Le Mat fait des vagues

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Mai 2012... À Paris-Montparnasse, deux professeurs sont sauvagement assassinés dans un conservatoire. La mise en scène rappelle étrangement celle d'un meurtrier en série mort en 2005: Jonathan Rivières. Corps suturés au fil d'or, carte de tarot glissée entre les dents, épée plantée dans la poitrine, quel est l'imitateur de ce légiste, gourou de la secte Baahia, un sorcier, un fou? Île-de-France, Normandie, Suisse, Algérie, le criminel suit à la trace ses proies, des hommes de chevaux. Incendies, tueries, la violence de ses méfaits redouble d'intensité. Désormais, les crimes sont perpétrés dans des écuries, mais aussi dans des lieux publics. Le déterminé commissaire Barvale et son médiumnique inspecteur Vaillant aident la brigade criminelle parisienne à résoudre cette enquête. Des Filles du Roi Soleil aux médecins des Rois de France, une plongée au coeur de l'Histoire et de la franc-maçonnerie permettra-t-elle de démêler l'écheveau?
Publié le : jeudi 18 septembre 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342028355
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EAN13 : 9782342028355
Nombre de pages : 340
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Découverte et Passion de l’Équitation, éditions Artémis, 2000 Cavalier propriétaire, éditions Proxima, 2001 Chevaux et poneys, éditions Artémis, en 2002 (collectif) La Carte du Fou, éditions Cheminements, 2007
Françoise Racic-H LE MAT FAIT DES VAGUES Échec et mat
Mon Petit Éditeur
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Chapitre I. Le passé recomposé le drame entre en scène À l’école de Molière Mai 2012, rue de l’Arrivée, dans le quinzième arrondissement de Paris… Le personnage pouvait se multiplier à l’infini, même s’il restait en-glouti dans la vase des souvenirs. Depuis des mois, les cours dispensés au conservatoire Voltaire lui offraient l’occasion de déve-lopper son fort potentiel imaginatif. Homme ou femme, peu importait son identité réelle. L’idéologie seule comptait, la croyance résistait à tous les vents sacrés, à l’heure où les forces politiques mo-bilisaient les électeurs de tous bords confondus. De droite ou de gauche, chrétien, orthodoxe, juif, musulman, bouddhiste ou hindou islamique, les terriens continuaient à observer la lune. Celle-ci leur apportait son lot de misères ou de réconfort, sans eau bénite. L’esprit supérieur dansait au-dessus des têtes, comme un derviche tourneur distillant conseils, protections, bénédictions et sermons. Même si ce n’était qu’illusions, il fallait s’y accrocher coûte que coûte. Le rêve suscitait du bonheur, le quotidien engendrait la lassitude accompa-gnée de ses tâches fastidieuses et de secrets lourds à porter. Le refrain de la Habanera lui collait à la peau, lui insufflant une prodigieuse source d’énergie !
L’amour est enfant de Bohême, Il n’a jamais, jamais connu de loi, Si tu ne m’aimes pas, je t’aime, Mais si je t’aime, prends garde à toi ! L’oiseau que tu croyais surprendre, Battit de l’aile et s’envola.
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Une vague d’émotion déferlait dans la salle de répétitions. Le souf-flé prenait avant de retomber brutalement. Un malaise ambiant régnait, à chacune de ses prestations. Sa voix de soprano dotée de vibratos, dégageait un mélange étonnant. Des notes harmonieuses précédaient une octave plus basse des notes sombres, mais mélodieu-ses. L’ensemble offrait des émois avant de produire des effets contraires, tels des frissons dans le dos. On avait l’impression que des ondes négatives se répandaient aux quatre coins de la salle. Cela res-semblait à une nuée de mantes religieuses, engourdissant les pensées et les muscles du corps jusqu’à l’épuisement total. Songes obsessionnels Un professeur dans la tourmente Aude fut interrompue dans son couplet par l’ancien comédien du Théâtre-Français. Le maître de l’auditoire critiquait, à juste titre, les différents passages de ses élèves. Rien n’était laissé au hasard par cet homme aux tempes dégarnies et à la longue chevelure poivre et sel nouée en catogan. L’époque des Mousquetaires n’était pas révolue, l’ombre de Charles de Batz-Castelmore planait dans l’édifice. Jean-Baptiste Porrat conservait un air de famille manifeste. Certes, il man-quait à son tempérament, le côté guerrier de son ancêtre du e XVII siècle. Il ne disposait ni de rapière, cette épée à lame longue et fine, ni de mousquet, ni même de pistolet. Seules les envolées, les rôles de héros de l’Histoire, portant accessoires en plastique ou car-ton-pâte, le transformaient en militaire. Le temps d’une représentation, les deux hommes ne faisaient plus qu’un. Certains croyaient même d’Artagnan ressuscité sous son chapeau de feutre empanaché. La ressemblance frappait les esprits, des plus candides aux plus terre à terre. Des pans du passé militaire remontaient à la surface, comme par magie. Jean-Baptiste Porrat se muait en défen-deur du royaume de France, au service de sa majesté. Un gentilhomme à l’accent parisien, ressuscité en capitaine Gascon, l’image en surprenait plus d’un. Pourtant, le Gersois de naissance avait hérité des armoiries du comté d’Armagnac. Et, une passion commune liait les Montesquiou, à travers les âges, celle des chevaux. Ainsi, le professeur se plaisait à monter les gris pommelés de l’écurie
