Les Sept Plumes de l'aigle

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Luis A. est né en Argentine. Avant de quitter ce monde, sa mère, une indienne Quechua, lui a légué un savoir millénaire. Est-ce pour la retrouver que Luis, très jeune, est parti sur les routes ?



L'initiation commence dans les ruines de Tiahuanaco, où l'adolescent fait la connaissance d'El Chura, chaman, "homme au plumage de renard". Celui-ci lancera son disciple à la recherche des sept plumes de l'aigle, des septs secrets de la vie. Cette rencontre en entraînera d'autres : celle du "gardien du temps", du vieux Chipès, de doña María, de l'amour, qui est le premier mystère du monde.



Luis A. n'est pas un personnage de roman. Cette quête étrange, tourmentée, d'un savoir et d'une lumière, a bien eu lieu, un jour - une fois -, entre la Sierra Grande, les ruelles de La Paz et le plateau de Machu Picchu.


Publié le : dimanche 25 mai 2014
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EAN13 : 9782021162356
Nombre de pages : 288
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Henri Gougaud est né à Carcassonne en 1936. Homme de radio, parolier de nombreuses chansons pour Jean Ferrat, Juliette Gréco et Serge Reggiani, chanteur, poète et romancier, il partage son temps décrivain entre lécriture de romans et de livres de contes.
H e n r i G o u g a u d
L E S S E P T P L U M E S D E L A I G L E
r é c i t
Éditions du Seuil
T E X T E I N T É G R A L
ISBN2-02-030105-9 (ISBN 2-02-022022-9, 1republication)
© Éditions du Seuil, Avril 1995
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Je vous adjure de laisser tout libre, comme j’ai laissé tout libre. Qui que vous soyez me tenant à présent dans la main, lâchezmoi et partez sur votre propre route. Walt Whitman
J’ai connu Luis A. un jour d’automne à Paris, dans une brasserie proche du faubourg SaintAntoine. J’étais seul. Il était attablé en compagnie de quelques amis. Il parlait. Son ample carrure, son accent sud américain, la force joyeuse et pénétrante de ses paroles surtout, dans le brouhaha de ce lieu ouvert à tous les vents, ont aussitôt attiré mon attention. J’ai tendu l’oreille. Ce qu’il disait m’a paru surprenant et pro fond. Il n’a guère tardé à s’apercevoir que je m’inté ressais à sa conversation. Du geste et du regard il m’a pris à témoin, comme il le faisait avec les autres. J’ai risqué quelques questions, quelques réponses aussi à ses réflexions sur les douleurs et les beautés de la vie. Je me souviens du bref éclat qui a traversé son œil quand il a prononcé, en me regardant droit, le nom dunsaintpoètepersan,Djala¯lalD¯ınR¯um¯ı,quejestimais comme l’un des plus grands bienfaiteurs du monde, mais que je croyais trop peu connu pour avoir la moindre chance d’être un jour cité dans un bistrot, fûtil peuplé de buveurs de mystères. Plus grand encore fut mon étonnement d’entendre cet homme à la chemise largement ouverte malgré les courants d’air piquants me rappeler, en écrasant négligemment son mégot dans un cendrier publicitaire, ces mots de notre maître com mun que j’avais depuis longtemps inscrits dans un car
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net de notes de lecture : « Nous avons traversé les ténèbres de l’océan et l’immensité de la terre. Nous avons enfin trouvé la fontaine de Jouvence. Elle nous attendait patiemment, au cœur de nousmêmes. » Je lui ai spontanément tendu la main. Il l’a serrée en riant. Nous sommes devenus amis.
Il était peintre, restaurateur de tableaux et expert en laque chinoise. Son atelier n’était guère éloigné de cette brasserie où nous nous étions rencontrés. J’ai pris l’habitude de lui rendre visite, de temps en temps. C’était un homme d’une générosité infatigable (il l’est toujours, Dieu le garde !). Il avait exploré un chemin de connaissance qui m’attirait depuis longtemps mais que je n’avais guère parcouru, faute de guide sûr et de carte fiable. Il me fallait, pour entreprendre ce voyage dans les zones obscures de ma propre terre, quelques lumières. Il détenait des informations et des techniques précises héritées de vieilles écoles orales. Il me les a données. Peu à peu cependant au gré de nos journées ont émergé, comme des îles sur la mer, des paysages et des événements de son passé. Ils m’ont paru si captivants que j’en suis venu à l’interroger plus avant sur sa vie. Un jour, je lui ai demandé l’autori sation de poser entre nous le micro d’un magnéto phone. Je ne pouvais plus me fier à ma seule mémoire, elle était trop étroite pour contenir le flot de ses aven tures. Deux ans durant il m’a ainsi raconté ses erran ces, ses rencontres, ses épreuves, ses découvertes.
Ce livre est le fruit de ce qu’il m’a confié, devant d’innombrables tasses de café, dans le plaisir jubilant d’être ensemble.
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