Les Chiens de Belfast

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Il s'en passe de belles, à Belfast, cet hiver-là...


Deux mains gauches sont découvertes dans les entrailles d'un sanglier abattu à la chasse. Vingt ans plus tôt, c'étaient des chiens sauvages échappés du zoo qui déchiquetaient les corps...


Et il ne fait pas bon s'attarder dans les bars : une femme mystérieuse –; pute ou pas pute ? –; attire plusieurs hommes de la ville dans ses filets , puis s'offre à leurs dépens des séances de torture raffinées avant de les achever.


Le soin de démêler les fils sanglants de cette série macabre échoit à Karl Kane, détective privé cabossé par la vie et hanté par un drame digne d'un fantasme de James Ellroy.


Et ce n'est pas la police qui va l'aider.



L'humour noir, très noir, mais cultivé, de Sam Millar est de nouveau présent dans ce premier volet d'une trilogie policière pas comme les autres.




Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique, et aux États-Unis comme droit commun. De retour à Belfast où il vit toujours, il est devenu écrivain, auteur de deux romans noirs, Poussière tu seras et Redemption Factory (Rouge est le sang chez Points), et d'une autobiographie On the Brinks (Seuil, 2012).


Publié le : vendredi 31 janvier 2014
Lecture(s) : 21
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021135725
Nombre de pages : 272
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L E S C H I E N S D E B E L F A S T
d u m ê m e a u t e u r
Poussière tu seras Fayard Noir, 2009 et « Points » nº P2992
Redemption Factory Fayard Noir, 2010 et « Points » nº P3166 sous le titreRouge est le sang
On the Brinks Éditions du Seuil, 2013
S a m M i l l a r
L E S C H I E N S D E B E L F A S T
r o m a n
t r a d u i t d e l ’ a n g l a i s ( i r l a n d e ) p a r p a t r i c k r a y n a l
É D I T I O N S D U S E U I L e 25, bd RomainRolland, Paris XIV
C O L L E C T I O N D I R I G É E P A R M A R I E  C A R O L I N E A U B E R T
Pour les citations en exergue :
© Raymond Chandler,Simple comme le crime, traduit par Jean Bailhache, Omnibus © John Milton,Lycidas, traduction Emile Saillens, Aubier – © Sébastien Cagnoli, pour la traduction des vers d’A.E. Housman cités p. 58, p. 103 et p. 108 – © W.B. Yeats,Morts, traduit par JeanYves Masson, Verdier – © Mark Twain,Le Voyage des innocents, traduit par Fanchita Gonzalez Batlle, La Découverte © Ernest Hemingway,Le Vieil homme et la mer, traduit par Jean Dutourd, Éditions Gallimard – © C.S. Lewis,Perelandra, traduit par Maurice Le Péchoux, L’Âge d’homme – © W.H. Auden, In Memory of W.B. Yeats, traduit par Jean Lambert, Éditions Gallimard – © Percy Bysshe Shelley,Adonais, traduit par Robert Davreu, José Corti
Les vers de Samuel Butler sont traduits par PierreHenri Larcher. Ceux de Charles Wolfe par le Chevalier de Chatelain. Les citations de Nietzsche sont traduites par Henri Albert.
Titre original :Bloodstorm Éditeur original : Brandon, une marque de The O’Brien Press Ltd., Dublin, Irlande, 2008
© Sam Millar, 2008 ISBNoriginal : 9780863223754
ISBN : 9782021135718
© Éditions du Seuil, janvier 2014, pour la traduction française
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 3552 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
www.seuil.com
Je dédie ce livre au clan McConnell : Sean, Tracey, James, Brandon et les jumeaux, Tiernan et Shane.
Que Dieu veille sur vous pour l’éternité !
Prologue
Un été sanglant, 1978
Aucune vie qui respire du souffle de l’homme N’a jamais vraiment désiré ardemment la mort. Tennyson, « Les deux voix »
Perdu dans l’étendue du champ d’herbes hautes, le corps de la femme gisait, invisible et inanimé. Respirant à grand peine, elle essaya d’ouvrir les paupières. La croûte de sang séché l’en empêcha. Pas de panique. Tu es vivante. C’est tout ce qui compte pour l’instant. Grimaçant de douleur, elle parcourut l’intérieur de sa bouche du bout de sa langue enflée. Son pire cauchemar en fut confirmé : la plupart de ses dents avaient disparu, les autres n’étaient plus que des chicots. Elle en aurait ri si elle avait eu la force. Elle était là, en train de crever au milieu du Devil’s Punchbowl – une carrière pourrie et abandonnée de la banlieue de Belfast –, et elle ne songeait qu’à ses dents, autrefois magnifiques, et détruites à jamais. Elle était trop terrifiée pour oser se demander à quoi le reste de son visage pouvait bien ressembler… Mentalement, elle fit un bref inventaire de son corps, des parties qui le formaient et de leurs fonctions supposées. Le moindre de ses os semblait cassé, la moindre portion de chair comme déchiquetée. Le sang se répandait à l’intérieur, à la recherche d’une issue.
9
On dirait bien que ce qui m’a fait tenir jusquelà est en train de se dissoudre. Luttant pour rassembler ses pensées éparses, elle força son cerveau à se remettre en marche. Des fragments com mencèrent à émerger. Les agresseurs étaient quatre, peutêtre cinq. La force que leur avaient donnée la drogue et l’alcool instillait quelques doutes sur leur nombre. Ce dont elle était certaine, c’est ce qu’ils avaient fait. Viol, sodomie, à tour de rôle. Avec le peu de force qu’il lui restait, ses doigts engourdis se frayèrent un chemin jusqu’à la croûte frissonnante de ses paupières et dégagèrent légèrement ses yeux. Ce qu’elle vit la terrifia. Un gros morceau d’os émergeait de sa jambe gauche comme un périscope blafard ; son genou droit saillait en formant un angle bizarre. Son corps partiellement nu, couvert d’écorchures et de sang séché, puait le vomi et la pisse. Les leurs ? Des voix se mirent à ricocher dans sa tête ; à rebondir à l’intérieur de son crâne. Vérifie qu’elle est morte. Tu rigoles. Ça fait un bail qu’elle est morte ! C’est un putain de cadavre qu’on a baisé ! Rires frénétiques. De hyènes. Tranchelui la gorge. Juste au cas… Un des agresseurs s’approcha. Elle retint son souffle. Il appuya son visage contre le sien. Ça puait le whisky et d’autres odeurs rivalisant avec celles de la sueur et de la crasse ; elle pouvait aussi sentir le fumet de sa propre peur à mesure que la froideur de la lame pesait sur son cou. Faisle vite, priaitelle. Finissonsen. Soudain, des phares de voiture brisèrent l’obscurité en bai gnant ses agresseurs de leur lumière dorée. Putain de merde ! On va se faire repérer. De toute façon, elle est raide morte. Morte… Morte… Morte…
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