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le mystère de white house

De
207 pages
L'histoire. Jean-Luc Baradin, détective privé parisien, roule vers la Côte d'Opale où il pense se reposer quelques jours en compagnie de popa-moman. Il ignore que l'attendent une belle plage, deux jolies filles et une enquête. Philip Goodfornothing, ingénieur anglais, a en effet disparu…La critique. J'ai eu la chance de lire ce chef d'œuvre avant sa parution. Vous ne serez pas déçus ! Il y a de l'humour, de l'amour et même une énigme policière avec de tels rebondissements que l'auteur (un ami, je l'avoue) ne connaissait pas le coupable quelques pages avant la fin.(Jean-Henri Ankor, libraire, dépositaire-correspondant-photographe du journal « La Côte d'Opale libérée » à Sauvère-Plage)
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2
Le mystère
de White house

3Jean-Pierre Steckiewiez
Le mystère
de White House

Polar
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00180-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304001808 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00181-5 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304001815 (livre numérique)

6 . .
8
AVANT-PROPOS
J’aime la mer. J’aime la mer depuis notre
première rencontre il y a plus d’un demi-siècle.
La mer paraît toujours pareille alors qu’elle
change à chaque instant mais ça, pour le voir, il
faut l’aimer comme moi.
J’ai d’abord fréquenté les côtes ensoleillées de
la Provence et du Languedoc-Roussillon, puis
celles de la Bretagne tellement riches par leur
flore et leur faune, et enfin la Côte d’Opale qui
possède deux avantages à mes yeux : elle se
situe nettement plus près de chez moi et elle
s’avère aussi belle que toutes les autres.
Pour les besoins de mon roman, quelque part
entre Saint-Valéry-sur-Somme où Guillaume
embarqua en 1066 pour conquérir l’Angleterre
et Zuydcoote où j’espère toujours passer un
week-end, j’ai creusé le lit d’un fleuve dans
lequel je déverse quantité de mètres cubes d’eau
qu’il rend sagement à la mer. Ce fleuve, je l’ai
baptisé la Bore et je l’ai peuplé de toutes sortes
de poissons. À son embouchure j’ai entassé des
tonnes et des tonnes de rochers pour former
9 Le mystère de White House
deux digues paradis des enfants et des pêcheurs
et, sur la rive droite, coincée entre fleuve et mer,
j’ai bâti une station balnéaire, Sauvère-Plage,
dont la population enfle et désenfle au gré des
congés payés et des week-end prolongés.
Voilà le décor planté. Quant à l’époque… À
cette époque-là les passants n’arpentaient pas
les trottoirs en gesticulant et en racontant leur
vie à de petites boîtes appelées portables, ils ne
possédaient pas plusieurs téléviseurs afin
d’éviter toute dispute à propos des programmes
de la soirée.
Avant de vous laisser plonger dans Le mystère
de White House il me reste trois choses à vous
dire :
Primo, une mise en garde : si vous découvrez
des erreurs ou des invraisemblances dans mon
polar, inutile de m’en faire part : je vous garantis
formellement que je refuse d’en assumer la
responsabilité.
Deusio, un conseil : comme dirait l’épouse de
Jean-Henri Ankor, lisez cet ouvrage allongé (e)
sur une plage, à l’ombre d’un parasol, une
boisson fraîche à portée de la main, tandis que
votre conjoint (e) ou votre ami (e), deux pas
plus loin, muera en écrevisse sous l’effet d’un
soleil ardent. Ou alors dévorez-le chez vous un
jour de pluie, ça vous remontera peut-être le
moral.
10 Avant-propos
Tertio, une supplique : faites connaître mon
travail à votre famille, à vos amis, à vos
connaissances proches et lointaines car rien
n’équivaut le bouche à oreille en matière de
publicité. Ainsi je vendrai des dizaines de
milliers d’exemplaires et, grâce aux droits
d’auteur afférents, j’achèterai un appartement à
Sauvère-Plage pour y vivre mes vieux jours face
à la mer.

J-P S

11
1
Moi, prénoms Jean-Luc, Pierre, Paul, Jacques
(pas la cène mais presque), nom Baradin, je suis
un homme heureux.
Quand j’ai dépassé A., j’ai emprunté
l’autoroute A19, j’ai trouvé un ciel bleu de carte
postale et un soleil à faire rougir de plaisir le
visage pâle des juillettistes de France et de
Navarre, d’Allemagne et d’Angleterre, des pays
scandinaves et du Bénélux réunis… et j’ai
décapoté ma Golf GTI. Depuis, j’ai joué avec
les nerfs du conducteur d’une Mercedes au
niveau de B., j’ai fait enrager celui d’une BMW
vers C. et j’ai regardé filer sans envie une
Porsche 911 rouge à D.

