Le Manège espagnol

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Carlos Sanchez, un jeune étudiant atteint de folie mystique, devient l'enjeu, l'appât et la victime de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir politique et religieux et de leurs intrigues...
Une allègre fureur anime de bout en bout l'étonnante et cruelle mascarade à laquelle nous fait assister Michel del Castillo. Le Manège espagnol s'affirme comme une satire de la bourgeoisie issue de la guerre civile mais aussi, grâce au personnage de Carlos Sanchez, comme une méditation douloureuse sur l'Espagne éternelle.
Publié le : vendredi 26 février 2016
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EAN13 : 9782021318685
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Uu MÊME AuTEuR
La Gûitare Julliard, 1957 Seuil, 1984 et « Points », n° P580 Le Colleûr d’affiches Julliard, 1958 Seul, 1985 et « Points », n° P614 Tara Julliard, 1962 Pocket, 1980 Seuil, « Points Roman », n° R405 Gerardo Laïn Christian Bourgois éditeur, 1967 et 1997 Seuil, « Points Roman », n° R82 Le Vent de la nûit prix des Libraires prix des Deux-Magots Julliard, 1972 Seuil, « Points Roman », n° R184 Le Silence des pierres Julliard, 1975 Seuil, « Points Roman », n° R552 Sortilège espagnol Julliard, 1977 Fayard 1996 Gallimard, « Folio », n° 3105 Les cyprès meûrent en Italie Julliard, 1979 Seuil, « Points Roman », n° R472 La Nûit dû Uécret
prix Renaudot Seuil, 1981 et « Points », n° P250 La Gloire de Uina Seuil, 1984 et « Points », n° P590 La Halte et le Chemin Bayard, 1985 Séville Autrement, 1986 Le Uémon de l’Oûbli Seuil, 1987 et « Points Roman », n° R337 Mort d’ûn poète Mercure de France, 1989 Gallimard, « Folio », n° 2265 une femme en soi Seuil, 1991 et « Points » n° P591 Andaloûsie Seuil, 1991 et « Points Planète », n° P116 Tangûy Julliard, 1992 Gallimard, 1995 et « Folio », n° 2872 Le Crime des pères prix RTL-Lire Seuil, 1993 et « Points », n°P198 Carlos Pradal en collaboration avec Yves Belaubre F. Loubatières, 1993 Rûe des Archives Gallimard, 1994 et « Folio », n° 2834 Mon frère l’idiot
Fayard, 1995 Gallimard, « Folio », n° 2991 La Tûniqûe d’infamie Fayard, 1997 Ue père français Fayard, 1998 Colette. une certaine France prix Femina essai, 1999 Stock, 1999 Uroits d’aûteûrs Stock, 2000 L’Adieû aû siècle joûrnal de l’année 1999 Seuil, 2000 et « Points », n° P815
Dans une petite ville d’Aragon, tandis que le gouverneur opportuniste cherche, pour affermir sa situation, quelque profitable complot communiste à exploiter, un abbé intriguant essaie de soulever le clergé campagnard contre le coadjuteur de l’évêque. Carlos Sanchez, le fils du cabaretier de la ville, jeune étudiant atteint de folie mystique et qui prétend avoir des apparitions, sera l’enjeu, l’appât et la victime de toutes ces intrigues, après avoir provoqué des polémiques dans les salons et les sacristies madrilènes. Une allègre fureur anime de bout en bout l’étonnante et cruelle mascarade à laquelle nous fait assister Michel del Castillo. Vaste comédie ecclésiastique et civile aux figures âprement cernées, leManège espagnol, s’affirme comme une satire de la bourgeoisie issue de la guerre civile, mais aussi, grâce au personnage de Carlos Sanchez, comme une méditation douloureuse sur l’Espagne éternelle. Né en 1933 à Madrid de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo est aujourd’hui l’auteur d’une œuvre considérable. Il a été couronné par de nombreux prix littéraires dont le prix des Libraires en 1973 pourLe Vent de la nuit, le prix Renaudot en 1981 pour La Nuit du Décret,en 1992, le prix RTL-Lire pour Le Crime des pères,et le prix Femina essai pourColette,en 1999.
ne première édition de cet ouvrage a été publiée aux éditions Julliard en 1960
TEXTE INTÉGRAL
ISBN 978-2-02-131868-5
re (ISBN 2-02-009994-2, 1 publication poche)
© Éditions du Seuil, mars 1988
www.seuil.com
Cet ouvrage a été numérisé en partenariat avec le Centre National du Livre.
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
à François LE GRIX
cet hommage de ma reconnaissance
et de mon amitié profonde.
PREMIÈRE PARTIE
« … ce peuple s’ennuyait depuis cent ans. » Stendhal, La Chartreuse de Parme.
1
Un silence pesant régnait sur la ville. Les rues étaient désertes ; les stores des cafés et des magasins baissés. Le vent du Sud soulevait une poussière sèche et râpeuse. Les platanes qui bordent l’avenue de la Gare dépérissaient. Les volets de toutes les maisons étaient clos. Huesca faisait songer à une ville interdite. Assis sur des bancs, dans les allées du parc municipal, des soldats et des nurses s’épiaient. Eux, vêtus de kaki, s’épongeaient le front avec des mouchoirs sales. Ils semblaient perdus dans leurs uniformes ou trop grands ou trop étroits. Ils avaient ôté leurs calots et déboutonné leurs vareuses. Leurs regards exprimaient une même lassitude, un identique ennui. Ils ne riaient pas, ne plaisantaient pas. Ils n’avaient pas d’argent pour s’offrir une bière et fixaient avec envie les tables, le bar, la piste de danse et l’estrade pour l’orchestre. Le patron du café, un Andalou gros et sale, affaissé derrière son comptoir, s’éventait avec un journal. De temps à autre, il jetait sur les soldats un regard méprisant. Lucas Sanchez — c’était son nom — dédaignait les pauvres. Les soldats, en Espagne, sont toujours pauvres. Ils achètent les cigarettes au détail et se mettent à plusieurs pour savourer une limonade. Lucas Sanchez fait de bonnes affaires. Le soir, vers les sept heures, toute la jeunesse élégante vient chez lui pour boire l’apéritif et pour danser. (Une lueur cupide éclaire les yeux obliques de l’Andalou.) Les élèves des collèges religieux de la ville arrivent, leurs livres sous le bras, et prennent place autour des tables, à l’ombre des platanes. Ils se délassent, sous cette voûte de verdure, et dépensent leur argent. Ces jeunes gens ne sont pas avares. Ils commandent du vermouth et parfois même du xérès. Le fils du notaire boit du whisky. (Sanchez admire profondément ce jeune dandy, tiré à quatre épingles.) Les jeunes filles, vêtues de leurs uniformes noirs et coiffées de chapeaux de la même teinte, s’installent à leur tour. Sanchez est un homme habile. Ses musiciens ne jouent que des airs décents. Il leur interdit les danses modernes, ainsi que les tangos que les frères maristes trouvent « lubriques ». L’Andalou se plie à toutes les consignes de décence données par l’évêché et par les supérieurs des collèges religieux. Il est membre de la confrérie de Notre-Dame de l’Angoisse et trésorier de l’Action catholique. Chaque dimanche, il assiste avec sa femme à la messe de sept heures et demie. Le couple traverse, les mains jointes, la grande nef de la cathédrale pour communier. Monseigneur les a, un jour, cités en exemple : — Regardez ce couple chrétien dont la vie tout entière est illuminée par la parole du Christ. Dieu bénit cet homme et cette femme. Leurs affaires prospèrent ; leurs
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