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Mychelle Marhos LE YANG-TSÉ A DÉBORDÉ
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120552.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
À Nicolas, Laurent et toute la tribu
Remerciements à Patrice Coillet
« Grand-maman, le Yang-Tsé a débordé ! » Réveillée en sursaut par cette phrase claironnée à huit heures trente, un matin de juillet, par l’enfant Philibert faisant irruption dans sa chambre, Blanche Rivière, sourcil faussement sévère, index néanmoins incriminant, répondit à son petit-fils : — Phil, on frappe à la porte, on attend que l’on vous dise d’entrer… Toutefois, je reconnais que les circonstances sont exceptionnelles. Les crues du Yang-Tsé se produisent classi-quement en juillet, mais je ne me souviens pas d’avoir vu notre petit ruisseau se livrer à de pareilles facéties. Ce n’est pas pour rien qu’il a pour nom l’Indolent. Tu as rêvé mon garçon… Au fait, que faisais-tu si tôt au bord du Yang-Tsé ? — Hier soir, j’ai oublié mon jeu électronique dans la pagode, je viens de le retrouver sous la banquette. Grand-maman écoute ça : couchée dessus, il y a une dame endormie ! J’ai fait tout doucement… Elle ne s’est pas réveillée. Frimousse pointillée d’éphélides, cheveux roux bouclés en tortillons, le dernier des cinq petits enfants de Blanche Rivière, née Saint-Marin, n’avait pas l’air d’affabuler. Elle le savait un peu farceur, trahi le plus souvent par une effrontée petite lueur dans le bleu de ses yeux. Ce matin-là, ce n’était pas le cas. Pas mécontent d’être le messager porteur d’une fantastique nou-velle, son visage n’en était pas moins marqué d’une certaine anxiété. — Descends déjeuner je te prie, si possible en si-lence. Laissons dormir ta sœur et tes cousins. Je te rejoins, nous irons voir de plus près ce qui se passe vraiment.
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LE YANG’ TSE A DÉBORDÉ
Soucieuse, elle vérifia la couleur du ciel et s’habilla en consé-quence. De gros nuages noirs promettaient une pluie battante dans la demi-heure à venir. Les grandes herbes couchées, les marguerites décapitées, déchiquetées les pétales de roses témoi-gnaient piteusement de la fureur d’un orage nocturne qu’elle n’avait pas entendu. Encore une journée gâchée par un temps exécrable, véritable éteignoir d’enthousiasme et de bonne humeur. Cette grisaille qui s’éternise en plein mois de juillet, ça devient fâcheux pour les enfants. Après tout, Phil peut avoir raison, le Yang-Tsé est peut-être bien sorti de son lit mais que nous arrive-t-il ? Une femme inconnue couchée dans la pagode. C’est du jamais vu ! Bottés, à l’abri sous leurs imperméables, main dans la main, Blanche soucieuse et Philibert encore effaré par sa découverte, se dirigèrent vers le pavillon situé tout au fond du parc, en bor-dure d’un ruisseau assez paresseux pour avoir été baptisé l’Indolent par un cartographe creusois. Converti en Yang-Tsé-Kiang par la famille Saint-Marin depuis quatre générations. Toute une longue histoire. Blanche demeura silencieuse jusqu’à leur arrivée. Intuitif, Philibert se contenta de chantonner sans poser de questions. — Pas vraiment une inondation, mais quand même c’est bien trempé. A-t-on jamais vu le Yang-Tsé aussi impétueux ! Phil, fais-moi plaisir, tiens-toi tranquille. Je veux me rendre compte par moi-même, ne bouge pas d’ici. Inutile de bouder. Si tout va bien, je te fais signe. Érigé au début du vingtième siècle par caprice d’un aïeul en-tiché d’art extrême-oriental, le petit kiosque en raison de son toit pointu aux pans retroussés vers le bas (selon la définition d’un célèbre dictionnaire) reçut le nom de pagode. Au fil des années, il demeura l’endroit le plus prisé de la tribu Saint-Marin. Dès les premiers beaux jours, on y prenait régulièrement le thé. Dans une authentique armoire de mariage chinoise, parmi tou-tes les senteurs de ce breuvage bien au sec dans leurs boîtes
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