Le Sable et l'Enfer

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Dans Le sable et l’enfer, Jean-François Jenni cherche à éclairer
une des faces cachées de l’affaire des otages suisses en Lybie. Ce
différent helvético-lybien avait pour origine l’arrestation d’Hannibal
Kadhafi dans le canton genevois et s’était soldé par l’enlèvement de deux
hommes d’affaire suisses en Lybie.
L’auteur relate les tractations plus ou moins officielles entre les
deux pays – et arbitrées par l’Europe – jusqu’à ce que la Suisse y associe
l’affaire des visas Schengen des ressortissants Lybiens. Il va même jusqu’à
scruter l’envers du décor : la réaction des services de renseignement
helvétiques, la haine viscérale qu’ont développée les officiers suisses
lorsque le clan Kadhafi a insulté les institutions de la Confédération…
Cet ouvrage raconte l’histoire de ceux qui, dans l’ombre, ont fait
en sorte qu’un tel affront ne reste pas impuni. Le temps a passé, la
blessure s’est refermée, mais Jean-François Jenni sait bien que la cicatrice
est toujours présente. Et elle restera dans les esprits tant que les membres
de la famille Kadhafi demeureront impunis.
Le Vaterland n’a pas de frontières avec la Lybie, mais la guerre
ouverte n’est pas le seul moyen de venger l’affront : guerres
psychologiques, financières ou guerres d’intrigue sont autant de cordes
à l’arc de la vengeance, comme le MI6 ou la CIA l’ont appris à leur
dépens. Et en cela, la Suisse est passé maîtresse !
Se sachant seule dans le conflit des Nations, elle s’est forgé une
carapace : elle sait encaisser les coups, absorber l’énergie dépensée contre
elle, pour rendre le centuple au moment propice. Et ce moment viendra,
aussi sûrement que le printemps vient après l’hiver. Et l’hiver, la Suisse,
elle connaît ça !



Publié le : mardi 7 mai 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782362528194
Nombre de pages : 238
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Jean-François Jenni
Le Sable et l’Enfer
Éditions Mélibée
Du même auteur :
L’Aigle éparpillé, Éditions Mélibée (2010)
Le Sang et la Lumière, Éditions Mélibée (2011)
Éditions Mélibée, 2013 18 place Roguet – 31300 Toulouse
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Ce troisième roman, je le dois à toutes mes lectrices et tous mes lecteurs. Elles, ils, ont suivi les péripéties d’Armand, l’ont accompagné dans les voyages mouvementés qui ont égrené sa recherche de la vérité. Elles, ils, m’ont encouragé à poursuivre cette quête et à leur raconter le devenir de ce personnage, certes imaginaire, mais dont les tribulations ont été si intenses qu’il en a pris vie. Je vais donc remercier toutes et tous ces fidèles en leur dédiant cette histoire, qui même si elle est plausible, n’a aucun fondement réel. Un petit salut particulier à un ami médecin, lecteur fidèle et assidu, qui m’a aidé à rendre la partie « médicale » plausible. Il se reconnaîtra. Un grand merci à Barbara, qui est ma première lectrice et à mes enfants qui sont mes plus fervents supporters.
Le temps s’écoule, tels les grains D’un sablier géant La terre est le sablier Les déserts en produisent les grains Lorsque tout le sable aura coulé Les montagnes auront changé de place Il faudra alors refaire le désert.
e (Sage libyen du XVIII siècle)
Prologue I
Le désert s’étend à perte de vue, vallonnements de dunes parfois enjolivées d’un panache de sable soulevé par le vent, Quelques buissons rabougris, ça et là, ultime tentative d’une colonisation végétale impossible. Il fait au moins 40 degrés à l’ombre, Armand au sommet de la dune transversale observe ses anciens « amis » algériens. Il sait qu’au moindre mouvement, il va se faire repérer et avec lui, Cherif, son compagno n de mission. — Que font-ils ? demande celui-ci — Je n’sais pas, ils doivent se demander où nous sommes passés ! — Tu es certain que nous avons pris la bonne décision ? — Oui ! Sûr ! Tu m’as bien dit qu’ils ont reçu l’ordre par radio de nous ramener à Alger ? — C’est juste, je ne sais pourquoi, mais notre grande amitié avec les Algériens semble être terminée ! — C’est navrant, il faut bien réfléchir à ce que l’on va faire ! Au moment où Armand prononce cette phrase, un camion de la police libyenne arrive sur la piste en bringuebalant. Des policiers s’éjectent du pont arrière, armés jusqu’aux dents et se précipitent vers les deux Algériens. Ils les encerclent, ceux-ci lèvent les bras et se font emmener vers le véhicule des arrivants, dans lequel ils s’installent, laissant le 4X4 en plein milieu de la piste. — Ouah ! Regarde ! On dirait que l’affaire devient de plus en plus chaude ! — J’espère qu’ils laissent la voiture là, qu’on puisse la prendre, si non, on est mal ! Avec des crachotements enfumés, le véhicule de la police prend de la vitesse et s’éloigne en direction de Ghadamès. Lorsqu’il a disparu, les deux suisses descendent prudemment de leur dune, s’approchent de la voiture. — Bingo Armand ! Les clefs sont sur le contact. — Bon, et bien pour un coup de chance c’est un coup de chance !
