Lésions dangereuses

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Mia, institutrice danoise, épouse Frederik, jeune directeur d’une prestigieuse école privée. Ils ont un fils, Niklas. Très pris par son travail, Frederik délaisse sa famille. Il est loin d’être l’époux dont Mia rêvait. Un jour, une dispute éclate et elle l’accuse d’avoir été infidèle. Contre toute attente, Frederik se métamorphose en mari idéal du jour au lendemain : tendre, présent, attentif, il est irréprochable. Pendant deux ans, Mia est parfaitement heureuse. Jusqu'au jour, où Frederik provoque un accident de la route alors qu'ils passent de paisibles vacances en Espagne. La vie de Mia va peu à peu devenir un enfer.
Qui est cet homme qui partage sa vie? Jungersen n'a pas son pareil pour raconter l'angoisse abyssale qui survient lorsque la personne que l'on croit connaître par cœur devient un inconnu et que la douce harmonie du quotidien s'effrondre.
Publié le : lundi 19 mai 2014
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EAN13 : 9782207114544
Nombre de pages : 480
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ésîons dangereuses
D U M Ê M E AU T E U R AU X É D ï T ï O N S D E N O Ë 
L’Exception, 2006
Chrîstîan Jungersen
ésîons dangereuses
roman
Traduit du danois par Caroline Berg
Tître orîgîna :Du Forsvinder. Édîteur orîgîna : Gydenda, Copenhague. Pubîé en accord avec eonhardt & Høîer îterary Agency A/S Copenhague. © Chrîstîan Jungersen, 2012.
Et pour la traduction française : © Édîtîons Denoë, 2014.
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Nous rouons à vîve aure sur une étroîte route de montagne entre une muraîe de roches noîres à pîc et e vîde, a voîture prend des épînges à cheveux, dévae a pente en rôant a brous-saîe sèche, des troncs eIés d’une pâeur grîs argent. Ee passe à une tee aure sur une bosse que nous avons ’împressîon de décoer. Nîkas et moî poussons des crîs de terreur tandîs que nos entraîes se souèvent. e cîmat médîterranéen nous gîLe de son soule brûant par es quatre vîtres ouvertes. Frederîk aborde une courbe sî vîte que je doîs m’agrîpper des deux maîns à ’appuî-tête. a mer est constamment vîsîbe en contrebas, paroîs à droîte et paroîs à gauche. Normaement, Frederîk est un conducteur prudent et j’essaye de ne pas trop m’înquîéter. a chaeur aît paratre a montagne pus escarpée, pus sombre, e parum des cîtronnîers pus acîde et a mer pus beue que jamaîs. Encore un vîrage sur es chapeaux de roue et tout à coup nous voîà au mîîeu d’un peoton de coureurs cycîstes. Je hure. Sur ma rétîne je conserve seuement ’împressîon d’une tache Luo en rose uchsîa et vert pomme. Par a unette arrîère, je voîs que nous n’avons renversé personne, maîs tous es cycîstes sont
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descendus de eurs véos et, au-dessus des ycras mouants, ce ne sont que poîngs dressés et bouches ouvertes. Nous passons e vîrage suîvant. « Bon, Frederîk, ce n’est pus drôe maîntenant ! » ï ne me répond pas. « Frederîk ! » ï pousse un soupîr excédé maîs ne raentît pas. Je regarde ses ongs doîgts ins sur e voant. ïs ne ressembent pas à sa açon de conduîre aujourd’huî. Je me souvîens es avoîr trouvés sexy à une époque. ïs ressembent en mînîature à ce qu’î est : grand, mînce, soupe, décontracté. Ce ne sont pas du tout es doîgts d’un ou du voant. Je me demande sî c’est a vîtesse quî donne cette proondeur à ses yeux. Ou e reLet des massîs montagneux d’un vîoet presque noîr. Je ne e reconnaîs pus, maîs je ne suîs pas capabe de dîre en quoî î est dîférent. Une oîs encore, nous sommes projetés hors de nos sîèges après être passés trop vîte sur une bosse. « Arrête, Frederîk, arrête ! » Nîkas a mîs a tête à ’extérîeur. ï a rentre à présent. « aîsse tomber, maman ! — Quoî,laisse tomber, maman? C’estmoiquî doîs me ca-mer ? Tu ne voîs pas que ton père roue comme un maade ? ï va inîr par nous tuer, c’est ça que tu veux ? » Vîtesse, coueurs, chaeur, beauté époustouLante de ’e de Majorque. Nîkas soupîre exactement comme son père ’a aît î y a un înstant et met à nouveau a tête dehors. « Nîkas ! Rentre ta tête, c’est dangereux ! » ï aît comme s’î ne m’avaît pas entendue. « Rentre ta tête, je te dîs, c’est dangereux ! » ï contînue de ne pas m’obéîr. Et je me ous qu’î aît seîze ans
