne des coups sur
1. Dans les milieux les plus pauvres, le terme « gouvernement » est communément employé pour désigner la police.(Note de l’auteur ; sauf mention contraire, toutes les notes qui suivent sont de la traductrice.)
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L AT R A V E R S É ED UK. -O.
lesancs et le frappe désespérément : « J’ai mes règles, sale brute ! » Il empoigne son membre raidi et la pénètre par saccades accélérées en susurrant le nom d’une des actrices sexy dont les posters sont collés sur la paroi de tôle, exactement face à lui. Tout en gémissant de douleur, elle tire à elle un bout du drap élimé pour dissimuler ses jambes, ainsi que les fesses de son mari, à la vue de deux de leurs enfants qui assistent à la scène depuis l’autre bout de la pièce, habi-tués à la chose. (le taudis de Badri)
– Casse-toi ! Qu’unéau t’emporte loin d’ici ! lance Faraoula auic adipeux qui fait le pied de grue sur le pas de sa porte. Il sort de sa poche des billets imbi-bés de sueur en léchant du regard le téton qui pointe, gros comme une tête de framboise, sous lane nuisette de la jeune femme – C’est toi qui vois. Une bouffée d’air brûlant s’exhale des aisselles épi-lées de Faraoula. Elle en aspire le parfum démoniaque et le soufe au visage duic qui croit défaillir d’ivresse – Elles ne t’ont pas suf, leslles du quartier ?!! Je suis quoi, moi ? Le dessert ?!! Elle attrape un cran d’arrêt dissimulé sous la tôle et en fait jaillir la lame, qu’elle approche de la tempe duic. Il serre les dents et hume l’odeur des doigts de Faraoula. La jeune femme sent son nez froid et sa transpiration huileuse
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