Les crevettes n'ont qu'à bien se tenir

De
Publié par

Le revolver qu'Alfred Leutron tenait en main, allait changer sa vie et celle de l'inspecteur François Bertrand. Lorsque la détonation retentissait, Christine son épouse, pensait que l'armoire à glace venait de s'écrouler sur le vase en christal offert par la tante Joséphine. La balle entrait et sortait de la pauvre tête d'Alfred. Sans le savoir, l'inspecteur Bertrand allait rencontrer une famille très particulière ainsi qu'une coéquipière de premier ordre. De Saumur à Paris, cette aventure finira sous le soleil de Provence.
Publié le : dimanche 5 février 2006
Lecture(s) : 247
EAN13 : 9782748168129
Nombre de pages : 179
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Les crevettes n’ont qu’à bien se tenir
BOUCHARLES
Bou Charles
Les crevettes n'ont qu'à bien se tenir
POLAR
Le Manuscrit www.manuscrit.com
LES CREVETTES N'ONT QU'À BIEN SE TENIR
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com  ISBN : 2-7481-6813-5 (fichier numérique)  ISBN 13 : 9782748168136 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6812-7 (livre imprimé)  ISBN 13 : 9782748168129 (livre imprimé)
6
BOUCHARLES
AVANT PROPOSAlors qu’elle préparait un lapin chasseur à la façon micro-onde, Claire Leutron ne se doutait pas que son beau-frère Alfred, avait de drôles d’idées. Enceinte jusqu’aux oreilles, derrière ses lunettes dix fois trop grandes pour son visage rond, elle ne faisait presque pas attention à son visiteur. Tous les matins, profitant de l’absence de son frère Marco, qu’il détestait par-dessus tout, Alfred venait se faire offrir le café. Les toilettes comme partout ailleurs, étaient au fond du couloir à droite. Il prétextait un besoin naturel et quittait la cuisine mais la pièce dans laquelle il se rendait n’était pas celle où l’on se rend généralement pour y vomir la dinde de Noël. Non, là c’est dans la chambre qu’il se rendait. Il y ouvrait l’armoire et faisait main basse sur la caisse contenant la collection qu’il convoitait. Il avait horreur des armes, citoyennes soient-elles, mais sous ses yeux, un fusil mitrailleur, un pistolet de gros calibre, et quelques grenades le firent sourire. Le stock de munitions tenait dans une boîte à chaussures. Il se contentait de cette arme puissante qu’est un 357
9
LES CREVETTES N'ONT QU'À BIEN SE TENIR
magnum et d’une seule balle, il savait qu’il n’aurait pas l’occasion d’en tirer une seconde. La fenêtre donnait sur l’arrière de la bâtisse, il y jetait le flingue dans la haie bordant le chemin et quittait la chambre. Ce tour de passe-passe terminé, il passait par les toilettes et pour donner le change, il tirait la chasse d’eau. Un peu cliché comme réaction mais si tu ne le fais pas, on pourrait presque penser que tu n’étais pas aux chiottes. A moins que tes hôtes ne soient de gros dégueulasses et trouvent tout à fait normal que tu puisses utiliser leur trône en y laissant le César du cassoulet de la veille. Il saluait Claire comme s’il allait revenir le lendemain, car il était temps d’aller vérifier si l’arme à feu était réellement efficace. Une fois dans l’allée, il stoppait sa voiture à proximité du buisson et récupérait le distributeur de bastos. En entrant chez lui il ne jetait pas un regard à Christine, son épouse. Une jolie brune de quarante ans qui concentrée sur une grille de mots fléchés, faisait mine de ne pas le voir. Pour elle il n’y avait aucun doute, Alfred était encore ivre. Il faut dire que l’alcoolisme le guettait et certains soirs il lui arrivait de dîner avec un rumsteck sans steak, le rhum suffisait. Sans dire un mot, il traversait le salon et allait s’enfermer dans la chambre car il ne comptait pas se mettre à table avec sa femme. Il était évident que cette fois encore la soupe serait à la grimace. Après dix années de mariage, l’heure de boire le bouillon était arrivée.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.