Le Sourire de Sarah

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Carole, jeune femme active et célibataire, achète une splendide propriété dans le Poitou. Elle, que la vie n'a pas vraiment épargnée, va découvrir que cette demeure cache un bien sombre mystère. Sa propriété est, en fait, bien plus proche de ses racines qu'elle ne le soupçonnait...

Doté d’une imagination débordante, l’auteur mêle amour et fantastique et offre ainsi au lecteur un roman empreint de suspense et de sensualité.


Publié le : lundi 9 juin 2014
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332737861
Nombre de pages : 112
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-73784-7

 

© Edilivre, 2014

Prélude

Lorsqu’elle arrive dans ce petit village du fin fond du Poitou, dans un de ces hameaux où le temps semble s’être arrêté, Sarah a vingt ans, nous sommes en mille neuf cent soixante-huit, elle est belle et d’une blondeur telle que l’on dirait un ange. Ses formes sculptées comme une déesse font de cette jeune femme une amante très attirante, un fantasme délirant et, d’ailleurs, à en juger par les regards des hommes, le brillant qui reluit dans leurs yeux ne laisse pas l’ombre d’un doute : ils la dévorent littéralement. À la campagne, le vent souffle fort, et une femme comme celle-ci a vite fait de se faire une bonne réputation ; à cette époque, je crois que les grands mots étaient « pute » ou bien « salope », ce qui, en ce temps-là, voulait clairement dire que ce genre de fille ne cherchait qu’à coucher avec des hommes. Pourtant Sarah, elle, est loin de tout cela car, dans ce village il y a Romain, son amour, son dieu sur Terre. Fils du médecin du village, Romain a vingt-quatre ans, il suit d’ailleurs des études de médecine et compte bien reprendre un jour le cabinet de son père. Les rumeurs vont bon train, la jalousie s’installe, les femmes de ce village sont plutôt rondouillardes, fortes physiquement et travailleuses comme les hommes, elles n’ont pas le temps de se faire belles, ni d’ailleurs d’y penser. L’arrivée de cette jeune femme alimente les conversations au bar du village, les hommes un peu rudes rêveraient bien de lui faire son affaire. Les femmes, elles, l’affligent de tous les maux de la Terre.

« C’est t’y pas possible de s’habiller de même ! Voyez-vous ça ! C’est qu’un peu elle nous ferait voir son cul ! »

L’ambiance n’est pas très bonne, mais Sarah, elle, elle s’en moque ! Ça finira par passer tout ça, c’est beaucoup de bruit pour rien. Un an déjà que Sarah est arrivée et rien n’a vraiment changé, au contraire, ça s’est même plutôt aggravé. Romain, lui, n’y trouve rien à redire, car la fierté d’alimenter les discussions au sujet de Sarah le comble de joie. Il a quand même la plus belle femme de ce petit village.

Durant cette période, après soixante-huit, une vraie révolution sexuelle a déferlé sur la France. Au fond du Poitou aussi ! Mais ce département n’est pas plus épargné que le reste du pays. Le jour du marché est un moment de joie, le jour de la semaine où l’on se fait bourgeois, tout le monde est là ! Il y a même le maire.

Du côté de Neuville-de-Poitou, ce jour-là, la fête bat son plein, Christian Le Favre, maire de ce hameau, rencontre pour la première fois Sarah. Tout de suite sous le charme, il en tombe amoureux. Pris d’amour pour cette femme, il ne pense qu’à elle. Le 14 juillet 1969, Romain meurt dans un accident de voiture sur la route menant à son village. Sarah, elle, est enceinte, seule, détestée de tous. Elle entre à l’hôpital L’Hôtel-Dieu, elle accouche dans la douleur et décide d’accoucher sous X.

Trois ans plus tard, elle épouse le maire du village et devient Madame Le Favre. Elle meurt le 28 avril 1972, elle est retrouvée morte, pendue dans sa grange, un geste de folie, un suicide par amour, elle n’a jamais pu oublier Romain. Les rumeurs vont bon train et alimentent toutes sortes d’étranges ragots. La vie, comme souvent, est terriblement cruelle ; lorsqu’au détour des chemins de la destinée, elle s’acharne à remuer le passé, la vie devient alors destin et la fiction prend l’avantage sur la réalité.

Cette histoire n’est tirée que de l’imaginaire, mais parfois l’imagination des hommes est très débordante, alors chacun se fait interprète et critique, juste le temps d'une histoire ! Toute relation avec des personnages existants ne serait que simple hasard, cette fiction ne repose pas sur la réalité. Mais les villages et les lieux existent vraiment, alors dites-vous que cela aurait pu se produire.

