Le Jour des chiens

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Son chien semble l'unique témoin du meurtre d'un inconnu, roué de coups dans une sordide ruelle de Barcelone. Un témoin muet que Petra Delicado va s'efforcer de faire parler. 
Publié le : mercredi 22 janvier 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743626822
Nombre de pages : 367
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L’inspectrice Petra Delicado se voit conIer la tâche peu valorisante d’enquêter sur le meurtre d’un inconnu roué de coups dans une ruelle sordide de Barcelone. Personne ne semblait connaître la victime, personne n’est venu iden-tiIer son corps. L’unique témoin du drame est son chien, un témoin muet que Petra va s’efforcer de faire «parler». Avec obstination, elle poursuit une enquête dont tout le monde semble se désintéresser. Elle croisera, outre de nombreux chiens et éleveurs de chiens, des femmes qui ne laisseront pas insensible son adjoint Garzon. Dans cette deuxième aventure du tandem barcelonais, Ali-cia Gimenez Bartlett explore la réalité sociale, mais aussi les relations amoureuses, sur un mode ironique et désen-chanté.
Alicia Gimenez Bartlett est née le 10 juin 1951 à Almansa, Albacete. Elle est docteur en littérature de l’université de Barcelone et l’auteur des précédentes aventures dePetra Delicado. Cette série lui a valu le prix Raymond Chandler. Elle est l’un des auteurs policiers espagnols les plus lus dans le monde.
Le Jour des chiens
Du même auteur chez le même éditeur
Rites de mort Les Messagers de la nuit Meurtres sur papier Des serpents au paradis Un bateau plein de riz Un vide à la place du cur Le Silence des cloîtres
Alicia GiménezBartlett
Le Jour des chiens
Traduit de l’espagnol par Marianne Millon
Collection dirigée par François Guérif
Rivages/noir
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www.payotrivages.fr
Titre original :Día de perros
© 1997, Alicia GiménezBartlett © 2002, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française 106, boulevard SaintGermain  75006 Paris  ISBN : 978-2-743-62766-9
Remerciements
Je n’aurais pas obtenu la documentation nécessaire à l’écriture de ce roman sans l’étroite collaboration d’Antonio Arasa, expert en comportement canin, qui a supervisé la rédaction du livre et fourni un nombre important de données utiles à la vraisemblance de l’his toire. Je souhaite également remercier de leur participa tion Carlos Esteller, vétérinaire, le Departament de Medi Ambient de Los Mossos d’Esquadra de la Gene ralitat de Catalunya et la Guardia Urbana de Barcelona.
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Il y a des jours qui commencent d’une drôle de façon. On se réveille dans son lit, on reprend conscience, on pose le pied à terre, on se fait un café et pourtant, l’idée de l’avenir qui se profile excède les limites d’une journée. Sans regarder plus loin, on voit. Ensuite, n’importe quel acte revêt la même tonalité prophétique et essentielle. On se dit : « Il va se passer quelque chose » et on sort dans la rue, disposée à se montrer attentive, sensible, ouverte à l’imprévu, capable d’ana lyser la réalité. Ce matinlà, par exemple, un matin à l’apparence normale, je croisai devant ma porte une vieille voisine. Après m’avoir dit bonjour, elle se lança dans un monologue interminable pour finir par me raconter que mon actuelle maison de Poble Nou avait été un bordel autrefois. Après avoir pris connaissance de cette donnée his torique, je passai un bon moment à parcourir mon domicile avec curiosité. Je suppose que j’essayais de capter un écho des ardeurs que ces murs avaient connues par le passé. Sans résultat, la réfection à laquelle j’avais soumis les lieux avait peutêtre été trop radicale ; les maçons avaient probablement recouvert toute trace de luxure et les peintres blanchi tout vestige charnel. Il est possible qu’en cherchant des traces de l’ancien lupanar, j’aie exprimé un désir inconscient de connaître de nouveaux stimulants. Cela ne m’étonne rait pas. Pendant deux ans, le travail, la lecture, la
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musique et le jardin avaient constitué mon unique dis traction. Cela ne constituait pas non plus un motif de préoccupation, puisque, après deux divorces, l’ennui a un goût de tranquillité. Bien, toujours estil que le fait de découvrir l’utilisation première des lieux avait ébranlé ma conscience pour la première fois depuis deux ans, m’amenant à me demander si je ne poussais pas trop loin mes désirs de solitude. Cela représenta un coup de marteau mental sans grande incidence immédiate sur ma vie. Le destin veille généralement à neutraliser les impulsions qui conduisent à la révolution personnelle, et mon destin indiquait que j’allais conserver mon bon sens pendant quelque temps encore. Je cessai de me poser des ques tions embarrassantes sur les passions révolues, et cela ne me demanda aucun effort. J’y parvins très facile ment parce que toute mon énergie fut absorbée par le travail. Beaucoup de livres à classer à la Documenta tion ? Absolument pas, cela n’aurait pas suffi à mono poliser mon attention davantage que le temps strictement nécessaire. L’inspecteur adjoint Garzón et moi fûmes chargés d’une nouvelle enquête. Cela jus tifiait mon étrange sensation matinale bien davantage que le fantasme du bordel. Il s’agissait d’une enquête modeste, je l’avoue, mais qui se compliqua à tel point qu’elle devint une affaire étrange, sans précédent dans l’histoire de la police contemporaine. Je dois dire qu’à l’époque, bien que l’inspecteur adjoint Garzón et moi fussions déjà de très bons amis, nous ne nous voyions qu’au bar situé en face du commissariat. Notre amitié se limitait au cadre profes sionnel, sans dîners ou séances de cinéma qui nous auraient permis de mieux nous connaître. Mais nous avions pris dans ce bar miteux suffisamment de cafés
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