Le cauchemar de Spinoza

De
Publié par

Depuis des années, un terrible cauchemar hante les nuits de David Kellerman, professeur de philosophie spécialiste de Spinoza. Le corps d’une jeune femme est découpé en pièces et les morceaux toujours disposés dans le même ordre. Après le suicide d’une élève avec qui il entretenait une liaison, David décide d’entrer dans la police. Chargé d’une enquête difficile sur le meurtre d’un chef d’entreprise influent, le jeune flic découvre un cadavre dans son appartement. La scène du crime est la copie conforme de son cauchemar… Rythmé par les pulsions de l’inconscient, Le cauchemar de Spinoza fait de la philosophie une force obscure qui plonge un homme dans les zones d’ombre de sa mémoire.
Publié le : dimanche 19 juin 2011
Lecture(s) : 292
EAN13 : 9782304033144
Nombre de pages : 376
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Jacques Teissier
Le cauchemar de Spinoza
2
Jacques Teissier
Le cauchemar de Spinoza
Le cauchemar de Spinoza
4
Jacques Teissier
Le cauchemar de Spinoza
Polar
Éditions Le Manuscrit Paris
5
Le cauchemar de Spinoza
Les maquettes de l’ouvrage et de la couverture sont la propriété exclusive des éditions Le Manuscrit. Toute reproduction est strictement interdite. © Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2010 ISBN : 978-2-304-03314-4 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304033144 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03315-1 (livre numérique)
6
Jacques Teissier
A Marie Claude
Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être Spinoza,l’Ethique
7
Le cauchemar de Spinoza
8
Jacques Teissier
PROLOGUESes maux de tête, à nouveau plus violents, arrivèrent comme une houle submergeant tout, le laissant terrassé, anéanti, sans force. Il en connaissait le parcours : ça partait du vertex, glissait jusqu’au sphénoïde et se logeait dans l’occipital où l’effet atteignait son apogée. La durée des crises était brève. Il savait d’expérience que sa santé mentale n’aurait pas résisté à une telle torture si elle avait dû se prolonger. Quand il sentait venir le mal, il se recroquevillait sur son lit, les genoux sous le menton, et fermait les yeux, attendant le choc, le plus souvent d’une brutalité inouïe. Récemment, il avait trouvé une technique pour atténuer la douleur. Il s’y plongeait comme dans une vague : loin de l’affronter, il l’accompagnait, se glissait en elle, essayait de comprendre son mécanisme, suivait ses cheminements, en analysait les effets les plus subtils sur son organisme. Il refusait de la considérer comme une adversaire, souhaitait l’apprivoiser, s’en faire une complice. Une complice qui elle, au moins, ne le trahirait pas. Cette technique était la meilleure qu’il eût trouvée depuis sa décision d’arrêter le traitement, mais elle ne
9
Le cauchemar de Spinoza
fonctionnait que s’il était chez lui. Difficile de l’appliquer si la crise survenait en pleine rue, où dans un magasin, comme cela s’était passé deux fois depuis son arrivée dans la ville et cet après-midi même, pendant qu’il faisait ses courses dans un supermarché. Incapable de rester debout, il avait dû s’asseoir, la tête posée contre les genoux, dans une traverse située à l’écart des caisses. Un employé qui installait des produits sur les rayonnages lui avait proposé de l’aide. Il l’avait repoussé d’un revers de main, à bout de souffle « ce n’est rien, laissez-moi, ça va passer ». L’homme n’avait pas insisté, mais avait appelé un collègue et tous deux avaient continué à le surveiller discrètement. Au bout de quelques minutes il avait pu se relever et s’était dirigé vers la caisse en vacillant. Les clients l’observaient, certains apitoyés, d’autres méfiants, imaginant qu’il était sous l’emprise de quelque drogue. Cette idée était si paradoxale, si absurde qu’elle l’avait fait ricaner. Les drogues, c’était avant, et c’étaient eux qui le droguaient, dans leurs dérisoires tentatives d’annihilation. Il s’allongea sur son lit et regarda la lumière filtrer par la minuscule lucarne perçant le mur qui lui faisait face. Son esprit était dans un état d’ébullition fiévreuse qui suscitait chez lui des sentiments contradictoires. Alors que son obsession récurrente était de tout maîtriser, de tout faire passer au travers du filtre de l’analyse froide et objective, il se sentait traversé par des accès d’exaltation aussitôt suivis par un abattement profond, un désir de s’enfoncer dans la nuit la plus
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.