Le sang sèche vite

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Dans un hall d’immeuble d’un quartier résidentiel de Paris, un homme d’affaires est abattu. L’inspecteur Moretti constate que le meurtrier s’est acharné sur sa victime, mais que son portefeuille rempli de grosses coupures n’a pas été volé.
Alors que la vengeance semble être le mobile du meurtre, l’inspecteur est contraint par sa hiérarchie à conclure à un crime de rôdeur et à boucler l’affaire.
C’est un privé atypique, Georges, enquêtant au service de la fille de la victime, qui identifiera finalement le tueur et ses motivations. Pour cela il devra reconstituer le passé mystérieux, secret et sulfureux, de l’homme d’affaires.  
Publié le : lundi 27 juin 2016
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EAN13 : 9791026206002
Nombre de pages : non-communiqué
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Michel CARON
Le sang sèche vite
© Michel CARON, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0600-2
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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PROLOGUE
Ce matin-là, l’inspecteur Moretti traînait les pieds en se rendant sur les lieux du crime. Cet assassinat, il ne le sentait pas. Les précautions oratoires de son supérieur l’avaient découragé :
« Moretti, je compte sur vous. Inenvisageable de confier l’enquête à quelqu’un d’autre… Il va falloir du tact. Je vous fais confiance. Nous marchons sur des œufs… Alors surtout pas de maladresses. Rien qui puisse importuner les proches, enfin les relations de la victime… À quoi bon d’ailleurs. De toute évidence, un crime crapuleux… Crime de rôdeur… Alors vous me bouclez-ça vite fait bien fait. Sans vagues… Et on passe à autre chose. Ah ! J’oubliais. Pour la presse, motus et bouche cousue. »
Dès qu’il avait poussé la grille en fer forgé, aperçu sans les lire les plaques d’aluminium gravé appliquées sur le mur, passé la porte vitrée donnant sur l’entrée de l’immeuble où gisait le corps, Moretti savait qu’il ne s’agissait pas d’un crime de rôdeur. Une de ces intuitions que seule une longue pratique professionnelle peut générer. Contournant les marques au sol, il s’était dirigé directement vers le légiste.
« Tu peux me résumer ? Rôdeur ou pas rôdeur ? »
L’idée même d’une telle hypothèse avait plongé le légiste dans une profonde hilarité.
« Un perfectionniste en tout cas. Il s’est acharné sur le visage de sa victime jusqu’à obtenir la consistance beefsteak haché.
L’arme du crime ?
Si je te dis objet contondant, ça te suffira ? C’est tout ce que j’ai à t’offrir pour l’instant. Genre barre de fer. Contusions au quatrième degré, melting-pot de fractures et de broiements. À mon avis, le coupable n’adorait pas sa victime !
— Tu peux me donner un indice pour le mobile ? — En tout cas pas le vol ! Le mort a encore sur lui un portefeuille rempli de grosses coupures. — Je savais en rentrant que j’allais perdre mon temps. Je le sentais ! Bon, j’attends que tes collègues de la Scientifique soient là et je rentre au bercail. En espérant qu’ils trouveront des traces de pas ou n’importe quoi d’interprétable.
— Te fais pas d’illusions. Tu as vu les plaques à l’entrée ? »
Oui bien sûr, il les avait vues sans leur prêter d’attention.
« Tout le deuxième étage est occupé par des médecins, des spécialistes qui doivent faire de gros dépassement d’honoraires. Un cabinet de groupe. Ce qui veut dire que ça défile du matin ou soir. Et vu le standing du quartier, les clients ne doivent pas se fatiguer à s’essuyer les semelles sur le tapis de l’entrée. Tu peux t’amuser à rechercher du côté de ces toubibs. Tu n’en tireras rien. Remarque, il faut bien donner l’impression de faire quelque chose. »
Dés son retour, Moretti, passant devant le bureau du commissaire, avait été salué d’une interpellation.
« Alors c’est bouclé ? De toute façon avec les crimes de rôdeurs on ne trouve jamais les coupables. Pas besoin de se fatiguer ! »
Moretti n’avait pas relevé. Haussant discrètement les épaules, il s’était dirigé vers le coin crasseux qui lui servait de bureau pour rédiger son rapport.
