//img.uscri.be/pth/c3a8f7de0f625baa57c3da8c2e641519d3af118f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB - PDF

sans DRM

Les Origines d'un cauchemar

De
180 pages

Elle ouvrit soudain les yeux. Sarah ne savait pas ce qui l'attendait. Elle ignorait encore que, dans un instant, sa vie allait complètement basculer dans l'horreur, dans la perversité et la peur ! Tout à coup, un tueur sanguinaire pénétra dans la pièce dans laquelle elle était attachée...


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-00821-6

 

© Edilivre, 2017

Chapitre 1
Pourquoi moi ?

J’ouvre les yeux, il fait sombre. J’entends du bruit, je ne suis pas seule. Je suis ligotée. Mes bras, mes jambes et ma bouche sont recouverts de papier collant affreusement solide. Qu’est-ce que je fais ici ? J’ai déjà regardé des films d’horreur ressemblants à cette situation. Dans ces films, celle-ci était toujours suivie de viols, de meurtres ou de torture. Mon Dieu, que va-t-il m’arriver ? Qu’ais-je fait ? Me rappelant alors que d’autres personnes étaient ici, j’ai essayé de leur parler, ce qui a ressemblé à un murmure mélangé à un fredonnement. Plusieurs autres personnes ont donné l’impression de vouloir me répondre mais en vain. Eux aussi doivent être dans le même état que moi… J’ai toujours mes vêtements sur moi mais mon portable, qui était dans ma poche droite, n’y est plus. J’avais également, dans une des poches de mon jeans, un peu de monnaie et un élastique à cheveux, enfin comme d’habitude je suppose. Ceux-ci ont disparus eux aussi.

D’un coup, la lumière s’est allumée ! Sur un léger « clic ». Après un agressif picotement dans les yeux j’ai pu apercevoir que nous étions une dizaine de personnes assises à même le sol en cercle, ligotés tels des cochons sur le point de se faire égorger ! Devant une porte semi-entrouverte se dressait, debout, un homme entièrement vêtu de noir. Il portait des bottes en cuir assez abimées (noires), un vieux pantalon noir à moitié caché par ses bottes et par une longue veste qui, elle non-plus, n’étais pas toute neuve. Il portait également un chapeau dans le genre chapeau de pêcheur et une écharpe qui lui recouvrait la moitié du visage (son menton, sa bouche, son nez, ses joues). Il tient un couteau dans sa main ! Mon cœur se met à battre encore plus fort qu’avant !

– Oh non, il me regarde ! Il a dû voir que je l’observais.

J’ai détourné mon regard vers les autres personnes…

– Oh non ! Mais… ce sont mes voisins !

*
*       *

J’étais bien assise juste à côté de Jean-Claude qui, lui, était assis à côté de sa femme Marie-Louise. Un vieux couple marié depuis 26 ans cette année et dont les enfants sont déjà partis de la maison pour vivre leur vie. Ils habitaient juste à côté de chez moi. Juste à côté d’eux se trouve Sylvain le garçon plutôt discret de la rue. Est-il comme cela parce qu’il est homosexuel ? Vas savoir… Il en est peut-être gêné, qui sait. À côté de Sylvain, c’est Clara, celle avec qui je m’entends le mieux dans la rue. C’est ma meilleure amie depuis l’enfance. Nous nous étions toujours promis d’habiter dans la même rue quand nous achèterions une maison. La personne qui est à ma droite c’est Mamadou, il n’est pas souvent à sa maison car il est africain donc il retourne de temps en temps au pays voir sa famille. De plus, il doit beaucoup travailler quand il est ici, mais en tout cas il est très sympathique et toujours prêt à rendre service. Celui qui a été placé à côté de Mamadou, c’est Arnaud. Lui, c’est plutôt le garçon véreux qui n’a qu’un seul sourcil car les deux se rejoignent et des cheveux affreusement gras. Il est professeur en cinquième primaire dans une école pas très loin de notre rue. À mon avis, il ne doit pas être le plus sympa des profs’ ! (ni le plus amusant). À côté d’Arnaud c’est une très vieille dame que nous appelons tous « Mamie Ly » mais en réalité elle s’appelle Gislaine. On l’appelle Mamie Ly parce qu’elle doit avoir nonante ans, au moins, et elle ne bouge jamais de son lit. Bien-entendu, une fois atteint la nonantaine, il est déjà très dur de faire quoi que ce soit mais cette femme a une difficulté en plus : elle a des problèmes de circulation au niveau des jambes et cela la rend en plus très vulnérable donc elle attrape toutes sortes de maladies. Il parait qu’elle était coiffeuse avant. Je me suis souvent demandée pourquoi elle n’avait pas été placée en maison de retraite. D’après Clara, elle tient absolument à mourir chez elle. Si nous avons tous été enlevés, je me demande bien comment cet homme a fait pour enlever Mamie Ly car elle est surveillée en permanence par des médecins, des urgentistes, des aides-soignants,… À côté de Mamie Ly c’est Katty, la bien gentille rouquine âgée d’une soixantaine d’années, c’est un peu ma Mamie-gâteau. Elle tient une boulangerie à quelques pâtés de maisons de notre rue. Et enfin, celle qui a été placée juste à côté de Katty c’est Julie. Julie habite chez Katty le temps des cours. Comme elle ne possède pas assez d’argent pour louer un kot, elle loue une chambre chez ma voisine. Cette étudiante a beaucoup de chance d’être tombée sur une Mamie-gâteau comme elle. Katty nous a raconté qu’elle avait beaucoup de chance elle aussi d’avoir une jeune fille comme Julie à la maison parce qu’elle est toujours de bonne humeur, elle est toujours serviable, toujours souriante,… Katty a toujours apprécié la compagnie des plus jeunes.

