Les fleuristes

De
Publié par

Un vieux Chinois économise pour offrir à son oiseau la cage la plus belle. Dans les allées du marché d'une petite ville russe, un vétéran rumine ses souvenirs. Une fillette se promène au matin sur une plage française. Une jeune femme revit, le temps d'un dîner, les circonstances qui l'ont conduite d'un pays à l'autre... Que l'action se situe en Chine, en Russie ou en France, ces nouvelles sont toujours des histoires simples et humaines, des bribes d'existence de personnages souvent modestes. Il y a des solitaires, des expatriés, des vaincus. D'un pays à l'autre, on retrouve presque les mêmes petites gens, tels ces marchands ambulants qui vendent des fleurs, à Pékin comme à Moscou.
Ces bribes d'existence sont marquées par la fugacité de la vie, la douleur des séparations, la recherche d'un sens qui ne se laisse pas saisir. L'auteur nous invite à poser sur elles un regard mélancolique, mais chaleureux.
Publié le : jeudi 7 février 2013
Lecture(s) : 9
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072482519
Nombre de pages : 149
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

les fleuristesVIRGINIE BOUYX
LES FLEURISTES
nouvelles
GALLIMARD© Éditions Gallimard, 2013.À mes parentsCHINEL’oiseau
Pour sa retraite, le professeur Li avait acheté un oiseau.
Un joli petit oiseau au plumage d’un gris tournant vers le
brun, avec un poitrail jaune, presque vert.
Il avait également acheté une cage. Celle dans laquelle
se trouvait l’oiseau lorsqu’il l’avait choisi chez le vendeur.
Une cage toute simple, solide, carrée, du type de celles
que l’on utilise généralement pour transporter les oiseaux
et leur faire prendre le frais dans les parcs, alors que ce
n’était pas n’importe quel oiseau. Une cage sans
prétention, alors que l’on venait de loin chez ce marchand pour
les cages délicatement ouvragées qu’il suspendait chaque
matin au portail de son immeuble, véritables dentelles
de bois précieux qui se mêlaient aux plantes tombant
des balcons en ferraille et au brouhaha de la ville qui se
réveille.
Le professeur avait préféré garder la cage d’origine
pour deux raisons. Tout d’abord parce qu’il pensait que
l’oiseau s’y sentirait chez lui et que cela l’aiderait à
supporter le déménagement dans un appartement qu’il
ne connaissait pas et dont les fenêtres donnaient sur un
tout autre paysage, à l’autre bout de la ville. Ensuite parce
que, lorsque le professeur achèterait une nouvelle cage, ce
11serait une belle cage. Il voulait y mettre le prix et devrait
attendre quelques mois pour avoir assez d’argent de
côté. En outre, il faudrait que cette nouvelle cage lui
convienne, mais aussi qu’elle convienne parfaitement à
l’oiseau, qu’il s’y sente chez lui, qu’il s’y sente mieux,
même, que dans sa cage d’origine. Et cela nécessitait
un temps d’apprentissage. Il lui fallait tout d’abord vivre
quelque temps avec l’oiseau, apprendre à le connaître
assez pour ne pas se tromper.
Le professeur Li était particulièrement satisfait de
son oiseau. Il l’avait tout de suite installé dans son bureau,
mais avait mis quelques jours à déterminer l’endroit le
plus approprié. Pas trop loin de la fenêtre, pour que
l’oiseau puisse sentir l’air de la rue sur son plumage, qu’il
puisse voir les immeubles tout autour, les arbres dans le
petit parc, et le ciel bleu. Mais pas trop près non plus, pour
qu’il n’ait pas trop de regrets.
Lorsque le professeur travaillait — car il travaillait
encore un peu bien qu’il ait l’impression que peu de gens
s’en souciaient —, l’oiseau le regardait en inclinant
gravement la tête vers la droite. Parfois, mais bien plus
rarement, il se mettait soudain à sautiller avec frénésie
dans sa cage, s’accrochait aux barreaux pour se laisser
aussitôt retomber sur le socle, donnait de petits coups de
bec sur les mangeoires en porcelaine, esquissait quelques
