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Le Secret de Maribel

De
201 pages
Maribel a tout pour séduire les hommes mais elle ne répond guère à leurs avances. José en tombe éperdument amoureux mais ne parvient pas à percer le mystère de cette femme qui est un assemblage de paradoxes. Quel est donc son secret ? On découvre un matin dans le parc des buttes Chaumont, le cadavre d’une jeune femme et deux mois plus tard, au parc Monceau cette fois le corps d’une autre jeune femme. Il existe de frappantes analogies entre les deux découvertes mais peu d’indices. Le commissaire Chapelain est chargé de l’enquête.Y a-t-il un rapport entre le secret de Maribel et celui des jeunes mortes ?
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Le Secret de Maribel
Maurice Mabilon
Le secret de Maribel
Polar
Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2009 ISBN : 978-2-304-03128-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304031287 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03129-4 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304031294 (livre numérique)
Maurice Mabilon
CHAPITRE PREMIER P.J.
On était un lundi, dernier jour de septembre. Pour le commissaire inspecteur Chapelain de la police judiciaire, les quelques semaines de vacances qui venaient de s’achever avaient passé trop rapidement. Sous le ciel gris de la capitale, les passants se pressaient, mouillés de pluie, une pluie fine mais si tenace qu’elle semblait vouloir durer une éternité. Les lampadaires encore allumés projetaient des halos sur les trottoirs parsemés des premières feuilles mortes. En se hâtant vers son bureau du quai des Orfèvres, Chapelain, songeait au bonheur de ces optimistes méridionaux de la Riviera qui jouissent d’une existence paisible sous un climat débonnaire. L’avant-veille encore, sur les hauteurs de Menton, il faisait un temps superbe qui contrastait singulièrement avec la grisaille du nord de la Loire. Les autochtones, en bras de chemise, s’y livraient à des parties de pétanque interminables, leur habituelle occupation du samedi.
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Reprendre la routine du bureau le consolait de ce temps humide et frais du début d’automne et puis, après ce mois d’absence il était heureux de retrouver ses quatre inspecteurs qu’il appelait ses mousquetaires. Chapelain ouvrit la porte de son bureau et éprouva aussitôt un sentiment de bien-être. Le chauffage central ne serait pas remis en route avant une quinzaine mais, attentif à son retour et plein de prévenance, quelqu’un avait allumé la vieille salamandre à charbon d’autrefois. Elle ne manquait jamais d’enfumer le bureau à l’allumage, le temps de chasser l’air froid de la cheminée, ce qui était désagréable mais on l’avait conservée car elle rendait encore quelques services en début ou en fin de saison. Le seau à charbon était rempli pour la journée. Oui, ce serait de nouveau la routine, l’arrivée et l’enregistrement du courrier, son classement après un tri rigoureux et l’élimination au moins partielle de ces torchons anonymes où s’exhalaient la vindicte et la calomnie et puis le rapport des mousquetaires scandé par les salves d’éternuements du pauvre Pozzi qui collectionnait tous les virus lors de ses planques nocturnes. Au bureau on l’avait surnommé Atchoum. En retrouvant son espace de travail si familier, Chapelain aurait juré qu’il n’avait
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quitté ni le quai des Orfèvres ni même Paris et qu’il n’était jamais allé à Menton. Sur son bureau, il n’y avait qu’un dossier. Il l’ouvrit et y trouva un rapport signé précisément du « pauvre Pozzi » Il le parcourut. La veille, dimanche au matin, vers huit heures, on avait découvert aux buttes Chaumont le corps d’une jeune femme au pied d’un banc public. Le médecin qui avait établi le certificat de décès jugeait que la mort remontait à une dizaine d’heures ce qui la situait la veille, un samedi, aux environs de vingt-deux heures. Chapelain songea qu’à cette heure-là il s’embarquait dans le train qui allait le ramener à Paris. Le corps ne portait aucune trace de violence ; le visage ne reflétait nulle souffrance ; il ne s’y lisait aucune marque de peur. A terre près du cadavre on avait trouvé un parapluie, un sac de femme qui contenait quelques accessoires de maquillage, des mouchoirs de papier, un trousseau de clés d’appartement, un portefeuille contenant plusieurs billets de banque dont la somme totale n’était nullement négligeable. En revanche on n’y avait rien découvert qui puisse révéler l’identité de la personne. Des photos du cadavre montraient une jeune femme de type méditerranéen, âgée de vingt-cinq ans environ, très belle, fort brune, élégamment vêtue. Les vêtements n’étaient pas dérangés. Elle ne portait pas d’alliance. Le
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grand patron du Quai, surnommé « le pacha », avait visé le dossier et sur sa chemise avait écrit « Chapelain » L’enquête lui était donc confiée. Il était sept heures et demie. Ses inspecteurs prenaient leur service à huit heures. Dans une demi-heure il en saurait davantage. Il avisa soudain un journal sur la petite table de débarras. C’était sans doute Furet, de service la nuit précédente, qui l’avait déposé avant d’aller se coucher. Chapelain le parcourut, manchette après manchette. Il y trouva un bref article relatif à la découverte des buttes Chaumont avec des photos. A la fin de l’article, il lut : « Toute personne qui reconnaîtrait cette jeune femme est priée de prendre contact au quai des Orfèvres avec le commissaire Chapelain chargé de l’enquête. » Atchoum se présenta comme sonnait le dernier coup de huit heures. Alors, patron, ces vacances ? N’en parlons plus. C’est déjà loin. Et je vois que je n’aurai pas attendu longtemps pour me remettre dans le bain. Vous avez lu mon rapport ? Oui, Pozzi, je l’ai lu. Comme à l’accoutumée c’est un rapport sobre, complet, net et précis, comme je les aime. » Atchoum éternua. Alors Pozzi ? Toujours le rhume ?
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