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Les yeux bandés

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Cette histoire se passe en Bretagne...
Abbygaelle Monfort, jeune architecte en pleine ascension décroche de nouveaux contrats tout en menant  une petite vie tranquille auprès de sa famille et de ses amis.
Jo Harry, inspecteur à la criminelle, enquête sur le meurtre d'une femme dont le corps a été retrouvé près de l'immeuble dans lequel travaille Abbygaelle. Un lien étrange lie la victime et la jeune femme, pourquoi ? Abbygaelle voit sa vie chamboulée du jour au lendemain, et se retrouve mêlée à une affaire sordide dans laquelle elle ne maîtrise rien. De vieux démons surgissent du passé, et des meurtres odieux s'accumulent...
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Katell Curcio
Les yeux bandés
© Katell Curcio, 2017
ISBN numérique : 979-10-262-1008-5
Courriel : contact@librinova.com
Internet :www.librinova.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Nous traversons le présent les yeux bandés. (…) Plu s tard seulement, quand est dénoué le bandeau et que nous examinons le passé, n ous nous rendons compte de ce que nous avons vécu et nous en comprenons le sens.
Milan KUNDERA
A Christine, A Michèle.
Une odeur de chloroforme agresse mes narines. Mes yeux s’ouvrent lentement. J’ai la bouche pâteuse. Mais qu’est-ce-que je fous dans ce lit ? J’essaie de rassembler mes idées, mais c’est le noir total, je ne comprends ri en de se qu’il se passe. J’entends des pas et des voix de l’autre côté de la porte. Je ten te de me lever, mais tout mon corps semble être éteint, et une douleur atroce se réveille lentement à chaque petit mouvement réalisé. Allez Abby, concentres toi…Mes yeux parcourent la pièce, j’ignore quel jour nous sommes, ni depuis combien de temps je suis ici. Je sais qui je suis, mais pas ce que je fais là…Je suis seule dans cette chambre laquelle f ait vraisemblablement partie d’un hôpital. Mais qu’ai-je bien pu faire pour…Oh mon dieu, je crois que ça me revient... Mon pouls s’accélère, ma respiration est de plus en plu s difficile, je hurle le prénom de Franck… je m’évanouis.
Vite, vite, vite…Je vais être à la bourre et Nat va encore râler. Pourtant, je m’étais super bien organisée : vaisselle faite, fringues préparées hier soir pour ne pas perdre du temps ce matin, et j’ai même trouvé un moment pour le ménage. Cela fait quelques semaines que nous avions programmé cette journée. O n fait un tour au festival africain, ensuite, on déjeune dans une crêperie et ensuite, g landouille et papotage entre copines. Nat vit avec Alain depuis presque dix ans. Moi, je n’ai personne dans ma vie. Le dernier en date était sympa mais le problème venait de moi, je n’étais pas amoureuse de lui, je l’aimais bien, c’est tout. Alors, nous nous sommes séparés d’un commun accord, et tant mieux, car nous sommes maintenant de bons amis. Kév in et moi nous téléphonons régulièrement. Il vit maintenant à cinq cents kilomètres de moi, et aux dernières nouvelles, il fréquente une fille qui travaille avec lui, et i l est super content, dit-il, de cette nouvelle relation, ils sont sur la même longueur d’onde et il a enfin trouvé un équilibre. J’avoue que lorsqu’il me l’a annoncé, une sorte de jalousie m’a envahi, car même si nous ne sommes plus ensemble, je l’avais encore un peu à moi. Je m ’explique : un petit coup de cafard, et hop, un coup de fil à Kévin, qui prend toujours le temps d’écouter mes jérémiades et qui sait comment faire pour me redonner la pêche. Je sa is, c’est nul de ma part d’être possessive envers lui, d’autant plus qu’il mérite v raiment d’être heureux et d’être aimé. Moi, je n’ai jamais réussi à le combler.
Nat et moi nous connaissons depuis nos treize ans. Mes parents sont venus vivre dans le Morbihan lorsque j’avais une dizaine d’années et ce n’est que trois ans plus tard que j’ai rencontré ma meilleure amie. C’est une bel le personne. Au premier abord, elle paraît froide voire même désagréable, mais si vous prenez le temps de creuser le personnage, vous vous rendez vite compte que sous ses faux airs de fille dure, règnent de la fragilité et une très grande sensibilité. Elle et Alain vivent à une vingtaine de kilomètres de chez moi. A vrai dire, avec Kévin, ce sont les s euls amis que j’ai…Je fréquente beaucoup de monde, mais ce ne sont que des connaissances, des relations superficielles en somme. Je suis une solitaire, je n’ai jamais vra iment apprécié les effets de groupe, je crois que cela m’effraie et que je fais tout pour p réserver mon indépendance. C’est d’ailleurs ce qui n’allait pas entre Kévin et moi, il adorait sortir avec ses amis, tandis que j’étais plus casanière. La plupart du temps, il passait ses soirées avec ses copains, seul, et à la longue, il s’est lassé de ne pas pouvoir partager certains moments avec moi.
Me voilà enfin dans la voiture, avec l’album KAYA de Bob Marley qui résonne à tue tête lorsque je mets le contact. Je n’ai rien oublié je crois…Tant pis, je suis trop en retard pour vérifier mon sac. Allez, en route !