inutiles battements d’ailes, et l’on entendait le bruit de ses
pattes sur le bois dans tout l’appartement. Parfois, il se
risquait à émettre des piaillements presque imperceptibles,
ou même à chanter quelques notes très brèves.
La seule chose qu’il faisait avec régularité était
d’accueillir le professeur lorsque celui-ci rentrait chez lui. Dès
qu’il entendait la clef tourner dans la serrure, l’oiseau
sau12tillait un peu, pour montrer peut-être qu’il était content,
et le professeur, touché par cette attention, se rendait
immédiatement dans son bureau après s’être déchaussé,
pour lui faire un petit signe.
Mais, d’une manière générale, c’était un oiseau
silencieux, peut-être un peu timide ou rêveur, ce qui
convenait parfaitement au professeur Li qui se disait
qu’il avait bien fait de choisir cet oiseau-là, et non pas
un autre, et que d’ailleurs les autres lui avaient semblé
dénués de gravité, un peu frustes même. Il se plaisait
parfois à imaginer, tout en se demandant si cela
pouvait être possible, qu’il y avait entre eux un début de
complicité.
*
Certains après-midi, le professeur Li enfourchait sa
bicyclette et pédalait jusqu’à un carrefour, à quelques
rues de chez lui. À l’un des angles de ce carrefour, il y avait
un renfoncement qui formait une sorte de place
minuscule donnant sur la cour d’un immeuble. Dans un coin de
ce renfoncement, il y avait un arbre dont les feuilles
bruissaient légèrement sous le vent, et quelques buissons. Le
professeur avait habité là quelques années auparavant, et
il y retrouvait d’anciens voisins, qui prenaient le frais sur
le trottoir où ils apportaient des chaises qu’ils rentraient
le soir. Le gardien de l’immeuble avait changé. Il était bien
plus jeune que le précédent, mais il ne se contentait pas
de leur jeter un coup d’œil dénué de curiosité depuis sa
guérite. Il venait bavarder un peu avec eux, leur
demandait des nouvelles même si leurs réponses, au i l des
jours, étaient toujours à peu près les mêmes. Dans la cour,
les femmes s’asseyaient sur les marches pour causer, elles
13aussi, avec à leurs pieds deux ou trois vieux chats qui
s’étiraient sur le sol en ronronnant, mais elles ne se mêlaient
pas à leurs maris, bien contentes, peut-être, d’en être
débarrassées pour quelques heures et de pouvoir éplucher
tranquillement les légumes achetés au petit marché juste
derrière l’immeuble.
Les vieux messieurs s’installaient là entre les heures de
pointe, lorsque le l ot des voitures et des vélos se tarissait.
Ils apportaient une petite table sur laquelle ils jouaient
aux cartes ou au ma-jong. Lorsqu’ils entamaient une partie,
les passants et les gens du quartier venaient les regarder
et faire des commentaires. Leurs parties de cartes avaient
beaucoup de succès parce que les exclamations que
certains d’entre eux poussaient en abattant violemment leur
jeu attiraient les badauds. Le professeur Li, lui, préférait
le ma-jong, sans doute parce qu’il y était bien meilleur.
Lorsqu’il venait ainsi passer l’après-midi avec le petit
groupe de vieux messieurs, il amenait souvent son oiseau.
Avant de se mettre en route, il attachait soigneusement
la cage, recouverte d’un épais tissu bleu, à un côté de
son porte-bagages, et installait de l’autre côté une vieille
sacoche très légère pour faire contrepoids. L’oiseau
supportait assez bien ces trajets à bicyclette, malgré le bruit et
les à-coups.
Lorsqu’il arrivait au carrefour, le professeur Li rangeait
son vélo dans la cour et ressortait pour suspendre la cage,
soit au portail, soit à l’une des branches de l’arbre, juste à
côté de l’endroit où il s’asseyait. Généralement, l’oiseau
retrouvait là les deux serins que l’un des autres habitués
amenait dans deux petites cages identiques et que, pour le
transport, il recouvrait lui aussi de tissu bleu et attachait
l’une à l’autre avec un tendeur. Parfois, entraînés par leur
