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Les âmes piégées

De
456 pages
Une nouvelle enquête de l’agent Maggie O’Dell

L’agent spécial Maggie O’Dell, profiler au FBI, est de retour. A peine remise de sa dernière enquête sur les traces de Stucky, le tueur en série qui l’a enlevée et torturée, la voici qui reprend du service. Cette fois, elle est chargée de remonter la piste du Père Everett, fondateur d’une secte.
Prophète, homme de bien, génial manipulateur… ou pervers criminel ? Nul ne connaît le vrai visage de cet homme dont la seule présence électrise des foules de fidèles fascinés. Pourtant, dans son sillage, les morts se multiplient. Au fin fond du Massachussets, un groupe de jeunes gens équipés d’armes de guerre se suicide dans une cabane truffée d’explosifs. La fille d’un député de Washington est violée et assassinée à deux pas d’une manifestation des disciples d’Everett. A Boston, une femme est retrouvée morte, menottée, la bouche emplie de cafards vivants…
Pour Maggie, l’affaire prend une tournure personnelle quand son collègue et ami Richard Delaney, celui-là même qui était chargé de la protéger contre Stucky, est assassiné. L’agent O’Dell en est persuadée : un serial killer est à l’œuvre. Et il pourrait bien s’agir du Père Everett lui-même, que tout désigne comme le coupable idéal. A moins qu’un loup ne se cache parmi son troupeau de brebis égarées…

A propos de l'auteur :

Depuis la parution de Sang Froid, le premier roman d’Alex Kava, ses thrillers connaissent un énorme succès aux Etats-Unis et dans tous les pays où ils sont traduits. Comme sa consœur Patricia Cornwell, Alex Kava a aujourd’hui de véritables fans dans le monde entier.

Toutes les enquêtes de Maggie O’Dell :

Sur la piste du tueur
Au cœur du brasier
Effroi
Au cœur du danger
Le collectionneur
Le pacte
Les âmes piégées
Piège de feu
En danger de mort
Sang froid
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Ce livre est dédié à deux femmes étonnantes,
collègues en écriture, mentors avisés, amies précieuses :

A Patricia Sierra, qui a su gentiment me bousculer
pour que je reste concentrée sur mon travail.
Quand j’ai eu tendance à me disperser,
c’est elle qui m’a remise sur les rails.

Et à Laura Van Wormer, qui a cru en moi
et m’a poussée dans la bonne direction.

Au cours de cette année qui m’a apporté plus de questions
que de réponses, votre présence a compté pour moi
beaucoup plus que je ne peux l’exprimer par des mots.
Méfiez-vous du voleur d’âmes
Qui apparaît dans un éclair de lumière.
Ne croyez pas ce qu’il dit
Ne croisez pas son regard
Ou il vous prendra votre âme
Et l’enfermera pour l’éternité
Dans sa petite boîte noire.
Auteur anonyme
1.
Mercredi 20 novembre

Comté de Suffolk, Massachusetts
près de la rivière Neponset
Eric Pratt appuya sa tête contre le mur de la cabane. Des débris de plâtre glissèrent dans le col de sa chemise. Tels de minuscules insectes s’accrochant à sa peau, la poussière collait à sa nuque poisseuse de sueur. A l’extérieur, tout était redevenu calme, trop calme. Dans le silence, les minutes s’étiraient avec une infinie lenteur. Que diable étaient-ils en train de manigancer ?
Derrière les vitres sales, les projecteurs s’étaient éteints. Eric dut plisser les yeux pour distinguer les silhouettes de ses camarades tapis tout autour de la pièce. Ils étaient épuisés, tendus, mais prêts, sur le qui-vive. Dans la pénombre, il les entrevoyait à peine, mais il sentait les effluves âcres de leur transpiration mêlés à cette odeur si particulière sur laquelle il pouvait désormais mettre un nom : la peur.
Liberté d’expression. Libération de la crainte.
Liberté… Quelle liberté ? Comment avait-il pu gober un discours aussi débile ?
Il desserra un peu ses doigts crispés autour du fusil d’assaut. Plus le temps passait, plus l’AR-15 lui semblait lourd. Pourtant, c’était la dernière chose qui lui procurait encore un sentiment de sécurité. Cette pensée le mettait mal à l’aise, mais il devait en convenir, l’arme lui apportait plus de réconfort que les prières psalmodiées par David ou que les encouragements que Père leur transmettait via la radio — laquelle s’était d’ailleurs tue depuis des heures.
A quoi servaient les mots, dans leur situation ? Confinés dans la seule pièce de cette cabane perdue au milieu des bois, cernés par les agents du FBI et de l’ATF, les six garçons n’avaient que faire des mots. Les guerriers de Satan allaient ouvrir le feu d’une minute à l’autre. Quelles paroles les protégeraient alors des balles ? L’ennemi était là. Comme Père l’avait annoncé. Et ce n’étaient pas des mots qui allaient le faire reculer. Les mots n’étaient que du vent ! Et si Dieu entendait ses pensées, Eric n’en avait que faire ! Dieu ne lui serait plus d’aucun secours.
Il laissa retomber le canon de son fusil contre sa poitrine. La froideur de l’acier l’apaisa et le rassura.
Tuer ou se faire tuer.
Voilà des mots qu’il comprenait. Des mots qui avaient encore un sens. Il renversa la tête en arrière. Les écailles de plâtre qui tombèrent dans ses cheveux lui donnèrent de nouveau la sensation d’insectes, de poux se creusant un chemin sous son cuir chevelu graisseux. Il ferma les yeux. Si seulement son esprit pouvait le laisser en paix. Que voulait dire ce terrible silence ? Que foutaient-ils donc, là-bas, dehors ? Il retint sa respiration et tendit l’oreille.
Dans un coin de la cabane, de l’eau gouttait de la pompe. Quelque part, un réveil égrenait les secondes. Une branche racla le toit. Un courant d’air glacial chargé du parfum des aiguilles de pin s’engouffra par la fenêtre disjointe au-dessus de sa tête. Balayées par la bourrasque d’automne, les feuilles mortes produisirent un bruissement semblable à celui d’os s’entrechoquant dans une boîte.
Une boîte d’os. Rien d’autre.
Des os et un vieux T-shirt gris, le T-shirt de Justin. Tout ce qui lui restait de son frère. Père lui avait remis la boîte en lui disant que Justin n’avait pas été assez fort. Que sa foi n’était pas suffisamment solide. Voilà ce qui arrivait à ceux qui ne croyaient pas.
Eric ne parvenait pas à chasser l’image de ces os blancs, rongés par les bêtes sauvages. Une vision insoutenable que celle des ours ou des coyotes hurlant et se battant pour déchiqueter des lambeaux de chair. Comment assumerait-il jamais sa responsabilité ? Justin était venu au camp pour essayer de le sauver, pour le convaincre de partir. Et qu’avait fait Eric en retour ? Jamais il n’aurait dû laisser Père soumettre son frère au rituel d’initiation. Il aurait mieux fait de s’enfuir avec Justin tant que cela leur était encore possible. Quelles chances lui restait-il à présent ? Maintenant que son jeune frère n’était plus qu’un tas d’os dans une boîte en carton. Un frisson lui parcourut l’échine, qu’il réprima aussitôt. Il ouvrit les yeux pour voir si personne ne le regardait. Une obscurité totale régnait dans la cabane.