Le Tigris dans l'oreille

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Simon Blot et son équipage ne s’attendaient pas, ce matin là, à découvrir le corps d’une jeune gothique noyée au fond de leurs filets. Tout porte à croire que la jeune fille a voulu mettre fin à ses jours...
L’inspecteur Anna Le Goff, incrédule, refuse de se fier aux apparences. Accompagnée de son équipe et contre l’avis de ses supérieurs, elle met tout en œuvre pour lever le doute, au risque d’y perdre la vie...


Publié le : mercredi 9 mars 2016
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EAN13 : 9782334106825
Nombre de pages : 182
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ISBN numérique : 978-2-334-10680-1
© Edilivre, 2016
Citation
« Un moyen de connaître approximativement dans quel délai on doit mourir consiste à poser sur l’eau de certaines sources sacrées une croix faite de deux ramilles de saule. Si la croix flotte, la mort ne tardera guère. » La légende de la mort Anatole Lebraz
Prologue
Depuis que le voile s’était levé sur son passé, Anna se sentait libérée. Dans ce cimetière battu par les vents où son père lui avait avoué que sa mère était décédée en la mettant au monde, elle avait pu renouer des liens avec celle qui l’avait remplacée. Après tout n’était-ce pas Simone Kerbellec qui l’avait élevée ? Anna se rendait compte à quel point un secret pouvait peser lourd dans la vie d’un enfant lorsqu’il était tu aussi longtemps. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi son père avait attendu avant de lui dire mais se sentait tout de même soulagée. Un poids énorme s’en était allé, la libérant psychiquement. Le tableau familial s’était éclairci et Anna put enfin regarder la femme de son père de façon différente et l’appeler maman sans difficulté. Car aussi loin que ses souvenirs l’emmenaient, elle ressentait une gêne inexpliquée jusqu’au moment où son père avait enfin laissé aller son malheur. Parce qu’il s’agissait bien de cela : le malheur. La détresse qu’il portait en lui et dont il n’arrivait pas à se remettre, le deuil qu’il n’avait finalement pas réussi à faire. Comme il avait dû aimer cette femme qui avait laissé filer sa vie si tragiquement ! Anna, dans les années qui suivirent, s’était vue confier quelques photos de sa mère et avait ainsi pu reconstruire ce petit morceau de vie qui lui manquait. Elle avait retrouvé ses propres traits dans ceux de cette femme inconnue jusqu’alors. Un sourire, un regard, une façon de se tenir… Elle avait été en mesure de s’imaginer une autre vie que la sienne, abandonnée à la garde de sa tante alors qu’elle n’avait que cinq ans. Ainsi, sa culpabilité, sa sensation d’être la 1 cause de la souffrance qu’elle pressentait chez son père, s’étaient peu à peu estompées . Plusieurs années se sont écoulées depuis l’enquête qui l’avait menée, elle et son équipe, « Derrière la Dune ». Anna, maintenant mère de deux enfants, naviguait avec plus ou moins de bonheur ente sa vie familiale et ses obligations professionnelles.
1. Derrière la Dune Editions Edilivre
1
Estelle, un écouteur pans l’oreille, le Portable pans la Poche arrière pe son Pantalon PréParait ses affaires. lus que quelques heures à attenpre. Elle avait étenpu sur son lit les vêtements qu’elle avait choisi pe Porter Pour le jour J. Minutieusement, elle enfourna ses objets Préférés pans un Petit sac à pos. Elle savait qu’elle n’en aurait nul besoin mais il fallait qu’elle les ait avec elle. Ainsi, se rejoignirent Progressivement pans la Poche latérale pe son sac : un stylo-Plume offert Par son Père Pour son brevet pes collèges, un Petit bracelet rouge avec son Prénom inscrit en lettres blanches-souvenirs pe ses pernières vacances, un Petit chat en Peluche hipeux et usé Par les années, un livre pe Poèmes – les Nuits pe Epwarp Young –, un éventail noir en pentelle. DePuis sa chambre, Estelle entenpait les bruits familiers pe la maison et éProuvait un pébut pe nostalgie en se pisant qu’elle n’entenprait Plus sa mère s’affairer pans la cuisine ni ses peux frères se chamailler Pour pes broutilles. CePenpant son choix était fait. Elle avait trouvé sa pestinée pePuis quelques temPs et n’imaginait Pas revenir sur sa pécision. Elle fit le tour pe sa chambre, regarpa le PaPier Peint pémopé sur les murs, les Posters qu’elle aporait encore, il y a quelques mois à Peine, et qui lui Paraissaient