présence mutuelle, par la fraîcheur de l’ombre de l’arbre
14ou par la chaleur du soleil, les trois oiseaux se lançaient
dans de petits concerts qui faisaient s’interrompre les
joueurs un court instant.
*
Une ou deux fois par mois, le professeur Li prenait le
métro pour se rendre chez le marchand qui lui avait
vendu l’oiseau. Le marchand était là tous les jours de la
semaine. Il apportait une table et une chaise devant le
portail de son immeuble où il suspendait ses dernières
créations, posait à ses pieds des cartons pleins de tiges de
bois, et installait une très grande cage juste à côté d’un
arbre qui poussait sur le trottoir et dans laquelle il mettait
quelques-uns des oiseaux qu’il vendait, tant pour leur faire
voir le soleil que pour attirer les clients. À qui le lui
demandait, il sortait du tiroir de sa table les deux articles parus
à son sujet, quelques années auparavant, dans le journal
de la ville et dans un journal en anglais pour les étrangers.
Il y avait vingt-six ans maintenant qu’il avait commencé,
un peu par hasard, ce métier. À midi, toujours assis devant
sa table, il mangeait le plat de riz et de viande que sa
femme lui apportait et, lorsqu’il pleuvait, il déplaçait sa
table, sa chaise, ses cartons et ses outils sous le porche de
l’immeuble, rentrait les oiseaux, et ouvrait vers l’intérieur
les grilles du portail pour que les cages soient protégées de
la pluie.
Le professeur Li restait longtemps, ces jours-là, sur ce
bout de trottoir. Ses visites se déroulaient toujours de la
même manière. Il regardait les cages suspendues, posait
quelques questions techniques, puis s’asseyait à côté de
l’artisan qui était en train de plier les barreaux d’une
nou15velle cage ou de sculpter un morceau d’os ou de bois qui
servirait de parement ou de support pour un crochet.
Souvent, un client se présentait, demandait à examiner
les cages ou à choisir, dans de petites boîtes recouvertes
de tissu brillant, un lot de mangeoires en porcelaine
peintes à la main. Certains arrivaient avec leur cage pour
faire réparer un barreau cassé ou changer le morceau de
tissu avec lequel ils la recouvraient parfois. D’autres
encore, plus rares, venaient passer des commandes
somptuaires de cages en bois précieux avec des dragons et
des l eurs entrelacés. Les moins aisés se contentaient de
cages en bois grossier, comme celle du professeur Li, et
de mangeoires fabriquées de manière industrielle que le
marchand tirait d’un grand sac en plastique poussiéreux.
Le professeur se mêlait aux conversations, au choix des
oiseaux, des cages et des mangeoires, donnait son avis,
parlait de sa propre expérience. Un épicier, qui tenait
une boutique juste à côté et avait déjà acheté plusieurs
cages et plusieurs oiseaux, venait lui aussi donner des
conseils. Les conversations étaient animées car ils n’étaient
pas toujours d’accord avec l’artisan, pour lequel seuls
certains types de mangeoires pouvaient être assortis avec tel
ou tel bois. Mais le professeur Li devait reconnaître que,
quel qu’en soit le prix, les cages et les mangeoires étaient
toujours de bonne qualité et de bon goût, les oiseaux en
bonne santé, et surtout que l’artisan, i dèle à sa réputation,
traitait tous ses clients avec le même sérieux et la même
attention. Il aimait bien cela, c’est pour cela qu’il était
venu la première fois et c’est pour cela qu’il revenait.
Tout au long de ces journées, le professeur Li rél
échissait. Il élaborait dans son esprit la cage qu’il allait bientôt
commander pour son oiseau. Aucune de celles qu’il avait
vues, tant suspendues au portail que dans l’appartement
16du vendeur, ne lui convenait et — lui semblait-il — ne
conviendrait à l’oiseau. L’oiseau était simple dans sa
manière d’être, mais ce n’était pas n’importe quel oiseau.
Il n’aimerait pas une cage compliquée et aux décorations
ostentatoires, mais il lui faudrait néanmoins des bois de
