Les Pays lointains

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Ayant quitté un Londres sinistre et après une traversée difficile avec Mrs. Escridge, sa mère ruinée, à seize ans, Elizabeth arrive à Dimwood, riche plantation de Géorgie où un parent, William Hargrove, les recueille. Vont-elles l'une recommencer sa vie et l'autre commencer la sienne dans ce pays inconnu où l'hiver n'existe pas, au milieu des magnolias et des roses ? La plantation heureuse cache, cependant, bien des drames. En 1850, les Etats-Unis n'ont jamais été aussi près d'une rupture entre Sud et Nord. La Sécession est dans l'air. Elizabeth croit que rien n'arrive jamais, lorsque, un soir de bal, elle voit Jonathan. Bien entendu, c'est toujours la personne qui n'est pas pour vous, celle ou celui contre qui on vous met en garde, l'ennemi en somme, qui fait battre votre cœur. L'amour ne connaît aucun interdit.


La vie, autour de la jeune Anglaise dont la beauté blonde fait des ravages, s'organise à Savannah, puis en Virginie chez un ami de la famille, " Oncle " Charlie. Là, c'est le tourbillon des fêtes de la société, et la foule des jeunes cousins et cousines, des amis, des serviteurs des Noirs parmi lesquels Betty, vieille femme maternelle, dévouée de tout son âme, et une énigmatique Galloise, Miss Llewelyn, qui régente la plantation de Dimwood et joue secrètement les entremetteuses pour Elizabeth et Jonathan. Celui-ci a épousé une belle femme riche qui a dans les veines un peu de sang noir. Aussi a-t-elle emmené son jeune époux en Europe, à Vienne, où cela n'a aucune importance pour être " reçue ".


En virginie, dans le domaine de Charlie Jones, Elizabeth répond à l'amour de Ned, le fils encore étudiant de son fastueux tuteur. Mais sans oublier Jonathan. Et elle s'interroge : " Peut-on aimer deux hommes à la fois ? " C'est le destin qui en décidera...



Apparenté à toutes les grandes familles du Sud, ayant passé une partie de sa jeunesse dans son pays lointain, Julien green raconte, dans ce livre plain d'amour et de fureur, l'aventure d'un être de désir, car il s'agit pour Elizabeth de posséder la vérité dans une âme et un corps.