 

 

Là, dans ce village de campagne, Carole Garcia vient d’acheter une superbe propriété, un corps de ferme comprenant des dépendances, un bâtiment principal d’habitation, deux immenses granges encore en superbe état ; l’agent immobilier s’occupant de la vente est sur le pas de la porte. Carole descend de sa voiture, elle se sent tout de suite comme chez elle, l’atmosphère est telle qu’elle a l’impression que la maison l’accueille en reine. Tout de suite le charme opère, la luminosité, la chaleur, le ciel bleu de cet été font de cette ferme un endroit vraiment plus que charmant. L’agent immobilier, lui, ne perd pas de vue son affaire et sent bien que Carole est sous le charme, lui précédant le pas pour entamer la visite. Carole s’attarde sur l’éclat et la beauté de cette vieille ferme. La visite se déroule assez vite et Carole prend rapidement sa décision, elle achète ! Le rendez-vous est donné pour l’après-midi même car le vendeur est un homme important et pressé, c’est le préfet. Entre deux rendez-vous, il a réussi à caser une place pour la vente de sa propriété, d’ailleurs c’est un homme veuf, d’une soixantaine d’années, qui n’habite plus à la campagne. Carole prend donc la décision d’aller au village pour y visiter les recoins. Dans le village se mélangent tous les styles : pavillons modernes et vieilles bâtisses, une boulangerie et une épicerie, un café faisant aussi office de débit de gaz. Un petit bureau de poste, l’église du village qui, manifestement, n’accueille plus grand monde, enfin un terrain de football à la sortie du village qui, à bien y regarder, a plutôt l’air d’un champ de pommes de terre.

Prenant la décision de s’arrêter au café, lorsqu’elle ouvre la porte, les hommes qui, dedans, se retournent, s’arrêtent soudain tous de parler. Ce silence un peu lourd se rompt lorsque Carole lance un « bonjour » qui n’est même pas retourné par politesse : c’est que les étrangers, à la campagne, ne sont pas bienvenus de suite. Elle commande un café et un sandwich et se sent mal à l’aise d’être observée comme cela, mais en même temps, elle ne peut pas en vouloir à ces gens. Elle contemple maintenant l’assistance, il y a là une dizaine de rudes gaillards habillés comme au siècle dernier, avec des pantalons lourds et sombres, des chemises accompagnées de pulls sans manches et, enfin, une casquette tellement recouverte de poussière qu’on se demande même s’il y a là quelque endroit pour y laver le linge. La figure commune de tous ces hommes comporte des similitudes pouvant être qualifiées d’étranges, la rougeur vive et la rondeur des joues montrent à l’évidence que l’eau, dans ce coin du pays, ne sert pas à couper le vin. Mais Carole, elle, s’en moque, c’est ce qui fait partie du charme de la vie rurale, cela impose de la rudesse et du courage, il faut aussi des moments de plaisir ! Après avoir payé ses consommations, Carole prend le chemin de sa future propriété, où son agent immobilier l’attend encore. Il doit être deux heures de l’après-midi lorsqu’elle passe le portail de la ferme. Une immense voiture sombre, garée devant la porte d’entrée, donne soudain un caractère officiel à cette transaction. L’homme est grand et ténébreux, d’une corpulence très prononcée, il impose un certain respect. Monsieur le préfet, puisqu’il s’agit de lui, a mis en vente sa propriété depuis quelques mois, le déroulement de la transaction est court et plutôt expéditif, car cet homme-là n’a pas beaucoup de temps à consacrer à ce type de transaction, mais il tient quand même à juger par lui-même de la physionomie de cette future propriétaire. L’affaire étant entendue, l’agent immobilier, lui, se charge de la vente.

« C’est un homme assez rustre ! » s’écrie Carole.

L’agent, lui, se contente d’éclairer la curiosité de Carole en lui racontant le profil de Monsieur le préfet Le Favre.

« Vous savez, cet homme-là est parti de rien, aujourd’hui il occupe une fonction importante, et il n’est pas le genre d’homme à se laisser mener par le bout du nez.

– Oui, peut-être bien, mais il a l’air d’une brute, répliqua Carole, toutefois sa ferme est vraiment superbe. Bien qu’il y ait beaucoup de travaux à effectuer, elle est merveilleuse, on peut y faire beaucoup de choses, je me sens déjà chez moi, c’est vraiment étrange, non ! Vous ne sentez pas ?

L’agent, lui, ne contredira pas la marche de son affaire ; en bon commercial qui se respecte, les arguments des clients sont toujours plus faciles à exploiter, alors :

– Évidemment que je sens ! Nous sommes à la campagne, chère Madame, mais je vois bien que cette maison est faite pour vous ! »

En effet, cette demeure, Carole la ressent, elle semble même la fasciner. De plus, une propriété pareille, ça ne se laisse pas passer, l’affaire se conclut donc et les formalités d’usage sont terminées lorsque l’agent remet officiellement les clés de la maison à Carole. L’agent immobilier s’incline derrière les politesses coutumières, empochant au passage une confortable commission, car ce ne fut pas facile de vendre ce bien après la mort tragique de Madame Le Favre. Enfin chose faite, Carole se retrouve maintenant seule dans cette immense propriété, la visite de son bien attendra demain, car elle meurt d’envie d’aller ouvrir les fenêtres de cette maison qui sent fortement le renfermé.