qualité, sculptés et assemblés avec élégance.
*
Commander une cage n’était décidément pas chose
facile. Le professeur voulait qu’elle soit ouvragée mais pas
trop, qu’il y ait un morceau d’os sculpté pour soutenir le
crochet, que le bois soit clair et solide, avec peut-être un
trait d’ébène pour souligner le socle. Il voulait un petit
tiroir tout au fond pour que le nettoyage soit plus aisé, et
peut-être un étage, mais un étage qui ne serait pas fermé
contrairement à ce qu’il voyait chez le marchand où
les différents niveaux d’une cage servaient à différents
oiseaux qui ne se croisaient jamais. Il voulait que l’oiseau
puisse passer d’un niveau à l’autre en ayant l’impression
d’avoir plus de place. Mais depuis qu’il avait pensé à
commander une cage à deux niveaux il commençait à se
demander s’il ne serait pas bon qu’il achète aussi un
second oiseau, pour tenir compagnie au premier, mais
aussi pour remplir la cage car quelque chose lui disait
qu’une grande cage pour un seul oiseau, cela ne se faisait
pas. Mais quel oiseau choisir ?
Il s’interrogeait également sur la forme. Il n’avait vu
jusqu’alors que des cages avec un socle rond, hexagonal,
ou carré. Certains jours il aurait voulu quelque chose de
différent, entre l’hexagone et le rectangle.
Plus il y rél échissait, plus la cage de ses rêves devenait
complexe et imposante, et plus il comprenait qu’il lui
fau17drait encore un peu de temps, ai n que, l’enthousiasme
passé, il puisse revenir à des pensées plus raisonnables.
Alors il examinait les mangeoires, espérant que, s’il
trouvait celles qu’il souhaitait, la cage lui apparaîtrait plus
nettement. Il voulait de jolies mangeoires susceptibles de se
marier avec celles, plus simples, auxquelles son oiseau était
habitué et qu’il entendait installer également dans la
nouvelle cage pour que le changement soit moins brusque.
Lorsqu’il rentrait chez lui ces jours-là et qu’il allait voir
son oiseau, le réapprovisionnant en graines et en eau ou
lui offrant une branche minuscule ramassée sur le
chemin du retour, il lui parlait de la cage. Il la lui décrivait,
lui disait qu’il y serait heureux, moins à l’étroit, et que la
petite cage dans laquelle il se trouvait maintenant ne
lui servirait plus que pour ses promenades jusqu’au
carrefour. L’oiseau le regardait de son petit air pensif et grave,
en inclinant la tête vers la droite, et le professeur se
sentait envahi par un élan de tendresse.
*
Au i l des mois, à force d’en parler avec ses amis, de
retourner voir travailler le vendeur et de discuter avec lui
de la solidité des bois ou de l’esthétique des arabesques, la
cage apparaissait de plus en plus nettement au professeur...
Et vint eni n le jour où il demanda au marchand de
travailler sur son projet. Son idée n’était pas encore tout
à fait aboutie, mais il sentait que l’artisan avait assez appris
à le connaître pour comprendre plus ou moins ce qu’il
souhaitait, et il savait qu’il pourrait lui faire modii er les
choses qui ne lui conviendraient pas. En dépit de la
longueur du trajet, il avait amené deux fois son oiseau, pour
qu’il participe lui aussi au suivi de la confection.
18*
Le professeur choisissait le bois, faisait reprendre à
l’artisan les pieds, trop compliqués à son goût, les
dentelles sur le socle, le passage entre les deux niveaux. Un
jour ils convinrent tous deux que la cage était terminée.
Le prix était élevé car il avait fallu y apporter plusieurs
modii cations, mais le vendeur i t un rabais relativement
conséquent : les allées et venues du professeur Li et la
confection de la cage avaient occupé le quartier durant
plusieurs semaines, et attiré de nouveaux clients. Le
professeur n’aurait cependant pas rechigné à payer le
prix qui aurait dû lui être demandé tant la cage lui
semblait parfaite. Ni trop simple, ni trop compliquée, comme
il l’avait souhaité. C’est pourquoi elle plaisait tant aux