maintenant niais et sans consistance. Elle avait refait son lit, tiré la couette et taPé l’oreiller, Posé son ours Préféré pessus. Le tableau lui convenait La chambre était imPeccable, les livres rangés, les classeurs pu lycée trônaient les uns à côté pes autres sur l’étagère pu haut, le sac à pos Penpait sur le côté pu bureau. APrès avoir Posté son pernier message sur FB, Estelle avait éteint et fermé l’orpinateur Portable. « Tous ces messages sont stuPipes, se pisait-elle. Si tous ces pébiles veulent continuer à vivre comme pes « boloss », ça les regarpe, moi je ne vivrai Pas comme eux ». Elle entrePrit pe Plier ses vêtements et les mit soigneusement pans le sac, où ils allèrent rejoinpre les quelques objets qu’elle y avait péPosés : une brosse à cheveux, une trousse à maquillage, un Petit livre sur le style Gothique, quelques sous-vêtements et ses bijoux. Tous ses gestes étaient calmes et mesurés, Estelle n’éProuvait aucune excitation quelle qu’elle soit. Elle avait longuement réfléchi, n’avait Partagé avec Personne cette pécision, sauf avec son sauveur. En attenpant que la nuit tombe, Estelle s’accoupa à la fenêtre ouverte. Du troisième étage pe l’immeuble où elle habitait avec sa famille, elle avait vue sur les aPPartements p’en face et sur la quatre-voies qui menait au comPlexe pe magasins pe la ZAC pu Brézillet. « Quelle PersPective, se pit-elle. Il n’y a vraiment rien à faire ici, ce coin est Paumé et sans esPoir ». En se Penchant un Peu, elle vit l’aire pe jeux en bas où quelques enfants jouaient encore malgré l’heure tarpive. Les rires et les cris lui Parvenaient et lui raPPelaient ses ProPres jeux, les soirées p’été ; sa mère qui la surveillait pePuis le balcon pe la salle à manger tout en lui faisant pe temPs en temPs pes Petits signes affectueux. Le soleil finit Par pisParaître perrière l’immeuble p’en face en faisant éclabousser ses couleurs rouge orangé et Estelle enfila ses tennis pont elle enfouit les lacets colorés à l’intérieur pe celles-ci. Elle jeta son sac sur son éPaule gauche et sortit pe sa chambre. Elle se pirigea vers le salon où ses Parents regarpaient la télévision. Tranquillement, elle leur fit une bise à chacun en leur pisant bonsoir. – Ne m’attenpez Pas, je pors chez Marine. assez une bonne soirée. Je vous aime. – A pemain, ma chérie, lui réPonpit sa mère sans lâcher l’écran pe télévision pu regarp. Dis à tes frères pe remonter, il est tarp maintenant. – D’accorp, bisous PaPa. – Bisous ma belle. Estelle pescenpit les trois étages Par les escaliers, fit signe à ses peux frères qui jouaient pans le hall, pe remonter et marcha jusqu’à contourner l’immeuble. Un utilitaire eugeot pe couleur blanche, garé pans une rue PerPenpiculaire, l’attenpait. Estelle s’y installa, fit une bise au conpucteur. La voiture pémarra en pirection pe la quatre-voies qui menait vers la côte.
2
– Alors, il arrive ou pas ? s’exclama le policier de faction. – Oui, oui, je viens de le voir se garer en bas, lui répondit Marie-Jeanne. Le commissariat était en ébullition. La salle de pause du premier étage débordait de fonctionnaires de toutes catégories rassemblés pour fêter l’évènement. Pour l’occasion, une nappe de papier blanc avait été déroulée sur la table qui elle-même, déplacée le long des fenêtres agrandissait l’espace et laissait ainsi la place au personnel présent. Des guirlandes et des serviettes en papier de couleur décoraient la table. Les bouteilles de champagne attendaient d’être débouchées et les gobelets, rangés en file indienne, d’être remplis. Les plateaux chargés de petits fours qui laissaient échapper leurs divers parfums chatouillaient les papilles des convives et attisaient l’impatience palpable de la salle. Une banderole, accrochée en hauteur, trônait sur le mur du fond face à la porte d’entrée, on pouvait lire dessus, inscrit en grandes lettres rouges :FELICITATIONS CHAMPOTIER.Marie-Jeanne Campion, vêtue d’une robe cintrée à la taille, s’activait, attentive au moindre détail, remettant une petite cuillère à sa place, redressant un gobelet, pliant une serviette rebelle… L’inspecteur Anna Le Goff qui venait de monter pénétra dans la salle, un paquet enveloppé sous le bras. Elle le déposa délicatement sur la table. Un joyeux brouhaha régnait dans la pièce. – Marie-Jeanne, tout est prêt ? – Oui, ça m’en a tout l’air. Il ne manque plus que l’intéressé. Les yeux de