Moi, Jean-Luc Baradin, je suis un homme
heureux.
J’ai trente ans, la gueule d’un jeune premier
de cinéma avec plus de Delon que de Bébel, un
corps d’athlète : un mètre quatre-vingts pour
soixante-quinze kilogrammes de muscles
surentraînés. Le meilleur détective privé d’une
13 Le mystère de White House
boîte parisienne (vous pouvez le constater, j’ai
laissé ma fausse modestie au bureau), je viens
d’élucider une affaire difficile et délicate à la
demande d’une agence berlinoise qui risque de
devenir un client intéressant, Europe oblige. En
guise de remerciement, mon patron m’a
généreusement octroyé trois semaines fermes…
de vacances qui m’étaient dues. En spécifiant
que si Mesdames Chirac ou Jospin
quémandaient nos services pour un constat
d’adultère j’aurais à regagner la capitale sans
délais.
Moi, je suis un homme heureux.
Je rejoins pour quelques jours -une semaine
maximum leur ai-je accordé, je rejoins moman
et popa qui ont loué une villa au bord de la
Manche. Or, à mon humble avis, pas forcément
autorisé et que vous ne partagez pas
obligatoirement, un homme heureux doit
clamer son bonheur. Je roule donc maintenant à
nonante-quatre par heure sur la bande d’arrêt
d’urgence de l’autoroute, je glisse un CD
classique dans ma platine laser
tarata tarata tarata ta
tarata tarata ta…
j’allume le transistor emporté pour la plage et
je le règle sur France Infos
… a annoncé un nouveau train d’augmentations sur
l’essence, le tabac, les alcools, les transports publics…
(Les vacances ont réellement commencé !)
14 Le mystère de White House
et je chante à tue-tête
La belle de Cadix a des yeux de velours
La belle de Cadix a les yeux de l’amour…
Tous les automobilistes qui me doublent me
jettent un regard effaré ou désemparé et filent
en abandonnant dans leur sillage ma
cacophonie burlesque.
Je quitte l’autoroute et j’emprunte, avec
promesse formelle de la restituer, la
départementale 22. La chaussée sue du goudron
malgré l’ombre des arbres centenaires qui la
bordent.
Je traverse quelques villages. Autochtones et
estivants précurseurs occupent les placettes
ombragées : ils disputent des parties de
pétanque interminables et harassantes qui les
amèneront en douceur à la sacro-sainte heure
du pastis bien frais et régénérant. On se croirait
dans le midi !
Je parcours une campagne de prairies à
l’herbe courte que des vaches noires et blanches
tentent de raser en lançant une langue
démesurée, de champs de maïs qui souffrent en
silence de la sécheresse, de jachères herbeuses
et buissonneuses.
Je franchis le sommet d’une colline, je dévale
une pinède exempte de toute cigale, je ralentis
dans les cinq tournants et un panneau
indicateur saute à mes yeux : Sauvère-Plage.
– J’arrive !
15 Le mystère de White House
Parcourir la moitié du rond-point pour
continuer tout droit ; rouler durant un bon
(pourquoi bon ?) kilomètre et prendre la
branche sud de la patte d’oie ; après la voie de
chemin de fer, virer à gauche au feu rouge ;
tourner dans la deuxième rue à droite puis la
troisième à gauche ; environ au milieu de la rue
Charles Péguy (1873-1914, écrivain et poète
français tué à la bataille de la Marne), trottoir de
droite, numéro 41 : la villa ; surtout éviter la
berge du fleuve et le front de mer… Bravo
moman : grâce à ton sens inné de l’orientation
et à tes explications oiseuses, je me suis perdu !
Je roule au pas le long de la Bore, fleuve
indolent qui muse jusqu’à la mer. À droite, des
villas puis des maisons mitoyennes et enfin des
immeubles jusqu’à l’avenue de la plage
perpendiculaire au fleuve. À gauche, un parking
gravillonné et ombragé (demander le nom de
ces arbres inconnus), une berge formée de blocs
de rochers rapportés d’où les pêcheurs lancent
leurs lignes.
J’atteins les immeubles. À chaque départ de
rue, je déchiffre le nom sur la plaque. Charles
Péguy n’habite pas là ! Je décide de me
renseigner. Une voiture démarre sous mon nez,
j’en profite pour me garer. Je stationne face à la
poste située au rez-de-chaussée d’un immeuble,
coincée entre la boutique d’un marchand de
vins et autres délices et un magasin d’articles de
16 Le mystère de White House
plage et de pêche, de souvenirs de pacotille et
de cartes postales installées sur des tourniquets
souvent bloqués et qui encombrent le trottoir.
J’ai à peine pénétré dans le bureau que le
receveur -du moins l’homme que j’imagine être
le receveur, petit, rondouillard, face de lune et
crâne chauve- condamne l’entrée en précisant :
Vous sortirez par la petite porte latérale, elle ne
s’ouvre que de l’intérieur. Bonsoir Messieurs-
Dames. Et il disparaît au fond du bureau.
Un comptoir rustique et patiné sépare la
