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les pieds dans le bourbier

De
169 pages
Les pieds dans le bourbier Les gares sont des endroits de passage, de rencontres. On y trouve des voyageurs en transit, des cadres pressés et des gens perdus. Ce sont aussi des lieux où l'on reste, où l'on déambule, où l'on vit. C'est ce que se dit l'inspecteur Lapalisse quand il se voit confier cette étrange enquête : un mystérieux individu qui colle des affiches. L'affaire paraît banale. Pourtant, elle inquiète les autorités qui veulent tout faire pour y mettre un terme. Vraie inquiétude ou sanction disciplinaire, Lapalisse hésite. Il découvrira au cours de ses déambulations tout un microcosme aggloméré autour d'une gare. Vrai chemin de croix, l'enquête le mènera jusque sur les plages bretonnes où la surprenante vérité éclatera.
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Les pieds dans le
bourbier
Valéry Le Bonnec
Les pieds dans le
bourbier





ROMAN





Éditions Le Manuscrit













© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7161-6 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748171617 (livre numérique)
ISBN : 2-7481-7160-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748171600 (livre imprimé)









à L.N
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AVERTISSEMENT DE L’AUTEUR :


Attention ! Ce roman peut heurter la susceptibilité de
certains lecteurs. Les personnages sont tous inventés,
quoique inspirés parfois de la réalité. Certains
pourraient donc se reconnaître un défaut, voire deux
défauts (ou plus même mais n’exagérons rien !)
physique(s) ou autre…
L’auteur décline toute responsabilité en cas de
mauvaise humeur prononcée. Le lecteur a tout le loisir
d’abandonner l’objet de son irritation en quelque
endroit qu’il aura au préalable choisi avec soin.
Bonne lecture !
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LUNDI




L’ENTRÉE EN JEU…


MESDEMOISELLES, MESDAMES ET MESSIEURS
LES FUMEURS : MERCI !!!!

Oui, merci à vous qui entretenez si bien, chaque jour,
mon cancer.
Merci de ne pas me faire dépenser mon argent en
cigarettes pour arriver au même résultat que vous.
Merci de me souffler votre fumée toxique dans les
bronches partout où je vais : à la gare, au restaurant,
dans un hall d’accueil…
Encore merci à vous tous !
Et longue vie !

L’inspecteur Lapalisse, chiffonna la feuille de papier
et la jeta en boule dans la poubelle située à un mètre de
son bureau. Elle rebondit sur le rebord du récipient,
hésita quelques secondes et tomba finalement par terre.
Il n’aurait pas fait un bon basketteur, l’inspecteur. Pour
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son retour de vacances, le premier jour commençait
mal. Une affaire, si l’on peut appeler ça une affaire,
l’attendait, toute fraîche, rien que pour lui : les murs des
bâtiments proche de la place Davout, les lampadaires et
autres supports de cette même place, juste en dessous
de la gare RER de Savigny/Orge, étaient constellés de
ces affichettes dont il venait de jeter un exemplaire. Le
texte était soigné, sans faute d’orthographe avec une
pointe d’ironie remarqua t’il dès la première lecture.
Quant à la forme, point de fioriture : un papier à
imprimante tout ce qu’il y a de plus banal, une police de
caractère classique, une première partie en gras et en
majuscule et le corps du texte écrit normalement. Toute
cette banalité désarçonna Lapalisse qui se demandait
comment diable il pourrait résoudre l’affaire !
Seul détail (et pas des moindres dans une enquête de
police) : le scotch. Non pas la boisson ! Le colleur
d’affiches avait utilisé du scotch transparent qu’il avait
manipulé sans prendre la plus petite précaution pour
dissimuler ses empreintes. Si bien que les lignes
arrondies du bout de ses doigts apparaissaient
nettement sur le morceau d’adhésif. En d’autres
circonstances, cela aurait réjoui Lapalisse qui, pour ainsi
dire, détenait la carte d’identité de la personne
recherchée. Là, il savait pertinemment que cela ne lui
servirait à rien. Envoyer cette bandelette de scotch au
laboratoire et la faire analyser par les techniciens
spécialistes de la police scientifique lui coûterait (enfin
pas à lui personnellement) pas mal d’argent et de temps.
Il n’irait même pas demander à son patron cette faveur
imaginant ce qu’il lui répondrait. Quel gâchis !
Mais qu’est-ce qu’on lui demandait au fait ? Une
pauvre histoire de prospectus collés partout sur la place,
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sans aucune espèce d’autorisation, ça arrivait souvent ?
Alors, pourquoi, tout à coup le commissaire l’avait
sommé de résoudre ce mystère dans les plus brefs
délais ?
Assis sur sa chaise pivotante à roulettes, il s’était
donc posé de nombreuses questions qu’il avait notées
sur son carnet :
Le maire de Savigny et le commissaire principal sont
des gros fumeurs, ceci explique t-il cela ?
Le commissaire aurait-il des renseignements que
j’ignore sur un possible suspect ?
Est-ce pour me punir qu’on me refile des enquêtes
de merde ?
Le patron sait que c’est pratiquement impossible de
retrouver l’auteur de cette lettre. Veut-il me montrer
mon incompétence ?
Le maire aurait-il des intérêts à nettoyer au plus vite
sa ville ? Y a-t-il des élections programmées
prochainement ?
Où est la place de l’industrie du tabac dans cette
histoire ? et celle des professionnels de la santé ?
Ne fait-on pas trop de bruit pour rien, finalement ???