Nous habitons tous dans la même rue, chacun dans une maison qui nous définit bien et pourtant nous sommes tellement différents.

Moi, je travaille dans le dessin, les illustrations et cetera… J’en fais de toutes les sortes mais la plupart du temps ce sont des dessins dans le style couverture de livres pour enfants. J’ai 26 ans. Je vis dans une belle maison avec mon compagnon Nicolas. J’imagine qu’il ne se trouve pas dans cet enfer bien réel parce qu’il est en voyage d’affaires pour son travail… j’espère. Il travaille dans les affaires ce qui n’est pas toujours agréable pour moi surtout lorsqu’il doit faire des heures supplémentaires, par exemple, mais au moins cela nous permet de vivre aisément. Ça fait 6 ans que nous sommes ensemble mais seulement 1 an que nous avons acheté la maison et vivons à deux, en amoureux.

*
*       *

Soudain, me tirant de ma rêverie, cet homme entièrement vêtu de noir poussa un grognement digne d’un sanglier. Il sera plus amplement son couteau, se mit à genoux devant Jean-Claude et lui arracha le papier collant qu’il avait sur la bouche à l’aide de son couteau.

– SARAAAAAAAAAAH ! Jean-Claude s’est-il mit à crier, hurler même. Mais pourquoi était-ce mon nom qu’il a appelé et pourquoi pas le nom de sa chère et tendre épouse qu’il ne verra sans doute plus, à moins qu’au paradis ?

D’un coup, l’homme en noir lui a planté le couteau au beau milieu de la poitrine ! Des hurlements de frayeurs se sont fait entendre dans l’esprit de chacun d’entre nous. Ensuite, ce fut le tour de Marie-Louise de se faire poignarder. Je ne veux pas regarder, je ferme les yeux mais en vain car j’entends ses cris qui me font imaginer les images de ce tragique décès. C’est affreux. Pourquoi ? Pourquoi nous ? Soudain, plus rien. Un calme stressant se répand dans la pièce. J’ouvris un œil, puis l’autre. L’homme au couteau me regarde. Je referme les yeux. Sylvain se met à hurler à son tour. Je sens quelque chose d’humide gicler sur moi. Du sang ! Que de bruits affreux retentirent dans cette pièce lugubre et sombre.

– SARAAAAAH ! Se mit à crier Clara.