J’aperçois la maison au loin, et bingo, Nat m’atten d devant la porte d’entrée. Elle fait une tête de quinze kilomètres de long, je le savais, elle a horreur d’attendre qui que ce soit. — Mais qu’est ce que tu glandes ? Cela fait une heu re que je suis prête, t’es chiante, tu me fais le coup à chaque fois ! Une heure de sommeil, c’est sacré, merde !
— Je suis désolée Nat, excuses moi…Montes, on a assez perdu de temps par ma faute. Nous voilà donc parti à la rencontre des effluves é manant des épices et des encens, bercées par un rythme de percussions et de chants africains. Nous y passons bien deux bonnes heures, le pays de Kirikou est parmi nous. Les odeurs de colombo nous
titillent les narines, le dépaysement est total, à quelques bornes de chez nous. J’achète des épices, Nat craque pour un pagne. Nous traînons encore un moment avant de nous rendre dans notre crêperie fétiche. En attendant nos galettes, nous sirotons une bolée de cidre, et Nat remet ses fameuses interrogations sur le tapis.
— Dis-moi Abby, as-tu vraiment l’envie de partager ta vie avec quelqu’un ? — Bien sûr Nat, t’es pénible de me demander ça à chaque fois. — Oui, je sais que ce doit être gavant, mais vois-tu, cela fait deux ans maintenant que Kévin et toi c’est fini, et tu n’as friquoté avec personne, même pas flirté avec un mec juste une soirée ! C’est à se demander si tu n’es p as en train de prendre goût à ton célibat. — Euh…Je n’ai jamais trop pensé à ça, pour l’instant, j’aime bien ma vie, cela me convient. Et puis, ce n’est pas encore une tare d’être célibataire, non ? — Non, c’est clair. C’est qu’hier soir, Alain m’a d it qu’il ne comprenait pas qu’une jolie gazelle comme toi n’arrive pas à trouver quelqu’un. — Pff, tu lui diras que la gazelle est seule parce qu’elle ne cherche pas ! Et là, nous rions comme deux ados. Notre repas term iné, nous allons chez Nat, nous fumons quelques joints tout en discutant comme deux commères, Alain est là et nous écoute un peu saoulé par nos paroles. La nuit tombée, je rentre chez moi, avec un sourire comme une banane ; la voix de Bob Marley me chauffe les oreilles, tout comme à l’aller. Le bonheur est simple… Le réveil sonne, il est dix heures, je reste glander encore une bonne demi-heure au lit. Les pétards, ça fatigue…Une fois douchée, je mets mon jean fétiche, un tee-shirt blanc et j’enfile des claquettes, je prends mes clés de voiture au passage. Je mange chez mes parents aujourd’hui, j’aime bien m’y rendre vers le s onze heures. Cela laisse un peu de temps avant de passer à table. Tiens, il y a ma sœur qui est là, je reconnais sa voiture au loin, c’est cool, je ne savais pas qu’elle venait. Caro est de six ans ma cadette, elle est encore toute jeune tandis que moi, j’approche de la trentaine. Je me gare dans l’allée et rentre sans frapper. Papa est aux fourneaux tandis que maman sort de son bain, elle est en peignoir lorsque je la croise dans le couloir.
— Abby ! Tu es déjà là chérie ! Ah, c’est de la faute de ta sœur, elle ne voulait pas boire son café toute seule, du coup, je suis restée avec elle dans la véranda un long moment. Ta sœur veut arrêter l’art plastique…et faire fleuriste ! Rejoins-la, elle doit être à son quatrième café, alors, si tu en veux un, ne tardes pas trop…
— Ok, je vais dire bonjour à papa avant, il est dans la cuisine ?
— Oui, oui, je vais me préparer chérie. A tout de suite ! — Ok ! La bise faite à papa, je rejoins ma sœur. Je m’installe avant dans le rocking-chair, je me sers une tasse de café avant que Caro s’empare du reste et je m’allume une cigarette. Nance et Maël nous rejoignent et nous restons discu ter entre frères et sœurs jusqu’à ce que Papa nous appelle pour le repas. Mes frères s’e n vont rejoindre leurs amis le repas terminé et je reste jusqu’à dix-huit heure à refair e le monde avec Caro. Nous rentrons dans nos cocons respectifs en même temps, elle a de s cours demain matin et pour ma part, une semaine de boulot redémarre.
Arrivée à la maison, je mets un CD de reggae et fil e sous la douche. Rien de tel pour se sentir requinquée. Puis, je m’assois à mon bureau et consulte le planning de demain. Je suis architecte et décoratrice d’intérie ur et je travaille en collaboration avec
d’autres professionnels de ma branche. Je m’éclate grave dans mon travail et je commence à me faire un nom dans la profession. Il m ’arrive de former des nouvelles recrues, mais ce n’est pas ce que je préfère. Moi, c’est la création qui me branche. Demain, nous n’avons pas le droit à l’erreur, moi e t mes collaborateurs rencontrons les propriétaires d’un château médiéval, ils ont pour projet d’en faire un hôtel de luxe. Ils ont rencontré des sociétés concurrentes à la nôtre et souhaitent s’entretenir avec nous avant de faire un choix sur le bureau d’architecte qui s’occupera de leur bien. Si nos idées les séduisent, et que le coût des travaux ne dépasse pa s leur budget, c’est gagné. Reste à les convaincre, c’est la partie la moins facile, celle de Paul. La mienne est plus simple, elle consiste à leur présenter mes idées, les différents matériaux…je ne vais pas veiller tard ce soir, je vais faire livrer une pizza, et jeter un dernier coup d’œil à l’étude du dossier, pour l’avoir bien en tête demain.
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