passants, et c’est pourquoi, il en était certain, elle plairait à
l’oiseau.
*
Le lendemain matin, le professeur Li alla voir son
oiseau, déposa deux petits récipients d’eau et de graines
sur le sol de la cage et emporta les mangeoires qu’il vida
et nettoya avec soin avant de se mettre en route. Quoi
qu’en dise le vendeur qui sur ce point restait très
traditionnel, il entendait toujours conserver les anciennes
mangeoires tout en en ajoutant de nouvelles, et répartir
les deux lots entre les deux niveaux de la cage. L’oiseau
avait l’air un peu plus pensif que d’habitude, mal réveillé,
et le professeur se dit avec joie qu’il serait heureux d’avoir
une nouvelle cage, que ce serait un bon jour pour la lui
apporter.
19Le choix des nouvelles mangeoires se i t rapidement.
Le professeur avait déjà repéré celles qui lui plaisaient
le mieux, et il se doutait depuis longtemps qu’elles
formeraient, avec celles qu’il avait déjà, un ensemble tout à
fait convenable. L’artisan découpa de petits morceaux
de bois qu’il colla sur les mangeoires pour les installer
dans la cage, sous l’œil intéressé des commerçants du
quartier.
Le professeur demanda à revoir les oiseaux, mais,
décidément, il n’arrivait pas à trouver de compagnon pour
le sien. Ce dernier les avait d’ailleurs à peine regardés
lorsqu’il l’avait amené, et le professeur ne voulait pas
faire d’erreur. Il attendrait de trouver l’oiseau qui
convienne, comme il avait attendu de comprendre quelle
cage convenait.
Après quoi, l’artisan, le professeur et l’épicier
déjeunèrent dans une petite cantine juste en face. L’épicier,
qui conduisait et jugeait plus prudent de ne pas
transporter la cage dans le métro ou même en taxi, s’était
arrangé pour que son commis garde la boutique tandis
qu’il ramènerait le professeur chez lui. Il avait surtout
très envie de voir l’oiseau dans cette nouvelle cage.
Les trois hommes recouvrirent soigneusement la cage
avec un tissu très épais et des sacs-poubelle, et le professeur
Li la prit sur ses genoux à l’avant de la voiture, pour éviter
qu’elle ne tombe.
C’était le printemps. Les arbres étaient couverts de
l eurs, et de petites boules de pollen l ottaient dans l’air
poussiéreux. L’épicier conduisait plus lentement que
d’habitude mais les rues étaient désertes et ils furent vite
arrivés devant l’immeuble. Les deux hommes passèrent
le portail, et le professeur désigna la cage au gardien
d’un petit signe de tête entendu et joyeux.
20Ils s’engouffrèrent dans l’ascenseur, et arrivèrent eni n
devant l’appartement. Curieusement, il n’y eut aucun
bruit, aucun sautillement lorsqu’ils ouvrirent la porte, et
le professeur se dit que l’oiseau avait senti la présence
de l’épicier et n’en était peut-être pas très content. Tout
en invitant son hôte à passer dans le salon tandis qu’il
allait poser la cage dans le bureau, il se demanda comment
il pourrait l’éloigner ai n d’installer l’oiseau
tranquillement.
Et là, sur le seuil de la porte, il s’arrêta net. Le petit corps
fragile de l’oiseau reposait, sans vie, au milieu de sa cage
carrée, le bec baigné par un rayon du soleil qui brillait
derrière la vitre entrouverte.Composition CMB Graphic.
Achevé d’imprimer
sur Roto-Page
par l’Imprimerie Floch
à Mayenne, janvier 2013
Dépôt légal, janvier 2013
Numéro d’imprimeur : 83467.
ISBN : 978-2-07-013977-4/Imprimé en France.
248695


Les fleuristes
Virginie Bouyx











Cette édition électronique du livre
Les fleuristes de Virginie Bouyx
a été réalisée le 24 janvier 2013
par les Éditions Gallimard.
Elle repose sur l’édition papier du même ouvrage
(ISBN : 9782070139774 - Numéro d’édition : 248695).
Code Sodis : N54403 - ISBN : 9782072482526
Numéro d’édition : 248697.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

2084. La fin du monde

de editions-gallimard

Le nouveau nom

de editions-gallimard

La sœur

de editions-gallimard

suivant