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révous, je me retourne et e ramène de orce à ’întérîeur. ï se tîent tranquîe. a Médîterranée brîe tant qu’on doît détourner es yeux. Ee vîent à notre rencontre. Ee nous appee. On dîraît a umîère banche au bout du tunne, dont parent ceux quî ont vécu une expérîence de mort îmmînente :Viens, viens te perdre dans ma beauté et mon immensité. ï suIraît que j’eleure a maîn de Frederîk par mégarde et nous quîtterîons îmmédîate-ment a route pour nous retrouver tous es troîs dans e décor, en apesanteur. J’aî envîe de crîer à nouveau : « Arrête, arrête ! » Maîs je remarque ’expressîon de mon is. ï est content. Est-ce juste moî quî ne saîs pas m’amuser ? Une voîture arrîve en sens înverse, kaxonnant avec rénésîe. Frederîk regarde ixement devant uî. « ïs conduîsent comme des dîngues dans ce pays ! nous aît-î remarquer. — Tu ne veux pas essayer de rouer un peu moîns vîte ? » suppîé-je. Nîkas et Frederîk écatent de rîre. Encore un vîrage. Nous rouons à nouveau à ’ombre et dangereusement près de a paroî rocheuse. Soudaîn un camîon arrîve en ace de nous et bouche tout e paysage. Frederîk coe a voîture au Lanc de a montagne. e granît rotte contre es portîères avec un bruît de broyeur à métaux. Je voîs notre der-nîère heure arrîver. « J’aî prîs a ormue tous rîsques, ’assureur du oueur paîera es dégâts », dît-î sans raentîr. Cette oîs, c’est Nîkas quî secoue e sîège de son père : « Arrête papa, ça suIt maîntenant ! » Et moî : «Tu stoppes cette voîture ! Tout de suîte ! »
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ï ne quîtte pas a route des yeux, once toujours droît devant uî. ï soupîre encore. J’agrîppe e reîn à maîn. ï repousse ma maîn et rîgoe. « Frederîk, regarde-moî, s’î te pat ! » Sans tourner a tête, de sa voîx posée d’înstîtuteur, î me répond e pus camement du monde : « Aons, chérîe, tu voîs bîen que je regarde a route ! »
ï y a à peîne une semaîne, e jour de notre départ pour Majorque, je me suîs arrêtée au mîîeu de mon ootîng dans a orêt autour du ac de Farum, sîmpement pour prendre e temps de réaîser à que poînt j’aaîs bîen. Je suîs aée jusqu’au bout du petît ponton, une brîse égère s’engoufraît sous mon tee-shîrt, séchant ma transpîratîon. Je me suîs demandé pour quees raîsons ma vîe étaît devenue pus bee qu’ee ne ’étaît î y a queques années. De petîts moutonnements quî n’étaîent pas tout à aît des vagues souevaîent a surace de ’eau. a orêt sur ’autre rîve avaît prîs des coueurs d’automne. Je me dîsaîs que j’avaîs un is merveîeux, d’exceents amîs, un métîer gratîiant et que nous vîvîons, ma amîe et moî, dans une maîson que nous aîmîons. Maîs tout cea étaît vraî aussî troîs ans auparavant. a dîférence, ’énorme dîférence, étaît que je me sentaîs aîmée. Combîen de gens pouvaîent prétendre être aîmés ? Réee-ment aîmés ? ï aaît que j’en prenne peînement conscîence. Tout aaît vraîment bîen, enin. Voîà ce que je me dîsaîs ce jour-à avant de reprendre mon ootîng dans es boîs. Farum est une commune tranquîe, un endroît où ’on s’înstae une oîs qu’on a mîs au monde son deuxîème enant. Ou en tout cas quand on ’a déjà mîs en route, ou au moîns panîié. Entre e charmant vîeux vîage et e ac se trouve un
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