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familiale, durant ses congés annuels. Débourrage des poulains, bala-des, concours d’endurance, défilé en tenue d’apparat lors de sons et lumières, il participait aux activités de l’écurie des propriétaires. Quel-ques Pure Race Espagnole paradaient durant les reconstitutions historiques, tels des majestés aux allures parfaites. Fonctionnels et élégants, de tempérament généreux et commode, les sujets majes-tueux séduisaient les cavaliers de dressage, de tous âges. Les jurys, conviés aux épreuves de présentation et autres concours morphologi-ques, ne se trompaient pas sur les modèles. Ils savaient apprécier, à leur juste valeur, ces lignées qui traversaient les ères sans fausses no-tes. Sélections rigoureuses obligent ! Ibériques, barbes, arabes et même Akhal-téké, ses préférences s’avéraient multiples. Jean-Baptiste Porrat montait, avant tout, des chevaux doux, équilibrés, aux pieds sûrs, sans distinction de race. En vieillissant, il se souciait de conserver une vitalité intense. Sept cent onze kilomètres à parcourir en voiture, la distance le rebutait quelque peu. Sa tête souhaitait l’évasion, son corps choisissait le repos. Au bout du compte, il cédait aux sollicitations répétées des siens et ne le regrettait jamais. Ses retrouvailles avec les éleveurs châtelains, de son illustre lignée, lui redonnaient du baume au cœur. Il occupait l’une des vingt chambres d’hôtes du castel Renaissance, mitoyen aux écuries Montesquiou. C’était un lieu de détente idéal, perdu dans la campagne gersoise. Pour faire plaisir aux siens, il ne rechignait pas à relever ses manches. Sa reconnaissance envers ses oncles et cousins comptait vraiment. Les vieilles pierres nécessitaient un entretien régulier. Une restauration perpétuelle obligeait à conserver le patrimoine en état, au fil des générations. Ces semaines de villégiature contribuaient à son équilibre psychologique. Durant le restant de l’année, Jean-Baptiste Porrat avait trouvé une solution ingénieuse. Il laissait deux hongres, des demi-sang arabes, dans une ferme équestre à Rambouillet. Les deux montures élégantes, réactives, aux pieds sûrs, bien dans leur tête et agréables à monter, lui permettaient de s’évader en randonnée. L’un des mâles possédait même une pointe de sang anglo-arabe, pro-curant davantage de puissance et de vitesse. Les points forts de ce hongre l’incitaient à se lancer dans des épreuves départementales d’endurance. Jean-Baptiste voulait mettre tous ses atouts de son côté
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et acheter ainsi un second cheval de compétition. Il attendait avec impatience une monture de robe isabelle. Une vaillante jument akhal-téké devait arriver, en provenance d’un élevage du sud-ouest. Depuis longtemps, il rêvait d’acquérir un produit de la race équine, dont les origines remontaient au Ve siècle avant J.-C. Apprécié depuis des siècles, l’akhal-téké conservait ses lettres de noblesse. À l’instar du pur-sang anglais ou du pur-sang arabe, il était utilisé comme améliora-teur de races équines. L’ancien cheval de guerre et de désert du Turkestan, région d’Asie centrale, le fascinait tellement. Sa silhouette s’avérait longiligne et élégante, son caractère se montrait intelligent et vif. L’akhal-téké multipliait les qualités. Jean-Baptiste Porrat espérait récolter de bons résultats avec cette nouvelle monture puissante, vé-loce, endurante et maniable. Son amie se joignait à lui et le suivait aux trois allures, même si son assiette s’avérait médiocre. Trente kilomè-tres par jour, à raison de cinq heures de monte, les progrès se révélaient progressifs et constants. Le couple s’arrêtait dans une ferme-auberge, habituée à accueillir les cavaliers de passage. Cette bouffée d’oxygène réussissait à le sortir de ses obligations profession-nelles. Stress, stress du quotidien quand tu nous tiens ! Des journées de distraction et une nouvelle source d’énergie permettait d’affronter l’existence trépidante de la capitale. Jean-Baptiste Porrat possédait tous les atouts en main, sans une égratignure sur les couleurs et figu-res de son chemin de vie. Son visage paraissait toujours amène. Son ascension se poursuivrait jusqu’au sommet de la Tour. Le destin sou-rirait, à coup sûr, au Maître de l’Improvisation. Il occuperait une fonction honorable dans le milieu artistique. Certains critiques l’imaginaient déjà en directeur de sa propre école théâtrale ou en pen-sionnaire du Français. D’autres journalistes de la presse parisienne voyaient percer un metteur en scène prolifique, récompensé aux Mo-lières, ou un artiste VIP bardé de décorations. Les possibilités ne manqueraient pas. Dans ses plages de loisirs, il conserverait une place à sa passion de toujours, les chevaux. Ses dispositions de compétiteur en Endurance le pousseraient à participer à des épreuves régionales de 40 voire 60 km. Il obtenait tant de résultats encourageants dans des épreuves départementales de 20 et 30 km. Il était facile d’anticiper la suite des événements. Lui, le cavalier amateur savait se surpasser. Comme dans ses apparitions sur scène, il recevait une pluie de bravos
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