– OHH NON PAS CLARA !! Ais-je hurlé dans ma tête mais ça ne sert à rien, à cause de ce fichu papier collant aucun mot ne sort de ma bouche. Une larme prit naissance dans mon œil puis coula le long de ma joue en sanglot. Plus aucun bruit, j’ouvre tout doucement les yeux, le tueur me regarde avec hésitation, je pris peur. Il s’approche de moi. Il caresse ma joue avec son doigt pour effacer la larme. Il réfléchit un instant en me regardant droit dans les yeux – son regard me dit quelque chose – avec tendresse puis changea d’expression comme si quelque chose lui revenait à l’esprit si bien qu’il me regarda avec une haine profonde, me caressa la joue avec son couteau cette fois et se relève. Il se dirige vers Julie ! Lui arrache le papier collant qu’elle a sur la bouche, prit un élan avec son bras et lui plongea son couteau au beau-milieu de l’épaule. Je suis terrifiée. Je ferme les yeux mais je vois toujours. Je m’imagine encore les images tellement les cris sont forts. Je ressens ses douleurs comme si elle me les envoyait par pensée. Ensuite, plus rien. Je ressens en moi qu’elle est morte. C’est un sentiment horrible. Katty se mit à hurler à son tour ça n’en finit pas. J’entends à nouveau ce bruit purement dégueulasse de sang qui gicle et une odeur immonde enveloppait la pièce. Ensuite vint le tour de Mamie Ly suivie d’Arnaud et enfin de Mamadou. Il se redresse, debout de tout son long, comme fier de lui… soudain un sentiment de remord l’envahit. Comme s’il venait de se rendre compte de ses actes, se rendre compte qu’il vient d’arracher leurs vies à de pauvres innocents. Il regarde son couteau recouvert de sang avec désapprobation et me regarde par après avec envie, s’avance vers moi, s’agenouille devant moi et coupe les papiers collant avec lesquelles je suis liée. Il enleva le papier collant de façon à ce que je ne puisse pas parler et s’échappa en courant vers la grande porte devant moi. Après cela, j’entends un bruit de voiture s’échapper. Je regardais les corps sans vie de mes voisins. Pourquoi leur a-t-il fait cela ? Mais surtout : pourquoi m’a-t-il laissée en vie ? Pourquoi moi ?

Chapitre 2
Traumatisée

Je me lève.

Complètement sous le choc mais à la fois dépêtrée. Je regarde à nouveau tous ces pauvres innocents qui ont été sauvagement abattus et si cruellement arrachés de leurs existences. Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. J’essaie de parler mais les mots restent coincés au fond de mon thorax. D’un coup, je me retrouve par terre. Inerte. Je ne sais plus quoi faire… Je suis sans doute restée un bon moment sur le sol, j’ai l’impression d’avoir complètement perdu la notion du temps et de l’équilibre. Je décide finalement de me lever, principalement à cause du désagrément de l’odeur immonde. Je suis debout. Ma tête se met à tourner et je vois flou. J’attend deux minutes que ça passe. J’ouvre les yeux. Je suis par terre. J’ai une bosse sur la tête. Je m’assois sur le sol en me disant à moi-même d’aller plus doucement. Ma tête tourne encore mais un petit peu moins. Je pose mes mains par terre pour m’aider à me relever et me revoilà debout. Cette fois, ça va mieux. Je fais un pas vers l’avant en essayant de ne pas écraser de tout mon poids le corps sans vie de Clara. Une fine larme s’échappe de mon œil droit. Je l’essuie et, soudain prise d’une lueur de courage je me suis dit qu’elle n’est pas encore morte, que je peux encore faire quelque chose pour la sauver parce que je ne veux pas m’avouer qu’elle est morte ! Je décide de la prendre, de la porter. Je vais l’apporter à l’hôpital et ils vont la guérir ! Elle est lourde. J’arrive enfin à la porte. Ça va, elle est encore ouverte ! En l’ouvrant je découvre avec stupéfaction qu’il s’agit d’une maison. Une maison plutôt ancienne apparemment. Les tapisseries sont de couleur brun clair et c’est encore plus moche que dans l’ancienne maison de ma grand-mère ! Il fallait absolument que je sorte parce que sinon j’avais l’impression qu’elle allait me bouffer, nous bouffer ! Il y a pleins de vieux objets partout, des statuettes comme de vieux livres mais je suis bien étonnée de remarquer que cette maison est plutôt propre. Un peu plus loin, il y a un fauteuil d’une seule personne au beau milieu d’une pièce sur un tapis peuplé de motifs bizarres devant une vieille télévision sans doute des années septante. Ça me dégoute ! Celle-ci est placée juste à côté d’une ancienne cheminée. Je cherche la sortie avec un stress insatiable !

