La Ville de la chance

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Pourquoi Michael a-t-il tenu à revoir la ville natale où il a passé son enfance, alors qu'il a miraculeusement échappé aux horreurs de la guerre ? C'est ce que voudraient découvrir les policiers chargés de lui extorquer des aveux. Mais loin de se compromettre, Michael s'échappe dans la reconstruction d'un passé qu'il revit en même temps q'il le rêve. C'est ce voyage au bout de la folie que nous narre Elie Wiesel avec cette émotion contenue, cette économie de moyens, cette pureté que L'Aube et Le Jour nous avaient déjà révélées.



Né en Roumanie en 1928, rescapé d'Auschwitz, Élie Wiesel a reçu le prix Nobel de la paix en 1986. Philosophe et écrivain, il est notamment l'auteur de La Nuit et d' Un désir fou de danser.


Publié le : jeudi 26 juin 2014
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EAN13 : 9782021184730
Nombre de pages : non-communiqué
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Du même auteur

Aux mêmes éditions

L’Aube

Le Jour

Les Portes de la forêt

Le Chant des morts

Les Juifs du silence

Zalmen ou la folie de Dieu

Le Mendiant de Jérusalem

Aux Éditions de Minuit

La Nuit

« J’ai un projet : devenir fou. »

DOSTOÏEVSKI

PREMIÈRE PRIÈRE



Dehors le crépuscule s’est abattu sur la ville, tel le poing lourd d’un malfaiteur. Brusquement, sans avertissement. Sur les maisons basses aux toits rouges et gris, sur l’enceinte vivante de fourmis entourant le cimetière, sur les chiens au regard inquiet. Aucune lumière en aucun lieu. Toutes les fenêtres sont aveugles. Les rues : presque désertes. Au square, près du Théâtre municipal, seule la vieille Martha, l’ivrogne attitrée de la communauté, s’en donne à cœur joie. Elle a la ville tout entière à elle seule, et son numéro s’accomplit dans une sorte d’extase démoniaque. Elle danse, soulève sa jupe énorme, montre son ventre nu, galeux, fait des gestes obscènes, profère des insultes et jette aux quatre vents ses malédictions. Heureuse, elle joue devant l’univers, comme devant un public, son miroir.

— Que dis-tu ?

Michael ouvrit les yeux. La voix était celle d’un homme qui n’habitait pas la ville. Elle n’apportait aucun souvenir, aucune richesse.

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