La journée se termina lorsque Carole eut fini son ménage, de fond en comble, pendant plus de quatre heures au rez-de-chaussée. Évidemment l’étage lui restait encore à faire, mais ça, elle le ferait demain. Se préparant un petit plat mijoté, Carole décida de dîner à l'extérieur, sous le soleil couchant, abrutie de fierté et de sueur. Le bruit des animaux et autres insectes volants ne la dérangeait pas, elle était là, rêveuse, songeant au bonheur de vivre ici, à l’excitation d’une nouvelle vie qui commençait enfin à prendre un sens beaucoup plus enchanteur. Le sommeil gagnant Carole, elle se dirigea vers l’immense salle de bains pour s’étendre dans l’eau chaude et se remettre enfin des courbatures infernales de son ménage ; une bâtisse pareille ne s’entretient pas avec des mots.

La nuit se passa plutôt bien pour Carole, le sentiment d’être propriétaire de cette demeure avait accentué sa fatigue et les responsabilités d’entretien avaient achevé le reste de ses forces. Enfin, le matin du premier jour chez elle, le soleil frappa fort à la porte, une brise délicieuse et parfumée délivra son message campagnard : l’odeur des fleurs, des verdures, des bois, ce mélange aussi avec celui des épandages de fumiers et autres lisières, qui chatouillent généreusement les narines et font soudain place à la vraie vie à la campagne. Ce sont aussi les premières lueurs, les oiseaux chantant partout aux alentours, les forêts s’illuminant de couleurs chatoyantes et de délicieuses invitations à la découverte, un cadre simple mais idyllique pour qui sait l’apprécier. Carole est ici chez elle, et peu lui importe ce qu’en pensent les autres, elle est heureuse, elle se sent bien.

Le petit-déjeuner est vite expédié, car encore des travaux de ménage et de rangement restent à faire, c’est qu’il faut mettre de l’ordre dans tout ce bazar, car visiblement il y a bien longtemps que personne n’a fait le ménage ici. Son côté aventurier la pousse à la visite, un étage de six petites pièces, dont trois chambres, une salle de bains et un cagibi, l’autre pièce ressemble à un bureau. Sa visite la mène au grenier, immense et poussiéreux, qui, à n’en pas douter, ferait de bien jolies pièces. Les vieux objets entreposés dans cet endroit semblent d’un autre temps, il y a là de tout, des cuivres brunis par le temps, des tonnelets à vin, des vieux outils, des meubles dont la beauté est pratiquement imperceptible à cause de l’épaisse couche de poussière qui recouvre tous ces trésors, des malles et des vieux vêtements, quelques objets de guerre, des photos enduites de dépôts, et visiblement des rats et des souris.

Après cette petite expédition dans les combles de sa nouvelle demeure, Carole entreprend la visite de ce qui semble être un cellier, dont une porte majestueuse et cossue donne sur une magnifique cave, qui doit se trouver à quelque quatre mètres sous terre, en dessous de l’habitation principale. Une petite ampoule donne à ce lieu un inquiétant silence et une allure de salle de torture, que l’on peut voir dans certains films de guerre.

La visite enchante Carole qui, soudain, devine le trésor qu’elle vient d’acquérir. On peut en faire des choses, dans cette immense bâtisse. Pas de découverte majeure, à part quelques vieilles bouteilles de vin, sans doute de pays. Carole décide tout de même de vérifier ce breuvage, car la bouteille affiche une étiquette un peu ternie par le temps et l'humidité, mais une date qui se distingue donne une indication d’âge et les vieux vins ont une saveur sucrée qui ne laisse pas indifférent. De retour à la cuisine, la bouteille déposée sur la table, Carole se met en tête de visiter les anciennes dépendances et une grange en pierre ancienne qui donne une allure vertigineuse à cette ferme. Une cour, d’un gabarit plus que raisonnable à traverser, des ateliers en pierre aussi, et l’immense porte de cette grange. La main ferme sur la poignée, Carole a l’impression que quelqu’un la surveille, puis elle réussit à ouvrir cette lourde porte, gigantesque ! Une pièce de dimensions vraiment énormes, un grenier à foin au-dessus et des poutres en chêne massif brut, taillées dans des proportions telles, que Carole se demande soudain comment on faisait pour hisser ces monstres à une hauteur pareille. Des traces visibles d’entreposage de grains et de paille, une ancienne étable en pierre avec ses mangeoires et ses échelles à foin. Soudain, au milieu de cette grange, une corde qui bouge de droite à gauche attire l’attention de Carole. Une corde solide pour grimper, pense-t-elle, et lorsque sa main touche cette corde, un cri sort de la bouche de Carole, elle vient soudain de voir un rat, manifestement bien nourri, un vrai rat de campagne ; son cœur bat tellement fort qu’elle a le réflexe peureux de sortir de suite de cet endroit avec, une fois dehors, la ferme intention de liquider ces dangereux et répugnants rongeurs. La petite montée d’adrénaline passée, Carole visite le jardin, qui est en friche, et les terres aux alentours qui dessinent une propriété de maître, enfin de nouveaux bourgeois. Mais là, elle a...

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