Le Théorème du perroquet

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Quant à moi, certaines personnes, de vieilles connaissances, avec qui j'étais en affaire, ont appris mes découvertes concernant les conjectures mathématiques. Ces gens ne sont pas, c'est le moins que l'on puisse dire, particulièrement pacifiques. Ni patients. Ils m'ont offert des sommes considérables pour que je leur cède mes démonstrations. J'ai refusé. Ils vont revenir, à la nuit tombée.


Tu peux me croire, Pierre, ils n'auront pas mes démonstrations ! Je vais les brûler sitôt que j'aurai terminé cette lettre. S'il devait m'arriver malheur et pour ne pas qu'elles soient perdues à jamais, m'inspirant des akousmata pythagoriciennes, je les ai confiées oralement à un fidèle compagnon qui saura s'en souvenir.


Publié le : lundi 25 novembre 2013
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EAN13 : 9782021068122
Nombre de pages : 528
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L E T H É O R È M E D U P E R R O Q U E T
A Montmartre, Pierre Ruche, libraire à la retraite et paraly tique, reçoit une mystérieuse lettre d’Amazonie, écrite peu avant sa mort par son ami Elgar Grosrouvre. Ce dernier lui lègue une fabuleuse bibliothèque consacrée aux mathématiques. Pour comprendre les circonstances étranges du décès d’Elgar, Pierre, avec sa compagne et ses trois enfants, devra se remettre à l’étude des mathématiques... Elgar atil été assassiné par un groupe mafieux voulant s’ap proprier ses recherches ? Il aurait en effet percé un terrible secret et résolu de célèbres conjectures introuvables, comme celle de Goldbach ou celle de Fermat. S’estil suicidé ou bien atil péri dans un accident en voulant détruire par le feu le résultat de ses travaux ? La bibliothèque que lui a léguée Elgar est peutêtre l’endroit où se cachent les réponses aux fameuses énigmes... Cette excursion aux pays des nombres revient sur la nais sance des mathématiques et sur tous les lieux où cette science s’est transformée au fil du temps, de l’Inde à l’Egypte, de Syracuse au Caucase, jusqu’aux séances de l’Académie des Sciences. Denis Guedj mêle l’humour, le suspense et le respect de l’histoire scientifique, et à l’aide d’une intrigue à plusieurs énigmes retrace l’avènement des plus grandes avancées en matière de trigonométrie, d’algèbre, d’arithmétique, de géomé trie et de probabilité.
Denis Guedj est mathématicien et professeur d’histoire et d’épistémologie des sciences à l’Université Paris VIII. Il est auteur de romans,La Méridienne(Robert Laffont, 1997),
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Le Théorème du perroquet(Seuil, 1998),Génis ou le Bambou parapluie(Seuil, 1999) et d’essais,La Révo lution des savants(Gallimard, 1988),L’Empire des nombres(Gallimard, 1996), etLe Mètre du monde (Seuil, 2000).
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D e n i s G u e d j
L E T H É O R È M E D U P E R R O Q U E T
r o m a n
Éditions du Seuil
T E X T E I N T É G R A L
ISBN9782021068139 re (ISBN202030044, 1 publication)
© Éditions du Seuil, septembre 1998
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A Bertrand Marchadier
Merci à Brigitte, Jacques Binsztok, Jean Brette, Christian Houzel, JeanMarc LévyLeblond, Isabelle Stengers.
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CH A P I T R E1 Nofutur
Comme tous les samedis, Max avait fait sa virée aux Puces de Clignancourt ; il s’y était rendu à pied, par le nord de la butte Montmartre. Après avoir farfouillé chez le ven deur où Léa avait échangé les Nike tachés que Perrette lui avait offerts la semaine précédente, il entra dans le grand hangar des surplus coloniaux et se mit à fouiller dans un gros tas d’objets hétéroclites quand, tout au fond du local, il aperçut deux types bien mis très excités. Il pensa qu’ils se battaient. Ce n’était pas son affaire. C’est alors qu’il décou vrit le perroquet ; les deux types tentaient de le capturer. Ça devenait son affaire. Le perroquet se défendait à grands coups de bec. Le plus petit des deux types lui saisit le bout de l’aile. Vif comme l’éclair, le perroquet se retourna et lui mordit le doigt jus qu’au sang. Max vit la bouche du petit type s’ouvrir dans un cri de douleur. L’autre type, le grand, furieux, assena un terrible coup de poing sur la tête du perroquet. Max s’approcha, il crut entendre le perroquet groggy hurler : « A l’assas… A l’assas…» L’un des types sortit une muse lière. Museler un perroquet ! Max fonça.
Au même moment, rue Ravignan, Perrette, retenant sa respiration tellement était forte l’odeur d’huile de vidange, entra dans la chambregarage. Elle écarta les ten tures du lit à baldaquin et tendit une lettre à M. Ruche. Un
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L E T HÉ OR È ME DU P E R ROQUE T
timbre gros comme une patate illuminait l’enveloppe. Un timbre des postes brésiliennes ! Perrette remarqua que la lettre avait été postée plusieurs semaines avant. Le cachet indiquait qu’elle venait de Manaus. M. Ruche ne connais sait personne au Brésil, encore moins à Manaus.
Monsieur Pierre Ruche 1001 feuilles Rue Ravignan e Paris XVIII FRANCE
La lettre lui était bien adressée. Mais le numéro de la rue manquait et l’adresse était drôlement écrite :« 1001 » au lieu de« Mille et Une ».
Manaus, août 1992
CherπR, La façon dont j’écris ton nom t’indiquera qui je suis. Ne t’étouffe pas, c’est moi, Elgar, ton vieil ami, que tu n’as pas revu depuis… un demisiècle, oui, oui, j’ai fait le compte. Nous nous sommes quittés après notre éva sion, t’en souvienstu, c’était en 1941. Tu voulais partir, me disaistu, poursuivre une guerre que tu n’avais pas encore commencée. Moi, je voulais quitter l’Europe, pour clore celle qui à mes yeux n’avait que trop duré. C’est ce que j’ai fait. Après notre séparation, je me suis embarqué pour l’Amazonie, où je vis depuis. J’habite près de la ville de Manaus. Tu en as sûrement entendu parler, la capitale déchue du caoutchouc. Pourquoi je t’écris après tant d’années ? Pour t’avertir que tu vas recevoir un chargement de livres. Pourquoi toi ? Parce que nous étions les meilleurs amis du monde et que tu es le seul libraire parmi mes connaissances. Je vais t’envoyer ma bibliothèque. Tous mes livres :
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