Le sommeil sur les cendres

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Une jeune Libanaise, chassée de son pays par la guerre de juillet 2006, se retrouve au Rat, prčs de Siom, dans le haut Limousin, avec son neveu et sa ničce, également exilés. Les étranges événements qui se dérouleront au Rat relčvent-ils de la peur, de la frustration sexuelle, ou de la folie? Ne faut-il pas plutôt croire que nous sommes tous, un jour ou l'autre, confrontés ŕ de vrais fantômes?
Publié le : mercredi 6 janvier 2010
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EAN13 : 9782072376757
Nombre de pages : 159
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D U M Ê M E A U T E U R
Aux Éditions Gallimard
L A V OI X D’ AL T O, 2001 (« Folio »,n° 3905). L E R E NAR D DANS L E NOM, 2003 (« Folio »,n° 4114). MA V I E P AR MI L E S OMB R E S , 2003 (« Folio »,n° 4225). MUS I QUE S E CR È T E , 2004 (« L’Un et l’Autre ») HAR CÈ L E ME NT L I T T É R AI R E , entretiens avec Delphine Des caves et Thierry Cecille, 2005. L E GOÛT DE S F E MME S L AI DE S , 2005 (« Folio »,n° 4475). DÉ V OR AT I ONS , 2006 (« Folio »,n° 4700). L ’ AR T DU B R E F , 2006 (« Le Cabinet des Lettrés »). DÉ S E NCHANT E ME NT DE L A L I T T É R AT UR E ,2007. P E T I T É L OGE D’ UN S OL I T AI R E , 2007 (« Folio »,n° 4485). P L ACE DE S P E NS É E S , sur Maurice Blanchot, 2007. L ’ OP P R OB R E , 2008. L A CONF E S S I ON NÉ GAT I V E , 2009. B R UME S DE CI MMÉ R I E , 2010.
Aux Éditions Champ Vallon
L E S E NT I ME NT DE L A L ANGUE I & I I , 1986 – 1990. B E Y R OUT H, 1987.
Aux Éditions Dar AnNahar, Beyrouth
L ’ ACCE NT I MP UR , 2001.
Suite des œuvres de Richard Millet en fin du volume
L E S O M M E I L S U R L E S C E N D R E S
RICHARD MILLET
LE S O M M EI L S U R LE S C EN D R E S
r o m a n
G A L L I M A R D
© Éditions Gallimard, 2010.
On ne cherchait pas à approuver ou à nier son existence selon les notions évi demment simplistes que nous avons de la mort. P I E R R E J E A N J O U V E
Certainement subsiste une présence de minuit. M A L L A R M É
Je rougissais, je frissonnais, j’ouvrais et je refer mais la bouche, l’horizon rougeoyait et me donnait sans doute des couleurs, et pourtant il m’a dit que je n’avais pas l’air tout à fait vivante, penché vers moi sur le quai liedevin avec l’évident dessein de m’attirer contre lui pour m’embrasser ou vérifier si j’étais faite comme tout le monde ; et il s’était emparé non pas des valises mais de ma main, assez vivement pour que, m’ayant jugée mauvaise ou indigne, il ait voulu me jeter dans la fournaise du crépuscule qui menaçait d’embraser les sapins, sur les collines bordant les Buiges, à l’ouest. Les enfants souriaient, eux : ils avaient pris le train pour la pre mière fois de leur vie et ils humaient l’air du soir comme ils le faisaient dès qu’ils arrivaient dans notre maison de famille, à Jezzine, au bord de la falaise, dans cette montagne du Sud où nous pas sions les grandes vacances, et que nous avions dû
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fuir du jour au lendemain, cet étélà. « Vous êtes bien pâle pour une Libanaise… », atil ajouté avant de hocher la tête, se rappelant probablement que la guerre continuait, cet étélà, celui de mes trente ans : un bel été, au Liban comme dans ce haut Limousin où je venais de conduire les enfants sans avoir rien vu d’autre que la nuit, même en plein jour, depuis que nous avions quitté Beyrouth dans un bateau qui nous avait amenés à Chypre, où nous avions pris l’avion pour la France, patien tant, voyageant, somnolant pendant des heures qui avaient fini par devenir des jours et qui ne se dis tinguaient pas de ma nuit intérieure, comme disait le père Chidiac, si bien que je n’avais presque rien vu de cette France que je mourais d’envie de visiter et que ma tante appelait « notre tendre mère », expression que j’ai toujours trouvée dérisoire, puis qu’il ne peut y avoir d’autre mère que celle qui nous a mis au monde, avaisje envie de lui répondre dès qu’il était question de la France et de la langue française dans laquelle nous avions été élevées autant, sinon plus, que dans l’arabe, et qui était, cette langue française, l’autre ciel de notre exis tence, làbas, à Jezzine comme à Badaro, le quar tier de Beyrouth où nous passions la majeure partie de l’année, et que les bombardements israéliens, dès le 12 juillet, avaient rendu intenable, de telle
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