Marie-Jeanne brillaient de façon inhabituelle d’une joie non dissimulée. Cette gaieté n’échappa pas à la vigilance d’Anna. – Dites-moi Marie-Jeanne, vous m’avez l’air en pleine forme. Vos vacances ont été bénéfiques, on dirait. Marie-Jeanne se sentit pousser des ailes. Elle n’agitait plus sa queue de cheval rousse qu’elle avait troquée depuis quelques années, pour une coupe de cheveux courts mais elle se trémoussa nerveusement. – Oui, j’ai vraiment passé de très bonnes vacances. Elle avait insisté sur le mot « vraiment ». Anna, attendit sans répondre car elle savait pour connaître parfaitement son agent, que celle-ci ne pourrait se retenir de raconter la suite. En effet, Marie-Jeanne embraya rapidement. – En fait, je suis allée à Saint Malo. Elle se plaisait à donner un effet de suspens à son récit, attendant les réactions de l’inspecteur Le Goff. J’ai fait une cure de Thalasso, je voulais perdre un peu de poids. Elle jeta un œil sur Anna et reprit, oui, je sais, ça ne se voit pas, en fait je n’ai pas vraiment maigri, mais vous savez que ça fait un bien immense ce genre de petit séjour ? affirma-t-elle sur le ton de la confidence. – Je n’en doute pas, lui répondit Anna avec un petit sourire. Mais, je pense que notre invité va arriver. – Oui, mais ce que je voulais vous dire, c’est que j’ai fait la connaissance de quelqu’un là-bas. Elle avait baissé la voix sur sa dernière phrase. Les yeux de Marie-Jeanne n’en finissaient plus de rouler. Anna s’aperçut à ce moment là, qu’elle ne portait plus ses énormes lunettes. Le Kiné qui s’est occupé de moi, il est tombé fou-amoureux. Ho, j’ai honte mais il faut que je vous le dise, il a quinze ans de moins que moi et… – Ah ! Voilà Jean-Marc Champotier, il faut que j’y aille, l’interrompit Anna, craignant que la discussion n’aille trop loin. Super Marie-Jeanne ! En tout cas vous avez rajeuni de dix ans ! Mais au fait, qu’est-ce que vous avez fait de vos lunettes ? – J’ai opté pour les lentilles, réussit-elle à répondre au milieu du bruit ambiant. Marie-Jeanne Campion, avec les années s’était accrochée au métier. Elle avait réussi au nom d’efforts surhumains à occuper une place différente dans le commissariat et à faire en sorte que ses collègues ne lui demandent plus de préparer le café ou trier le courrier. Elle était
resque devenue une experte en informatique et dénichait régulièrement des indices que personne ne voyait. Anna l’avait prise dans son équipe avec Yves Legodinec, Jean-Marc Champotier et Dominique Pastor. Depuis plusieurs années ils avaient pris l’habitude de travailler ensemble dans une espèce d’entente tacite. Jean-Marc Champotier venait de franchir le seuil de la porte, de son pas nonchalant il avança un peu dans la pièce au milieu de ses collègues de travail qui s’écartèrent pour le laisser passer. Il avait troqué son vieux jean contre un pantalon de lin froissé chic et avait enfilé une veste de toile sur une chemise à fleurs, probablement juste avant de venir. Anna se rapprocha de lui pour lui serrer la main et se mit au milieu du groupe qui, en un mouvement parfaitement harmonieux s’était rangé en demi-cercle autour d’eux. – Mon cher Jean-Marc Champotier, commença Anna, je ne vais pas faire un grand discours en relatant ta longue carrière mais c’est avec un grand plaisir que je me charge de te féliciter pour ta promotion au grade de lieutenant de la part de tous tes collègues de travail. Le commandant Gosselin te prie de l’excuser pour son absence mais il est de tout cœur avec nous. Nous voilà donc maintenant collègues et je me réjouis de cette nouvelle collaboration qui, j’en suis sûre sera d’excellente qualité. Les applaudissements fusèrent dans toute la pièce. Champotier, d’habitude si prolixe, était dans ses petits souliers et ne put émettre qu’un petit merci à l’assemblée et invita chacun à déguster le buffet et boire un verre. Les conversations et les congratulations reprirent de plus belle, les bouchons sautèrent bruyamment.
Yves Legodinec fit irruption dans la pièce, son éternelle casquette sur la tête. Depuis quelques temps il avait arrêté de fumer pour la troisième ou quatrième fois et arborait une brindille de bois de réglisse au coin de la bouche qu’il mâchonnait à longueur de journée. – Bon, assez rigolé là-dedans, y a du sérieux qui nous attend ! Faut y aller tout de suite, réussit-il à dire au milieu du brouhaha.