Dans l’après-midi, il était retourné sur la scène du crime. Tout avait été nettoyé. Les traces d’un cadavre baignant dans son sang auraient créé un malaise non seulement dans l’immeuble mais dans tout le quartier. Mais la vie avait repris, calme et monotone. Comme l’avait suggéré le légiste, c’est un ballet perpétuel qui entrait et sortait, empruntait l’ascenseur vieillot ou montait à pieds jusqu’au deuxième étage.
Moretti n’avait pas eu de difficulté à répertorier les utilisateurs du bâtiment. Utilisateurs, car la victime en était le seul habitant. Il occupait la totalité du premier étage qui lui servait à la fois d’appartement et de bureau. D’après la plaque apposée à l’extérieur, il s’occupait d’import-export.
Il disposait par ailleurs d’un petit local au troisième et dernier étage, une chambre mansardée. Pendant quelques années, cette pièce avait été occupée par la fille de la victime. Elle avait depuis quitté le domicile parental pour un poste dans l’Est de la France. D’après certaines rumeurs, elle était en froid avec son père et ne lui rendait jamais visite. Depuis, la chambre du troisième servait de débarras.
Au même étage, une autre pièce avait été aménagée pour le cabinet de groupe. Elle disposait d’un minimum d’équipement permettant aux médecins de déjeuner sur place.
L’immeuble était calme, et vivait à un rythme régulier. Tous les matins, la secrétaire médicale déclenchait, à son arrivée, le déblocage de la porte d’entrée. Elle effectuait la tâche inverse le soir avant son départ. À l’heure où la victime avait été assassinée, le bâtiment était donc inaccessible. Rien ne laissait supposer que le tueur, ou la tueuse, avait forcé l’entrée. Le plus probable était qu’il, ou elle, avait pénétré alors que la porte était encore ouverte, et s’était caché en attendant de perpétrer son forfait. Ce qui excluait d’emblée l’absence de préméditation.
I
Médéa était debout, près du lit qui constituait le meuble principal de la pièce unique où elle vivait seule depuis son déménagement. Elle sentait le froid la gagner, après avoir laissé choir sans s’en rendre compte la couette qui l’enveloppait, surprise par la sonnerie du téléphone.
« Allô ? Dea ! »
Sa bonne éducation l’avait empêchée de répondre : « Quel est le con qui m’appelle à cette heure-ci ». De façon réflexe elle avait murmuré :
« Qui est à l’appareil ? »
Ce qui était parfaitement stupide. Elle avait reconnu la voix de Jason Deleole, dont on disait à l’époque, dans certains milieux bien informés, qu’il était promis à occuper de hautes – voir de très hautes – fonctions. Impossible de confondre. La tonalité de la voix, sa clarté travaillée, participait à son image de marque.
Et puis qui d’autre aurait employé ce diminutif ? Sans attendre de réponse, elle enchaîna après un bâillement à se décrocher la mâchoire.
« Jason ! C’est toi ? »
« Tu n’écoutes pas les informations ? La radio ? »
Médéa qui n’échappait qu’avec difficulté au sommeil jeta un coup d’œil à la pendulette incrustée dans la tête du lit. Sept heures et quelques minutes. Quelle idée d’écouter la radio à une heure aussi matinale. Et surtout quelle idée de la réveiller par une question aussi stupide après plusieurs années de silence.
« Ton père, il est mort, il s’est… — Suicidé ? — Non, non, ne t’inquiètes pas. »
La réaction de Jason Deleole pouvait paraître curieuse, voire déplacée. L’association de la nouvelle de la mort du géniteur de Médéa et l’invitation rassurante à ne pas s’inquiéter aurait choqué tout témoin extérieur. À condition qu’il ignore les compétences juridiques de celui qui avait prononcé ses paroles. Ce n’est pas pour rien qu’il aimait se faire appeler « Maître Deleole ».
Tout en ayant la délicatesse de ne pas faire allusion à un futur héritage, il voulait couper court à toute inquiétude face aux difficultés pouvant survenir durant la succession d’une personne suicidée.
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MichelHeme

Difficile d'arrêter la lecture en cours de route lorsque l'on se lance dans ce roman, tant on est tenu par le suspense et l'atmosphère. Le dosage savant des ingrédients fait qu'il peut passionner des amateurs de différents genres littéraires : romans policiers ou "polars", romans noirs ou récits nous plongeant dans une période historique,... À lire sans modération.

jeudi 7 juillet 2016 - 16:27

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