J’arrive enfin dans le couloir. J’ai fortement la tête qui tourne. Je fini enfin par trouver une porte de sortie, elle est ouverte. Je me met à courir comme je peux ! Je respire enfin l’air frais ! Je suis enfin sortie de cet endroit ! Je dépose Clara par terre et voulu appeler l’ambulance mais je n’ai plus mon portable, ce salaud me l’avait prit.

– Hé mais je connais ce buisson… et cet arbre… et cette maison… et…

Il s’agit de la rue juste à côté de celle où j’habite…

Maintenant que je sais où je me trouve, mon instinct m’ordonne de rentrer chez moi. J’appellerai une ambulance à la maison. Je commence à marcher puis soudain je me met à courir sans vraiment le vouloir. J’arrive devant ma maison, la porte est ouverte ! Je la referme avec mon dos, m’appuyant contre. Les meubles sont toujours en place, rien n’a changé d’après ce dont je me souviens.

Me rappelant que le tueur sait où j’habite, je me suis retournée pour verrouiller la porte et m’en suis éloignée précautionneusement. Je tremble. Je me sens ivre de fatigue. J’entends soudain un bruit venant de la cuisine ! Je suis bien trop fatiguée pour aller voir et j’ai déjà la peur qui me ronge le ventre. Je suis sûre et certaine qu’il n’est pas ici. Je monte dans ma chambre et agrippe le téléphone qui s’y trouve. Je compose le numéro d’urgence, une femme ouvre la conversation en me disant que je suis bien sur la ligne du service des urgences. Dépêche, dépêche !

– Elle… elle ne peut pas… pas être morte ! Bégayais-je. Il faut sauver Clara ! Elle est dev… devant la maison, ajoutais-je avec mon dernier souffle.

– Où vous trouvez-vous ? Me répondit-elle. Je lui donnais l’adresse de cette maison dans la rue à côté de la mienne. Elle m’ordonne de ne pas bouger, je lui répondis que cela ne risquait pas, je ne le pouvais tout simplement plus.

– Nous envoyons une ambulance ! Et c’est à ce moment que je m’évanouis.

Lorsque je me réveille dans un énorme sursaut. Je viens juste de revivre ces meurtres et il allait… Il allait me tuer ! J’ai l’impression d’avoir dormi des jours entiers mais nous n’étions que le lendemain. Le quatre juillet à 16h22. Il me semble bien avoir entendu une ambulance dans mon sommeil perturbé.

Nicolas revient de son voyage d’affaires demain ! J’ai tellement hâte de le revoir il me manque tellement ! Je suis morte de peur dans cette grande maison, seule, sans sécurité ni réconfort aucun.

D’un coup, je me sens affreusement mal. Je n’ai plus de voisins ! Ils sont tous morts. Tous les habitants de ma rue sont morts… tous… sauf moi ! (et mon compagnon qui est parti en voyage d’affaires pour son travail). Je crois que je vais vite appeler Nicolas au cas où. Je sens au fond de moi que lui aussi est encore en vie mais j’aimerais tout de même m’en assurer. J’agrippais le téléphone que je serais très fort dans la paume de ma main.

– Allo Nicolas chéri ?

– Ma puce c’est toi ? Tu vas bien ? Je n’ai pas le temps de parler là je suis à une réunion très importante, désolé, bisous à plus tard.

Je me suis soudain de nouveau surprise en train de me bercer. Nicolas va bien et c’est un soulagement mais conversation me contrarie légèrement, d’autant plus que non, ça ne va pas bien ! Il connait mon adresse, il peut venir quand ça le chante ! Et je suis coincée seule dans cette maison stressante. Un sentiment d’abandon m’envahit.

– Bon je vais prendre un bon bain, ça me fera sûrement beaucoup de bien, je l’espère. Une fois atteint la température idéale, j’émerge dans cette eau délicieuse afin de me détendre, me relaxer et être propre. Avant d’entrer dans ce bain, je sentais le cochon éventré.

