Le meurtre de Joseph Le Roy

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Soazic Rosmadec, navigatrice hors pair, a beaucoup de chance. À la loterie organisée par l’association de la Voile Bretonne, elle a gagné un voyage pour deux dans l’Ouest américain. Los Angeles, Las Vegas, la mythique route 66, le Grand Canyon, San Francisco, de quoi partager des moments idylliques et inoubliables avec Gwenn.

Des moments idylliques ? C’est sans compter sur l’incroyable talent de Gwenn pour attirer les cadavres…

Et de fait, le périple de nos enquêteurs bretons, qui auraient pu simplement se laisser porter de sites paradisiaques en paysages grandioses, va vite se métamorphoser en voyage de la mort…

(En bonus, quelques photos du voyage rapportées par Gwenn et Soazic.)
Publié le : lundi 20 juin 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782374531878
Nombre de pages : 174
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Extrait
— Paré à virer ?
— Paré !
— Envoyez !
Gracieusement, le Pogo 12.50 pivota sur son étrave sous la conduite avisée de Soazic Rosmadec tandis que Gwenn, son grand rouquin de mari, s’assurait du passage du foc sur bâbord. La brise d’automne s’engouffra dans la grand-voile et gonfla le triangle de toile que Gwenn souqua d’un coup sec. La marée descendait et le courant de l’Odet filait vers le large. Pourtant, tirant des bords et profitant habilement du vent de sud-ouest, Soazic manœuvra son vaisseau jusqu’à son point d’attache sur les pontons du petit port de Sainte Marine.

Gwenn sauta à terre et amarra leur voilier tandis que Soazic affalait les voiles. Puis il remonta à bord pour lui donner un coup de main. Lorsque le bateau fut rangé, Gwenn prit son épouse par la main et tous deux fixèrent l’horizon vers le large, vers les Glénan où ils venaient de passer la journée. Un lien indéfectible, invisible, plus puissant que n’importe quelle aussière reliait leurs cœurs. Soazic se serra contre le corps athlétique de son époux et lui susurra :
— Mon minou, je t’aime !
Gwenn ne répondit pas, mais n’en pensait pas moins. Après avoir baroudé comme grand reporter sur tous les fronts de la terre où les hommes ont la mauvaise idée de s’entre-tuer, il avait fini par poser son sac dans cet adorable petit coin de Bretagne où la mer et la forêt jouaient un incessant jeu de cache-cache. Il y avait ouvert un cabinet d’écrivain public et couchait sur le papier l’histoire des familles qui le lui demandaient. Sa réputation avait vite grandi et les clients s’étaient rapidement présentés à sa porte.

  À l’ouest, l’astre du jour avait entamé sa descente, noyant de rouge les quelques nuages qui batifolaient encore avec des mouettes et des cormorans. Une odeur de goémon parfumait doucement l’atmosphère. Ils étaient simplement heureux ; heureux de sentir le balancement du courant sous leur Pogo, heureux de humer l’air du large et son parfum d’aventures et de sel, heureux d’être ensemble. Et ils avaient le sentiment de prendre part à ce tableau vivant que Gauguin aurait certainement aimé réaliser.
Une mélodie de trois notes les ramena à la réalité. Soazic exprima une grimace d’excuse en empoignant son smartphone accroché dans un sac étanche.
— Allo ?
Le ton était plutôt sec. On ne perturbe pas impunément un tel moment de bien-être et le correspondant avait intérêt à être sérieux. Gwenn, indifférent, continuait à admirer l’environnement. Pourtant, le ton de son épouse attira vite son attention. Il passa du « oui ? » interrogatif au « non… ? » de surprise et se conclut par un vibrant « Merci ! Merci beaucoup ! Ça me fait vraiment très plaisir ! »
Gwenn la regarda en souriant :
— Alors ? Tu as gagné au loto ?
— Mieux que ça ! fit-elle en remettant son téléphone à l’abri. Tu te souviens de cette loterie organisée par l’association de la Voile Bretonne ?
— Vaguement, fit Gwenn. Et tu as gagné un porte-clés ?

— Ne sois pas bête mon minou. Nous faisons partie de ceux qui ont été sélectionnés pour un voyage de dix jours dans l’Ouest américain.
Le visage de l’écrivain public s’éclaira :
— Ah ! Ça, c’est une très bonne nouvelle. Depuis le temps que j’avais envie de revoir San Francisco !
Soazic reprit avec entrain :
— Pas seulement ! Mon correspondant m’a dit qu’il allait m’envoyer un mail de confirmation avec le détail du voyage.
— Eh bien, fit Gwenn pragmatique, je crois qu’il convient dignement de fêter cela. Justement la distillerie de Plomelin m’a envoyé une bouteille de Eddu Diamant, sa dernière production de whisky au blé noir ! C’est l’occasion ou jamais !
— D’accord, fit Soazic, rayonnante. Whisky pour toi et champagne pour moi.
— En route 
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