Prologue II
La vie joue des tours ? Il faut s’y faire ! Prendre cela comme un cadeau. Nous n’aurons jamais, jamais Deux fois la même chance De faire telle expérience. (Poème libyen (traduction libre)) 13.07.2008. Lorsque l’avion de l’El Al se met en position pour atterrir à l’aéroport international de Genève, Armand est en état de songes. Une grosse dame, en plein travail de transpiration lui touche le coude : — Z’avez-vu dit-elle en montrant le sol qui s’approche. — Sont comme au Brésil, zont aussi des Favelas ! Distraitement, avançant un peu la tête sur le gros corps en sudéfaction, Armand jette un œil sur l’objet de l’intérêt de sa voisine. Ce que la bonne dame prend pour des Favelas, ce sont les jardins familiaux proches de l’aéroport. Ces jardins sont typiques de la Suisse, les familles s’y rendent le samedi et le dimanche, ils peuvent y cultiver des légumes, construire un petit abri que certains nomment èrement « Mon chalet », « Mon désir », « Mon bonheur ». C’est le rêve de toute famille modeste, qui ne peut s’offrir le luxe d’une maison particulière avec jardin, dans ce minuscule pays qu’est la ville de Genève, entouré de la France sur le 80 % de ses frontières, où le prix du mètre carré de terrain correspond au salaire d’une vie d’un employé d’état en Roumanie. — Ah oui ! vous avez raison Madame, ce sont certainement de pauvres gens émigrés ! Sans préciser que mieux vaut être pauvre et malade en Suisse, spécialement à Genève, que riche et en bonne santé dans un pays oublié. Armand ressent comme à chaque retour, une joie profonde à toucher le sol de son pays. Voilà 5 longues années qu’il n’a pas remis les pieds en Suisse et la réception ne va certainement pas être gaie, la police fédérale doit l’attendre à la douane pour le « traiter » à Berne, la capitale, à des ns de « débriefing », selon le fax reçu à Haïfa. Dire que dans trois jours, comme pour fêter son retour, il célébrera son anniversaire dans son pays natal. Les cahots signalant l’atterrissage secouent un peu les passagers dont certains applaudissent à tout va, heureux d’être arrivés entiers à destination. Armand ne peut s’empêcher de penser à Siloa enceinte jusqu’aux yeux de son futur enfant, qu’il a dû laisser en Israël, après qu’elle lui a signifié la fin de leurs relations. Lorsqu’il est rentré à son domicile, juste après la sentence de sa libération par le pseudo tribunal militaire érigé par la Haganah et le Mossad concernant son appartenance ou non à une conspiration contre l’État d’Israël, (Voir le Sang et la Lumière, même auteur, même éditeur) il a retrouvé ses affaires sur le palier de l’appartement où ils vivaient lui et sa femme Siloa, elle, n’était pas là. Porte close, juste un petit mot posé sur la grosse valise rouge, avec laquelle il était arrivé en Israël 5 ans plus tôt, dans des circonstances plus heureuses. La missive disait en substance : Armand, J’ai tellement de peine, pour nous, pour toi. Ma vie n’a plus vraiment de sens, sauf celle de notre futur enfant, c’est pour lui que je vais me battre. Ne cherche pas à me revoir, ni à le ou la connaître, tu n’as plus rien à faire dans notre vie. Je t’aime ! Adieu ! Siloa
Il en a été vraiment malade, perdre coup sur coup tant d’amour et tant de joies, sans vraiment avoir eu le choix que celui de ne pas tomber dans une tentation tellement humaine. Mais que faire d’autre, que d’accepter et accuser le coup ? Il croit entendre dans sa tête, le rire de son père, le Sturmbannführer SS Franz Hartmann (voir l’Aigle éparpillé, même auteur, même collection) lui souffler : — Ach mon petit Armand, tu croyais réparer mes fautes en épousant une juive ? Te voilà bien récompensé ! Malgré lui, ou peut-être volontairement, il a en même temps une pensée pour son petit jardin secret, Cherifa, qu’il a si peu connue et dont il a tant aimé la fraîcheur, la spontanéité et en même temps la bravoure. (VoirLe sang et la lumière, même