La Vouivre de Loire

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Une femme étrange, un diamant enchâssé dans le nombril, semble vivre dans le lit de la Loire en amont d’Orléans, tel un avatar ligérien de la vouivre. L’incontournable Maujard saura-t-il l’aider à prendre conscience du redoutable secret qui lui vaut d’être inlassablement pourchassée ? Serait-elle porteuse, à son insu, d’un mystère encore plus terrible, moteur véritable de son destin ?

La convergence de ces secrets d’une envergure planétaire trouvera son dénouement sur les bords de Loire, à quelques coups de bourde de chez nous.
Publié le : mardi 24 avril 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782353911356
Nombre de pages : 384
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Extrait



Prologue


— Ça m’étonnerait que cette femme s’en sorte, pronostiquait le chirurgien, consterné. Certes, la blessure est grave. Extérieurement, la consolidation ne pose aucun problème ; s’il survit, le sujet ne devrait conserver qu’une cicatrice minime. Mais, à l’intérieur, la situation est catastrophique. C’est le cas de le dire, son adversaire a retourné le couteau dans la plaie ! Bilan : un ovaire irrécupérable, les intestins tronçonnés en plusieurs endroits. Mais le plus grave, c’est son état de faiblesse extrême. Quand vous me l’avez amenée, elle était à peu près saignée à blanc. Et l’infection s’était déclarée. Elle devrait être morte.
— Elle est plus solide que vous ne croyez, observa l’homme en costume. Si vous saviez d’où elle vient, et ce qu’elle a vécu !
— Sans doute, mais l’un des grands problèmes réside dans son groupe sanguin. Plutôt rare, avec des difficultés liées à la compatibilité… Au fait, pourquoi me l’avez-vous amenée ici ? Ce n’est pas mon rôle, habituellement, de m’occuper de vos blessés. Ici, nous ne sommes pas dans un hôpital ordinaire, mais dans un centre expérimental secret, plusieurs dizaines de mètres sous terre. Vous le savez : c’est vous qui l’avez fait construire !
— J’ai pris la peine de la rapatrier moi-même ici, par avion médicalisé, parce que j’attends de vous, non seulement que vous la tiriez de là, mais que vous fassiez davantage encore.
— Attendez, commença le praticien, vous ne voulez quand même pas…
— De toute façon, si elle ne doit pas survivre, cela ne changera rien. Nous pourrons récupérer le matériel, et nous tourner vers un autre sujet… qui sera forcément moins approprié.
— Voyez-vous, s’insurgea le médecin, la différence entre vous et moi, c’est que j’éprouve du respect pour mes patients. De plus, cette femme est dans le coma, depuis trois jours. Comment voulez-vous que nous lui expliquions le protocole, afin de recueillir son accord ?
— Précisément, nous avons de la chance. Comme elle est empêchée, je suis la personne la mieux placée pour donner son consentement à sa place ! Et cette situation nous rend bien service…
— Ça ne va quand même pas jusque-là ! Je ne peux pas accepter cela !
— Réfléchissez ! Tous les arguments militent en faveur de cette décision ! D’abord, nous avons affaire au sujet réunissant les meilleures compétences, dans sa spécialité. Elle est déjà presque comme je voudrais qu’elle devienne. Ensuite, nous n’aurons pas le souci de savoir comment implanter discrètement notre module de contrôle…
— Comment cela ? Que voulez vous dire ?
— Mais enfin ! Vous venez de l’opérer, et vous ne vous êtes aperçu de rien ? Regardez-la bien ! Il n’y aura qu’à réaliser une substitution !
— Ça par exemple ! s’exclama le médecin en se penchant vers la patiente. En effet, je n’y avais pas pensé ! Dire que j’ai failli la retirer, pensant que cela gênerait mon intervention !
— Gardez-vous en bien ! Elle vous arracherait les yeux ! Avez-vous réfléchi également, Professeur, au fait que le sujet ignorera tout de l’expérimentation dont il a fait l’objet ? En cas de problème majeur, nous ne risquons donc aucune fuite… Même sous la torture !
— Mais, en admettant que le protocole fonctionne, objecta l’homme de l’art, elle s’apercevra forcément du changement !
— On peut atténuer cela en la soumettant, dès qu’elle aura récupéré, à un entraînement encore plus intensif qu’auparavant, au prétexte de lui redonner la condition optimale. Elle pensera que ses résultats sont la conséquence de cette remise en forme un peu poussée.
— Vous savez que nous ne maîtrisons pas les conséquences de l’expérimentation à long terme ! Ni même la réalité du résultat ! En choisissant précisément ce sujet, je trouve que vous vous exposez beaucoup, personnellement.
— C’est mon problème. Et je suis la personne responsable, dois-je vous le rappeler ? Je sais qu’avec elle, ma confiance est bien placée. Je n’ai pas réalisé tous ces efforts à son égard, depuis tant d’années, pour ne pas aller jusqu’au bout, pour ne pas tirer d’elle la quintessence ! Alors, c’est oui, ou c’est non ?
— C’est oui, naturellement, même si je désapprouve fortement ! C’est vous qui décidez ! Mais vous l’aurez voulu !
— Quand pouvez-vous procéder à la mise en œuvre ?
— À l’occasion de la prochaine transfusion, lorsque nous aurons la certitude que la péritonite est jugulée. D’ici là, je vais m’employer à l’empêcher de mourir. Mais ce n’est pas gagné…
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