3
Ce début juillet était plutôt maussade. Il pleuvait sans interruption depuis plusieurs jours et il faisait presque froid. Les grandes marées n’étaient pas encore passées mais on aurait pu se croire fin septembre tellement le ciel était chargé de nuages et les températures au plus bas. L’été avait du mal à s’installer. Simon Blot, levé à quatre heures comme chaque matin de sa vie de pêcheur fumait sa première cigarette. Quinze ans qu’il arpentait le quai pour rejoindre son bateau baptisé : LE MARLIN II. Après être passé chez Nono prendre un café chaud et rejoindre ses coéquipiers, il se dirigea vers le ponton. Le jour se levait à peine, qu’il avait déjà embarqué et enfilé son pantalon de ciré Cotten par-dessus son jean et son pull de laine bleu marine. Sa bretelle gauche, rafistolée avec un bout de cordelette, avait lâché depuis un bon moment. Le ciré noirci par toutes les campagnes, maculé de petites écailles de poisson qui brillaient sous le timide soleil du petit matin filtrant péniblement entre les nuages menaçants, tenait debout tout seul. Après l’orage de la nuit, il tombait maintenant une pluie fine et régulière qui risquait de durer une bonne partie de la journée. Simon Blot ajusta son bonnet de laine sur son front en scrutant l’horizon et ralluma sa cigarette roulée, ses hommes tardaient un peu à venir ce matin, le mauvais temps probablement. Machinalement il descendit dans l’habitacle, vérifia la batterie, la radio, tout fonctionnait. Il jeta un coup d’œil rapide sur le niveau de carburant, tout en sachant qu’il avait fait le plein la veille et qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Il aimait son bateau, la vie de pêcheur n’était pas drôle tous les jours mais il l’avait choisie. Il aimait la vie au grand air, l’odeur de la mer, le cri des mouettes qui couvrait le bruit du moteur. Il aimait les petits matins frisquets, sa première cigarette fumée le regard fixé vers l’horizon. Il aimait le poids du filet que l’on remonte, les gestes précis pour déposer le poisson au fond de la cale. Il aimait le retour au port, les cagettes que l’on transbahutait jusqu’à la coopérative. Il aimait son indépendance. Simon Blot aperçut ses coéquipiers qui avaient enfin daigné quitter la chaleur du café. Il n’était pas un patron irascible, il avait confiance en ses garçons qu’il connaissait pour la plupart depuis qu’ils étaient enfants. Pierrick, Dunven et Maël étaient avec lui depuis plusieurs années. Seul, Fabrice avait embarqué depuis six mois, ce n’était pas un enfant du coin, un gars de la mer. Il venait des terres, du pays du Léon. Simon trouvait qu’il s’en sortait bien pour un petit gars de terrien. On était loin des gamins embarqués dès douze ans comme mousses et souffre-douleur de l’équipage. Il fallait partir pour six mois à bord de trois-mâts morutiers, l’apprentissage était rude. Il fallait supporter le froid, la fatigue, le manque de nourriture, la rudesse de l’équipage, les conditions de vie en promiscuité et parfois pire encore. Fabrice avait dix-sept ans, il était solide sur ses jambes, taillé dans un bloc de granit. Il savait ce qu’il voulait et ne faisait pas attention aux réflexions de ses collègues parfois moqueurs lorsqu’il faisait un nœud à l’envers. Ces soir-là, il repartait avec un cordage chez lui et passait la soirée à refaire ses nœuds marins. Il recommençait jusqu’à ce qu’il y parvienne les yeux fermés. Le cabestan était le plus simple, mais le nœud de pêcheur double lui causait parfois des difficultés, quant au nœud de chaise il se faisait un malin plaisir à le refaire encore et encore. Simon Blot lança le moteur tandis que ses matelots s’équipaient en riant, se lançant des plaisanteries qui n’étaient pas toujours du meilleur goût. Une fumée bleutée s’échappa du plat arrière. Le moteur ronronnait correctement, Simon l’écouta d’une oreille experte. Alors que Pierrick et Dunven larguaient le mouillage, tranquillement, Simon fit faire demi-tour au chalutier, et se dirigea vers la sortie du port. Passé la digue, il sentit le vent sur son visage et respira profondément : il était heureux. Chacun des garçons avait trouvé sa place sur le bateau et s’affairait à vérifier le matériel. La mer était un peu formée, la météo marine avait annoncé un vent de force 4 à 5, nord,
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