auteur, même collection). L’annonce des la stewardesse le tire de ses songes, donne la température et l’heure, il est 15 h 00 locale, il fait 15 degrés centigrades. L’avion s’immobilise sur le tarmac, avant les places de stationnement, on peut voir par le hublot un cortège de véhicules de la police de l’aéroport se diriger vers l’avion, un véhicule monté d’un escalier télescopique en tête. On entend des bruissements de voix dans les travées, — Que se passe-t-il ? Ce n’est pas normal ! Armand sait parfaitement que ce branle-bas de combat le concerne en premier chef. Sa voisine lui donne un immense coup de coude visqueux et lui lance en hébreu : — Z’avez-vu ! C’est les flics ! Qu’est-ce qu’ils viennent faire ? On a p’têtre des méchants dans l’avion ! — Sûrement, Madame, ces gens-là ne se déplacent pas pour rien ! Au même instant une annonce est faite par un steward : — Mesdames et messieurs, veuillez s’il vous plaît rester assis à votre place. Nous avons un contrôle de police non annoncé. Merci d’obtempérer aux ordres du personnel de cabine. Mais n’ayez pas de crainte, nous n’avons aucune urgence ! La porte du sas avant s’ouvre, deux civils qui se ressemblent étrangement par leur maintien et leur façon de marcher, montent à bord. Ils ont une imposante liasse de documents avec eux, se dirigent vers l’emplacement réservé au personnel de vol et palabrent quelques instants. Le regard de l’un des deux arrivants se tourne vers Armand. La grosse dame murmure : J’espère que ce n’est pas pour moi, je sais que je n’ai pas réglé une amende d’excès de vitesse, en Israël mais je voulais la payer dès ma rentrée ! — Rassurez-vous Madame, ils ne viennent pas pour vous, mais pour moi ! Au même instant le premier policier s’approche : — Monsieur Hartmann ? Armand Hartmann ? — Exact Monsieur ! — Police fédérale ! Veuillez-nous suivre Monsieur ! Nous nous occupons de vos bagages ! Armand se lève, prend son attaché-case dans le compartiment situé au-dessus de son siège et se met à la disposition de l’homme sous les regards interrogateurs des autres passagers de la classe business. Il salue poliment la grosse dame qui commence à sentir le phoque. — Merci pour votre compagnie, Madame Z’avez-vu ! Au plaisir ! Sa voisine en reste la bouche ouverte, comme si elle allait gober les mouches. — Eh Mec ! Crie une voix dans le brouhaha général – Te laisse pas faire ! — C’est bon, je gère, merci, au revoir, Mesdames et Messieurs ! Il descend l’échelle provisoire et s’engouffre dans une Toyota aux armes de la police internationale (Blanche et verte). Le voilà de retour en Suisse, après un si long périple, les ennuis vont certainement commencer ! Il n’y a pas de formalités d’entrée, le véhicule passe par un portail dérobé, proche du complexe des services du feu, sans que personne ne s’interpose. Les voici engagés sur l’autoroute Genève – Berne. Ils vont passer à la hauteur de Morges, lieu de sa naissance mais Armand sait qu’il ne pourra pas voir, ni sa mère, ni sa tante. Tout ce temps passé, a du considérablement les changer. D’autant plus qu’il n’a jamais plus cherché à les
revoir, ni personne d’autre d’ailleurs, certain qu’au moindre faux pas on l’aurait immédiatement poursuivi. À observer depuis la voie rapide, l’EPFL, (École Polytechnique Fédérale de Lausanne), haut lieu de la technologie, a beaucoup grandi, ses infrastructures représentent maintenant celles d’une petite ville de 10 000 habitants au moins, si on tient compte des constructions neuves, des tours et du nouveau Rolex Center qui, orné de drapeaux divers, devrait être bientôt ou a déjà été inauguré. Cette infrastructure moderne, de Sanaa Architects, dessinée par Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, est absolument unique dans un campus et démontre une audace très semblable à celle qui habite les managers de cette impressionnante école fédérale d’ingénieurs. Dire qu’il y a travaillé