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Il était 6 h eur es, le r adio-réveil se m it en m arch e. Il distillait la ch an son de Claude Nougaro « Ô m on pays, ô Toulouse ». Le lieuten an t Os ouvrit un œ il, il tâton n a déses-pérém en t ch erch an t le bouton d’ar rêt de la stéréo m ais n ’y parvin t pas. La voix du ch an teur crach ait toujours son lyrique « Ô Toulouse, ta violen ce bouillon n e jusque dan s tes violettes ». Il tira son or eiller et le posa sur sa tête puis se couvrit les oreilles pour n e pas écouter la suite. Soudain , le téléph on e son n a. Il décroch a à m oitié en -dorm i. — Allo ! — Com m issaire Ben jam in Garcia !… J e vous atten ds dan s dix m in utes sur les ber ges du pon t Sain t-Pierr e, n e m e faites pas atten dre. Le lieuten an t Os n ’eut pas le tem ps de répon dre, le com m issaire division n aire Ben jam in Garcia avait déjà rac-croch é. Le lieuten an t Os savait qu’il n e fallait pa s arriver en retar d quan d le boss appelait tôt le m atin san s dir e bon jour . — Fais ch ier , en cor e un e sem ain e qui com m en ce en ca-tastroph e !…dit-il. Il en fila son pan talon bleu jean et saisit au vol u n tee-sh irt n oir. Il n ’oublia pas le br assar d police oran ge qui était
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posé sur son can apé. Il avala rapidem en t un e gorgée de café expr esso, prit sa voitur e ban alisée et partit. Le jour se levait doucem en t sur la ville rose, l’obscurité poursuivait sa ch ute laissan t la place aux r ayon s de soleil d’été. 6 h 30 , le ven t frais caressait les visages des passan ts, fai-san t profiter de sa douceur les rar es person n es qui sortaien t de boîtes de n uit ou qui en tam aien t la jour n ée, ava n t l’arri-vée de la ch aleur torride du m ois d’août. Os traversa la place Saint-Sernin, on entendait l’appel des cloches de la basilique com m e pour an n on cer l’ouvertur e du m ar ch é. Les com m er-çan ts s’affairaien t déjà. Les m arch an dises étaien t étalées à m êm e le sol et sur les caravanes, prêtes à recevoir les prem iers clien ts. Le lieuten an t Os con n aissait bien cet en droit pour y avoir résolu pas m al d’affaires de recel et de petite délin quan ce. Il s’en gouffra dan s la r ue Valade qui débouch ait directe-m en t sur la place Sain t-Pierr e. Il apercevait de loin les lu-m ièr es bleues et blan ch es distillées par les gyroph ares des voitures d’in terven tion . La scèn e r essem blait à un spectacle de son s et lum ièr es d’un e discoth èque en plein air. Ses collègues étaien t là ain si que le Sam u, les pom piers et la police tech n ique et scien tifique. Il trouva u n e place d e station n em en t sur le parkin g, gara sa voitur e et rejoign it son chef sur le quai Lom bard. — Bon jour com m issaire. — Bon jour David. Le lieutenant Os s’appelait David m ais ses collègues le sur-nom m aient Os parce qu’il était m aigre, squelettique com m e un fil de fer. — J ’ai un dossier Delta Ch arlie Delta pour toi.
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Os passa sa m ain sur son visage et bailla lon guem en t. Le com m issaire en ch aîn a : — Un cadavre pas beau à voir a été repêch é par les tech -n icien s de la m airie ch ar gés de n ettoyer la Garon n e. J e veux un rapport com plet sur m on bur eau avan t ce soir. Après un e courte pause, il ajouta : — J e n e veux aucun e déclar ation aux m édias. Le lieuten an t Os n e se doutait pas un e secon de de la vision d’h orreur qui allait se présen ter à lui. Il s’approch a du corps, souleva la couverture et fit un pas en ar rière en tourn an t la tête. — Putain c’est quoi ce tr uc ! Il r eprit son souffle et regarda à n ouveau. La vict im e était de race blan che, de sexe fém inin . Ses cheveux étaient blonds avec un e fr an ge bien égalisée. Elle était allon gée n ue sur l’h er be en core fraîch e et h um ide des berges, le cor ps recou-vert de boue. Les traces de sable cach aien t m al les plaies béan tes sur son corps. Quelqu’un s’était vraim en t ach arn é sur elle. Sa bouche et ses parties génitales avaien t été cousues. Qui avait pu com m ettr e un crim e aussi répugn an t ? Un e ban de de potes pour délirer, un détraqué m en tal, les m ar-gin aux qui fréquen ten t la place ? Autan t d’in terrogation s qui défilaien t dan s sa tête. Mais surtout pourquoi la victim e avait-elle le sexe et la bouch e cousus ? Ce n e pouvait êtr e que l’œ uvre d’un fou furieux. Il se ressaisit et raison n a en profession n el, c’est-à-dire n ’écarter aucun e piste, en core m oin s tirer des con clusion s h âtives. La ch an son qui l’avait r éveillé quelques m in utes plus tôt lui r evien t en m ém oire : et si Nougar o avait r aison ? Le lieuten an t Os dem an da au ph otograph e de figer les lieux et de lui prépar er les clich és, puis il s’app roch a du légiste.
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