Publié le : mercredi 25 février 2015
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EAN13 : 9782021232530
Nombre de pages : non-communiqué
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De parents américains originaires des États du Sud, Virginie et Géorgie, fixés en France depuis 1885, Julian Green est né à Paris en 1900. En 1916, le jeune protestant se convertit au catholicisme. En 1917, il s’engage dans les ambulances américaines et part pour le front, en Argonne d’abord, puis étant donné son jeune âge est renvoyé dans ses foyers. Mais il se rengage pour la Croix-Rouge américaine sur le front italien. En 1918, il est alors détaché comme aspirant dans l’armée française et démobilisé en 1919. Son père l’envoie achever ses études aux États-Unis, son pays, qu’il ne connaît pas encore. À l’Université de Virginie, 1919-1922, il écrit son premier récit,L’Apprenti psychiatre, aussitôt publié, et noue des amitiés qui dureront toute sa vie. De retour en France, à partir de 1924, il publie romans, essais, théâtre et son célèbreJournal. Décédé à Paris le 13 août 1998, Julien Green est une des figures majeures de la littérature française. Il laisse une œuvre importante, romans et théâtre, et son e Journal, qui traverse tout le XX siècle. Il avait francisé son prénom de Julian en Julien, sur les conseils de Gaston Gallimard, qui fut son premier éditeur.
DU MÊME AUTEUR
Œuvres complètes Vol. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 La Pléiade, 1971, 1973, 1975, 1976, 1977, 1990, 1994, 1998 et Album Green, 1998 Pamphlet contre les catholiques de France Suivi deCe qu’il faut d’amour à l’homme Fayard, 1996 L’Autre roman Fayard, 1994 o et « Le Livre de poche », n 14042 Frère François (Vie de François d’Assise) biographie Seuil, 1983, 2005 o « Points Biographie », n 8 o et « Points », n P325 Paris essai Fayard, 1995 Si j’étais vous Fayard, 1993 o et « Le Livre de poche », n 13834 Mont-Cinère roman Fayard, 1996 o et « Biblio romans », n 3450 Histoires de vertige nouvelles Fayard, 1997
L’Autre sommeil roman Fayard, 1994 o et « Le Livre de poche », n 14200 Léviathan roman Fayard, 1993 o et « Le Livre de poche », n 3420 Chaque homme dans sa nuit roman et Fayard, 1997 Le Visionnaire roman Fayard, 1994 o et « Le Livre de poche », n 828 Le Malfaiteur roman Fayard, 1995 o et « Le Livre de poche », n 14336 Le Langage et son double essai o « Points Essais », n 190, 1987 et Fayard, 2004 Suite anglaise essai et Fayard, 1995 Le Mauvais lieu roman Fayard, 1995 o et « Le Livre de poche », n 14336 Sud théâtre Seuil, 1988 o et Flammarion bilingue, n 1369 Le Voyageur sur la Terre nouvelles Fayard, 1997
Liberté chérie essai Seuil, 1989 Les Étoiles du Sud roman Seuil, 1989 o et « Points », n P1991 Moïra roman Seuil, 1989 et Fayard, 1997 Journal du voyageur (avec 100 photos par l’auteur) Seuil, 1990 L’Homme et son ombre essai bilingue Seuil, 1991 Jeunes Années autobiographie Seuil, 1992 Épaves roman Fayard, 1994 o et « Le Livre de poche », n 13855 Minuit roman Fayard, 1994 o et « Le Livre de poche », n 13911 Adrienne Mesurat roman Fayard, 1994 o et « Le Livre de poche », n 3418 Dixie roman Fayard, 1994 o et « Points », n P280
TEXTE INTÉGRAL
ISBN 978-2-0212-3253-0
re (ISBN 2-02-009596-3, 1 publication) re (ISBN 2-02-011527-1, 1 publication poche)
© Éditions du Seuil, avril 1987
Cet ouvrage a été numérisé en partenariat avec le Centre National du Livre.
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
A la mémoire de ma mère, fille du Sud.
1
DIMWOOD
CHAPITRE I
Elizabeth avait juste seize ans quand elle vit la plantation pour la première fois, au cœur d’une nuit d’avril toute retentissante du chant des grenouilles, et d’abord elle eut peur. La main dans celle de sa mère qui pleurait, elle gravit d’un pas timide les longues marches de la véranda entre deux magnolias géants. Il lui sembla qu’elle n’arrêtait pas de monter et qu’elle n’arriverait jamais jusqu’à ce monsieur vêtu de noir accompagné d’un serviteur noir qui portait un flambeau. Grand et droit, le visage rose, mangé par d’épais favoris qui rejoignaient la moustache, il ouvrait les bras avec un large sourire. — Bienvenue à Dimwood », s’écria-t-il en prenant les deux mains de Mrs. Escridge dans les siennes et, penché vers Elizabeth, il l’embrassa. « Ma petite violette d’Angleterre, vous allez aimer notre Sud, fit-il en frôlant de son visage les joues fraîches qui tentaient de se dérober au chatouillement de tout ce poil. Et tout à coup, dans l’entrée, une sorte de tumulte joyeux accueillit les nouvelles venues. Des dames en robe blanche s’élançaient vers elles et, dans une bousculade de paroles, des baisers furent échangés sans fin. Une sorte d’étourdissement s’emparait d’Elizabeth devant ces yeux brillants de curiosité qui se fixaient sur elle et l’entouraient comme d’une barrière. Elle se sentait à la fois heureuse et perdue dans un rêve inexplicable. Parfois la voix de sa mère arrivait jusqu’à elle dans des gémissements et des exclamations où se reconnaissaient par lambeaux leur voyage et leurs malheurs de famille. Jetée comme un oiseau de nuit en pleine lumière, la jeune fille se trouva presque aussitôt dans une salle éclairée par des lampes posées sur des consoles devant de grands miroirs qui montaient jusqu’aux moulures des corniches. Une envie subite de fuir la saisit et elle se dirigea vers une porte ouverte, mais déjà deux jeunes hommes couraient de son côté. — N’essayez pas de vous sauver ! cria l’un d’eux avec un éclat de rire. Vous êtes notre prisonnière. A peine plus grand qu’elle, il semblait presque un écolier avec ses cheveux en désordre et son nez en l’air. « Je suis votre cousin Billy Stevens, dit-il. Et, sans façon, il posa sur la joue d’Elizabeth une grosse bouche un peu humide qui la fit tressaillir. Se tournant vers son compagnon, moins exubérant, il lui dit : « Avance, Fred, qu’est-ce que tu attends ? Fred en effet s’était arrêté à quelques pas de la jeune fille qu’il regardait avec un demi-sourire. Dans un beau visage étroit, les yeux aux larges prunelles noires étaient visiblement agrandis par la surprise ou l’admiration, et il hésita une seconde avant d’aller tendre gauchement la bouche vers le nez, l’oreille, les paupières ou n’importe quelle partie de cette petite figure apeurée qui ne fût pas la bouche et ce fut la bouche qu’il frôla des lèvres par inadvertance. Tous deux rougirent pendant que, derrière eux,
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