en tant que professeur dans une autre vie, pourtant pas si lointaine. Il aurait également voulu pouvoir contacter François Ginet, son ami d’aventure en Égypte (VoirLe sang et la lumière, même auteur, même collection), mais les deux officiers de police lui ont fait comprendre qu’avant d’avoir été entendu par leurs supérieurs, « Telefon strict verboten ! » Il se détend un peu, le temps de voyage jusqu’à Berne doit bien encore être d’une heure et demie. Quoi que, avec le gyrophare sur le toit et la sirène prioritaire lorsqu’il y a du trac, les choses doivent être beaucoup plus simples. Il retrouve avec plaisir la beauté du paysage entre Yverdon et Estavayer le Lac, les bords du lac de Neuchâtel, les petits villages nichés dans la campagne parée de verdure la plus grande partie de l’année, une verdure outrageuse en comparaison avec les pays qu’il vient de traverser, telle qu’on ne peut s’imaginer plus belles couleurs de contrastes. Il peut laisser son esprit vagabonder. Que risque-t-il ? Bonne question ! Il a enfreint quelques règles et lois, fui devant la justice, mais n’a tiré que sur des méchants, et a surtout été victime de l’histoire de vie de son propre père ! (Voir L’aigle éparpillé, même auteur, même collection). Bien sûr que de n’avoir pas dénoncé celui-ci lorsqu’il a assisté au meurtre des agents du Mossad, voici quelques années à Genève par son géniteur peut être assimilé à de la complicité, mais il faut connaître le contexte de l’époque avant de juger. De plus, ses antécédents parlent pour lui, bon citoyen, officier modèle, conduite politique irréprochable, que des modes de preuves en sa faveur. Ses accompagnateurs ne sont pas causants, ni avec lui, ni entre eux. Ils semblent vouloir faire leur travail, sans plus, peu désireux de savoir qui est le convoyé. Ils le conduisent, c’est tout. L’arrivée à Berne est plus encombrée, mais la sirène prioritaire ouvre un passage dans le [ot des véhicules, qui très docilement se tirent de chaque côté de la voie pour laisser passer celui de police au centre. Le Suisse par essence est très respectueux vis-à-vis des forces de l’ordre. Les citoyens bernois le sont encore plus vis-à-vis de l’autorité. Armand se souvient que lors d’un cours militaire, il s’était rendu dans un café proche du parlement de l’État en uniforme. Au moment où il allait entrer dans l’établissement, un personnage voulait, lui, en sortir. Il lui a aimablement tenu la porte en le saluant au passage. — Bonjour mon capitaine, belle journée ! — Bonjour Monsieur, avait rétorqué Armand. En observant mieux son aimable portier, il s’est soudain rendu compte que c’était le ministre de la défense de son pays. En personne. Il s’est immédiatement mis au garde à vous ! Monsieur le ministre ! Capitaine Armand Steiner (il se nommait Steiner en ce temps-là) pour vous servir ! — Parfait, merci capitaine, mais si vous voulez bien nir d’entrer que je puisse sortir et lâcher la porte, ce serait parfait ! — Bien sûr ! Excusez-moi Monsieur le ministre ! Le responsable de la défense s’en est allé, seul, en direction du Parlement. Ce qui a l’époque avait impressionné Armand, c’était le fait que les hommes d’État de son pays sortaient comme n’importe quel citoyen, sans escorte, sans bouclage de rue, ni service d’ordre impressionnant. Mais probablement qu’aujourd’hui, les choses ne sont plus celles qu’elles étaient, depuis les menaces de certains États de faire éclater la Suisse et de rattacher les parties linguistiques à chaque pays limitrophes. Le véhicule descend soudain dans un garage privé, qui s’enfonce sous le bâtiment de la police fédérale à la Nussbaumstrasse 29. Un ascenseur amène directement Armand à l’étage où il est attendu, il ne sait pas exactement à quel niveau ses « anges gardiens » le déposent, un simple « Aufwieder louege », (Au revoir en suisse allemand), la porte se
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