Non ! Je n’arrive pas à me relaxer ! Je revois encore tous mes voisins en train de se faire étriper par un homme dégueulasse et sans pitié. Les images n’arrêtent pas de tourner dans ma tête. Elles me hantent. Ils sont tous morts, tout ça pour des raisons que j’ignore, et que j’espère bientôt découvrir… Mais comment ?

Bon apparemment, prendre un bain ne m’aide pas. Je vais tenter de m’occuper l’esprit pour ne plus y penser du moins pour le moment. En me séchant je remarque de nombreuses taches de sang très difficiles à faire partir. Je me surprends de nouveau moi-même à me border ! Je descends la maison avec mon essuie noué au-dessus de ma poitrine et allume la télé tout en me câlinant moi-même avec mes bras. J’avais peur… Même en plein jour, même en regardant la télé, j’avais peur… Peur qu’il revienne me chercher peut-être ? Ou peut-être même peur qu’il me torture ? Je ne sais pas mais j’avais très peur. Tout ce que je voulais c’était que Nicolas revienne, il me manque !

Il faut que j’aille à la police ! J’espère qu’eux sauront quoi faire…

Mais avant tout il faut que j’aille à l’hôpital voir Clara ! Si elle est bien là-bas il faut que j’aille la voir. En m’y rendant en voiture j’avais les mains qui tremblaient légèrement sur le volant. Cela me fit stresser, un faux mouvement et me voilà morte moi aussi. Mais Clara n’est pas morte, impossible, je sais qu’elle est en vie ! En entrant à l’hôpital, comme prise de panique, l’homme chargé de l’accueil me demanda d’abord s’il me fallait un médecin, je lui répondis en bégayant que je voulais juste voir une patiente, si elle vit toujours. Il regarda dans son ordinateur. Oui elle est bien ici ! Le poids qui tomba de mes épaules est inimaginable ! Je pouvais enfin respirer !

– Elle est actuellement entre deux interventions, elle en a subi une hier dans la soirée et demain ils vont devoir poursuivre.

– Je peux la voir ?

– Malheureusement personne n’est autorisé à entrer dans sa chambre de repos mais si vous le voulez-vous pouvez la voir au travers de la vitre de la chambre.

– Avez-vous prévenu ses proches ?

– Non mademoiselle.

– Je vais appeler son père !

– Je vous rappelle qu’il est interdit d’utiliser votre portable dans l’hôpital. Me sermonna-t-il.

– Je n’en ai même plus ! On me l’a pris…

– Si vous le voulez-vous pouvez utiliser celui-ci.

– Pas de téléphone dans l’hôpital ?

– Les lignes fixes sont autorisées…

– Allo ? Fred ? Je t’en prie assied-toi pour entendre ce que j’ai à dire…

*
*       *

J’étais devant la chambre de Clara à la regarder patiemment quand Fred m’a rejoint en courant.

– Sarah ! Dieu merci toi tu n’as rien.

– Moi non mais… Clara…

Il avait les yeux qui se mouillaient et je vis une larme prendre naissance dans son œil. En le voyant je m’effondrais en pleurs. Il me prit dans ses bras et je l’entendis pleurer lui aussi.

– Que… que s’est-il passer ? Me demanda-t-il.

– Je ne sais pas vraiment, tout est allé très vite. Il y avait un homme très sombre, habillé tout en noir. Il est entré dans… dans une pièce où nous étions tous ligotés et… et…

– Es-tu déjà allée à la police ?

– J’hésite encore à y aller…

– Il faut que tu y ailles ! S’ils découvrent le lieu avant toi… ! Me conseilla-t-il.

– Oui tu as raison. J’y vais.

– Ça va aller ? S’enquit-il. Il voyait que je tremblais.

– Oui, ça ira. Ne t’en fais pas.

Je crois que je fais bien d’écouter ses conseils.

J’ai pris de nouveau ma voiture et me suis rendue à la gendarmerie en stressant. Et s’ils m’arrêtent pensant que c’est moi qui les ai tués ? Ou encore s’ils croient que je suis complice ? Et s’ils trouvent ça louche que je n’y suis pas allée juste après être sortie de là ? Oh mon Dieu que va-t-il se passer ? Mais si Fred le dit, il faut que j’y aille.