On le voit, Lapalisse se posait des questions que l’on
pouvait regrouper en deux catégories : les questions
liées à l’affaire elle-même, à sa nature et à ses possibles
conséquences et les questions liées avec lui-même, son
parcours chaotique dans la police, ses résultats, son
comportement et ses compétences.
Il voulut donc aller s’enquérir auprès du patron lui-
même dans son antre. Celui-ci, un gros bedonnant qui
se levait de sa chaise seulement pour aller pisser ou
boire un café, était au téléphone, encore une fois, à faire
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de grands gestes circulaires et exubérants avec ses longs
bras dépourvus de forme.
De son bureau, Lapalisse pouvait aisément voir
Nonglard – c’était le nom du patron – car il était dans
un « aquarium » comme l’avaient dénommé les peu
originaux autres flics, bien avant que l’inspecteur ne
pointât le bout de son nez dans ce commissariat
particulier. Donc, le cabinet du grand manitou de
Savigny/Orge était richement pourvu de vitres, ce qui
facilitait les contacts et les surveillances de celui-ci sur
ses sbires qu’il avait placés singulièrement selon tel ou
tel fonctionnaire.
Venons donc en sur le commandant. On l’a déjà
écrit, son physique – tout comme celui de Lapalisse
d’ailleurs, mais on le verra plus tard – n’était pas des
plus attirant. Au contraire, la vieillesse l’avait assailli
depuis plusieurs années, l’obésité aussi. A cela, rajoutons
une touche de mauvais goût et une certaine tendance à
la saleté. Mélangez le tout et vous obtenez en moins
d’une minute le commissaire Daniel Nonglard,
deuxième du nom.
Ces quelques caractéristiques étant posées, nous
pouvons aisément comprendre les policiers, gardiens de
la paix et/ou officiers. En effet, ceux-ci évitent au
maximum toute relation avec l’ogre de l’aquarium,
hormis bien sûr les contacts ultra nécessaires, pour la
bonne marche du service. Mais, de son côté, comme
Nonglard détestait marcher, se lever, bref sortir de son
bureau, soit il convoquait ses sous-fifres pour leur
détailler leurs missions, leur remonter les bretelles
(rares) ou les féliciter (encore plus rare), soit, et c’était
plus fréquent, il maillait (du nom mail (courrier
électronique) et non du verbe mailler : tordre, lacer, lier
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