pièce deux tiers-un tiers. Devant, deux couples
de touristes accompagnés d’enfants turbulents
retirent de l’argent et achètent des timbres.
Derrière, côté un tiers – Ô temps suspends ton
vol, cœur tes battements, poumons votre
respiration ! – derrière, observé-je, oui, derrière,
deux superbes créatures de Dieu ! Miss France
PTT et sa première dauphine dans le même
bureau de poste ! Inimaginable ! Inouï ! De
plus, impossible de les départager : elles ne
portent pas l’écharpe afférente à leur rang mais
l’une un tee-shirt moulant et l’autre un corsage
au décolleté attendrissant.
Le temps de me frotter les yeux
(l’extraordinaire réalité surpasse parfois de loin
la banale fiction) et je demeure seul face à ces
merveilles. Toutes les deux aussi jolies, toutes
les deux aussi brunes, toutes les deux aussi
délicatement bronzées. Seules différences : les
17 Le mystère de White House
cheveux un peu plus courts de l’une et le visage
un peu moins rond de l’autre. Je m’adresse à
celle qui ne porte pas de bijoux (cheveux plus
longs et visage plus fin) :
– Bonjour mademoiselle. Un simple
renseignement : où se trouve la rue Charles
Péguy s’il vous plaît ?
Elles me regardent (Oh ! ces deux paires
d’yeux sublimes bordés de tendresse !), elles me
sourient (Oh ! ces rangées de dents étincelantes
d’omnivores vivipares !). C’est l’autre qui
répond (visage plus rond et cheveux moins
longs) :
– C’est plutôt compliqué à partir d’ici mais
c’est à deux rues de chez toi, Marina.
Je saute sur l’occasion -pas de l’autre côté du
comptoir, ce serait prématuré. Je prends mon
meilleur accent de gouaillerie made in Paris
(prononcez Parisse) par opposition à son accent
chaud et chantant et je propose illico :
– Écoutez, Mesdemoiselles, je suppose que
vous terminez votre travail maintenant. Si vous
êtes libres, je vous offre un pot et vous aurez
tout loisir de m’expliquer l’itinéraire à suivre
pour rejoindre popa-moman qui peuvent bien
attendre.
Admirez ma tactique. Je joue les rassurants :
un grand et beau garçon comme moi qui désire
retrouver popa-moman ! Elles m’observent une
fraction de seconde interminable. Je concentre
18 Le mystère de White House
tous mes pouvoirs de séduction et de
persuasion dans mes yeux câlins et mon sourire
angélique. Elles se concertent d’un regard
complice et acceptent.
– Si vous avez la patience de nous attendre
trois minutes, annonce celle qui n’est pas
Marina (donc cheveux plus courts et visage
moins fin), nous nous retrouverons à la terrasse
du Café de Paris. C’est à vingt mètres, à droite
en sortant.
J’ai réquisitionné une table et commandé un
panaché. J’ai horreur de la bière (trop râpeuse à
mon goût) comme de la limonade (ses bulles
provoquent chez moi de disgracieux et sonores
rots) mais le mélange des deux, bien frais, me
sied à merveille.
J’observe les allées et venues des touristes sur
la berge de la Bore, les gestes amples mais
précis des pêcheurs au lancer, les voiliers
rentrant au port de plaisance moteurs au ralenti
et voiles roulées contre les mâts. Cette
animation vacancière sympathique m’enveloppe
agréablement. J’oublie la fureur de Paris,
l’animation démente de Paris. J’oublie les
planques interminables, nocturnes ou diurnes.
J’oublie les interventions souvent musclées,
rarement agréables. Une indolence salutaire et
jouissive me gagne. Je réalise que je n’ai pas
profité de vacances depuis deux interminables
années quand ELLES arrivent.
19 Le mystère de White House
Je suis positivement ébloui. Je connaissais
deux jolies têtes et deux bustes prometteurs, je
découvre deux paires de hanches et autant de
jambes mises en valeur par des jupes courtes
qui dansent au rythme de leurs pas. ELLES
s’installent, je commande les deux Perrier-citron
désirés.
– Je me présente : Jean-Luc Baradin.
Attention, pas de Loulou ni de Baratin.
Détective privé à Paris. Trente ans. Célibataire
donc cœur à prendre… si le cœur vous en dit !
– Ma copine Marina. Moi, c’est Charlotte.
– Elle ne parle pas Marina ?
– Si… si… (C’est Marina, cheveux plus longs
et visage moins rond qui s’exprime.) Mais
Charlotte est bavarde, c’est commode pour
moi.
Je commence à préférer Marina, la finesse
des traits de Marina, la réserve de Marina.
Même le corsage (le corps sage ?) de Marina.
Les dragueurs invétérés de mon acabit
demandent parfois à souffler, recherchent
calme, pondération et sérénité. Marina
représente l’espoir d’un programme idéal pour
de reposantes vacances.
La conversation virevolte, bondit d’un sujet à
l’autre : l’invasion des vacanciers, le travail à la
poste, la vie parisienne, l’emploi du temps d’un
détective privé. J’évite de parler plage et sexe.
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