Je suis garée juste devant la gendarmerie mais j’hésite encore à y aller. Non, il faut que j’y aille ! Car s’ils découvrent par après mon ADN sur les lieux du crime ils vont automatiquement me suspecter mais si j’y vais, ils ne vont pas comprendre pourquoi je n’y suis pas allée hier… Je décide finalement d’y aller et prie de tout mon cœur pour que ça se passe bien. Je sors de ma voiture, je rentre à l’intérieur et demande à voir quelqu’un, un inspecteur ou un spécialiste, toujours un peu angoissée. Très vite, je me suis retrouvée devant un spécialiste à expliquer tout ce qu’il s’est passé dans une minuscule pièce remplie de caméras et de micros, comme à la télévision. Tout s’est bien passé. Ils ont cru à toute l’histoire et ensuite nous sommes allés en voiture de police jusqu’à la maison des crimes, je n’ai pas osé rentrer à l’intérieur. Je ne le pouvais pas, pas maintenant. Ils ont pu constater avec effroi que tout ce que je leur avais dit était vrai. Ils ont fait venir plusieurs ambulances pour transporter les corps jusqu’à l’hôpital pour les faire analyser. Tandis que tout le périmètre de la maison a été bouclé par des banderoles de scène de crime.

Le lendemain matin après une nuit difficile pleine de cauchemars inimaginables j’étais en train de faire du café quand Nick est rentré de son voyage d’affaires, j’étais tellement heureuse et émue de le revoir que je lui ai sauté au cou et l’ai embrassé partout sur le visage, il était tellement heureux lui aussi – j’adore ces moments là – il m’a demandé comment cela se faisait que j’étais aussi heureuse de le revoir cette fois-ci puisque d’habitude j’étais aussi très contente mais pas à ce pont. Et je l’avoue moi-même. Je me sentais rassurée qu’il soit rentré. Il m’a demandé lorsque nous buvions notre café comment s’étaient passées mes deux semaines et s’il s’était passé quelque chose et par pure politesse comment allait Clara. Je lui ai tout expliqué, et lui ai surtout fait comprendre que je ne comprenais pas pourquoi moi il m’avait laissée en vie. Il n’en revenait pas. Évidemment, il n’était pas passé devant la maison pour revenir de son voyage, il est arrivé par l’autre côté, il n’avait donc pas vu la maison. Je suis tombée totalement en pleurs dans ses bras, il me consolait en essayant de ne pas pleurer mais je sais qu’il avait dur de se retenir. Il me caressait de la racine des cheveux jusqu’au bas de mon dos et d’un coup m’a serrée très fort contre lui et m’a murmuré à l’oreille : « Imagine qu’il t’ait tuée toi aussi, tu te rends compte ? Je me serai retrouvé seul au monde… dans cette grande et vide maison recouverte de tes dessins et de tes œuvres fignolées avec soin et amour. Tu m’aurais tellement manqué, je me serrai retrouvé sans ton éternel amour, sans ton affection, sans ton savoir-faire, sans toutes tes petites attentions et j’en passe… Mais nous avons, j’ai de la chance – une énorme chance – tu es en vie ! Si ce tueur a décidé de te laisser une deuxième chance, il a décidé de te laisser en vie, c’est pour que tu en profites. Pour que tu ailles de l’avant. Pour que tu profites de la vie à fond et sans regarder derrière, sans regarder au passé, sans te lamenter et te plaindre sur ce qu’il s’est passé. Il veut peut-être même que tu oublies tout ça ».

Je ne sais pourquoi mais j’ai l’impression que ces paroles changeront beaucoup de choses dans mon esprit, comme si elles avaient fait le vide dans ma tête à la place de mon cerveau qui lui aurait pris au moins quelques semaines voire même quelques mois. Je me suis sentie mieux et je sais que ce qu’il vient de dire est vrai.

Il me dit ensuite qu’il aimerait aller jeter un coup d’œil à la maison où se sont déroulés les meurtres vite-fait et parler aux policiers si c’est possible. Je l’attends tranquillement à la maison en finissant de préparer à mon aise le café que j’avais commencé (je sais qu’il adore ça). Dès qu’il est revenu, nous avons pris une tasse ensembles et il m’a expliqué qu’il a pu parler aux policiers qui étaient sur place car ils savent bien que Nicolas est mon compagnon et dès qu’ils ont du nouveau sur l’assassin nous pourrons passer au poste de police quand on...