Le Scribe du numérique

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Ce roman réaliste nous fait prendre conscience de la fragilité du quotidien. Nicolas Sambroggi est un comptable marseillais au caractère insoumis. Il se trouve plongé, malgré lui, au coeur d'une machination politico-financière dont l'origine se situe en Turquie. Accusé de vol par son employeur, il doit prouver son innocence avant d'être arrêté par la police. Aidé par un journaliste, il nous entraîne dans sa quête de vérité, des ruelles de Marseille aux quais d'Istanbul. Dans la partie d'échec qui les oppose à un homme politique influent, une course contre la montre s'engage. Son voyage ne sera pas simplement touristique, il y côtoiera également le danger et l'amitié, mais son périple, quelle qu'en soit l'issue, changera en partie son caractère.
Publié le : jeudi 27 février 2014
Lecture(s) : 10
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342019988
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342019988
Nombre de pages : 168
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Jean-Marc Dagregorio LE SCRIBE DU NUMÉRIQUE
Mon Petit Éditeur
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Introduction La route serpentait au milieu des collines, chauffée par un soleil d’automne qui éclairait d’une lumière douce les paysages alentours. Leurs contours dentelés d’une pureté extrême, se détachaient dans un ciel vierge de nuage. La blancheur de la pierre calcaire illuminait le paysage comme un tableau de Cézanne accroché sur un mur blanc. Les couleurs de la végétation mêlaient le vert cuivré des pins, au jaune soutenu des genets tandis que le pastel violet du lilas d’Espagne se fondait avec celui plus prononcé des chardons. Nicolas au volant de sa Renault 5 gris métallisé, aux pièces de rechange introuvables, écoutait dans son poste de radio le dernier tube en boucle sur les stations à vocation jeune. Chaque matin pour se rendre au travail, il empruntait le même trajet. La terrible gomme de l’habitude effaçant la beauté du pay-sage, il n’y prêtait presque plus attention. Il traversa le village du Rove, ralentissant au radar de feu rouge qui lui avait déjà coûté une amende ainsi qu’un point sur son permis de conduire. L’asphalte déroulait son tapis sombre dans l’encaissement qui suivait, où l’ombre et la lumière jouaient à cache-cache.
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Jadis, le tracé contournait la colline pour mener son chemin de concert avec le chemin de fer sur le pourtour de la rade. La technologie et le modernisme l’avaient relégué en voie de ga-rage, sauf pour les quelques riverains ou les inconditionnels de nature adeptes de flânerie. Un tunnel percé dans la roche éclairait maintenant d’une lu-mière blafarde deux voies de sens inverses. Datant de 1926, cet aménagement avait redonné un sem-blant de vigueur à l’itinéraire en permettant aux poids lourds de l’emprunter avec plus de facilité. Les tonnes de rochers arrachées à la colline avaient néan-moins emporté avec elles une partie du charme de l’endroit. À cette heure de la journée, il était 8 h 30 du matin, la circu-lation était continue tout en restant fluide. Le passage du tunnel s’effectua sans problème et ce n’est qu’en attaquant la descente menant au port de plaisance que le premier bouchon apparut. Après le passage du viaduc ferroviaire, l’horizon prend brus-quement une autre dimension et explose en un panorama élargi. L’habitude oubliant sa panoplie d’écolier, Nicolas admira un instant la vision qui se balançait de manière nonchalante au gré du mouvement incessant d’une eau peinte avec une palette du bleu azur au bleu abyssal sous un maillage de dentelle blanche. Un seul regard enveloppe l’immensité et la majesté de cette découpe de littoral connue sous le nom de rade de Marseille. Du port de l’Estaque aux calanques des Goudes, l’œil se promène, sur la jetée abritant les paquebots de croisière aux dimensions impressionnantes, sur les cargos chargés de conte-neurs aux couleurs bariolées, sur les ferries aux destinations variées, sur la tour en verre de l’architecte Zaha Hadid avec ses 33 étages qui essaie de rivaliser, sans y parvenir, avec la basilique
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de Notre dame de la garde qui trône sur la cité phocéenne de-puis le XIIe siècle. Familièrement appelée «la bonne mère», avec ses 225 mètres au faîte de la vierge dorée qui la coiffe, elle se voit de tous les quartiers de la cité et sert de point de repère pour l’orientation intra-muros. Enfin dans le lointain se découpent les calanques au relief déchiré et les îles aux noms évocateurs où les récits se partagent la vedette entre légende et réalité… Un Klaxon un peu appuyé sortit Nicolas de ses pensées, la voiture le précédant se trouvait loin devant. Le coup d’accélérateur fit vrombir son vieux moteur et il démarra sur les chapeaux de roue après avoir fait un geste sans équivoque à destination du conducteur impatient. Il allait être en retard à son travail mais cela ne le gênait guère. Depuis son plus jeune âge, son côté nonchalant l’emportait sur son ego. D’origine italienne, Nicolas Sambroggi n’avait conservé, ni le côté charmeur des amateurs de bel canto, ni le côté Fashion de la mode milanaise, ni un goût immodéré pour les pâtes, mais un sang chaud et une susceptibilité exacerbée qui contrastaient avec son caractère indolent. Le travail ne lui faisait pas peur à condition de le faire à son rythme et à sa manière, ce qui avait posé quelques problèmes auprès de ses anciens employeurs. Des cheveux noir de jais encadraient par le haut un visage où la géométrie des arêtes prévalait sur l’arrondi, une barbe fine mal entretenue complétait par le bas le reste du tableau.
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Sa carte d’identité indiquait des yeux marron mais leur air malicieux changeait de couleur en fonction de l’humeur de leur propriétaire. La silhouette svelte et sportive ne dépassait pas les 1,70 m et son look décontracté le faisait assimiler à un étudiant de faculté. Âgé de 28 ans, il avait à son actif une multitude de petits boulots, de vendeur de journaux à livreur de pizza en passant par magasinier ou caissier. Poussé par des parents qui voyaient d’un mauvais œil le côté bohème de leur unique fils, il avait intégré une IUT pour en ressortir titulaire d’un BTS de comptabilité gestion. Après l’obtention de son diplôme, il avait voulu vivre à son gré et gagner rapidement la liberté sous un toit indépendant de ses géniteurs. Sans tenir compte des capacités acquises, il avait accepté le moindre salaire pour y parvenir. La conséquence avait été une succession d’emplois précaires lui permettant juste de subsister. Par un concours de circonstances et un certain piston, il avait réussi à se faire embaucher dans un cabinet comptable, le cabinet EXPERTIM pour un contrat à durée indéterminé, avec une période d’essai de deux mois renouvelable. Très connue sur la place de Marseille, l’entreprise gère la comptabilité de grosses sociétés et les cinq associés, compa-rables aux têtes de l’hydre, ne forment qu’un seul corps dirigeant connu sous le nom de directoire. Émilie Sauvergnat, sa supérieure directe et son aînée, travail-lait dans la boîte depuis plus de douze ans. La quarantaine passée, elle avait gravi les échelons au fil du temps pour devenir responsable de dossiers importants, épaulée dans leur gestion par une équipe de jeunes comptables sous ses ordres. Nicolas en faisait parti et depuis trois mois il subissait ses brimades.
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